NOSOLOGIE
MÉTHODIQUE,
NOSOLOGIE
METHODIQUE,
O U ^ ^ "7 â ^
DISTRIBUTION DES MALADIES
EN CLASSES, EN GENRES ET EN ESPECES,
'Suivant VEjprit d& Sydenham^ & ta
Méthode des BOTANISTES,
Par François Boissier de Sauvages ;
Confeiller & Médecin du Roi, & ancien Pro-
feffear de Botanique dans TUniverfité de Mont¬
pellier , des Académies de Montpellier, de Lon¬
dres , d’Upfal, de Berlin, de Florence, &c.
T RA D UIT E fur la derniers édition latine
M. Gouvion , DoBeur en Médecins-,
On a joint à cet Ouvrage celui du ON ^
Linné, intitulé Généra Morborut^ ’
Xraduéiion françoife à côté. A
TOME
S I X I e/m e'
A LYON, Vnm^EPATH»
Chez Jean-Marie Bruyset, Impriraeur-Èîtwmksi.
M. D C C. L X X I I.
Aysc App&opaTZQN et Peivuege ou Roî^
SOMMAIRE
DE LA SEPTIEME' CLASSE.
DOÛZEUIiS.
ORDRE L Douleurs ■& aip-
xiétés fouvêfit univerfeUes. ou
'ne 'doit point
- 'mettre^ au nomhm^des phUg^
- majîes^^:,., l-, •. „ ■ : - -
-r.c =
%i AjOutte i- ^Mtihmis-; àoalexir rpon>-'
tanée &: périodique deiSi.'articles,
'îî. ikiulcÙT'^es Oili'Ù^copus-^ douîeüf
- ■ ' dîxe -Ô£i' profonde - dans des os des
■ - -lîïëmbfès; tid- ... L- - '
ÏIL Rhumatifme:, Foufburê, Rkmmà^o
njmus, douleur continue dans là
partie charnue des membres.
Tome yî. A
Sommaire
ly.. Catarrhe, Caparrhus', douleur'datis
' - les parties voifin^is du eoii j occky
' ifionnée par“%&
gnéerdertoiix ,-de coryza
V. Inquiétude , Anxietas, agitation’ ex^
ceiîiy eq«i oblige le malade à chani-
'gef fatis cefle de placer ' •
pliquçe 4e loibled4j .qui -invite ^
prendre dà t^ëpos.
yn. EngçurdiÇement, S^/er ^ défor-
dîq deîafâcidtë âhimate,qùi émôuflfe
ir le-^entimentdu:tââ:;':\ ^
yîljv PiMtit ,<;I^écnahgeaifQ,ny;feri^«5,
v |éntiment ineommode qui qbhge à
jfeigràfter.'' - - - -
ÏX, Froideur froid exceiiif ,- ^^tger,
fentiment incommode, pareilà ce-
:, luiquedauféiia fr©i4®m^e>^jËvp
-de.l’ail'îb enpibci-iLq' éàns:-
Chaieur, icsâ^^live ^-/Ardof ^ ;fenfi-
<1 r ment îioi:D'mmodê.>-; parëiLà bcelui
que cauie la chaleur-eikëe-fee de
Tair. ■ ■ rrr
ât la. VIL Clafc. 5
ORDRE IL Douleurs de tête ,
favoir , de la partie chevelue ou
À.U vijage,
XI. Céçhslal^ie, Cephâlalgia , douleur
de tête grayative.
XII. ‘Céphalée j Cepkdlea, douleur de
tête périodique, ânvétér'ée & teu-
:five.
Xlfl. Migraine , ïfemicrahia , douleur
aiguë qui afflige la moitié delà tètQy
foit du coté droit , foit du côté
gauche.
XIV. Ophthalmie, Ophthalmia, douleur
des yeux, accompagnée de rou¬
geur, qui -met hors d’état de fup-
porter la lumière.
XV. Otalgie , , douteur d’@-
reiilè.
XVI. Odontalgie, , douleur
4es dents ou des mâchoifes.
Aij
' Sommaire.
4
ORDRE III. Douleurs de
poitrine ou de gorge fans effou-
jLemens , qui nom rien de com¬
mun avec Üaflhme,
XVII. Difficulté H’avaler, Dyfphaglr^
XVIIL Crémafon, Pyrofs , chaleur ex-
ceffive de l’œfophage, qui fe com¬
munique à l’eftomac.
^IX. Anévrifme du cœur, Cordiogmus^
douleur du cœur, accompagnée de
battement.
ORDRE IV. Douleurs inter¬
nes du bas-ventre,
XX. Cardiaîgie, Cardialgia, douleur
d’effiomac, accompagnée de- dé¬
faillances. .
XXL Colique d’eUomac, Gafrodynia^
douleur violente de l’eflomacoü
de répigaftre.
XXII. Colique , Colica, douleur des
inteftins.
XXm. Douleur du ipie, Hepatalfa ,
de la ni. Clap. I
douleur de l’hypocondre droit ou
du foie.
XXIV. Douleur ou anxiété dans la
région de la rate, Sptenalgia.
XXV. Colique rénale , Nephralgia ,
douleur dans les lombes, qui s’é¬
tend le long des ureteres, accom¬
pagnée de naufée, & de la rétrac¬
tion des teftieules dans les hom¬
mes, & d’une ftupeur dans les
jambes dans les femmes.
XXVI. Accouchement laborieux ^
Dyfiocia , douleur utérine dans
les femmes groflés, accompagnée
d’efforts pour accoucher. '
XXVn. Mal de mere , Hyjleralgia g
douleur de matrice fans effort pour
accoucher.
ORDRE V. Douleurs locales
des membres ê* des parties ex<'
ternes,
XXVIIÎ. Douleur des mamelles, Maf
todynia.
XXIX. Colique de Poitou, Rachialgiay
douleur dans le bas-ventre & danS'
A iij
i6 Sommaire de la VU. Clajfe,
l’épine du dos, qui fe termine par
la paralyfie des bras, ou par des
convulfions.
XXX. Mal des reins, Lurnhager, dou¬
leur dans les lombes, qui fait qu’on
ne peut tenir le corps droit.
XXXI. Sciatique , Ifchias , douleur du
baffin & du coccyx, qui fait fou-
vent boiter..
XXXII. Douleur du fondement fans
. t&neime , Proclalgia.
XXXIII. Douleur des parties géni¬
tales fans dyfurie ,
1. Lles font appeîlées par ieâ
f ^E Algcfuata j - & cè^
jf îsiïl mot dans Hippocrate, fi-
r; -gnifie en général quelque
etpe'èé de maladie que ce fôitv Par iës^
François Douleurs , màladies ' de dou¬
leur; par les Angîois, P«/z, Afch;- par
les Efpagnols , Lajlimas ; par les Ita¬
liens jPb/cw. ^ * ‘ ;
A iv,
s Classe Y IF,
• 2 . CaraBerc. Ce font des maladies
dont le principal fymptome efl: une fen-
fation, ou une imaginàtion fatheufe Sc
incommode ,, telle cfue celle qui eff
occafionnée par le déchirement, Téro-:
fion, la brûlure, là preffion, ou la dif-
traftion des. parties nerveufes^
y. Toute fenfation incommode n’efh
pas,une maïadie de douleur,, car il i^yr
a point de maladie qui ne caufe une pa¬
reille fenfation-, d’bîi vient qü'ÆT^/o-i
crate dédnk la -maladie une fenfation.
incommode;;ilf 3 ut pour la rendre telle,,,
une douleur conûànte oct notable qui
l’emporte fur les autres iymptomés ;;
& iofS-,, par exemple, que. la fievre^:
Fini|aminaîibn').la' convuifion, le tranfi
port j-l’evàcuationfont aceompagnées;
de douleur, pour lors, la maladié appar^
tient à.cette clafie..
Théÿri^ mécmiqm. d& Ià Dmàur^
y Ea doideur-eâ^^ une .‘perception?
COhÛlfe & incommode,,telle que celles
qui eft caufée par la dftraâion , l’éro-
fion ,,le picotement, omautre femblable
léiipn des parties nerveufes.,. .
5 . ]La perc.epîioii incommpdè qui
Théorie de la tôbüLÉxîR: 9-
ïiaît de la fenfation ou de l’aâion de
quelque corps que ce foit fur les fibres
nervèufes, efi: une douleur fenfitive ;
mais celle qui provient d’une pareille
aôiôh fur les fibres médullaires du cer¬
veau, ou qui , fans qu’on agiffe fur le
corps, dépend de l’affedion de l’ame ,
eft une douleur imaginmre , pareille k
celle que fentent les perfonnes qui rê¬
vent, les hyftériques , ceux à qui on;
a coupé un membre , ou qui font agités
de quelque pafiion fans- ^cun vice
corporeb-
6. La douleur fenfitive ordinaire dé--
pend matérielîèment de la violence quiÿ"
d’cMi fait aux nerfs, & qui les met en
danger de fe rompre ou d’être détruits;;
formelîement de la perception, ou
de la. crainte du danger dont on eflî
menacé.'
7. L’aêfio'n dé; cette ctufe efi propor--
fionnelle à la force qui agit fur les fi¬
bres, , & à l’attention que l’ame donne ’
audangerqu’ellès courent defe rompre.-
8. Plus les fibres nerveufes font dé¬
fiées, nues j ifolées , tendues, ,&■ plus:
elles font aifées à rompre.
9. Plus un corps efi: gros, plus il
dé force; 5,>& -plus il déchire de fibres y,
io Classe Vit
& plus fa vîteffe eft grande, & plus it
pénétré avant, èc oiFenfe un plus grand
nombre de fibres à la fois.
10. Si la force des corps qui agiffent
fur nous diminuent la réfifiance des
parties , plus la-maffe qui agit fur-celles-
ci eft grande , plus la douleur efi éten»
due; mæs elle efl: moinsintenfe , parce-
que leur aôion efl répartie à un plus '
grand nombre de fibres.:
11. Lorfque i’aâion des corps qui
sgilTent fur. nous, l’emporte: fur la ré~>
fiftance des parties, la douleur qurré-
fuite de l’àdiviîé de leur action efi: exi
tremement vive ^ mais pafiagére, parcè '
que les fibres nerveuîés venant à fe .
rompre, perdent leur fentiment;,; ôc.
que la douleur s’évanouit..
li. C’efl ce qui fait que l’on fent
infiniment plus de douleur l'orfqu’on
nous tire un cheveu, que lorfqu-on
nous les .prend par touffes, & que la
fenfation que nous caufe une plume
qu’on nous paffe fur les ievres , ed
plus incommode que celle que nous
éprouvons, lorfiqu’on nous, tiraille les
chairs du bas.-ventre avec la main,parce
que les fibres nerveufes étant feules ,
(épouillées & plus tendues ,.fouârenî
Théorie de éa Doùlexjr. l’r
infinîment plus que les troiics nerveux
qui font lâches & enveloppés: dans les
chairs. ' • *■ ^ '• "y ’ '
13. Lorfqu’un corps fphérique cho¬
que contre notre main, fon aÔion éft
comme fa vîteffe 'totale -, lorfque-la,;
main rêfte imm'obhè; elle moindre
îorfqüe ; la main cedê, & nulle lorfqué^
la main tecule' avec -ià^merrie vîte'fîe
que te glol^- ' Ta feppéê ; ' mais élîe-efir
extrêmement grande , iorfque la rnâin
va au-devant' du "glôbèv Ôn peut juger
par-là^dü^egré de coMifîon '&'de dou-
leuF-qtfe caû&ht l’aâion [ la réachbn-
d’tfe-^orps Gohiendaiît? >
' 14; d:! fuit -'dedâ que la douleur' doit
être extrêmement'grândé y fort que le
corps éhbquè contre uné muraille, oit
que la mumlle tombe fur lui, foit qu’uit
calcul choque tês reîns d’un hommè qui
en-voiture, ou - que les reins pu la
vèflie-- étant ^êâtés^d%ne' contraêdon
fpafmoâique , compriment le calcul
avec plus de forée»
15. L’aébon d’un* corps qui agit fur
le notre lorfque la réiifianee eft égalé
ed comme fa force , ou comme îa-qiàffê
èi le quarré dé la^ vkedé enfpmbîe
quelle que foit fa figure. Par exemple,.'
' A v|
12,. - € -L A S- S E ■ Vî'î. ;
ime, petite .balle ,de plomb ïiiffit poitï^
brifer les parties les plus dures 'de notre-:
corps , pourvu qu’elle s’emeuve avec;
Beaucoup de vîtefle».
16 . Pour que .les petites moléculesv
d’un fluide puifîent ronger& diflbudre
les,.parties folidës dè;,notrê corps , ,iK
faut que leur petlte;ffe, (ok compenfée'
par la vîtefle: aveç .laquelle elles s’é-;
meuvent ,pu lèqr petit nombre par le?
temps qu’elles mettent à. agir;
17. G’èût.dOnc- fans fondément que-*
quelques-uns; attribuent là-force ep.rro-;
iiveftlmulant-e & diffôlvante d-ui^
corps à la Àgure-aâguo & a la roidèur
de fe?r ; par|iesj;i. vu; que- ,1a ;fîgpre .aiguë:
ne fait: rien à i’a:âion^,, ^ ne;: fèit quê*
là façiBter,- lorfqu’on y appli.que-une-,
force fuffifante. , t
18. Ij’eau pure .ronge les métau:^.le%>
plus durs .jd’iiuile iarplus dou.de dllîbut '
lé cuivre , & de même ; lès môléeuie^*
d’un fluide, quoique-; dénuées,-de fejs>,
& de particules aiguës & roides ,peur
vent lacérer. & ronger jes. nerfs ; mais,
si ne s’enfuit pas de ce qu’un fluide pofo
fede une qualité corrofive ^ irritante^
que fes, particules, foiég|;,roidÊS ai-
■guëS.:; . ■ y ^ -, y -y yy-
Tkeorîe rm çæ. ÇoyçEum
Les molécules des fluides agif-
fent avec d’autant plus de force for les
corps auxquels ils s’attachent,,que leur-
contaéh mutuel eft'plus grande ce quii
dépend de l’àflihité de leur gravité fpé-
cifique, &: de celle dèsmoléculès &:
des pores;qulIes reçoivent ; d^ii H foit
que les molécules des fluides peuvent
agir; avec plus ou moins de force for
tes fibres nerveufes du corps ,, quoi¬
qu’elles - foient fpbériques-, obtufes '&■:
moÛes..
2:0. Les corps les plus mous ,. 1 ’èau
par exemple, étant frappés avec îa maim
avec beaucoup de vîtefle, ne répercu*-
tent pas moins que s’ils étoiènt durs ,,,
ôtla meme ehofe a lieu parrapport aux;
fluides qui choquent, les parties d’un
corps dur qui oppofe une réfîlfonce s-
vu que la çollfoon e fl égale de part &£:
d’autre ; dfoii iLfoit qufon corps-peut
agir fortement for. les nerfs .fans -avoir,
-ppur. r cela aucune , dfoetfo , ,
. 2,1. Voilà/comment: pn peut bannir
les erreurs, que la Ehilofopfiie de
a. introduites dans les écoles ,
qui ont fi fouvent abufé les Mécani^
ciens.; mais il n’efl pas fi aifé d’èn reve-
nir J. lorfqu’oa leur a laifle prendre,
14 G L A s s E vit
cine, & que le préjugé les a aütoriféés.
22. Les principes des tnàlédiès 'de'
douleur font, i les inftrumens piquans^
les efquilles pointues, les calculs rabo¬
teux engagés dans les reins, ou qui les-
preffent , de même que ceux qui font ,
Sphériques, liffes; tout ce qui eftopa-’
ble de'luxer les os & de les faire fortir de
ieur-place ; tout ce qui caufe dès plaies
ou des. contufions ; l-aôion des corps
qui nous choquent, notre corps même
qui heurte contre ceux qu’il trouve fut
fon chemin.
23. Ou 2*^. l’engorgement bu L’obfl
truêtïon: ^des yaiiTeaux odcafibriiiée' par
un fluide abondant ou épais lors fur-'
tout que le fluidë qm-furt'i’augmenteÿ
les vaifleaux engorges s%ppéfanîifîent|.
fe diâendènt"'d’ëü s’enfuît rineqôü-
ieur gravaîïve , ©û 'bien ils fouflrenl
xme''diftrââ:ion vioîenîé',^'c qui càuife
’ane‘douîeuBT dlftehllvë; bu Bièri la pap
tie enflammée-le déeh&è-à fph'fbmmeti
d’bii s’êàfôit'ûû'e ^ulêûr pbignâtitej
lancinante ÿ pulfâlive, lorfque les artè¬
res- s’engorgent avantque de former le
réfeau-ou'les-yemes. - ■ - ' '
24.-; Cet engorgement efl' d’a'Ütant
plus-grândij que lés émiflairés du fluide
Théorie DÉ la. Douleur, if
s’oppofent davantage à fon éeoule-
ment, foit à caüfe de la contraâion ou
de la compreffion des folides, foit à
caufe de la vifcofité & de la denfité du
fluide, & que les immifîaires en reçoi¬
vent une plus grande quantité, ce qui
peut vexiir de la trop grande contrac¬
tion du cœur, de la pulfationtrop for¬
te , ou de la contra&on fpafmodiquè
de l’immiffaire ; il arrive de là que-Ia-
partie engorgée fe diflend avec plus de
force, foulFre une preflion & une con-
cuflion violente, comn>e il arrive dans
le phlegmon, ce qui caufe une tr^-
forte douleur.
25. 3^. La douleur peut venir du
vice deÉfolides, par exemple , de leur
trop grand éréthifme, de leur tenflon,,
de la trop grande affluence du fluide
nerveux , d^une phlogofe , de leurfen-
fibilité, que la crainte j la fôiMeffe, les
paillons j une aâion fubite & inaccou¬
tumée ont augmentée, de la délicatefle
de^la partie. C’ëft ainfi que la crainte
rend la titillation douloureufe ôcinfup-
portabîe ; que l’habitude ou fon eft de
le couvrir la tête & le vifage, les rend
fenfibles au moindre froid;,que les yeux
qu’on a tenus long-temps couverts à
fsê’ G E A s s- E V rr.
caufe d^ime ophthalmie ne peiivénr
fuppoTter la lumière ^rès qu’elle eiV.
guérie qu’une partie^qu’on a long¬
temps fomentée & ramollie , a beau¬
coup de fenfibilité ; que les malades que^
îe mal a affoiblis font très-délicats y
font afFeôés de la- moindre chofe ; que-
les fibres nerveufes font extrêmement
fenfibles aux atteintes de l’air y que \e^
tendons qui ont été tiraillés, ne peu^
vent fouffirir la moindre prefilon ; que"
Kss yeux afFeâés d^une pblogofe, ne-
peuvent' point fupporter la lumière,. àC-
que les çonvulfiorns. des intefiins cau-
fent la colique & le miféréré.
i6. 4?i lu acnmànie^- dés humeurs y.
telles que la bile, l’urine ,,l’icb:or, le pus,
îé virus vérolique l’humeur tabide
fcabieufe, chancreufe& g. caufe des
douleurs iprarigineufes, corrodantes
acres^ éhaudes, Brûlantes dans les parties -
GU elles ^s’attachent; St comme les di¬
vers vifceres folides du corps, dè même'
que les couloirs , ont une gravité fpéci^
fique différente, comme nous l’appre^
îîon.s dés expériènces ftatiquesde
&rger, le même fluide âcre s’attache a=
«ne paftie plutôt qu’à l’autre-^,, par fôî
mime rmfon- que la-fecrétion de labile-
Théorie de la Doüi^ür. 17
le fait plutôt dans le foie qu’ailleurs ,_
parce qu’elle a la meme gravité fpéci-
fique, -ceUe de l’urine dans les reins ^
celle de la falive dans les parotides, 6c
non point dans d’autres parties. Oa
voit par là d’où vient :que la matière
arthritique fe fixe dans les articles, la
Aumatique dans les mufcles j la yéro-
îïque invétérée dans le périofire, la fca-
bieufe dans la peau,, ^ç. 6c 7 caufs:
des douleurs.
17, 5^. Les efforts que feit la nature
pour ehaffer ou corriger la matière mor¬
bifique., fifit .ac^e ou ^uçe , qui in corn:-
mode par .fon abondance ou fà fitua-
tion ,,'fbit que ces efibrts foient raifon-
®abîes ou erronés, yofontaires ou m-
yoloBtaires , caufent foiiyent des dou¬
leurs. tes maux de tete font fouvent
Gccafionnés par les efforts que fait la
nature pour exciter un faîgnement de'
nez; celles de la poitrine par eeuîc
qu’ellej fait; pour ;|«Poeurer l’expeélora»
tion delà matierer morbifique ;;.êc de' lè:
vient que tant de douleurs opiniâtres
de tête, dé poitrine , d’uterus, çefîent
d’elles-mêmes lorfqu’il fiirvient unfe
bémorrhagie, un erachement de fang 9^
un fljtîx menûruei.. Les douleurs, d:e.l;enî;:
ï8 C L A s S.E VU.
fantement ne font certainement poirtf
caufées par la pefanteur du fœtus ; car
fi cela étoit ^ elles fe feroient fentir avants
D’oèt vient donc que ces douleurs fur*
viennent à la fin du neuvième mois
& que le poids étant le même v elW
ceffent & reviennent- dans des inter-»
valles plus courts ? Ces doulèùrs fOiir
excitées par les contraâions naturelles
de la matrice, qui difiendent les liga-
mens larges ; elles reviennent le jour
fuivant après que le fœtus efi forti,
lorfqu’il efi quefiion d’évacuer les cail¬
lots de fang qui relient dans la matrice;
& comme la même force qui fait cori*-
traêier Puferus y dilate avec violence
Ibn orifiçè qui eli encore doulqureux,'
il faut nécefraîrement que les douleur?
foient extrêmes. Perfonne n’ignoréque
dans l’accouchement la volonté vient
fouvent aufeeours de la nature pour
hâter la fôrtie du fœtus. > »
28. L’indication raifpnnée eli la con*
noifiàhee derutilïtéou dé rôpportunilè
du fecours qu’oti doit employer dans
une maladie ; c’eft elle qui déterminé
la volonté à faire ou à prefcrire ce que
nous connoiflbns être utile & avan¬
tageux,^ . ^ . -
Théorie de la Douleur. 19
29. L’indication empirique eft le fou-
venir de l’utilité dont on a été un re-
mede dans un cas pareil à celui où nous
nous trouvons, quoique nous ignorions
la maniéré de l’employer, 6 c la caufe
OU l’état de la malaàe. Cette indication
a lieu dans l’ufage desfpécifiques & des
arcanes, dont on ne connoît l’utilité
que par l’expérience ou l’hiflolre.
30. Les remedes indiqués dans toute
douleur fenfitive font, 1^. les laxatifs ,'
qui diminuent la trop grande tenfiore
des fibres; les anodins, qui détrui-
fent ou émouffentla fenfibilité de l’ame.
Car, comme les laxatifs & les anodins
détruifent nécefiaîrement la fenfibilité
& la didradion , qui jointes enfemble
eonftituent la douleur , il eft aifé de
fentir que le malade doit en recevom
du foulagement, & par conféquent on
doit les employer.
31. Mais comme îa laxité des parties
nuit à leurs fondions, 6 c que le fom-
meil & la fiupeur de l’ame empêchent
fes adions libres, cet état nepeut durer
long-temps fans nuire à la fanté, 6 c l’on
ne peut continuer l’ufage des narcoti¬
ques. H faut donc nécefrairement dé¬
truire les principes de la douleur, ou les
1
%0 Classe VII.
caufes de cette trop grande ^enfion. Ces ^
principes font ou les inftrumens tran-
ehans, ou l’engorgement, ou l’acrimo¬
nie , ou l’éréthifme, ou enfin les ef¬
forts de la nature, & ces principes dé¬
truits , on fait çeffer la tenlion qui efl
la caufe matérielle de la douleur ; d’oiî
il fuit qu’on doit employer les remedes
propres à détruire ces principes.
32. Les irritans mécaniques font
ou externes , comme un juftaucorps
qui ferre la poitrine, un foulier qui
preffe le pied, un collier qui ferre le cou,
^ il faut les ôter j ou internes, comme
nn calcul dans la veflie, qu’il faut
extraire par la lithotomie ; un fœtus
mort, dont il faut procurer lâfortie;
des excrémens endurcis, des faburres
qu’il faut évacuer par des lavemens ^
des émétiques , ou des cathartiques ;
un fragment du crâne , qiv’il faut lever
avec le trépan ; le pus enfermé dans
un abfçès, dont il faut procurer l’ifTue j
par les moyens que la Chirurgie pref*
crit.
33. L’engorgement eft oecafîonné,.
©U par une fluxion , comme dans le
phlegmon & l’éryfipele, dont il faut
chercher les remedes- à la claffe des in-
Théorie de la Douleur, ii
fiammations ; ou par une congeftioa
caufee par la vifcofité, la denfité ou
la féchereffe des humeurs, lefquelles
indiquent des réfolutifs, ou des remedes
phyfiques qui rendent aux humeurs
leur première ffuidité. Ces remedes
agiffent en diminuant la cohélion de
l’humeur épaiffie, ou en interpofant
entre fes parties des molécules aqueu-
fes fphériques , comme les délayans &
les émolliens ; ou en mettant entre deux
des particules ignées, qui divifent les
molécules adhérentes,, comme les re-^
medes chauds; ou en entremêlant des
particules d’un fluide plus léger, comme
les gommes, les réfmes, les onguens ;
ou en empêchant la peripiration, ou la
rafîemblant, au moyen de quoi la par^
tie engorgée fe trouve comme dans un
bain de vapeurs, à quoi fervent les em-
plaftiques & les fubftances onfhieufeSé
34. îvîais comme l’engorgement do-
iorifique eft accompagné de la tenfion
des nerfs, & que cette tenfîon dimi’-
nue ài’aide des laxatifs &;des anodins,
il faut préférer les réfolutifs, qui font
tout à la fois émolliens & anodins ; &
qui pénètrent aflez avant dans la peau
pour arriver jufqu’à la partie affeâée.
11
C L A s s E VII.
35. De ce nombre font les fleurs de
camomille & de mélilot, les feuilles de
ciguë & de jufquiame, qu’on fait cuire
dans de l’eau ou du lait, & dont on fait
des cataplafmes, ou dans lefquels on
trempe des linges qu’on applique tout
chauds fur la partie ; les quatre farines
réfolutives, d’orobe, de lupin, de fenu-
grec, réduites en pâte, auxquelles on
ajoute un peu de fafran, d’huile de Un,
&c. les jaunes d’œufs le blanc de ba¬
leine, les petits chiens, les pigeons,
les. poulets, qu’on ouvre & qu’on ap¬
plique fur le coté du fur la tête malade
ou contufe ,.ainfi que fur le bubonocele,
& quiréfolvent & appaifent très-bien.
On peut employer au même ufage les
axonges , les graiflfes, les huiles , le
beurre de lait, le cacao, que l’on appli¬
que chaudement fur les. parties dont la
douleur efl: produite par une caufe froi¬
de , j& que l’on couvre enfuite d’un pa¬
pier brouillard ; le vin rouge dont on
fait un cataoKflne réfolutif avec de la
mie de pain ; on fait encore avec une
once de camphre & une livre d’efprit
de vin un réfoîutif pénétrant & anti-
phlogiftique ; le favon diflbus dans l’eau-
de-yie, & appliqué fur la partie malade,
Théorie de la Douleur.
les arrofemens, les demi-bains d’eau
thermale fulfureufe, appaifentles dou-
îeuft rhumatiquès qui ont befoin d’êtfe
réfoutes..
36. Les réfolutions internes propres
â Gàlmer les douleurs font'les racines
de fquine.,. la.faîfepareiîle, la dulcama'-
Ip., §£ fur-tottt lléleftrifation. On pile
|a racine déîfquiné & op la fait bouillir
4ans l ’eau ou dans du bouillon, à la
4p^fe-dè demi-dïaphme’jufqu’à une ; on
oopipofe. encoré avec demi-once de
iaîfepareiUe, &ç une livre d’eau une
bpiidpiexqellente ;nlf s^tiges -de dulcaf
fiukes; dans d.u lait;^ lui oom^
^uentpnejvertu réfolutive .&anodine,
^pôu^yù qii’on en. boive toiiS: les jours
jcopieufement. Mais dans les douleurs'
rhuniatjques. caufées par une lymphe
épaiffie; dans la fciatique, rien n’eft meil-
lenr.que de-fer faife éleârifer journelle-
^entj^:&;de le feire tirer des étincelles
4u;Cdu j ajoutant à la fin une légère fiiî-
nrination , ce-qui guérit tous les jours
^quantité de malades. ^ Gn peut encore
içifiployerles étuves , ou les. fomehta-r
étions chaudes faites avec des Veuilles
d’hieble ou de lierre cuites dans l’eapi
-;@ii;ïfi)US la cendre^ dç appliquées fur
S4 Clause Vil,
la partie douloureufe ou œdématëufe
37. En cas d’acrimonie', & dans les
«douleurs chaudes occafiônnées par Pap-
pauvriflement du fang, & la féchereffe
de la lymphe, rien n’eft plus utile que
les adouciffans compofés avec de jeu^
ries poulets, des-grenouilles ,tde la chair
de veàûj'que l’on donne âù malade eri
forme- de tifanê ou- de bouillon, après
avoir-fait précéder' les- 'remedês géné-
îaux & les bouillons ,-* & donné - entrée
deux- un léger catharrique. Le kit- d’a-
îieffe, de vache, de chevre ont aulS
leur utilité, & qa ■ lès qrdon ne- ■ avec
fuccès pour toute' nourriture à ceùX
qui ont Fa gouîtefSè'des rhumatifmëf.
Les fleurs de mauvede - violette, îèl
racines de guimauve , la graine dé lin
infufée dans une quantité fuffifante
d’eau, fournirent une boiflbn excek
lente a ceux qui ont- le calcul ou la
dylTenterie, Les adouciffàhs-externes
font les cataplafmes faits avec déda-mie
de pain, du lait &dù fafran, la piîîpè
de racine de guimauve, les àxbnges
récentes, le beurre fans feP, l’onguent
d’aîthæa , pourvu qu’il foit nouveau ,
î’huile d’olivé, d’amande. '
^8, Rien n’êft meilleur pOUt éàlmèr
i’éréthifme
THÉORfE DE LA DoülEVR. 2 ^
ï’éréthifme & les efforts de la nature
•que les laxatifs & les anodins, tels que
les bains d’huile, de décôûion de feuil¬
les de mauve , de violette, les lave-
mens de la même décoftion, les lini-
mens , les potions délayantes & adoii-
ciffantes , fur - tout l’huile d’amandes
■douces employée tant au dehors qu’au
dedans. La faignée & les fangfiies ont
■auffi leur utilité dans les douleurs -ai¬
guës ou fébriles. Enfin lorfque la dou¬
leur n’eft point gravative , Sc que le
malade n’a point de maux de tête in¬
ternes , rien ne calme plus ces éréthif-
mes & ces efforts effrénés de la nature
que les anodins & les narcotiques ,
fur-tout dans les douleurs rpafinodi-
ques, où l’on n’a point de léthargie à
craindre, dans les affedions hyfféri-
ques, dans les^divulfions violentes des
membranes, dans la colique, le mifé-
réré, la néphritique.
39. Les plus doux font le firôp de
pavot blanc, que l’on donne aux en-
fans à la dofe d’une drachme, & aux
adultes depuis demi-once jufqu’àune;
le diacode , compofé avec une partie
d’opium, que l’on donne en plus petite
Tome VL B
t 6 Classe VII.
dofe. On fait aufli bouillir une tête où
deux de pavot blanc dans une petite
quantité d’eau, & l’on fait boire .cette
décoûion au malade. Dans le cas oîi
ïine dofe de firop de pavot ne fuffit
point, on a recours au laudanum liqui¬
de , on le fait aufli avaler aux enfans
depuis une goutte jufqu’à fix ; & l’on
pouffe la dofe jufqu’à vingt & plus pour
les adultes qui en ont déjà pris une
moindre dofe. On donne le laudanum
folide à la dofe d’un demi-grain, & on
l’augmente peu-à peu, ou bien on le
réitéré toutes les quatre heures, ou bien
on commence par une plus forte dofe.,
lorfque ladouleiu* eft violente. On ufe
aufli de la thériaque récente, dont cha¬
que drachme contient un grain^d’o.-.
pium; ou bien du diafcordium, dont
chaque drachme contient à peine un
demi-grain d’opium ; ou bien des pilu¬
les de cynogloffe, dans huit grains def-
quelles il en entre un d’opium & un
• de graine de jufquiame, ou du favon
de Starkey, dont on a fait jufqu’ici peu
d’ufage dans ces occafions.
40. En mêlant trois grains de laudar
ïium folide avec une once d’onguent
Théorie de la Douleur, 17
(â’althæa, on coinpofe un liniment ano¬
din , & avec quelques grains de lauda¬
num, & de tacamaacha ou de galba-
num, on fait des emplâtres que l’on ap¬
plique {Itr les tempes.
41. On peut quelquefois employer
en forme de topiques les narcotiques ’
qu’on ne peut donner intérieurement ,
tels que les feuilles de jufquiame , de
cynoglofTe , de ftramonium, que l’on
fait bouillir dans de l’eau ou dans dii
lait, & que l’on réduit en pulpe ou en
cataplafme. Par exemple, en pilant du
fuc du folanum des jardins avec de
l’huile dans un mortier de marbre , on
compofe un onguent pour les ulcérés
carcinomateux ; oii applique de même
le baume tranquille chaud fur les par¬
ties.
42. Dans le cas ou il eft befoln de
réparer les forces, de fortifier l’efloniac,
de réfoudre des humeurs épaifîies, de
réjouir l’ame , d’appaifer des douleurs
fpafmodiques, on ufe des gouttes mi¬
nérales anodines que l’on faupoudre
avec un peu de fucre. On peut em¬
ployer le nitre dans les douleurs né¬
phrétiques accompagnées de douleur§
18 Classe VIL
& d’altération ; dix ou vingt grains fuf-
fifent pour chaque livre de tifane ; il
tempere la chaleur & diffout le fan g.
43. Le fel fédatif àüHomberg elî ex¬
cellent dans les douleurs hyftériques ;
on en donne deux grains, ou en forme
de tifane, dix dans les anxiétés de l’ame,
l’infomnie. La liqueur éthérée Hoff¬
mann , ni le nitre , ni le fel fédatif
^"Homberg, ne caufent aucun alToupif.
fement.
44. Si l’on emploie les opiats avant
que d’avoir évacué les premières voies,
il efl: à craindre qu’elles ne caufent des
cardialgies & des naufées ; Sc lorfque
îe fang n’eft point édulçqré, & les foli-
des relâchés, le délire , un affoupiffe-
•ment turbulent, inquietqui ell pire
que l’agrypnie,
45. Les narcotiques fuppriment les
évacuations, fufpendent les efforts de la
nature, & de là vient qu’on doit s’en abf-
tenir lorfque ces évacuations & ces ef¬
forts font néceffaires, comme dans l’aûh-
me. Ils réparent les forces qui ont été af-
foiblies par des évacuations immodérées
telles que la dylfenterie , le choiera
morbus, n’emplehent point Iç cours
Théorie de la Douleur. 29
duflux:nienftruel que la douleur & les
ipafmes ant interrompu. Mais il eft diffi¬
cile de les abandonner lorfqu’on s’en
fait une habitude , à moins qu’on ne
les remplace peu-à* peu par des édul-
corans.
46. On ne vient jamais plus heu-
reufement à bout de réprimer les ef¬
forts de la nature , qu’en détruifant
leurs principes ^ je veux dire, en dé¬
truifant la matière morbifique , par
exemple, en faifant arracher la dent ca¬
riée dans l’odontalgie, en évacuant les
finus frontaux dans la migraine, en éva¬
cuant les faburres qui excitent la car-
dialgie ; en tirant du fang dans le rhu-
matifme chaud , & dans les maladies
inflammatoires; en extrayant le calcul
dans la dyfurie qu’il occafîonns; z®.
ou en corrigeant la matière morbifique ,
par exemple, le virus vénérien avec le
mercure-; la matière fcorbittique, avec
le laitage ; la matière fcabieufe ,,avec le
foufre, ôcc. Ce font là tes remedes les
plus doux.qu’on puHTe employer pour
calmer les douleurs; 5^. ou en la dé¬
tournant ailleurs avec desirritans , ce
qui eft une méthode qu’il faut laiflèr
50 Classe VIÎ.
aux Empiriques. Par exemple, les ha^
bitans de Java guériffent la colique au
moyen d’un cautere aftuel appliqué
aux pieds. Les Chinois brûlent le dos
du malade avec du moxa pour calmer
la douleur du côté, l’abduûeur du pou¬
ce, pour calmer le mal de dents, que
nous guériffons en faifant couler du jus :
d’ail dans l’oreille. Hombcrg-a. vu guérir
une céphalalgie en mettant le feu aux
cheveux. Hippocrate, guériffoit la fciati-
cfue en appliquant le feu fur la cuiffe
& il alFuroît que le feu guériflbit ce que
le fer ne pouvoit guérir, comme on
peut le voir dans la differtation de Het-.
tdiusx\m a pour titre de Jiimulantium
tffcHîL fcd’àtîvo. On voit par là d’où vient
que les émétiques appaifent la cépha-
l»gie.
^ 4*7. On peut mettre au rang des fé-
datiè la preffion mécanique des nerfs
qui aboutirent à la partie malade ; par
exemple, celle du maxillaire inférieur
qui palfe près de l’oreille, ou de i’ar-
tere temporale dans la céphalalgie, la
ligature de la tête dans la même mala¬
die , laquelle appaife les elrcrîs de la
nature qui caufçnt îa dpulelu,^
Théorie de la Douleur. 31;
Thhrie pjycologiquc de la Douleur.
48. La Pfycologie eft la fcience dès
chofes qui font poflîbles à l’ame. Wolf.
Pfychologia faùonal.praèüm.
49. La raifon & l’expérience nous
apprennent que 1-ame n’agit point paf-
fiyemènt dans les' maladies , & qu’elle
a fi fort la douleur en horreur, qu’elle
emploie tout le pouvoir qu’elle a, en.
tant que principe aâif, pour éloigner
ou pour détruire l'es principes qui i’oc-
cafîonnent.
50. La théorie pfycologique de la .
douleur nous inftruit des motifs qui
font agir l’ame dans ces maladies, des
fins qu’elle fe propofe, & des moyens
qu’elle met en ufage pour la faire
cpfieV.
5 ï. Il n’y a point de propofition géo¬
métrique plus certaine que celle-ci, -
l'avoirque l’homme délire de jouir
d’ua bonheur continuel & non inter¬
rompu , & que c’efi; là l’unique but
de fes penfées & de fes adions ; de.
forte qu’on peut dire que c’eft l’amour
de foi-même qui conduit & dirige to.u.-
tesies adiûns.
B iv:
3J. Classe VU.
51. Ceux qui ont le mieux écrit fuf
les paffions , entr’autres, La Chambre^
nous enfeignent que l’amour de foi-mê¬
me n’eft pas moins la fource des aûions ^
libres que des aftions naturelles; &
ceux qui regardent les mouvemens de
la colere, de la crainte , de la convoi»;
tife, comme des mouvemens pure»;
ment fortuits, & mécaniques, & diri-^
gés par le cours du fluide nerveux, ne ^
font pas moins dans l’erreur que ceux ■
qui regardent les mouvemens dès yeux,,
des paupières, de la prunelle comme
fortuits , parce que nous ne nous en
appercevons point, quoiqu’ils tendent:
à rendre la vilion plus parfaite.
53. L’amour de foi-même exige que
l’ame fe réjouifle autant de l’intégrité
de la force, de la beauté & de la iànté'
de la màchine, qu’elle s’afflige de fa
deflruûion, de fa foibleffe, de fa diffor¬
mité & de fés infirmités. Car la trif«
teffe n’étant qu’une connoiffance intui¬
tive die notre imperfeftion, & la ma¬
chine n’étant parfaite qu’autant qu’elle
eft entière, robuffe, belle, faine, &
qu’elle concourt avec toutes fes par¬
ties au bonheur de l’homme, il faut
Théorie de la Douleur. 35
néceffairement, lorfque fa ftrufture eft:
altérée de quelque maniéré que ce puiffe
être, & qu’elle devient imparfaite, que
l’ame, qui lui eft unie & qui veille à fa
confervation, s’en afflige.
54. Toute plaie en général coupe ,•
rompt, déchire les nerfe; & comme
ceux-ci font l’office d’une fentinelle, ôt
avertiftent les fens du dmiger dont ils
font menacés , il faut nécefîairement
que la léfion , le déchirement qu’ils
fouffrent, foient extrêmement incom¬
modes ; & c’eft cette fenfation ineom-^
mode que le taft apperçoit lorfque les’
parties font fur le point de fouffrir une
rupture qu’on appelle âi)ukur.
55. On divife toute perception en
finjîtive & en imaginaire. La perception
fenfitive eft celle qui fe rapporte à l’ob¬
jet qui eft hors du cerveau, & qui eftr
produite par fon àâion ; àinfi la vifion
d*üne étineelie eft fenïîfive, fi'tant eft’
qu’une étincelle extérieure agifîe fur
fes organes de la vifion.
56. La perception imaginaire ou
phantaftiqué, eft cellè qui, quoiqu’èlle
fë rapporte à' un objet extérieur , eff
cependant produite par le feul. chan.^
B ¥
.54- C L A S. S Ë . VIL ■
gement qui fe fait dans le cerveaif^
fans qu’aucun objet (emblable agiffe^
fur les organes ; c’eft ainfi que quoi¬
que nous ne voyions aucune étincelle^
dans certaines maladies diu cerveau,,
nous ne laiflbns pas d’en voir, de mê¬
me que lorfque nous recevons un coup,
dans l’œil dans l’obfcurité; Scic^eft cette--
vifion qu’on appelle imaginaire.
57. Le taâ eft également fujet à des;
îllufions. Quelques-unes de fes opéra¬
tions font fenlitives& fe rapportent
à l’objet qui eft préfent, telle que la '
douleur que caufe une aiguille qui nous,
pique la main ; il y en a d’autres qui font
purement imaginaires, comme la dou¬
leur qu’on reffenî dans la main, &c qut
eft pareille à celle que caufe la piqûre
d’une aiguille , quoiqu’on nous l’ait
coupée depuis plufieurs années. Nous
avon's il y a quelques années iinr
exemple de cette douîeur imaginaire ^
dans un mendiant à qui l’on coupai
rhume rus , dans l’Hôpital de Saint
Eloy.
5 8. Comme l’àme ne peut être attrlf*
îée qu’elle ne néglige tous les autres,
objets ^ pour s’occuper entièrement
Théorie de la Douléur. 3 5
celui qui caufe fon chagrin ^ de là vient
que la douleur fait languir toutes les
fondions qui dépendent de fon adion,
comme d’un principe mouvant, & que
les adions libres, telles que la parole ,
le marcher, les travaux les moins utiles
à la vie , toutes les adions des mem¬
bres fournis à la volonté languiffent ,
font interrompues, retardées , ou exé¬
cutées mollement.. -
59. Les adions naturelles dépendent
de l’ame , quoique l’entendement ne
les dirige point, & que la volonté.n’)r
ait aucune part. On peut mettre de ce
nombre le mouvement du cœur, la;
refpiraîion , les excrétions, qui font
excitées par les chofes qui nous flat¬
tent, témoin celle de la falive, lorfque
nous voyons quelque mets qui nous
plaît, & :qui,languiffent, & cefîent dès
que la nécefîlté le requiert. Par exem¬
ple , dans les douleurs violentes, le
pouls eft petit, foible, rare ; la refpira-
tipn éprouve les mêmes altérations
elle eft pouflive,.interrompue , trou¬
blée , plaintive , le pouls eft quelque¬
fois intermittent, troublé. .
60. A l’égard des adions qui ne font
Bvj;
3é C L A S S E Vit
point n^éceffaires à la vie aéluelle, felless
que les excrétions dont on vient de-
parler, Taâion de manger à certaines
heures réglées, la promenade ^ on les^
Jfufpend quelquefois des heures & des
jours entiers. Rien, ae flatte l’odorat ni Ià=
vue, tout déplaît, les alimens, les boif-
fons, les femmes, le tabac, le café , &:c..
quoique ces chofes ayent fait autrefois,
jîos délices. On remarque même que
ceux qui ont du chagrin, ont peine à
avaler, ôc que lorfqu’ils s’efforcent de
manger, les alimens leur relient furl’ef-
tomac , & leur caufent une indigellion.;
6i. Toutes les parties agiffent de
concert , ou s’aident mutuellement ;
par exemple, nous ne pouvons nous
tenir debout , que les mufcles des pieds,^
des tibias, des jambes ^ des lombes j*
de la poitrine, du.cou ,,&c; fié fevo-
rifent cette pofture ; nous ne pouvons
même changer le pied de place , quo
îes mufcles dont on vient de parler
n’agiffent tous enfemble , à notre inf>t
& malgré nous ; mais fi un mufcles par
exemple.dueou, nous faitmal, irfouflré-
confidérablement lorfqu’il vient à fo:
contrarier&. lorfque nous remuona
Théorie i>E la Douleur." yf ^
le pied étant debout, il fe contraôe
fans que nous le voulions, & à notre-
infu, & ce mouvement du pied rendi
fa douleur plus vive. H en ell de même-
des autres parties plus éloignées ; lorf-
que nous avons un pied luxé, que les
marifcas que nous avons au fondement
nous font mal pour peu que nous re¬
muons le bas ou le tronc, la douleur
augmente, elle s’irrite pour peu que:
nous touffions ou que nous crachions.:
6z. De là cette attention fcrupu-
leufe dés perlbnhes qui. ont la goutte ,
un rhumatîfme, un membre fraôuré ou
luxé J ces; efforts qu’elles font pour em*
pêcher le mouvement fympathique des
parties les plus éloignées- ; de là; ce
choix de fituation dans ces maladies 3
qui épuife uner partie : de leurs: forces,
& les affoiblit^i :
6.3. t’averfiQo que nous avons pou?
fedouleur , excite en nous un violent
défit de détruire fa: caufe, & ce défit
eft fi grand', que les;perfonnes les plusi
patientes ne peuvent fouffrir dans ées
©ceafidns Je moindre délai, -attendent
les remedes avec impatience, & fe
mettent en :.coi.ere-contre ceux qui nd
58^ . Classe VIL'
peuvent les foulager. La douleur les
force à changer de fituation, à en cher¬
cher de nouvelles; ils font inquiets,ils;
s’agitent , quoiqu’ils fâchent que ce
changement de poflure augmente leurs
douleurs., épuife leurs forces , inter¬
cepte la refpiration , & leur caufe fou-
vent de plus grands maux. L’homme-
eft extrêmement affeâé du mal préfent,.
il ne connoît rien de pire, & il aime
mieux tenter des remedes incertains
que de fupporter -avec patience l’état
où ûl fe trouve
64..Dieu s’ei: fervi des pa-flions pour
lier les hommes entr’eux ; & le confeiî
que nous donne fe divine fageffe de
ne faire à autrui que ce que nous vou¬
lons qu’on nous rnlTe , s’accorde parfai¬
tement avec l’amour detnous-mêmes»
Voulez-vous que je pleure? commeti**
cez à pleurer le premier. Les palHons
ont quelque chofe de contagieux ; Sè
foit qu’elles foient agréables ou défa-
gréables elles, fe communiquent à
ceux qui en font témoins, lors même
qu’ils font étrangers & quïls. n’en¬
tendent ip.oint notre langue.,-Lorfque
sous voyons quelqu’un dans la fouf*
Théorie de là Douleur. 39^
Irance ^ foit qu’il l’ait mérité ou non
BOUS prenons part àfes peines^ôc nous,
nous l'entons du penchant aie fecourir*
Que les Savans nï’expliquent par quel'
jnécanifme un homme que la douleur
preffe, pleure comme un enêint ^ fe
plaint J, langlotte, met tous fes voifinsr
en alarme par fes cris & fes gémiffe-
mens ,, &: exprime par des contoi^
fions de vifage, d’ailleurs ridicules , in¬
volontaires, & dont on ne peut ren¬
dre raifon , la douleur qu’il Ibufire.:
Qu’un Stoïcien fe moque tant qu’il lui
plaira de ces mouvemens déréglés &;
inutiles de la nature, qui ne font qu’irri¬
ter la douleur : pour moi j’àdmirerài la
bonté de l’Etre fuprâme, qui a établi;
ces fignes pour émouvoir la pitié de
ceux qui ont des fentimens d’humanité^
& pour les porter à fecourir lëur fem-?
blables, lopfqulils. fe trouve nt dans îa-
peine^. On eompreni maintenant;aveq.
quelle fagelTe ces-mouvemens, ces dif-
torfions du vifage,. que l’on trouve ridi»
eules , parce qu’on n’èn connoît point
îa fin,,ont été établis par la nature^
e’eft la langue dont elle fe fert lorf-
qu’ellé eâ: dans, la peine^ qu’elle;
Classe VÎT.
befoin de fecours ; elle fe fait enten»
dre à tous les hommes, de quelque na¬
tion qu’ils puiffent être ; ils en com¬
prennent le fens malgré le défordrc'
qui y régné , & elle nous fait obtenir
ce que nous ne faurions nous procu¬
rer avec le fecours ordinaire de la pa¬
role.
65. On voit encore parla d’oiivient
que les grandes douleurs font muettes^
& pourquoi les maux qu’un ennemi
nous fait de propos délibéré, n’excitent
en nous aucunes larmes; c’eft que nous
n’attendons aucun fecours, 8 c qu’elles
nous feroient inutiles ; mais 4 nous
voyons quelqu’un qui prenne part à -
notre peine , 8 c que nous manquions
de forces pour nous venger nous-mê¬
mes, nous avons auffi-tot recours aux
larmes 8 c aux gémiffemens. ■
: 66 . Qu’on ne m’objede point que
même chofe fe paffe dans les anir
maux , que la nature ne fe propofe
aucune fin dans cette conduite, & que
êes mouvemens ne font que l’effet d’un
méeanifme aveugle., il fâudroit, pour
que cela fut , que les animaux n’èuffent
^£us feiitîiEént ne cherchaffent
Théorie de la Douleur,
aucun remede phyfique ou moral à leur
douleur, ce qui eft démenti par l’expé¬
rience. L’entendement n’a pas befoin
d’agir pour difperner cés fins, rinftinft
fuffit, & les animaux , non plus que
nous, ne peuvent être dans la douleur ,
qu’ils ne cherchent aulîi-tôt les moyens
de s’en délivrer, & qu’ils ne mettent
les mouvemens, tant libres que natu¬
rels , en ufage pour la faire ceflèr.
67. Les mouvemens libres ont lieu
toutes les fois que le principe matériel
de la douleur affeéle les fens. Un os
s’arrête-l-il dans le gofier, & y caufe-
t-il de la douleur,.les animaux.eux-
mêmes contraâent auffi-tôt les mufcîes
qui font dans le voifinage, poiu l’en
faire fortir, au cas qu’ils ne puifient
l’avaler; ils baiffent la tête, & appuient
leur cou fur quelque corps voifin ;
ils s’efforcent de le tirer avec leurs
pattes, iis toulfent, pour que l’air forte
avec plus de vîtelïe & l’entraîne ; ils
s’efforcent de vomir à différentes re-
prifes, & ils continuent leurs efforts
îtifqu’à ce que les forces leur manquent^
ou que l’os foit forti. Une étincelle de
feu tombe-t-elle fur la patte d’un chat^
4i C L A s s E VII.
il s’enfuit aufli-tôt, & fecoue en cou*:
rant fa patte pour la faire tomber ; fi
quelque arête lui pique le tendon &c
s’y arrête, il tâche de la tirer avec les
dents, ou de la faire tomber en fecouant
fa ïambe. Ces efforts qui font purement
naturels dans les brutes , font fouvent
-volontaires dans l’homme.
68. Si le piquant efl: tellement en¬
foncé qu’on ne puiffe l’appercevoir, la
nature met alors en- ufage le feul re-
mede qui refte , & elle l’emploie tant
à l’égard des hommes que des animaux.
Ce remede confifte à détruire le pi- ,
quant, ou à le faire fortir : ce moyen
n’efi: pas fûr; mais peu importe, dit
Celjè , qu’il le foit ou non, lorfqu’il
n:y en a point d’autre. Il fe forme un
abcès, & le piquant fe pourrit, ou fi
c’eft une particule métallique, elle fur-
nage fur le pus, & ne fait plus aucun
mal; èc comme prefque tous les abcès
s’oüvrent en dehors , elle fort enfina^
avec la matière qu’il renferme. L’in¬
flammation efl ici néceflaire, elle, aug¬
mente la douleur , & caufe dans les
vaiffeaux & les tendons des foubre-
f^uts, qui brifent le corps nuifible &
Théorie de la Douleur. 43
le: détruifent. Mais comme l’iriftinû
ignore la dureté de la matierè morbi¬
fique , & que dans le cas en quefiion
les douleurs font fouvent caufées par
^ un fluide qui féjourne , par un fang
coagulé, pour lors les foubrefauts,
les conîraôions fpafmodiques ^ & l’ac¬
tion des vaifleaux fuflîfent pour dé¬
truire la caufe du mal, d’où vient que
la nature met ces moyens en ufage.
69. Le favoir & l’intelligence du
Médecin ne font jamais plus nécelFaires
que dans ces drçonftances, & il doit
s’en fervir pour connoitre la caufe du
mal, & pour y apporter les remedes
convenables. Ces remedes font pour
l’ordinaire inutiles, lorfque la nature
n’entre point pour fa part dans la
cure.
70. Je viens de déduire les princi¬
paux fymptomes de la douleur tels que
l’anxiété, les gémiflemens, les larmes,
la foiblefle , des principes pfycolo-
giques que j’ai établis. II m’en refte
plufieurs autres à expliquer , entr’au-
tres la veille, mais on peut la déduire
des mêmes principes. Par exemple ,
les lois de la fenfaîion font telles, quç
44 C X A S S E VII.
nous ne [pouvons nous former une
idée vive d’un objet, que celles qui
lui font néceffaires ne fe réveillent
auflî'tôt en nousj & comme la veille
n’efl: qu’une fuite de plufieurs idées
fenfitives, il aifé de comprendre pour*
§uoi elle rend les douleurs plus vives^
CLASSE SEPTIEME.
DOULEURS.
H ippocrate ks appelle Po-
noi 6 c Algemata, & com¬
prend fous ce nom toutes
les autres maladies, lorfqu’il
dit que toute douleur eji un mal. Les
Arabes les appellent Payions , comme
la paffion colique, iliaque, &c.Galien,
O dynes; & pîufieurs, Copoi; d’où vient
qu’on appelle la douleur des os ^oco-
pus. Le mot d^algeia a la même ügnifi-
cation, &t c’eft de là que font dérivés
les mots de cardialgie , à’otalgie , dou¬
leur de cœur, d’oreille. On appelle en¬
core la douleur agra , proie , capture,
d’oii l’on a fait les mots podagra , go*
magra, frc.
La douleur confidérée fimplement
46 C L A s s E VIL
en elle-même & d’une maniéré abftraî»
te , n’eft proprement qu’un Jymptome. ,
ainfi que le prétendent les anciens Pa-
thologiftes ; mais elle devient une ma¬
ladie lorfqu’elle eft accompagnée d’au¬
tres accidens, & l’on peut dire que les
douleurs notables font des maladies,
toutes les fois que la douleur en eu lé
principal fymptome ; mais dans le cas
où elle accompagne une maladie grave,
comme une fievre, une inflammation,
une convulfion, un flux, &c. on doit
la regarder comme un accident de ces
maladies. Les Méîhodilles ont mis les
douleurs dans la claffe des maladies qui
viennent de conftriâiion , comme on
peut le voir chez Profper Alpin, medic.
metkqd. üb. 5. Félix Platerus, lib. de.
doloribus, 2 l inftitué le premier cette
clafîe, & l’a divifée par ordre anatomi¬
que ; mais il a eu tort de mettre les fiè¬
vres au rang des douleurs.
Juncker & Nenter les défignent par
le nom de congejlions , fubftituant la
caufe à la place de la maladie.
Les Anciens ont divifé les douleurs en
graves , fixes , mordicantes , poignantes ,
aiguës , pulfatives , tenfives , froides , &
un grand nombre d’autres qu’Jrchigene
Douleurs^
a Imaginées ; mais il vaut mieux diftin-
guer les maladies parleur fiege que par
ridée de la douleur, vu qu’elle efltrès-
.confufe , & qu’on ne fauroit la définir
quoiqu’elle fe, falTe très- bien fentin
Ajoutez à cela, que dans la même ma¬
ladie , par exemple , la colique, le mal
dè dent, la douleur parpît fouvent dif¬
férente , quoique le genre de la maladie
foit le, même & ne varie que par rapr
port au degré, comme chacun en eft
; convaincu par fa propre expérience.
: Ceiix qui poffedent la théorie des
douleurs n’auront point de peine à con-
npître. les accidens qui accompagnent
celles qui font notables, ni pourquoi ,
dôrfqu’elles font violentes, elles font
fuiyiesi d’infomnïe, d’aoorexie , d’im-
. puiflance , de. foiblefie, de maigreur,
de p.âreur, de fyncope, &c. ;*
Comme l’ame s’occupe continuelle¬
ment de la. confervaîion du corps , il
n’eft pas étonnant qu’elle foit affeâée
de la douleur qu’il fouffre & qu’elle né¬
glige les befoins les moins urgens, &
c’eft l’attention qu’elle donne à la partie
malade , qui caufe l’infomnie infépara-
ble de la douleur, qui bannit le fom-
meii , & produit les phénomènes qui
en font la fuite.
4^ Classe VII.
Le fommeil produit une fecrétion
plus abondante du fluide nerveux, 8c
ranime la faculté motrice ; au contraire
le défaut de fommeil épuife les forces,
& cet épuifement eft fuivi de la lan¬
gueur & de la foiblelTe des membres 8c
des organes.
Le fluide nerveux qui fuinte par les
«extrémités des nerfs, fe mêle avec les
ducs digeflifs, & par conféquent il ne
iauroit diminuer que ces fucs ne per¬
dent leur force 8c leur aâivité , & ne
deviennent moins propres à procurer la
digeftion 8c à exciter la faim , d’ok
s’enfuit l’anorexie. La même çbofe a
lieu par raport aux organes de la géné¬
ration : fi ce fluide s’y porte en moins
grande quantité qu’à l’ordinaire , 8c
que les forces, languifient, on ne feilt
aucun défir amoureux, ou l’on devient
impuiflant, de même que l’on prend
du dégoût pour ce qui flatte les fenS,
par exemple, le tabac, le café, la pro¬
menade , les afiàires, le jeu, 8cc. îorf-
que les forces du cœur languiflènt, 8c
que la circulation fe ralentit ; à quoi
î’on peut ajouter que ce fluide ne cir¬
culant que dans les gros vaifleaux, 8c
ne pénétrant point dans les vaifleaux
capillaires,
Douleurs. 4 ^
capillaires, il faut de toute néceflité que
la pâleur s’empare du corps, 11 n’y a
perfonne qui ne fente la raifon pour
laquelle la diiîipation continuelle du
fluide nerveux, le défaut de digeftion,
l’épuifemenf des forces font fuiyies de
la maigreur du corps.
' J’appelle douleur , non-feulement
cette fenfation vive qu’occafionne la
didraftion des fibres nerveufes, ainfi
<ju’on le croit communément dans les
écoles ; mais encore tout ce qui alfecle
l’ame, l’inquiete, l’alHige par une fuite
de la difpofition du corps, en quoi
elle différé des pafîions morales. Par
exemple, je mets au rang des douleurs
le prurit, l’anxiété, le froid, la chaleur
excefîive ; au nombre de celles du foie
& de la rate, cette anxiété, ce fenti-
ment de pefanteur, qui proviennent
fouvent de l’engorgement de ces vif-
ceres ; en -quoi elles different du cha¬
grin , de la trifleffeipurement pathéti¬
ques inféparables de la folie, laquelle ne
dépend point d’un vice d’une partie-
déterminée , mais de l’erreur ou de
l’hallucination de l’ame , ainfi qu’il ar¬
rive dans la mélancolie.
La dure-mere, la pîevre coftale ,
FL C
50 Classe VÎÏ.
périofte & les aponévrofes font douées
d’un fentiment exquis, de même que
la langue, la peau, la tunique velou¬
tée des inteftins, & la membane qui
lapiffe l’intérieur de la trachée artere.
Le fentiment ell: moins vif dans la plè¬
vre pulmonaire , dans le médiaftin,
dans le péricarde, dans la partie du
péritoine qui enveloppe les vifceres du
bas-ventre, ainfi que dans les mufcles,
ü on excepte ceux qui fohtparfemés
d’un grand nombre dé nerfs, tels que
ceux du cou. Le tiffu cellulaire & la
partie du péritoine qui tapiffe l’abdo¬
men, ne font point fenfibles. Cét ex-
pofé peut feire connoître le liege des
■ douleurs les plus aiguës qui accompa¬
gnent les maladies.
3Doulmrs vagues.
5 £
ORDRE PREMIER.
Douleurs vagues,
C E font celies qui affligent les divers
membres , & qui n’empruntent point
leur caràûere d’aucun fiege déterminé
& individuel, ni de la partie droite ou
gauche du corps.
On appelle membres, les bras, les
jambes, qui font les principaux organes
,du mouvement local, d’où vient que je
comprends dans cet ordre la difficulté
ou l’impoffibilité de ce mouvement, du
moins dans la partie affeâée; & com¬
me on a befoia des pieds & des jam¬
bes pour tranfporter fon corps de côté
ôc d’autre, dans les cas où la douleur
s’empare de ces membres, ce mouve¬
ment de tout le corps devient difficile
qu impoffible , ce qui n’a point lieu à
. l’égard des extrémités fupérieures.
On met les maladies qui empêchent
îe mouvement local de tout le corps ,
ou qui affeâent pîufieurs parties à la
fois , où fucceffivement, comme la
goutte, le rhumatifme, la fciatique,,
C ij
’5i Classe VII.
au nombre des maladies générales', 6s
les autres, comme la colique, la cé-
pKaîalgie, au rang des particulières - ce
qui n’empêche point que celles - ci,
lorfqu’elles font violentes, n’épuifent
les forces & n’afFoibliffent le corps au
point que le malade ed: obligé de gar¬
der le lit.
Les douleurs vagues violentes cau-
fent fouvent au commencement une
fîevre paffagere, en quoi elles different -
des phlegmafies membraneufes comme
la phrénéfie, la pîeuréfie , l’indamma- '
tion du foie. Celles même qui commen¬
cent par la fîevre, ne font point accom¬
pagnées de froid ni de friffon , à l’ex¬
ception du catarrhe , en quoi on peut
les diftinguer des fievres. Les douleurs;,
en tant que telles, font des maladies
qui fe manifeftent par la continuité
de la fenfation incommode qui les ac¬
compagne , par fon intenfité ou foh
étendue, & de là vient qu’on ne doit
point rapporter à cette cîaffe les mala¬
dies des autrés claffes dans lefqùelles
cette fenfation efl fimplemenf paffa-
gere & fÿmptomatique. Par exemple,
la diarrhée , la dyffenterie, le tenèfme
^nt accompagnés de douleur ; mais le
Douleurs values '. 5; 3
flux <îe ventre étant évident & conf-
tânt, on doit les rapporter au flux plu¬
tôt, qu’aux douleurs, de même qu’on
doit regarder'la pleuréfie & la périp¬
neumonie comme des • phl'egmafies ,
plutôt que comme des maladies de dou-
leuri Mais de peur que les Médecins
ne ,fe troavent arrêtés dans la pratique,
lorfqu’ils. rencontrent des maladies qui
tiennent de l’une &: dé l’autre claffe, par ■
exémple, des flux & de la douleur, ou
même des phlegmafies, j’ai jugé à propos
de rapporter lex efpeçes dputeufes à
P une & l’autre claffe, & de répéter deux
fois les mêmes chofesplutôt que de
leur laiffer-le-nioindre doute fur , ce
fujet, d’autant plus que cela pourroit
retarder leurs études.
Arthritis } la Goutte^
Oh laxonnoît à la douleur fpônta-
née-, vague & pério4ique des articles.
Elle eft'fpônlanée, eh tant qu’elle fur-
vie ht pour l’ordinaire fans aucun prin¬
cipe é\hdént ; car on ne fauroit dire
qu’un homme ait la goutte, lorfqüe la
douleur qu’il reffent dans les membres
54 Classe VU.
cft la fuite dés coups ou des bleffures
^u’il a reçues.
Les Anciens l’ont appellée goutu ,
dans la fauffe perfuafion oti ils ont été
qu’elle étoit caufée par une fluxion de
quelque humeur fur les articles.
Si l’on confond le genre avec l’ef-
pe ce de goutte ordinaire qu’on appelle
podagre, , ainlî qu’on le fait ordinairë-
îhent , ,il en réfultera des erreurs très-
dangefeufes , & cependant cela arri¬
vera tant que les Médecins ne renon¬
ceront point aux préjugés dont ils font
imbus, & qu’ils ne diflingueront point
les genres des e'ipeees.
Arihntispôdàgra ; Podalgia
coridis ; Goutte ordinaire ou régulière,
Podagra de Boerhaave, aph. 1244. Les
malades Podagres , Chirac, confult. i .
C’eft une goutté régulière fimpîe,
foit héréditare , foit accidentelle,.qui
atfoque fréquemment lès adultes & les
vieillards, rarement les femmes; fi ce
n’efl; celles qui font âgées, & jamais les
enfans. Elle commence par le gros or¬
teil , & gagne enfuite lè talon : elle pro=
duit dans cés endroits des douleurs plus
Ôti moins aiguës, accompagnées de
Douleurs vagues. Goutte. 55
rougeur & de teufion ; elle s’appaife au
chant du coq, elle attaque le lende¬
main l’autre pied, &: après plufieurs
petits paroxyfmes elle ceffe pour reve¬
nir de nouveau dans le printemps ou
dans l’automne.
Sydenham décrit cette maladie d’une
maniéré qui ne laiffe rien à délirer ; iî
y étoit fujet, & il remarque qu’elle at¬
taque plutôt les fages que les fous, les
riches que les pauvres, fur-tout ceux
qui fe font livrés de bonne heure au
vin & aux femmes, qui palFent d’une
vie tumultueufe & agitée par les paf-
fions, à une vie tranquille & fédentaire,
qui mangent beaucoup, & qui ne mâ¬
chent point affez leurs alimetis.
Le venin de la goutte paroît être une
terre calcaire femblable à celle qui en¬
tre dans la compolition des os , qui fe
fépàre de Ik lymphe avec laquelle ellë
eft mêlée dans les cavités des articles ,
& y engendre des tophus gypfeuxi
C’eft cette même terre, qui forme des
calculs dans les reins des podagres ; il
efl; très-vraifembîable, d’après l’hiftoire
de la lixieme efpece de diabete^ de la
dixième d’afthénie, & de la huitième
de rachialgie , que la bafe calcaire
56 Classe VU.
os fe laiffe diffoudre par quelque acide^
& que de cette diffolation réfuîtent
ces filamens que Dover a obfervés dans
les urines des goutteux &: qu’il prétend
être un ligne de la goutte ; c’eft cette
matière blanche &: crétacée, que de
fan g tient en diflblution, que la nature
dépofe quelquefois fur les -articles ou
fur d’autres parties.
M. le Baron du Boucha fujet à la
goutte, quoiqu’il ne boive que de l’eau,
& qu’il fe donne beaucoup d’exercice
à la chaffe, a coutume d’être délivré
du paroxyfme de fa goutte par un cra¬
chement abondant d’une efpece de
poudre fableufe , grenue, dure, fem-
blable à du tartre, qui crépite fous les
doigts, il mouche auffi en abondance
une pareille matière ; le paroxyfme lui
durant une fois plus long-temps que
de coutume, le Tio^evcc Fontfrede ^ fon
Médecin, accéléra l’excrétion de cette
matière fableufe au moyen des fialo-
gues & des vapeurs qu’illui fit recevoir
par la_ bouche &: par les narines , ce
qui diflipa le paroxyfme. Ce Baron vit
encore , fujet à la néphralgie calcu-
leufe.
L’opinion commune de S.ydmham
Doideiirs vagms . Gouttj,
Bc de Boerhaavc eft que ceçte; maladie
doit fa première origine à la débilité de
l’eflomac. Il eft certain que; fon accès
efi: précédé pendant quelques femaines
de lignes.d’indigeflion, quoique l’ap¬
pétit augmente la veille ; enfuite pen-_
dant tout le tempjS que durent les pa-
roxyfmesl’appétit languit,feBas ven¬
tre efl: ferré , l’urine peu abondante ,'
haute en couleur, & le malade fent
vers le foif une efpece de friffon. Ce
paroxyfme;, au commencement, &
ayant que; la podagre foit invétérée , ell
plus court, , plus incônftant dans le pért
riode j,mais;à^nîefure quele .fujet avan¬
ce emâgei, il; devient plus violent, Sç
fon type plus- ceitain. -. ,. • ; ' >
- te pat^xyfme fini, on fent de la dé-
mangeaifon ;dans le pied affeâé , la
peau fe dé^hp pat écailles furluracéeSj
l’appétit; larfanti reyiennenti -Pius;
les accès font violens, & plus ife font
long-temps à reyenir, & auconfraireÿ
& dans cette -efpece téguliere,, ils ne
durent pas* plus'de deux ou trois mois
& même ils font extrêmement courts
Içrfque lajma|adie commei^ee,- ;, ;
;> J, Quqiqu;%£ettec efpecç réguMfrë foit
.aeçqîiîpagnee de douleurs extrêmemenî
C V
58 C l A s s E VII.
aiguës, qui augmentent au plus léger
mouvement du pavé, qu’elles mettent
le malade de très-mauvaife humeur, &
qu’elles foient compliquées d’une pe¬
tite fievre ail commencement, le ma-
lade^n’en a rien à craindre pour fa vie,
& eiîé préfage plutôt fa durée que fa
fin ; & qüi plus efl:, dans les interval¬
les des paroxÿfmes, lés malades font
vermeils, bien portans de bonne hu¬
meur , & encHns à l’amour & aux plai-
firs ; mais lorfqiie la maladie devient
invétérée, ou qu’on la traite mal, elle
devient anomale & dangereüfèi
■ Ciiri. .La faignéé ne vaut rien-dans
cette maladie ^ ôc encore^ moins lorf-
qu’elle eft réitérée. Gn peut à la vérité
i’employèr dans le fort du paroxyfme,
& lorfque le fujet elî jeûné pour cal¬
mer la douleur ; mais on ne fauroit îa
réitérer- impunémént. Les purgations
réitérées ne valent rien non plus ^ ëç
l’ôn ne doit y avoir recours qu’après
le paroxyfme, & encore doit-on fé
borner à purger le malade' avec' ^
manne & le pétit-Iàît. On ne doit pas
non plus ùfêr- de^ fûdOrifiques , malgré
le fuccès qu’ils ont foùvènt eu dans* les
tempéramèns froids, tous- eis remèdes
DotiUurs vagu&s. Comté.
font caufe que les paroxyfmes fuivans
font plus forts & plus opiniâtres , &
qui pis eft, ils rendent la goutte ano¬
male. Le Médecin doit principalement
s’attacher à fortifier i’eftomac de fon ma¬
lade , & à tempérer l’acrimoine & la
chaleur exceflive des humeurs , fur
quoi l’on peut confulter Sydenham. Le
fujet goutteux doit s’abftenir de toute
nourriture , à l’exception de la viande
bouillie & rôtie, ne boire que de l’eau
de fontaine, fur laquelle il mettra un
cinquième, ôc s’il eft âgé, un quart de
vin vieux, fur-tout d’Efpagne, s’abfte-
nant avecfoindes vins blancs de France,
principalement de ceux qui font verts.
Il doit faire tous les jours de l’exercice,
fe promener, monter à cheval, aller
en voiture ; éviter le froid, les veilles ,
tout ce qui occupe l’efprit, ne point
étudier après avoir mangé , s’abflenir
des femmes, ou du moins n’en ufer
que modérément. Il prendra, s’il en
eft befoin, un bol de thériaque pour
fe fortifier l’eftomac, il garantira fes
mains & fes pieds du froid, êc fe cou¬
chera de bonne heure. Les perfonnes
âgées qui ne boivent que de l’eau, af-
foiblifîent leur eftomac, & aigriftenî
C vj
6 o Classe VIÎ.
leur maladie ; il s’eil: trouvé des jeiin-es
gens bilieux qui ont été guéris de la
goutte , en fe réduifant à cette feule
boiflbn.
Les jeunes gens dont les humeurs
ont beaucoup d’acrimonie, fe délivrent
fouvent de la^goutte , en ne vivant
conftamment que de lait.
Les chauffons de toile cirée font très-
propres à attirer la goutte for les pieds ;
maisol eft à craindre qu’ils ne répercu¬
tent la foeur.
. Plufieurs perfonnes ont prévenu les
accès de goutte dont elles étoient me-
îiacées , en iifant pendant trois jours
d’une diete légère , & d’une tifane fu-
dorifiqué dont Helvétius donne la corn-
pofition.
Rien n’eff meilleur pour calmer l’ac¬
cès qu’une nourriture légère, une boif-
. fon légérément diaphorétique , & un
cataplafme fait avec de la mie de pain,
du lait & du fafran. Dans le cas où la
douleur eft très*violente , le malade
doit prendre du laudanum en fe cou¬
chant. Le Doâeur La^erme a guéri un
goutteux que fes affaires ebligeoient
de voyager, en le faignant du pied;
malade.
Douteurs vagues. Goutte. 6 i
V'ariétis de la Goutte.
a. Arthritis hiemalis ; Goutte froide.
L. P.
Cette efpece de goutte revient pref^
<jue pendant toute l’année, à l’excep-
tion de trois mois d’été ; & l’on peut
en voir la defcription dans Sydenham ,
qui y étoit peut-être fujet. Elle eft très-
familiere aux perfonnes âgées & pitui-
teufes, elle eft accompagnée d’une
moindre chaleur pendant le paroxyf-
me, & d’une démangeaifon moins forte
après qu’il a ceffé. Elle demande des
fudorifiques , comme une tifane de
racine de fquine , de fàlfepareille , de
gayac, de faffafras, des éleôuaires fl:o«
machiques & antifcorbutiques eompo»
fés avec le jonc odorant, l’angélique
le quinquina, l’énule campane , l’ex¬
trait de genievre , la noix mufcade ^
la thériaque. Cette goutte eft la plus
fréquente detbutes : on rappelle chau~,
de , lorfque la tumeur de la partie ma¬
lade eft rouge, chaude , tendue, com¬
pliquée , d’une petite fie vre , & que le
rang eft couvert d’une croûte inflam¬
matoire. On dit qu’elle eft frcidê^ -lorG
n’apperijoit awçuft dé
ig^ .Classe VII.
tomes ; mais ce ne font là que des va¬
riétés , qui ne different que par le plus
ou le moins.
3. Arthritis rheumatica; Arthritis rheu-
matifmo fupcrvcnims , Mufgrave , cap.
Z. Goutte rhumatique, de Meyferey,
n^. 35)6’. P. L.
Cette efpece efl prefque femblable à
la froide , mais elle n’eft que fympto-
matique, je veux dire, qu’elle fuccede
au rhumatifme, lequel engendre dans
les parties mufculeufes des tumeurs ova¬
les de la groffeur d’une noix. Elle n’en¬
gendre jamais des tophus dans les arti¬
cles comme la podagre , fes périodes.
ne font pas non plus réguliers ; mais
elle caufe continuellement des accès
légers non-feulement aux piedà , mais
aux mains & aux genoux.
On la croit occafionnée par la len¬
teur & la vifcofité de la lymphe, la¬
quelle dépofe dans les articles une fy-
novie femblable à de la gelée. Ses pa-
foxyfmes font très-ffcquens en autom¬
ne; ils reviennent en hiver, pour peu
qu’on fe refroidifle, & il furvient une
enflure œdémateufe dans la partie ma¬
lade. Elle affeéfe fur-tout les doigts, la
«nain fe retire, &: fouvent elle, dure
Douleurs vagues. Goutte, ^5
toute la vie. Son accès furyient de même
que celui de la goutte chaude, quoi¬
qu’on ne faffe aucun abus des cardia¬
ques , & le fang que l’on tire dans le
paroxyfme efl; couenneux de même que
dans le rhumatifme. Les tumeurs dans
cette efpece de goutte ne tendent pas
à la fuppuration.
La cure exige des atténuans. Le fang
& la lymphe, li l’on en croit Mufgrave,
ont une qualité li alkalefcente dans cette
maladie, qu’ils teignent en vert le lirop
violât. Cependant il prefcrit non-feu¬
lement les antifcorbutiques, comme la
rave fauvage, l’oignon, le pied de veau,
Je cochlearia, le fylimbrium, qui con-
tiennenfun alkali volatil; mais encore
réfpriî de corne de cerf, d’urine, de
fuie j de fei ammoniac , qui font les plus
forts alkaîis de cet ordre. Il prétend que
quelques ^Jerfonnes - robuftes ont été
gviéHés dé cette goutte par dès' éméti-
‘qüës réitérés , les -efforts qu’elles
foient pour vomir ayant atténué la lym-
‘phè ; maïs ’ céfte métho<^e convient à
peu de gens. Il veut aulîi que lé malade
prenne en fë couchant quatre gouttes
d’huile de térébenthine , & qu’il oigne
"deux fois par jour avec du baume dq
iS4 Classe Vil.
foufre térébenthiné les membres qu-
ont perdu leur mouvement. 11 prefcrit,
auffi le camphre tant pour l’intérieur
que pour l’extérieur, & veut que l’on
pompe la fynovie qui s’efl; amaffée dans
les jointures par le moyen d’un petit !
chalumeau qu’on introduit dans , les ,
chairs , que l’on baffinë enfuite les arti-;
clés avec, du vin brûlé , & qu’on appli¬
que deffus un emplâtre magiftral. Une
femme âgée de quarante ans j habituel¬
lement bien réglée, douée d’une bonne
eonflitution, fut attaquée au commen¬
cement de l’hivër d’une goutte rhuma-
tique qui dura deux mois ; elle fe plai-
gnoit de. douIe,ursr daris toutes des arti-i
culations des extrémités avec enflure
auxjnains,. aux pids, aux genoux';^
les bouillons délayans ne lui procurer
rent . aucun fouîagement; imai? ayant
priS' de rextrait.de jufljuiame blanche-,
elle fe trouva beaucoup mieux au bout
d’une femaine ; ,la; dofe .de cet extrait
efl; depuis un grain jufqu’à dix en l’aug¬
mentant .par degrés; «cela^Iui flt naître
l’efpece de berlue; appellée^^Æ^Æe^, Elle
fut entièrement irétablie au bout d’uà
mois par ce ieul remede, ; V ..
4. _^J:r£]ims . (zfiiya^ ; tGputtécÇhaud^
Douleurs values. Goutte, 65
Je vais décrire celle dont je fuis afîligé
depuis dix ans, & que j’appelle chaude,
parce qu’elle me fatigue durant tout
l’été, & qu’elle me quitte l’hiver. Elle
différé de la régulière , en ce qu’elle
n’obferve aucun période confiant ;
d’ailleurs elle eft fi douce, qu’elle ne
me retient jamais au logis, & que j’en
fuis quitte pour marcher avec un peu
plus de peine. Son premier accès fut
très- violent, il me prit dans l’automne,
& me retint un mois au lit. H m’alaiffé
une douleur dans le pied & la main
gauche, qui s’étend rarement jufqù’au
coude, & qui après qu’elle a ceffé-, y
laide une foiblede & une fenlibilité,
fans aucune altération dans l’enflure ni
la couleur. Dès que le printemps ra¬
mené la chaleur, les pieds & les mains
me font mal ; la douleur s’appaife dès
que l’air fe refroidit, & revient à l’inf-
tant que l’atmofphere s’échaude ; elle
augmente dans le fort de l’été, & cefle
tout-à-fait dès que le froid de l’hiver
fe fait fentir. Je dois cette maladie par¬
tie à mes parens , & partie à ma trop
forte application à l’étude. Les accès
vioîens font fuivis de démangeaifons
•violentes dans le dos j j’étois extrême*
S6 Classe VIL
ment fenfible au froid du côté gau¬
che ; mais depuis neuf ans l’hiver ne
m’incommode prefque plus. Quoique
la matière de cette maladie foit extrê¬
mement âcre, que la chaleur de l’air
la mette en mouvement, & que les
bains domeftiques me foulagent^je fais
rarement ufage de lait & de bouillons
rafraîchiflans, tant parce que j’ai l’efto-
mac foible, qu’à caufe que je fuis d’un
âge avancé; je ne faurois m’abftenir
de vin , que je n’aye auffi-tôt la diar¬
rhée , & j’emploie quelquefois des fto-
machiques chauds ; l’éleârifation ne
m’a procuré aucun foulagement.
5. Arthritîs chlorotica, Mufgrave, d&
arthrii. ex chloroji^ vel anhritis alba ^ du
même ; Goutte chlorotique. L; P.
Cette efpece attaque les femmes qui
font nées de parens goutteux , qui ne
font point réglées , ou qui ont les pa¬
ies couleurs, même dans leur plus ten¬
dre jeuneffe. Elle eft familière auffi aux
femmes flériles qui font mal réglées ,
corpulentes, fédentaires , qui ont la
voix mâle, & fouvent auffi à celles qui
ont de la barbe.
Elle approche de la froide, elle atta¬
que les femmes avancées en âge; &
J^ouhurs vagues. Goutte.
quoique fort incommode , elle leur
affure une longue vie.
Les jeunes femmes en guériffent par
l’ufage des emménagogues , tels que
les ehalybés, le borax, &c. mais plus
fûrement encore par le mariage &
l’accouchement. Dans le cas où elles
font ftériles, il faut tenter les emmé¬
nagogues , & même les cathartiques,
tant qu’on a efpérance de rappeller
leurs ordinaires , mais feulement une
fois par mois ; mais cet âge paffé, on
doit recourir aux cauîeres êc aux dé-
coûions ameres.
Ce que je viens dé dire a lieu pa¬
reillement, par rapport à la goutte qui
fuccede à i’afcite, avec cette dilEérence
qu’il faut réitérer la purgation.
6. Arfhritls melancholica , Mufgrave §
cap. 6 . Goutte caufée par la mélan¬
colie. L. P.
Cette efpece eft familière aux per-
^fonnes que l’étude, les chagrins & les
"^foucis ont alFoiblies, de même qu’aux
fujets hypocondriaques & hyftériques;
le chagrin & la goutte fe fuccedent
tour à tour, elle vienf lorfque le cha-,
grin cefle , & elle s’en va , lorfque
«elui-ci revient. L’Auteur appelle ici
Classe VII.
mélancolie, ce que l’on nomme vul',
gairemenî triftelTe , & mon. point'Ij
délire ; quoique lés vrais mélancoli- ■
ques n’en/oient point exempts. Cette
efpece elf auffi douce que celle à la¬
quelle je fuis fujet, & dont j’ai donné
la defcription ci-deffus. Elle n’exige
point dans le paroxyfme d’autre trai¬
tement que les autres; mais il convient
pour la prévenir, i°. de tenir le ven¬
tre libre ; de rétablir la digeftion;
&-peur cet effet, le malade ufera en
été d’eau acidulé ferrugineufe avec la
manne, d’une infufion de thé avec de§
martiaux préparés, par exemple de li¬
maille de fer dans une cuillerée de fqu-
pe. L’ufage du quinquina eft auffi fort
îalutaire , pourvu que la dofe en foit
modérée , & l’on peut y joindre la
décoftion de racine d’efquine, de fâlfe-
pareille, &c. On doit prendre garde
de ne point employer la limaille de fer
en trop forte dofe, elle rendroit les
accès plus fréquens; & le plus fur, eft
de n’en prendre que quelques grains
à la fois.
^ 7. Arthritis fcorbutica , Mufgrave ,
cap. 6 . Goutte feorbutique.
Cette efpece attaque les perfonnes
Douleurs values. Goutte '.
fujettés au feorbut chaud ; elle reffem-
ble à la podagre chaude ordinaire, avec
cette différence qu’elle efl plus douce ,
& que fes accès durent plus long-temps ;
elle eft ordinairement accompagnée de
la gale, de taches livides, d^ilceres aux
gencives, d’un prurit âcre, du craque¬
ment des os.
Gn appliquera dans le paroxyfme
fur la partie malade de légers attradifs ,
tels qu’un cérat vert, dont on fait les
étuis de chapeaux. Ne feroit-ce point'
de la toile cirée, ou des feuilles de
chou ?
Le paroxyfme fini, on travaillera à
^corriger l’acrïmonie -du fang , par le
moyen du mercure, du calomel, des
anti-feorbutiques , des cathartiques ,
des martiaux , &c. en prenant garde
cependant de ne point détourner l’hu¬
meur qui fe porte aux pieds.
■ Il y a aâueilement à i’Hôpital-géné-
ral deux hommes fexagénaires qui fe
plaignent depuis fix mois d’une douleur
brûlante continuelle dans l’intérieur
des pieds, qui n’eft accompagnée d’au-
'cune enflure, qui les tourmente prin¬
cipalement la nuit , les empêche de
doimiriy & ne leur permet point de
70 Classe VIÏ.
fouffi-ir la plus légère couverture, à
caufe de la chaleur qu’ils reffentent
dans ces parties. Ils font tous deux
maigres, pâles, & ils ont lapeauobf-
cure & prefque jaune ; mais on n’apper-
çoit aucune altération dans la couleur
de leurs yeux. L’un n’a prefque point
de dents, & celles qui lui reuent font
cariées. L’autre a les gencives molles,
fanguinolentes ; ils ont tous deux de¬
puis lix mois le dégoût & la diarrhée.
Le laudanum eft jufqu’ici le feul remede
qui leur ait procuré du foulagement. Il
y en a un dont les jambes commencent
à devenir livides ; le métatarfe s’eft
îoiÆ, a noirci & s’eft defféché. La
noirceur - & la féchereffe ont gagné
les pieds & une partie de la jambe dans
l’un & dans l’autre.
Perfonne n’a décrit jufqu’iei exaâe-
ment cette maladie, quoiqu’elle ne foit
pas rare. Ses.fymptomes effentiels-font
nne douleur chaude qui augmente' la
nuit, & qui eft accompagnée d’une
contrafture fcorbutique, de lanoirceuï
des pieds, fans aucun ligne de gangre¬
né , Scd’un fiomacau. Voyez catochus.
fcorbutique.
; Les remedes indiqués dans cette ma-i
Douleurs vagues. Goutte'. yf
îadie, indépendamment des catharti¬
ques légers , compofés avec le rha-
pontic, font les opiats abforbans, les
bouillons avec les cloportes , l’énula
campana, & le lait'; & en cas de diar¬
rhée , les bouillons faits avec les plan¬
tes antifeorbutiques, ameres & ftoma-
chiques.
8. j 4 rtkritis JyphUidca ^ Mufgrave^
cap. y. Arthritis paturfa fuccedens , du
meme. Goutte vérolique. L. P.
Je l’ai obfervée deux fois dernière¬
ment , & quoi qu’en dife Mufgrave , je
l’ai yue accompagnée d’éruptions véro-
liques & de pullules, tantôt aux pieds ,
tantôt aux mains, & de douleurs arthri¬
tiques qui augmentoient la nuit. Cette
efpece eft fouvent caufée par une go¬
norrhée fupprimée, & on la guérit par
les friâions ordinaires. Lorfqu’on em¬
ploie les préparations néceffaires , non-,
feulement les fymptomes véroliques ^
tels que les puftides, les rougeurs difpa-
roiffen^.jpiais il arrive même fouvent
que les d^leurs arthritiques s’appaifent ‘
entièrement ; ce qui n’arrive cependant
que plufieurs mois après les friftions.
Lorfque la vérole fe joint à la goutte,
& que celle-ci efl effentielle, je doute:
7 i Classe Vlî.
qu’on puiffe calmer les douleurs qui
l’accompagnent. Je n’ai employé ni la
falivation ni le meraire doux, quoique
Mufgrav^ recommande l’un & l’autre.
Les fomigations dont on fe fervoit jadis
en Italie , ont guéri un-malade pour
quelques mois. Mufgrave prétend que
cette goutte, lorfqu’on la néglige, con¬
duit plus fouvent que les autres à l’apo¬
plexie. Je n’ai connu que des vieillards
qui en fuflént attaqués.
. 9. Arthritis ajlhmatica , Mufgrave y
cap. 8 . Goutte afthmatique. L. P.
C’efl: celle qui fe joint à l’afthme hu¬
mide vers l’âge de cinquante ans, ÔC
pas plutôt. Elle eft affez douce , fask
nœuds, elle ceffe l’hiver, & par cotî^
féqùent elle eft chaude. Elle s’aigrit ou
ne vient îorfqu’on ufe de purgatifs draf-
tiques.
Cette goutte appaife l’afthme, & eft
par conféquent falutaire aux afthmati-
ques ; de forte qu’au cas qu’elle manque
ou qu’elle ceffe, il faut la rapa^lîer avec
nn cérat vert , ou tel autre ^ipaftique
léger. Le paroxyfme fini, on purgera
légèrement le malade, après quoi l’on
.paffera aux décodions ameres , aux
•martiaux &: aux béchiques.
10 *
Douleurs vagues. Goutte. y j
10. Arthritïs febrifequa; Goutte qui
fuccede à la fievre ou continue, ou
éryApélateufe, ou quarte intermittente.
Mufgrave , cap. c).
Cette efpece de goutte eîlfort rare,
& Ton peut voir ce que l’Auteur en dit.
Je l’appelle febrifequam , parce qu’elle
accompagne la fievre , comme une fui-
vante fa maîtrefTe.
11. Arthritïs febiicofa , Verlhof, ôbf.
de.febribus , pag. 66. Goutte fébrile.
A. P.
C’eft une goutte vague, ou un rbu-
matifme goutteux compliqué d’une fiè¬
vre rémittente, ou d’une quarte con¬
tinue double dans le cas de l’Auteur,
& occafionnée par un virus fébrile.
Après avoir employé les remedes
généraux, & obfervé le type pendant
trois femaines, led^oâeur ^er/Ào/pref-
dit dans la rémiifion le quinquina avec
la poudre des vers de terre, & ordonne
dele continuer même après que la fievre
a ceffé, en y ajoutant de la racine de
pied de veau, infufée dans du vin. La
fievre & la goutte ceflerent pour tou¬
jours; la malade recouvra l’appétit,
fes ordinaires revinrent, & elle ne fut
Tome VL D
74 C L A s s E VIL
plus fujette au vomiffement, à la débi¬
lité, &c.
II. Ankritis rackialgica; Arthrlds a
colicdf Mufgrave, cap. lô. Goutte eau*
fée par la colique de Poitou. L. P.
Cette efpece fuccede à la colique de "
Poitou, laquelle eft très-familière dans
certains pays à caufe du cidre verd &
acide dont on faitufage, comme Muf
grave^&l dernièrement Huxham l’ont,
obfervé. Elle efl entièrement fembîa»
ble à la Podagre, & demande le même
traitement dans le paroxyfme. A l’é¬
gard des propbylaâiques, ils fe rédui-
fent aux ftomachiques & aux cordiaux,
aux eaux thermales , fulfureufes , &
aux cathartiques doux.
13 . Arthritîs exanthanaticor; Arthrids
nnorhis cudcularihus fubjeBa , Mufgrave,
cap. U. Goutte exanthémateufe. E. P.
C’efî: celle qui fuccede aux maladies
cutanées exanthémateufes , fort aiguës ,
comme la miliaire, l’éryfipele , foit
chroniques , comme les -dartres, les '
idceres , lès hémorrhoïdes , les ma-
rifea , &e. fur quoi l’on peut confulter
l’Auteur.
Dovcr èXdhXit pour ligne de la goutte
Douleurs vagues. Goutte. 75
€11 général lesfilamens qui nagent dans
Turine ; je les ai cherchés fans avoir
pu les trouvera
14. ;Anhritis rackitica ^ voyez Duver-
iiey, malad. des os, tom. a., du Raehitis ,
phjl i .pag. xÿG. d’après Saviard, Goutte
rachitique. C. P.
C’eli celle dans laquelle an fent dé
la douleur dans prefque tous les os
dans laquelle ils fe fraâurent au moin¬
dre elFoït que l’on fait. Elle eft fans fiè¬
vre , mais accompagnée des fympto-
mes du Rachîûs.
Une femme âgée de trente ans fouf-
froit depuis quatre mois des douleurs
cruelles dans tout le corps, fans avoir
aucune fievre, ce qui obligea fes parens
à la faire conduire à l’hôpital. Sa mala¬
die lut laiffoit la liberté d’agir, mais les
douleurs augmentoient pour peu qu’on
la tcaichât. : pie fut enfin obligée de
s’aliter ; au bout de troismois fes os fe
feââatrer enf doute u rs augmentèrent,
&: elle mourut au bout de dix après
avoirfoufieit difiéretTtes fraâures. On
lui trouvâtes 6s du^fémur extrêmement
tendres,fi:a£î;urés4f & fi fragiles, qu’ils
fe brtfoient entre les doigts comme une
écorce d’arbre vermoulue ; ils’étoieat
\ TV ;;
7^ C L A s s E Vil.
pleins d’une moelle rougeâtre. Les os
du crâne s’afFaiffoient fous les doigts j
fes chairs étoient molles & blanchâtres;
les cartilages, les articles & les vifce-
res n’avoient foufFert aucune altération.
15. ArthritisAmmcana; le Pian. C. P.
C’eft une maladie qui commence par
des douleurs arthritiques, chroniques,
auxquelles fuccedent des tumeurs de
la groiFeur d’une aveline, cruftacéeSj
des ulcérés phagédéniques, la carie des
os , & enfin des rhagades aux pieds 6c
aux mains, d’où naiflent des excroiffam
ces fongueufes, appellées frambcjia. Les
remedes mercuriels ne font d’aucun
fecours dans cette maladie, & les ftules
qui lui conviennent font les fudorifi'
ques ,; par exemple , la décoélion de
falfepareille , d’efquine, &c. le-
mot Framhejîa^ dans la claffe lo.^ •
1 6 . AfthritisJB^haTncnJîs:, PMlof.m:anfi
Les poilFons qu’on peçhe dans des
environs ded’île de Bahama;:£x6.tQxà
à' ceux qui eh mangent!, detiviolentes
douleurs dans les articulations. Ges dou-i-
leurs fe terminent quelque temps après
par un prurit , qui date trois jours.
Douleurs vagûes. Ddukur des os.
II. OsTOCOPUs ^ Gorræi, De^
finit. Dolor ojfium Douleur
des os.
C’eft une douleur confiante & fto-,
table dans les os, occafionnée par ua
vice du périofte interne, laquelle aug-^
mente la nuit par la j)refîion dû corps,'
Elle différé de la goutte en ce qu’elle
lî’eff point périodique, qu’elle n’aug¬
mente point par la preffion, & qu’elle
lî’affeâe point les épiphyfes feules. Elle
eft ainfi appellée à'ojleon^ os ; & copos^
douleur.
I. OJlocopus ah jpinâ ventofd; Epine
venteufe ; en Grec, Teredon, Spïnct
ventofa , de Rhafes ; Fr eind, hijior. medic»
anno ^oo. pag. iqz. Petit, maladie des
os^ de Cexojlojé, chap. lô'. C.
- C’eff uné douleur profonde dans les;
os tubuleux, tels que le tibia, le pé¬
roné , le fémur, occafionnée par la
carie de la moelle & du périofte in¬
terne , accompagnée de renflure de
l’os ou d’exoftefe. Fqyei les diverfes
efpeces d’exoftofe ^ clajfe i. ordre 6 . La
chancreufe & la vérolique font de tou¬
tes ces efpeces celles qui caufent les
78 Classe VII.
douleurs les plus cruelles, elles cor-?
rompeut la moelle, elles carient les la¬
mes internes , le pirioûe externe fe
gonfle en même temps ou après, la
douleur fubfifle aulfl long-temps que
l’enflure continue. Lorfque l’exoflofe
externe ne feitpius de progrès, la dou-^
leur fe calme, & l’on peut toucher
l’os fans que le malade foulFre ; mais
l’ofléocope & Ja doutem interne ne
îalflent pas que de continuer. L’indica¬
tion curative conflfle à trépaner i’os,
airifi qn’ArgUlam l’a pratiqué le premier,;
vers le milieu du quinzieme fiecle. On
le perce dans plufieurs endroits,fur*
tout vers le bas, avec un maillet de
plomb & un cifeau. On découvre la
cavité pour pouvoir déterger la carie
avec un fer rouge, ou par tel autre
moyen ufité en pareil cas.
Lorfque le fpina ventofa efl véroli-
que, & que les frictions font adminifl
trées comme il faut, on peut fe difpen-
fer de l’opération que je viens d’indi¬
quer. dePexojiofi, Heifler,
dijjïn. d& mmorib. ojjîum.
2. OJîocopus cancrofus; Douleur des
os caulée par un cancer. C.
Une femme qui avoit un cancer à la
Douleurs values. Douleur des às. 7^
îHamélk de la gaffeur de la tête, ayant
palFé par les friâions fans aucun foup-
çon de vérole, fe trouva foulagée au
point que fon cancert fe réduifit à la
grolfeur du poing; mais dans le cours
de fa maladie, elle fut attaquée d’une
douleur violente dans le milieu de l’hu-
merus, qui ne diangeoit point de place
lorfqu’on y touchoit. Elle mourut, 8c
îorfqu’on vint à lui dilféquer le bras ,
on trouva dans l’endroit où la douleur
s’étoit fixée, le pérrofle quelque peu
détacbé dé l’os, une goutte d’eau entre
deux, & tien de plus. Uichor cban-
creux n’auroit-il pas corrodé la partie ,
8c afiedé la moelle ? Get exemple eft
rare, mais il n’efi pas unique. Cette
dfeâion paroît avoir beaucoup d’affi¬
nité avec le panaris du période.
O^ocopus àj^cedarthrocace, Pcedar^
îhrocacé de Severinus , de abfconditd
übjceÿ'uum niiturâ. C.
Le pædartbrocacé difière du fpina
ventofa, en ce que dans celui-ci la dou¬
leur 8c la tumeur commencent par le
milieu de l’os, au lieu que dans le pædar-
tbrocacé elles affeftent les apopbyfes,
& que la douleur au commencement
éfl: légère ou nulle, qu’elle augmejit®
D iv
§0 Classe" VIÎ.
ou qu’elle furvient dans la fuite; à quoi
l’on peut ajouter que le pædarthrocace
eft familier aux enfans, & approche
du rachitis ou de Texoftofe, foit fcro-
phuleufe ou variolique. Petit, de Vexof-
tofe.
On ne fait point au Jufte ce que les
Grecs entendent par ojlocopc ou ojîeoco-
pCy à moins, comme le prétend Gorrée,
qu’ils ne veuillent défigner par-là un
certain degré de lafîitude. Ceux qui en
font affeâés ne fauroient fe mouvoir -
d’un pas; ils fentent dans les tendons
qui entourent les os, une chaleur mor-
dicante ^ accompagnée de téhfion, la¬
quelle provient d’une humeur vicieufe'^
répandue dans tout le corps.
. 4. Ofiocopus à gummatis , Heifter,
de. ojfium tumoribus, ly^o. Dou¬
leur des os caufée par des gommes. C.
• Les gommes gummaea ) {ont des
tumeurs ou des tubérofités inégales,
qui alEeâent les os du vifage & fur- tout
ceux du crâne dans la vérole invété?
rée, & qui ont la confiftance d’un tuf
friable.
Quelques-uns appellent tophus , cer¬
tains nodus qui ne caufent aucune dou¬
leur au commencement, mais qui au
Douleurs vagues. Douleur des os. 81
troiiieme degré afFeftent les os qui font
delfous, & occafionnent quelquefois
des douleurs cruelles.
La cure exige i°. les remedes géné¬
raux, comme la faignée chez les adul¬
tes , la purgation avec le jalap & le mer¬
cure doux chez les enfans. -iP. Que
Pon corrige le fang avec des décoc¬
tions ludorifiques, faites avec les ra¬
cines de glouteron, d’efquine, de falfe-
pareille , de pimprenelle blanche ; les
bois de 4 ffaftas,:de gayac, de genévrier,,
avec le mercure doux, la panacée,
l’æthiops minéral en petites dofes fou-
vent répétées. 3°. Après que ces gom¬
mes font venues à fuppuration, il faut
promptement les ouvrir jufqu’à l’os,
que l’on trouve prefque toujours carié
jufqu’aux, méningés. 4^.. Après que le
pus eft forti, on couvre la plaie avec
de la charpie, & on le laiffe couler pen¬
dant quelque temps.. 5^. On déterge
enfuite les os avec une effence de fuc-
ein & de myrrhe,, que l’on mêle avec
de la teinture d’euphorbe, & quelque
peU’ d’onguent digeftif, retirant avec
la tenette la partie de. l’os qui eft ca¬
riée ,, cei que l’on doit faire tous les
îours. Il convient même de panfer 1 ^
g2 Classe VIL
plaie deux fois par jour en été; & au
bout de quelques mois, il fe forme uh
nouveau calus , une nouvelle chair,
mais il refle une cicatrice profonde. Il
éft bon fur ces entrefaites que le ma¬
lade ufe de lait, prenne les bains, & le
foir des narcotiques.
5. Ofiocopus fcorbuticus , Lind. de fcor-
luto; Douleur des os fcorbutique. C.
C’efl une douleur aiguë dans les os j
accompagnée de craquement, de carie
& d’érolion ; les côtes craquent même
quelquefois pendant qu’on refpire, &
après la mort; la partie offeufe fe trouve
féparée do la cartilagineufe, de maniéré,
que l’on diflingue dans les articles les
apophyfes du corps de l’os ; les côtes,
lorfqu’on les preffe, rendent un fang
noir ; & l’on trouve dans les articles ,
au lieu de la fynavie, une humeur ver¬
dâtre. Tels font les fymptonües que
Lindius a obfervé dans le Icorbut invé¬
téré. Voye^ Goutte fcorbutique.
Lindius prétend, contre l’opinion de
tous les Médecins, que les douleurs
fcorbutiques ne font pas plus fortes la
nuit que le jour.
6. Ofiocopus Jÿphiliticus, Afiruc, liy.
çhap. Ut des maladies vénériennes^
Douleurs vagtus. Douleur des os. §5
oii l’on trouve Thiftoire &: la cure de
cette maladie. Douleur des os, caufée par
la vérole. C. P.
Cette douleur, fuivant l’ilîuftre Pro-
feffeur que je viens de citer, ell: occa-
fionnée par la fuppuration & la putré-
faâion de la moelle , d’oii il s’enfuît
qu’on ne peut la guérir qu’en perçant
l’os détergeant l’ulcere , ce qui eft
extrêmement difEcile. Cette douleur
réMe non^feulement aux friârions mer¬
curielles , -elle en eû même fouvent la
fuite, &; elle eft accompagnée de l’exof-
tofe de la partie m.aîade, par exemple ,
de l’humerus, du tibia.
7. Ofiocépus âh ojîeocoJarcoJiyT’ranf,
philof. n 9 . 4yo. à Sylvano Bevan.
Cette efpece fe manifefte par des
douleurs aiguës, qui commencent &
fubfiftentavec le diabeîe. Elles ontleurs
Eeges dans les épaules, au dos, aux
extrémités, & font accompagnées d’a¬
norexie & de fievre lente; tous les os
du dos fe ramollifîent, même ceux qui
étoient les plus durs^ la moelle rou¬
geâtre & membraneufe conferve en¬
core affez de fermeté dans les épipby^
fes. Cette maladie paroîî être l’effet de
la diflblution de la fubftance calcaire
D vj
$4 C L A. s s E VîL
des os par un aeide, & femble indi¬
quer Tufage de l’eau de chaux, propre
à énerver cet acide. Ôn fait que l’ufage
de cette eau eft très-utile dans le dia¬
bète des Anglois.
' III. Rheumâtismus i Rhuma-
tifme J Fourbure,
C’eft une douleur de longue durée
f u’on fent dans les mufcles, fur-tout
ans les membres, fans coryza, ni en¬
rouement , ni rhume.
11 différé de la goutte, & de Vofiéocope.y
en ce que la douleur a fon fîege dans,
les parties charnues, & non dans les
articles & dans les os.
Du catarrhe & de la laffittide fébrih.
' par fa durée, qui eff de plufieurs mois
& même de plufieurs années, ( il faut:
' en excepter celui qui eft aigu ; j & en
outre, parce que le catarrhe commence
par le coryza, î’enroimment, &c.
De fa céphalalgie , de la douleur de^
■poitrine , de la fciatique , du mal des reins^^
'&c. eh ce que le rhumatifme affeâe
tantôt les bras,, tantôt les jambes, &
n’a point de fiege fixe, en quoiil différé
auffi des phlegmafies douloureufes
'Douteurs vagues. Rhumatifme. 8
telles que la pleuréfie, la phrénéfie, &c»
De la colique de Poitou , de la douleur
du foie ^ de la colique rénale^ par les li¬
gnes qui font propres à ces genres.
Ce genre tient quelquefois des ma¬
ladies inflammatoires, à caufe de la fiè¬
vre aiguë 5^ de la croûte inflammatoire
dont le fang efl: couvert ; de forte qu’on
feroit peut- être mieux de le divifer ea
deux autres, l’un aigu & l’autre chro-
nique.
Le genre du rîinmatîfme efl; moder¬
ne ; Cœlius Aurelianus donne ce nom
à la diarrhée , Riviere ^ à la goutte va¬
gue. Les malades font appelles rheuma-
tici, ou plutôt rhcumatijinales y pour ne
point confondre le rhumatifme avec le
rhume,
Fridlnc Hoffmann comprend pîu-
fieurs genres fous ce nom de rhuma¬
tifme , comme le mal de dent , d’o¬
reille ; & qui plus efl, la colique &
tous les maux de douleur , ce qui eft
contraire aux réglés de la faine Logi¬
que,,
ï ..Rkeumatifmus acutus ^ Rhumatifnw:
chaud. Rhenmatifmüs de Sydenham
cap.S.feB. (T. appellé par quelques-uns
arthritis vaga; goutte vague,
86 Classe VIÎ.
Cette efpece de rhumatifme eft ac¬
compagnée d’une fievre continue aiguë,
favoir du fynochus, qui cefîe dans la
fuite.
Il difFere du fébrile, qui eft du au
•venin de la fievre intermittente , &
que l’on guérit avec le quinquina.
Il commençe par le frifîbn & le frif-
fonnementy la chaleur &; la fievre fe
fuccedent enfuite avec des douleurs'
qui fe font fentir nuit & jour dans di¬
vers mufcies des m.embres & du tronc,
qui empêchent le malade de fe moii-'^
voir. 11 furvient unefueur, quelque¬
fois abondante & continue , & la dou¬
leur augmente pour peu qu’on fe re-
froidifie ; la fievre efl: cependant exemp¬
te de putréfaôion, la langue eft nette,
nul rapport, nulle cardialgie, le fang efr
couvert d’une couenne blanche, îranf-
parente*, épaifte, molle , en quoi elle
différé de la pleurétique , qui eft ferme
& épaiffe. Au bout d’environ deux
femaines, à l’aide de quelques faignées
& d’une boiffon délayante, la fievre
ceffe , & pour lors on emploie des
purgatifs légers, les bouillons rafr^-
chiffans, les crèmes , ^ les douleurs
quireftentfe diffipent enfin parTufagè
du lait,
Douleurs vagues. Rhumadfme. §7
Cette maladie attaque fur la fin de
l’automne les jeunes gens qui font bon¬
ne chere, qui font de l’exercice , Ô£
qui font bilieux , pléthoriques.
Le pronoftic en efi: afiez sûr, fi ce"
n’efl: qu’étant mal traitée, elle dégé¬
néré en un rhumatifme chronique fans
fievre.
Cette efpece efi: vraiment inflamma¬
toire. Si les fueurs font peu abondan¬
tes , il faut les provocjuer avec une
tifane chaude de chicorée, de capillai¬
re , & fi elles le font trop, "6n doit les
modérer avec une tifane rafraîchiflante,
par exemple, de l’eau & de la crème
de riz. Il faut, après que la fireur a
cefîe, que le malade fe leve tous les
jours , ou refle affis pour tempérer la
chaleur du lit. On doit ufer avec pré¬
caution de narcotiques , ils fixent la
matière morbifique , ou retardent la
cure. On faigne chez nous les mala¬
des cinq fois & plus dans les fept pre¬
miers jours. Ce font là les principaux
Témedes de cettè efpece.
Avant Sydenham on n’avoit aucune
hiftoire exade dé cette efpece.
2,. Rheumatifmus vulgaris ; Rhuma^
tifme JimpU chronique , appelié Yulgai?
88 Classe VIÏ.
rement Douleurs rhumaùfmaks. L,
Cette efpece revient par intervalles
fans fievre, fans fueur, & a beaucoup
d’affinité avec les douleurs catarrhales,
excepté que les lignes du catarrhe man¬
quent. On croit qu’elle eft occafionnée
par l’épaiffiffement ou la vifeofité du
fang &; de la lymphe ; & comme elle
fe rait principalement fentir en hiver,
& qu’on la guérit avec des diaphoréti- -
ques, on l’appelle vulgairement rhu-
matifme froid, ou occafionné par^une
caufe froide. Dans cette efpece, il fe
forme quelquefois dans différens en¬
droits du corps des tumeurs molles,
de même couleur que la peau, demî-
fphériques, de la groffieur d’une noix,
fur-tout dans les fujets pléthoriques ,,
& les femmes qui ne font point ré¬
glées. Il n’y a point de fievre, ou sHÎ
y en a, elle eft légère & de peu de du¬
rée ; cependant le fang efi: couvert d’une
couenne blanchâtre & tranfparente.
On le guérit dans les paroxyfmes par
des faignées réitérées , mais moins ce¬
pendant que dans l’aigu, à moins qu’on.
ne fuive la méthode de M.‘ Uffroy), Mé¬
decin de Sette. On provoquera la fueur
par le moyen d’une décoèion diaphor
Doükun vagues. Rhumatifme, §9
retique de fcabieufe, ou d’une infu-
fion de capiliaire ; le malade aura foin
de fe garantir du froid , & prendra en
fe couchant des narcotiques.
Pour prévenir le rhumatifme, le ma¬
lade aura foin dans l’intervalle des dou¬
leurs, de porter fur la peau une che-
mife de flanelle, de boire chaud, fur-
tout ên hiver, d’ufer de bouillons de
viperes' & d’écrevifl^es d’eau douce ;
& après s’être purgé, de boire pendant
un mois du lait de vache ou de chevre,
coupé avec une décoêlion de bois fu-
dorifiques, tels que le buis, le gayac,'
i’efquine. Ceux qui font d’un tempéra¬
ment froid, prendront les étuves dans
les mois les plus chauds, les eaux de
Balaruc au mois de Mai ou d’Oêlobre,
en forme de boifibn, de bain, de dou¬
che ; &,ce qui produit fouvent des
effets merveilleux, ils fe feront éleâri-
fer tous les jours «n quart d’heure pen¬
dant quinze jours, fuppofé que le temps
foit froid & fec, ils fe feront tirer quel¬
ques étincefles du cou & des parties
affedées, & y joindront quelques ful¬
minations. Voye^ les Aâes de l’Acadé¬
mie de Sue de.
. 3, Rksumanjmus arthritlcus i Rhu-
90 Classe Vlî.
matifine g®utteux , rhumatifme de Rl-
vi£fe. L.
C’efl; celui qui aiTede fi conftam-
ment les articles & les parties char¬
nues , qu’il tire prefque égalententfiir
le rhumatifme &; la goutte, & qui en
tant que tel, exige k même traitement
que Tune & l’autre de ces maladies. Il
fuccede quelquefois à la goutte vague j
& il a cela de commun avec les mala¬
dies aiguës qu’il tient le malade un mois
au lit avecla fievre & des douleurs dans
les articles , les pie-ds , les genoux, la
tête, les reins & les membres. Cette
maladie efi: d’ailleurs chronique, vague,
fans fievte ;elle attaque indifiinôement
toutes les parties, lors fur-tout que la
tranfpiration efi: interceptée , elle mai¬
grit le corps, & rend les doigts roides
& immobiles. Les remedes les plus
propres à la calmer font les tifanes légè¬
rement diaphorétiques faites avec le
gayac, la fquine , k laitage, les eaux
minérales firlfureufes, telles que celles
de Barege , d.e Lamaîou, de Rennes
près d’Aîeth , de Eagnols , de Saint-
Laurent en Suiffe, &c.
4. Rheumatifmus fcorbuticus ^ Fridi
Hoftmanni, de rheum, Lind. de fcorhuto ,
Douleurs vagues. Rbumatifmc. 91
1. vol. po-g. 37^* Rheumatifrmis cruralis ,
Eitmi\\len,pag.44S. Rhuiîiatifme fcor-
butique. L.
il e& ou le compagnon ou le fuivant
du fcorbut.
Dans le premier cas, les douleurs
ne font pas plus fortes la nuit que le
jour, elles changent fou¥ent de place
& fe font fentir dans les lombes , les
articles, les jambes , dans la poitrine,
lors fur-tout que ces dernieresfont en¬
flées , & font accompagnées de dyfp-
née pour peu que l’on fafîe d’exercice.
Le malade fent une laflitude dans tout
le corps, il a le bas-ventre enflé &
tendri, le vifage pâle & œdémateux;
il eft pareffeux & engourdi ; il a des
maux de dents, des douleurs dans les
mâdioires.
Le fécond, qui efl une fuite du
fcorbut, efl aufli arthritique , chroni¬
que & accompagné de douleur & de
ftupeur dans les articles. L’un & l’autre
s’aigriffent parie mouvement,dégénè¬
rent en contraâure, caufent des taches
aux jambes ; mais n’affeâent point la
bouche.
Ces deux efpeces, indépendamment
des remedes généraux , tels que les
C L A s s E VIL
bouillons anti-fcorbutiques, les difîe-
rens laitages, demaadent l’équitation,
des épithemes avec l’efprit de vin , le
vinaigre & un peu de camphre, des
fomentations avec la décoûion de jou-
barbe, qu’il eft même bon de prendre
tous les matins à la dofe de trois onces
en la mêlant avec une double quantité
de biere. Ce remede provoque quel¬
quefois le vomiffement, &c pour lors
il foulage plus promptement le malade.
Là faignée eft pernicieufe dans cette
maladie.
Dans le cas où la douleur fe fixe
dans une partie, il faut labaffi'neravec
une leflive de cendre ordinaire, dans
laquelle on fera bouillir des fleurs de
camomille & de fureau, des feuilles de
rhue & d’abfinthe & de l’écorce de
citron.
Les véficatoires font nuifibles & at¬
tirent la gangrené. Le malade prendra
tous les jours une cuillerée de graine
de moutarde. On doit provoquer la
fueur, & même pafler par les friftions
mercurielles, fi l’on en croit Lindius;
mais je ne fuis pas de fon avis. Voy&^
mal des reins & douleur de poitrine
fcorbutiques.
Douleurs vagues. Rhumatifme. 93
5. Rheumatifmus calidus
me chaud. L.
Par une lymphe âcre & ipaijfe , Jac.
Lazerme, curât, de morbis cutaneis , au
rang defquelles cet Auteur met mal-à-
propos le rhumatifme.
Cette efpece différé de là fcorbuti-
que en ce qu’elle n’eff accompagnée,
d’aucun vice dans la bouche, ni d’au¬
cune tache fur la peau; mais elle con¬
vient avec elle eu égard à l’acrimonie
du fang : ce rhumatifme différé de l’aigu
en ce qu’il efl chronique & fans fievre.
On le connoît à la féchereffe, la cha¬
leur , la maigreur, au tempérament bi¬
lieux, chaud & fec des malades. On le
calme par l’ufage du lait, des bouillons:
diurétiqiies faits avec la chicorée, le
fyfimbrium, la véronique, le becabun?
ga, des eaux acidulés bues chaudement^
par les bains domeftiques, .fulfureux,
tels que ceux:'de , dé; Bagnotsé
Les bains falins, tels que ceux de Balu'^
ruc'^ ne font que, l’irriter. Il dégénéré
aifément en contra^ure , & approche
du goutteux. Les bains domeftiques
d’eau commune pris en hiver, fontfa-
lutaire^ dans cette efpece. ‘Les'Italiens
onlifiçutùme en pareiLca^ de frotter en
94 Classe Vil.
été les parties affeftées avec de la glace ÿ
& les malades s’en trouvent fouvent
bien.
Cyrille, dans fa conflit. Médîc,
ccm. J. fe fert pour la guérir ^ dans le
cas où elle eft caufée par une gale réper¬
cutée , des bouillons de Septal avec les
bois fudorifiques , lesviperes, les plan¬
tes diurétiques , auxquels il- ajoute un
nouet de limaille de 1er. Il eft d’avis
que le malade commence par fe purger ,
& qu’il change d’air. Voye^^ auffi Tobf,
£i de la même centurie. Ces deux mala¬
dies font compliquées de dyfpnée.
6. Rheumatifmus equinus 9 Bourgelat,'
Encyclopédie. La Fourbure. Les chevaux
font appellés Voyez les fignès
& la cure de cette maladie dans l’en¬
droit cité, & dans Soleyfel.
y. Rheumaîifmus hyflericus ; Dolores
hyferici, Sydenham-, differt. de pafîone
hyfiericâ-. Rhumatsfme hyftériqùe ; Dou¬
leurs hyftériquesv - ' ■ -
C’efl une douieùr dans divérfés par¬
ties du corps y par exemple, la-tête,- laf
follette du cœur , le dbs, l’extrémité
du coccyx, à laquelle les femmes hÿf-
tériqûes font fujeîtés^ Cette diouleùr,
dit Sydenham ,' afeâ'e les parties ^tér-
Douleurs vagues. Rhumaüfme. 9 ç
nés & externes, de même que les chairs
mufculeui’es, comme les mâchoires,
les humérus, les mains, des jambes, le
tibia, tantôt avec tumeur , tantôt fans
tumeur ; mais ce genre a cela de parti¬
culier, que l’enflure elî: beaucoup plus
eonlidérable'dans le tibia que par-tout
ailleurs. Parmi tous les maux dont cette
maladie efl accompagnée , il n’y en a
point qui Ibit plus fréquent que la dou¬
leur du dos , & c’efl le premier qui fe
fait fentir dans ceux qui en font atta¬
qués. Ces douleurs ont même cela de
commun qu’elles rendent la partie ex¬
trêmement fenfible, de forte qu’on ne
fàuroity toucher;mais cette fenfihiîité
s’évanouit peu-à-peu : on la guérit avec
les laitages. Les Suédois font fuj’ets à
une maladie affez rare, que Schcnckius
appelle dkvaren ou laufendovaren , Ô£
que Barrholin , Ha-ffnv tom. IL zz®,
ii 8 .L>c\’Ill. Linneus nommtnt la vola¬
ge ; c’efl une douleur violente qui atta-
que de temps en temps, différentes par--
ties, qui augmente principalement la
nuit , & qui ne fubfifte giieres-qu’une
demi-heure dans la même place. Elle
paffe en un inflant des jambes aux cou¬
des,. aux cuiiTes ,>au bras, en abandons*^
^6 C L A s s E VII.
nant fon premier fiege, fans qu’il pa«:
roiffe aucun figne extérieur, fi ce n’eft
qu’on voit, au rapport de Sckçnckius,
vin grand nombre d’afcarides fortir de
la partie afFeâée ; les douleurs font fi
fortes, que le malade pouffe les hauts
cris , demande à Dieu la mort ou un
prompt fecours ; il efl: cependant déli¬
vré de ces douleurs dans peu d’heures,
à moins qu’elles ne fe jettent fiar le
bas-ventre , car alors elles font plus
opiniâtres, & accompagnées de ten-
fion du bas-ventre , d’anxiétés, d’apho¬
nie , compie l’a obferyé ŸIIL Linmus,
VîQmà ÿ hiji.-méd. fait mention d’une
maladie qui a beaucoup de rapport à
celle-ci.
. 8. Rheumatifmus faltatorius, Cardant,
lib. ' de vemnis ; Flatmiix ^ appellé
nakir par Albucafis. Spafmus fiatukntus
par Plater, pag. 277. on ignore ce qu’il
entend par-là. Rhûmatifme vermineux,
■Voyez Tiffot, Avis au Peuple touchant
le rhûmatifme ^ chap, iJ. n°. iC6. ^
Les enfans, dit l’Auteur, font fujets'
à des douleurs fi violentes & fi univer-
felles, qu’ils jettent les hauts cris pour
•peu qu’on les touche. Prenez garde à
ne. point traiter cette maladie comme
le
Douleurs vagues. Rhumanjmc. ^7
îe rhumatifme ordinaire ; elle.eft caufée
par les vers , & les malades ne les ont
pas plutôt rendus, qu’elle cèffe. Voilà
ce que dit le favant
Rheuuiatijmus fchricofus, Mortoà^’
cap.^. hif. zu..Fcbris intermittens rheu^
màtïfmum fimulans^feuFebris rhmmaticu
fjufdem^'^hiflor. tz.pag. ^4. hifi 10. ad
14, Rhumatifme compliqué de fiey.re.
Voici les lignes auxquels on le con-
îioît , les urines , font biiquetées;
2^. les douleurs reviennent par ihter-
valîe.de -deux jours.l’un, & même tous
les jç>urs:.ayec leÆilFon , :dç ,çefrent en-
fuite ôn le connoît auffi au pouls ,
à moins qu’il ne foit concentré par la
violence de la douleur ; 4"^. aux accès
qui ont préçédéi ' :
Laméthodecurative de Mohou^dans
Je ças;oh la violence de l’accès fait crain-
4reune fyncope, confiRe rp. à faigner
oopieufement le'malade ; z^. àlui don-,
ner ün vomitiffixhêurés après; 3^. le
quinquina avec le laudanum. Morton a
éprouyé plufîeurs fois que l’émétique
appaife les douleurs du rhumatifme.
-■ La quarte chronique eR fouvent fui-
vie .d’un rhumatifme, ainfi que Ballo-
nius, Rb, de rheutnatïfmo , ÔC Fréd, Hof^
Tome FL E
9 ° Classe VÎÎ.
mann après lui l’ont cbfervé ; mais cette
efpece approche du rhumatifme fcor-
butique. ' .
lo. Rhcumatlfmus metalUcus, Doazam,
Médecin de la-Facilité de Montpellier.
Fvhumatifme met a üiqu e .• ■ ■ i
Cette efpece-eft familière aux Fein-
4 res, aux Potiers., aux Doreurs, à ceux
qui broyént les couleurs, qui peignent
les talons des fouliers des femmes en
rouge, qui font le plomb laminé^ aüX
Fondeurs à ceux qui'boivent du via
édulcoré avec la litharge , d.rc."& elle
-commence fansêtrè précédée^de da coli¬
que de Poitou. Èlle fe manifefieîpar unè
flupeur & une démangeaifon dans les
main-s & les bras, -par la contraâion des
doigts, la blancheur, la -mucoiîte-dela
langue, larsq ’e le po ds f-cpt pour-cela
pluo fiequenî Eile s’a^r.i.parlesfai*-
gneesreitorees, paries crnoi'iensp’- sii>
ter eureme'-î, oiiaonboues ex^cr t ^re-
ment ; elle-s’appaife par les emetiqi es
drafliques^ mais le lendema i e ’e dégé¬
néré en des doulêius kncirantp -mordi-
canté-s, contoîldantes dans les ) moef^
les genouxle-stibias, les p d ou ooli-
gent les malades à jëter les hauts t:risi
màis^ prefque tous guérirent au-bout de
Douleurs'yaguzs.^ Rhumatifme. 99
4îx ou douze jours lorfqu’on a foin de
les purger de deux jours Fun , de leur
donner des lavemens de vin & d’huile,
:& le foir des narcotiques, par exemple,
du laudanum & un bol d.e thériaque.
^Cette efpece eft indniraent plus rare
que da co^lique de Poitôu.
Telles dont les,obfervations qu’a fai¬
tes à l’Hôpital de la Charité de Paris
le favant Médecin de Bourdeaux que je
,viens de citer. Il allure qué les malades
uo.. tardent pas à fentir des douleurs
iCruelles & lancinantes dans les extré¬
mités inférieures , & .àêtre paralyfésdes
i>ras,à moins qu’au n’emploie les moch»
îiques qiFon a-toute$ les peines du
monde à la guérir avec les édulcorans.
Cure dont Lobb fe fert pour le rhu¬
matifme aigu, ou pour la fievre rhuma-
.tique, Theophil.Lobb, traB.praB, cap.
: .tom, - 2 .
Madame Wltham , ugée vde - 5 5 ans
^reffentit le premier-deJiimdes douleurs
-violentes dans tout le corps. Ses yeux
'étoient comme enflammés , elle tom-
:boit de temps à autre dans le délire, fa
refpiraîion étoit prompte & courte,
«lie étoit extrêmement altérée , elle
avoit une toux opiniâtre, le pouls fré-
E ii
ICO . Classe VII.
quent & affez fort, & la peau brûlante..
Elle fit appeller le fécond jour le Doc¬
teur Lobb, qui ne jugea pas à propos
de la faire faigner, &: qui lui ordonna
de prendre toutes les fix heures un bol
atténuant, & de boire par-deffus de
l’infusion de méliffe. Ce bol étoit cotn-
pofé de nitre, de fleur de foufre , de
pierre, de contrahierva, de chacun j
grains ; de fel de.fuccin, de fel volatil
de cochenille, de fafran, de myrrhe,
de chacun deux grains. Il lui enjoignit
en outre de prendre toutes les trois
heures trois cuillerées d’un julep atté^
nuant, compofé de deux fcrupules de
,Ce.i d’abfinthe , de fix onces de petk-
îait alexitaire , d’une once -& demie
d’eau de cinnamorne, de quarante gout¬
tes d’efprit de nitre dulcifié, de firop
dejimon & de méliiTe, de chacun deux
drachmes. La malade prenoit enfuite
vingt-cinq gouttes d’une mixtion com-
ipofée d’eîprit de vitriol dulcifié & de
teinture de fafran , de chacun deux
drachmes, par-deffus laquelle elle bu’*
voit un verre de décoftion de corne
de cerf & de vin blanc.
Elle prenoit dans fes langueurs ua
iviîep compofé de petit-lait alexitaire ,
Douleurs vagues. Rhumatijmê. lôt
d’eau de brioine compofée, d’efprit de
lavande, & de teinture de myrrhe.
La fievre diminua le cinquième jour ,
elle ceffa le feptieme, & la douleur le
huitième. Pour hâter la cure, le Doc¬
teur Lobb lui prefc-rivit le quatrième
jour un julep compofé avec l’antimoine
diaphorétique, la pierre de contrahier-
va, le diafcordium, la cochenille, le fel
d’abfinthe, le petit-lait alexitaire, l’eau
de brioine compofée, le firop d’althæa,
& la teinture de caftoreum, & ainfi
confécutivement.
Si la malade eût été à Montpellier,
on l’eût faignée dès le commencement
trois fois par jour ; on l’eût gorgée de
décoétion de chicorée, ou d’infuûon
de capillaire ; on lui eût donné en fe
couchant des narcotiques, & on l’eût
purgée du moment que la fievre auroit
diminué, ainfi que Sydenham \t prati-
quoit à Londres. ~
Lobb a guéri un jeune homme de 2.2
ans d’une vraie pleuréfie fans le faigner,
avec des fudorifiques, des cordiaux ,
des emplâtres & des véficaîoires au
coude. On peut voir là-deifus les obf.
4c) & 60 du tome 2. & fur-tout les
apb'orifmes qui terminent fon ouvrage ,
loi Classe VIL
& dans lefqüeîs il aiTiirè que l’on peut*
guérir toutes lés maladies fébrilës , in-
flammatoires, ardentes , putrides , &c
même les maladies malignes , les plu?
aiguës (ans purgatif, fens émétique &
fans faignée, ainfi qu’il Ta lui-même
pratiqué pîufieurs fois.
Je conclus de là que là-riaturë eft lé
rneiîleur Médecin auquel on puiffe re¬
courir , piiifque malgré les obftacle^
qu’on lui oppofe, elle vient à bout de"
guérir les malades des maux qui les
affligent.
11. Rheumatifrhus dorfaüs , Lômmii,
ds. tabt dorfati ; Rhumaîifme dorfai’. G.
C’ell celui qui eft caufé par l’excès
de Vénus. Royè?Jiè hmhago occdJtGrinê
par h fatyriàjis; voyez V'étïjic dorfalë.
12. FJîeumatifjmts milinris, Bonté,
Journal de. Méd. Janvier ijSy. RHuma-,
tifme miliaire.
Cette efpece elt familière aux accou-
cbéès-, lorfque l’éruption miliaire com¬
mence à s-’éeaiiîer. Les douleurs vagues
qui fe fâifoienî d’abord fentir dans les
vifceres , fe répandent fur les extrémi¬
tés. Il s’élève fur les articulations uné
tumeur pareille à celle qu’excite la
goutte rhumaîifrîîale ; la, peau devient
Douleurs vagues. Rhumatifme. 103
dans cet endroit tranfparente , fans
être œdémateufe ; cette tumeur pâle
ês luifante paâe d’un genou ài’aiiîre,
efl opmiâîre les douleurs^ font aiguës
& empêchent les malades de marcher,
car le moindre tad en augmente la vio-
knee ; l’écoulement abondant d’urines
troubles eûune crife falutaire dans cette
maladie,.c’eft pourquoiles remedesdiû-
rétiques, affociés aux légers diaphoréth
ques^ fontici trèsmîiles ,.tel epre le, petit-
lait dans lequel on a fait bomiHr de la
racine de fquine.
13 . Rheumatifmus.fugax';. Courhaturtÿ
vulgairement appeliée rhuma-
tiques. B,
- C’ed une douleur qui fe fait fentir,
au commencement des fievres .aiguës.
& inflammatoires, dans tous les mem?
bres & dans les aponévrofes des muf-
cîes , elFe efl accompagnée, d’un fenti-
ment de laffiîude ; on la diiSpe par les
faignées & les aùtres remedes propres
à ces maladies. Les malades difent
qu’ils fe fentent brifés &: rompus dans
tous les membres, comme s’ils avoient
re çu plufieurs coups de bâton.
14. Rheumàtifmusnecrofeos.'Vojexhi
gangrené feche occafionnéepar le feigîe
ergotté. E iy
104 Classe VII.
La douleur commence par un en-
gourdiffement du pied, qui gagne infen-
fiblement les jambes, les cuifles, les
mains & les bras ; elle devient enliiite
très-violente , & pour ainfi direbrù^
îante ; l’air froid l’adoucit, mais les par¬
ties qu’elle aftede, maigriffent confi-,
dérablement & deviennent noires.,
c’eft-à-dire , qu’elles tombent en gan¬
grené feche^ , :
I Rkeumadjmusconvuljivus Rhït-
matilme convulfif,.;C.
C’eft une douleur violente dés extré».
mités , du dos, des lombes, accompa¬
gnée d’une rétraftion fpafmodique des
bras & des jambes ; elle dégénéré quel¬
quefois en ftupeitr, fuivie de gangrené
feche aux extrémités, comme il arrive
dans la nécrofe occafionnée par le fei-
gle ergotté & comme il arriva dans
celle qui fut épidémique en Flan dre 4
cette même douleur fubfifte quelquefois-
fans que la gangrené furvienne»
Douleurs vagues. Catarrhe. 105
ÏV. Catarrhvs i CaterteCa¬
tarrhe ; appelle par les Italiens
Infreddatura^ par les Efpagnols^
Rornadiv^o i par d^’aiitres , Flu¬
xion i Ùéfluxion , DiJliLlation,
CaraSere. C’eft une douleur froide
dans les parties voifines du cou, accom¬
pagnée de la toux ou du coryza, &:
"d’une légère enflure de la partie occa-
fionnée par les viciflitudes de l’air. C.
. Le caradere de cette maladie eft très-
difficile à connoître ; mais l’on doit faire
d’autant moins de fond fur celui qui
eft fondé fur une caufe cachée, qu’il
eft faux. Les Anciens le définiffenr un
dépôt d’’humeurs ; d’autres un écoulement
de férofité de la tête fur les parties j
mais ni ce dépôt, ni cet écoulement ne
tombent point fous les fens.
1. Catarrhus hcnignus; Catarrhe bénin.
La douleur catarrhale eft fouvént
accompagnée d’un fenîiment de froid ^
& provient fou vent auffi du froid qu’on
a pris , ce qui lui a fait donner le nom
àt froide-, mais elle eft quelquefois ac¬
compagnée de rougeur, & d’une phlo-
gofe lymphatique. Par exemple., la
io6 Classe VIÎ.
peau chevelue eft rouge dans la cépha¬
lalgie catarrhale, & quoique je fois péri
fuadé que cette maladie vient fouvent
du défaut de tranfpiration, pérfonne
nhgnore cependant qu’elle ed: occa-
iionnée non-feulement par le refroidif-
fement fubit de l’air^ par un vent froid,
mais encore par la chaleur qui fuccede
tout-à-coup au froid, de même que par
rinfôlation ; & de là vient que les ca¬
tarrhes font. beaucoup plus fré'quens
dans le printemps que dans l’hiver, à
eaufe des variations du temps. Il eil
certain que les perfonnes aecoutumées
à la chaleur font infiniment plus fenfi-
hles à un froid médiocre, qu’à un froid .
vioienT, continu & uniforme. Si un
homme échauffé s’expofe au froid, quel¬
que léger qu’il puiffe être , fa peau fe
refTerrera davantage qu’elle ne rauroî!
fait, fi le froid L’eût faifi dans toute autre
difpofition. La tranfpiration infenfible
qui fe fait par tous les pores du corps,
eil la moitié des alimêns que l’on prend,
ou de là quantité d’urine que l’on
rend; favoir d’environ 46 onces. Ceîîè
matière eft âcre & urineufe , ne
peut.être retenue dans le corps, qu’elle
n’irriîe les parties, & ne faife enfler k
Douleurs vagues. Catarrhe. 107
tiffu cellulaire, d’où s’enfuit une en¬
flure, une douleur, & fouvent une
petite fievre , qui augmente vers le
foir, & qui eft accompagnée 4e friffon
& de frifîbnnement. Voyez Quotidienne
continue catarrhale. Cet état, eu égard
au froid & à la fievre, a beaucoup d’af¬
finité avec la quotidienne continue hyf-
térique , avec cette différence que la
catarrhale refi prefque toujours précé¬
dée du coryza,- delà toux, de l’en¬
rouement, de maux de dent, d’oreille,
&c. les douleurs'catarrhales s’étendent
fouvent dans le dos , les bras, la poi¬
trine, & eaufeat une douleur de poi¬
trine & une pleurale caîarrhalë; mais
pour l’ordinaire elles font enfler les
joues , elles gênent le mouvement de
la mâchoire, .& caufent un torticolis.
Or c’efi: ce concours d’affedions que
l’on nomme catarrhe; il difrere entière¬
ment du rhume, quoiqu’il ait le même
principe, par le fiege qu’il occupe, la
d3rfpnée & la toux dont il efl: accom¬
pagné.
Les douleurs catarrhales fe diflipent
peu-à- peu par le retour de la tranfiû-
ratîon,,par une diete légère, les boif-^
fons' chaudes , la chaleur de l’air &
E vj
io§ ClasseVII.
l’exercice. Dans le cas oü elles font
vioièntes, il faut avoir recours à la fai-
gnée, & fur-tout purger: le malade à
deux différentes fois, & lui donner le
foirun fcrupule de thériaque récente.
î_.orfqu’elles font continues , c’eft im
Êgne qu’elles font compliquées' d’un
rhumatifme chaud; 6 c il faut les com¬
battre avec le laitage & les bains d’eaux
.minérales fulfureufes. U y a des gens
.qui confondent le catarrhe avec le rbu*
me, & qui appellent catarrhe chaud,,
le rhume qui dégénéré en phthifie..
Ceux qui traitent du catarrhe malin ,
entendent vraifemblablement par là;
la fîevre catarrhale maligne des: Alle¬
mands, laquelle efl une efpece d’hémi-
tritée,qui, comme i’obferve Brendel^
n’a rien de commun avec, le catarrhe ,
ou du moins la quinte oii la grippe.
2. Catarrhus ferinus ; Quinte, Coque?
luche.
ceftijet ce que je dis de la
toux terine ; çar la toux eif fon princi¬
pal fymptome, indépendamment de^
douleurs aiguës dans le dos &; dans la
poitrine dont i] eft accompagné.
3 . Catarrhus epidrnikus i Grippe ^
Folette. A, ' :
Douleurs vagues. Catarrhe. 109
On ne doit point le confondre avec
la fievre catarrhale maligne de Juncker,
de Nenter, & des autres Auteurs Alle¬
mands , qui n’a rien de commun avec
le catarrhe que le nom.
La feule différence qu’il y a entre la
grippe & la quinte, eft que la première
eft épidémique, & fe cammunique d’un
endroit à un autre. Ce catarrhe eflr
caufé par le vice général de Tair; &L
lorfque lé vent du couchant fuccede au
milieu de l’hiver à un vent du nord
froid, il devientbeaucoup plusfréquent
que û le froid eût continué. Il eû fou-
vent accompagné de la fievre à l’appro¬
che de la nuit. Voyez Quotidienne con¬
tinue catarrhale^ Il efl: extrêmement in¬
commode par le friffonnement conti¬
nuel dont il efi; accompagné pendant
deux ou trois jours, & que le malade
efl: cependant le maître d’arrêter jufi
qu’à un certain point, en refferrant
■pour âinfi-dire la peau-, & en faifanî
effort fur lui-même. Il efl compliqué
d’un fentiment de froiddans différentes
parties du corps , de la toux, du co¬
ryza, d’une pefanteur de tête, aux¬
quelles fe joint une diftillation par le
nez & la bouche, Lorfque, le catarrhe
iio Classe VU.
eftmûr, les crachats deviennent épais,
on rend quantité de morve , & juf-;
qu’aîors oir pafTe la nuit dans des in¬
quiétudes continuelles; on perd l’ap¬
pétit , on efl; foible , & l’on touffe con¬
tinuellement. Confukez pour la cure
Rivière , Hoffmann , &c.
Les, Auteurs font auffl mention d’un
catarrhe fuffocant, mais j’ignore ce qu’ils
entendent par là, à moins que ce ne
foit la toux fuffocative. Pkifîeurs appel:
lent ainfi les afphyxies ou les morts fu-
biîes, dont plufieurs font caufées par
la rupture d’un anévryfme interne ,
d’autres par la rupture d’une vomique ^
d’autres par une apoplexie, ôc'e.
Voye^^ au fujet du catarrhe, quoti¬
dienne continue , toux, rhume , cory¬
za, céphalalgie, & les autres genres.
4. Cacarrhus Beliinjulanus . Med.
Novembre 1757, Rochard^ Maître
en Chirurgie. Maladie particulière d^S
glandes , endémique à BeüéHJle en mer, B.
II furvient une enflure .œdémateufe
dans les glandes du cou, dans les glan¬
des maxillaires, & dans les parotides
cutanées. La rumeur fe manifeffe d’a¬
bord dans l’angle de la mâchoire, &
:groflît au point, de rendre, le malads
Douleurs vagîtes. Catarrhe. ni
difforme ; elle eff molle, & eependant
douloureufe. La maladie commence fans
fievre, mais avec inappétence & iaiS-
îiide ; & au bout de quelques jours, fi
l’on commence la- cure par la faignée,
le teftieule du même côté , & tous lès
deux même, fi le cou eft affeâé des
deux côtés , s’enflent & deviennent
douloureux. Cette maladie attaque les
foldats qui font en faftion, & qui ref-
tent expofés à l’air.
On la guérit par une potion légère¬
ment émétique, & enfuite par des dé-
layans chauds, d’oit l’on paffe à la fai¬
gnée. On la prévient en fe garantiiFant
du froid & du brouillard. On dîfiingue
donc cette efpece des autres par l’en¬
flure accidentelle des tefiicules.
5. Catarrhus mbeolôfus.
Ce catarrhe efi l’avant-coureur dé
la rougeole y de même que la cram.pe
nommée granf, i’efi: de îa miliaire ; je
veux dire , qu’avant l’éruption de la
rougeole le malade toufle fouvent,
éternue, lafmoie, eft affeclé d’un co¬
ryza , en ufï mot, tout femble annon¬
cer un catarrhe; mais l’éruption ne
commence pas plutôt à fe faire, que
tous ces fymptomes dilparoiftent, à
’lll C L A. s s E VII.
l’exception d’une toux feche , qui in¬
commodé quelquefois le malade , êc
qui donne beaucoup à faire au Méde-.
cin. Ajoutez-y i’angine catarrhale , les
douleurs de tête , & les autres acci-
dens du catarrhe. Ce catarrhe différé
entièrement du catarrhe épidémique
ordinaire.
6. Catarrhus peUorms; Catarrhe de.
la poitrine. L.
Une Demoifelle n’ayant porté danS:
un temps froid qu’un voile de foie fur
fe poitrine , qu’elle avoit coutume de
bien couvrir y éprouva pendant plu-,
fleurs mois à la partie antérieure de la
poitrine,une douleur qui augmentoit un
peu par le taâ; la longueur de la ma-,
ladie l’affligea beaucoup ; & la toux lui
étant furvenue, elle craignit de deve¬
nir pulmdnique. Cette douleur cepen¬
dant étoit purement catarrhale, &: oeca-
fionnée par l’arrêt de la tranfpiration ;
les bouillons éduicorans & l’ufage du
lait furent inutiles , ce ne fût qu’ea
portant pendant quelque temps fur la
-poitrineun mouchoir épais & chaud,
qu’elle rappella fur cette partie la cha¬
leur & la tranfpiration, ce qui diffipa
la douleur & la toux.
Douleurs values Catarrhe. 115
Il y a des douleurs qui, quoiqu’elles
affeftent une partie éloignée du cou &
du vifage , & qu’elles n’ayent pas été
précédées ni par la toux, ni par le co¬
ryza, ni par l’éternument, doivent ce¬
pendant être regardées comme catar¬
rhales , lorfqu’il eû évident qu’elles font
le produit d’une tranfpiration arrêtée ;
& c’efl: en quoi elles different du rhu-
matifme. Il ne refte aucun doute fur
Porigine de ces douleurs, fi elles fe
difiîpent par l’application d’un drap,
chaud, ou d’autres tégumens épais fur
la partie affeéiée , ainfi que par i’ufhge
deremedes délayans Si diaphorétiques;
il.faut cependant avouer que le diag-
noflic de ces fortes de douleurs elt
fouvent difficile & obfcur.
7. Catarrhus caninus , Journal de Mé¬
decine, Février 1765.
C’efi: un catarrhe épidémique, qui
régna il y a peu de temps à Montpellier,
à Lyon, & dans prefqite toute la Fran¬
ce , fur les chiens, dont elle fit périr
le plus grand nombre ; cette maladie
commençoit par un froid &; un friffon-
nement, fuivis de toux, de coryza, de
falivation, de dégoût, & d’une fi gran¬
de foibleffe , que ces animaux paroif-
114 C L A SS E VIL
foientparalytiques, ne pouvant pas fe
foutenir for les pattes de derrière. Voye:^
robferV'atidfl que M. Fournier^ Médeeiü
de Diîôn, a publiée for cette maladie
en- 1764. Cette épidémie s’efo renou-
velléè cet hiver 1765; ; & M, Dtfmars^
qui l’avoit obfervée en 1763 , ajoute
aux fympfômes ci-deffuï; mentionnés-,
la tou-x-, la difficulté de fefpirer,-& une
abondance de- matières-vifoueufes for
les yeux. Parmi- les chiens attaqués de
cètte maladie, quelques-uns mouroient
en peu de temps , faife de vertige ; d au^
très ne périffioient qu’au bout d’un mois-,
entièrement maigres ; on trouva dans
les cadavres le- Cerveau affaiffe , le pouv
mon' vicié-,- Feliomac rt mph d’une h
burre putride, qui exbaloit une puan¬
teur infoutenabie.-
Douleurs vagues. AnxiitL 115
V. Anxietas , Inquiétude ; ap-
peliee par Hippocrate & d^’au-
tres ^ Dyfphoria , AJfe ^Aporia,
Bdptafrnôs ^ Addimània ^ Bief-
trifmos & Alifmon ; Inquietudo^
par Seïinert j Rejïlenefsyénkvir
giois J Defaffo/iego ^ en Ëfpa-
gnol.
C’eft- une fenfation irieommodë qui
ne permet point au malade de refter en
place ; mais c’efl: à eeux-qui l’ont éprfeü*
veë j à nous apprendre en quoi eiîé
difFerë des maladies qui îuireffemblë nt.
' r. .iénxiseas-fSrilis I Âîi^iéiéiéhîilé ,
Bberhaave, âphor. 6'g i. Â
Son favant Gommentàteur eii admet
trois efpeces-; lavoir , l’anxieîe^
qui dans les fîevres aiguës eft cauféè
par la di^.culté que le fang trouve à
circuler dans- le ventricule gauche du
cœur, & dans les groiTes ramifications
de l’aorte. Elle= efi: accompagnée de
îïn égalité , & fur-tout de la foibleffe du
pouls. d’un reflerrement de cœur &
des vifceres ; elle eft très-cruelle &
très-dangereufe; 2*^. l’anxiété occafiom
née par le défaut de circulation dans le
Il6 C L A S s E VII.
ventricule droit, & dans les ramificâ-
tions de l’artere pulmonaire, à caufe
de l’engorge ment de s vaiffeaux artériels
& veineux dans les maladies aiguës du
poumon , comme la péripneumonie,
î’efquinancie, l’orthopnée; & celle-d
eft accompagnée de ibupirs plus Iré-
quens & plus profonds, d’un fentiment
de pefanteur dans les hypocondres',
d’une angoifle infupportable , d’une
dyfpnée àuffocaîive, & ce fympîome
eft le pire de tous , fi l’on excepte la
première efpece qui s’y joint très-lbu-
vent; 3°. l’anxiété caufée par le défaut
de circulation dans la veine porte dans
les fievres aiguës, laquelle eft accom¬
pagnée d’une cardialgie in croyable
d’une angoifle violente dans l’orifice
fupérieur de l’çfliomac, & d’un fenti¬
ment de pefanteur très-incommode ,
qui oblige les malades à fe donner des
coups de poing. Elle efl: quelquefois
fuivie d’un idere faliitaire, qui garantit
le malade de la mort.
Voyci la defcription , les Agnes &
les indications de ces variétés, qui font
la précordiale, la pulmonaire, & l’épi-
gaftrique chez Vlllufire Van Swktm,
qui a hérité du favoir ôc de la réputa-;
îion de Boerhaave,
Douleurs vagues. Anxiété, iij
a. Anxietasfpafmodica, Boerhaave,
aphor. 633. Anxiété fpafmodique.
C’efl; cette anxiété violente du dia¬
phragme &; de reftomac qui tourmente
louvent les femmes hyftériques , fur-
tout les hypocondriaques & autres
femblables perfonnes dont le genre ner¬
veux eft extrêmement tendre- & déli¬
cat , fur-tout lorfqu’on rem'ue leurs hu¬
meurs avec des purgatifs âcres. Elle eft
accompagnée d’angoiffes, de fouplrs ,
d’oppremon, de naufées, de douleurs
& d’une agitation extraordinaire, ce
qui joint à l’image de la mort dont la
malade porte l’empreinte fur le vifage,
répand la terreur dans les efprits des
affiftans.
Cette efpeee, quoiqu’infiniment plus
effrayante que les autres, eft cependant
moins dangereufe, vu qu’elle ceffe au
moyen d’un écoulement abondant d’u-^
rine limpide , par une éruption dé
vents par haut & par bas, par Todeur
des liqueurs fpiritueufes & autres fe-
cours femblables, outre qu’elle n’eft
point accompagnée de fievre, quoique,
le pouls foit bas, ferré, fans être plus
fréquent.
3. Anxietas agonijlica ; Ahgoiffes de
I3 mort. A.
ii8 C l a s s e vil
. Ç’efl: celle qui précédé la mort, ôc
qui a. coutume de llannoncer dans tou¬
tes les maladies aiguës gu chroniques,
& qui différé par conféquent des pré¬
cédentes. Elle .eft accompagnée de
robfcurcüTement de lajvue, de i’inéga.-
lité, de la fdibléfTe, 6 c de l’irrégularité
du po.uls , de ia pâleur du vifage , du
délire , d’une oppreffion de poitrine ,
de la palpitation du cœur, & de l’abat¬
tement des forces mufculaires. Elle.eft
caufée'par un fentiment confus du péril
dontda vie ell menacée, à caufe des
obdacles-qui s’oppofent à la circula-^
tion, 6c de l’impuiffance oîi eft la na¬
ture de les furmonter.
A^.^Anx'utas cardiaca ; Anxiété de
cœur. D.
'G’efl: celle qui fans. aucune maladie
inflammatoire 6c dms aucune fievre,
elî. caufée par.un obfiacie qui 5’oppofe
à :1a circulation , foit qu’il fe trouve
dans le cœur, ou dans les environs, par
exemple , par un polype, un anévriC’
me, unfang coagulé, parle venin de la
yipere, pu tel auti-e-iemblable.
y A'Mxistas iihiarum, Aflruc, des
malad. vénériennes. Anxiété des jambes.
Rien :n’efl, plus fréquent que cette
Do.uhürs vagues. _ Anxiété. i
înaîadie dans la pratique j ,& cependant
il n’y en a aucune fur laquelle les Au¬
teurs ^prd.ent un .plus,profond fiience.
On voit tous les j.ours des femmes, ôc
fùr-tout des hommes goutteux &jàffec»
tés^de rhumatifriîes., qui Jorfque le foir
vient, :nê.:peuvent tenir Jeurs: jambes
eh place pendant mne minute à çaufe
de lUnquiétude qu’ils y fehtent,, que
l’agitation, appaife, &;.qui:CeiIe tout'rA-
fait^ :dès jqu’ils font couches.
, >dl>h; trouvera ce qui; concerne les in-
qiûgî.U:des;des;.autres.'parties, à l’article
dès imaJadies auxqueiks elles-appar¬
tiennent. .Au refoe , il y a .quantité de
maladies qui fe dé.clarent dans :îes en-
fans pa.r, des inquiétudes., principale¬
ment lorfqu’ils font .aux langes.
. â.- ïAnxiepas.à-morfu fdis hat^ ; An¬
xiété caufée par la morfore d’un ehat
en cdiexe^^ Mgrg&gni '4'* L.
* • 'lin -homme ayant été - mordu à la
jambe par don chat qui étoit,en.colere,
éprouva quatre iours après une-anxiété
confidéraSle pars les pan es i^oifines
du cceüT. Ôn etoit certain que le chat
ïdétoit qras :h^ op-nope Les faighées,
lesifoaFjficstmrs, i’.a|iE®UQ^Por des-vem
toufes fiir jt .par^.e.sffeCce^ f irentinur
ïio Classe VII.
tiles ; il n’y eut que les bains réitérés
plufieurs fois, quifoulagerentcem^a-
de, & la fievre éphémère étant furve-
nue avec une fueur copieufe, il fut
entièrement guéri ; mais, toutes les fois
que la lune étoit dans fon plein , il
éprouvoit, dans l’endroit dè "la mor-
fure, qui étoit encore livide,-des irfii
tâtions , quife communiquoient au voi¬
lage du cœur, &L lui caufoient une
anxiété confidérable qui ne cédoitqu’à
la faignée ; le retour périodique de èes
irritations dura deux ans de fuite t
quant aux autres-efpeces -d’anxiétés.;
myei tes-' diiFérentes maladies auxquél-:
les elles appartiennent. Les enfans au
kit font fujeîs à beaucoup de maux
qu’on attribue à l’anxiété qu’ils éprom
vent lorfqu’ils font étroitement ferrés
dans leur berceau. : ' - _ ■ : '
. yi . Lassitud q y Lajjituie / en
Grec , Copos ; en Anglois-j
W^earinefs ; en Italien, Strà^
che^a} en Efpagnol, Canfeinci^
, C’efl; une fenfatbn incommode aè-^
compagnée de foibleffe j laquelle obligé
à prendre du repos pour- réparer les
forces
DoiiUurs vagues. LaJJîtude. iii
forces qu’on a perdues. Elle paroît pro-
:venir de rengorgement des mufcles^
celui-ci du fang qiti croupit dans
ieurs vaifleaux capillaires & qui les dif-
-tend , fait à taule: de la diffipation da
ifluide nerveux'qui s’eâ faite par les
-exercices qui ont précédé, ou du peu
qu’il s’eu trouve dans les -membres,
«comme cela arrive au commencement
î4es maladies.., - : "
•: GalUm&n compîe:^lept efpeces jmais
fa divilion eft plutôt fondée fur la Lo-
•.^ique , que fûr la:prâtique dé la Méde-
^cine, - De ce nombre font la laffitude
t:enfive, co/?o5 la laffitude ulcé-
:tsxi{t.^:jç,6pos tlcodçs '^ laquelle eft accom-
-pagnée ftu ftfîftbn-nement, ôtÜ’un fen-
. timenf'parëilà celurquecaufe une épine
ofichée dansde corps ; lalaffitudè phleg-
.mone^tfe copos phlegpibTwdesom. chaude,
-qui eft a'ccompagnée.-d’unfëntiment:dê
chaleur ; copes ifchnotes\, qui.eft accora-
:;paghée. de la féchereffe du corps, &c.
I. Laditudo.à labàre, fïîppoerat. Je
': dketâ \^ /il.- 2:. Herelîius dilaffî-
ytudinc :^ Altdofffi jy oG. Laffitude cauïée
par lé travail. B.:/ : : ;
-. G’ëft célleique caufe.le mouvement ^,
foit; dans; lè tout, fôiî daos la partie \
Tome FL " t
111 , Classe VIî.
& qui, comme l’obferve Hippocrate^
eft en raifon compofée du mouvement
:& de la foibleffe qui ont précédé j de for¬
te que plus le mouvement eft vbient ^
laforce petite, plus la:foibléft’e-eft gran¬
de, & au contraire. Cette laflîtude éfl:
proportionnée, non-feulement à la vio¬
lence du mouvement, mais encore à fa
icontinuité-, & au peu d’habitude qu’on
s’en eft faite. Par exemple-, «quelque
déger ique foit un travail, un homme
-qui n’y: eftrpoint fait, fe fatiguera d’aû-
'tant plutôt, qu’il eft obligé de bander
q)lus long-temps certains mufcles, &
•c’eft la raifon pour laquelle, comme le
-démontre ;très-bien - Alphonfe -^BpreUt^
-ceux qui -fe .tiennent=deboutsfe fati-
:guent plutôt que ^ceux- .quiimarchent.
Il eft aifé de compte ndre poukjuoidés
-convulfions Violentés \ - par^ exemple,
les accès • d’épil'epfie font toujours fui^
vis de laftitude.
1 . La0tüdo -à. pàtliema:te f ^ .
• caufée par' les paffionsi ■ B. ' :
Elle procédé , ou dé îa-coieré- , qni
ccnvoie tout-à-coup le fluide - nerveux
dans tous les membres :&ie diffipe,
eu d’une frayeur ou d’une joie immo-_
-dérée, qui épuifentfes forces àhine
Doukurs vagues. LaJJitude. 125
maniéré qui nous eft inconnue, d’où
s’enfuit la difficulté de mouvoir le corps,
& par conféquent la laffitude.. On peut
mettre de ce nombre celle que caufent
les maux de douleur ôc les veilles ex-
ceffives.
3. Laffîtudo à jluxu ; Laffitude caufée
par un flux. L.
C’efl; celle qui efl: caufée par \ys\ JLux
de ventre , lors for-tout qu’il efl; ac¬
compagné de tranchées, comme une
diarrhée avec tranchées , le tenefme ,
.la dyfîenterie , le choiera morbus, ou
par un jlux de fang^ bien que par
la faignée , & une perte de fang ; ou
enfin \m Jlux de£éroJ^tè copieux ^ par
exemple , une gonorrhée s une perte
.de femehce , un écoulement fiibit de
pus caufé pas la rupture d’un apojfléme.
4. Lajjitudo à calore ; Laffitude Cau¬
fée par la chaleur. B.
C’efl: celle qui efl: caufée au prin¬
temps par la chaleur de l’atmofphe-
re, par celle des bains, des étuves,
&c. laquelle relâchant tout-à-coup
les fibres motrices & les affpibüflant,
efl fuivie de laffitude, d’autant plus que
la pefanteur du corps ne diminue point
proportionnellement à laïolblelTe»
114 Classe VII.
5. La(fîmdo à pkthorây Laffitude cau-
fée par la pléthore. B.
Telle eft celle que caufe la crapule
ou l’excès dans le boire & le manger,
la fuppreffion des ordinaires & desau'
très flux auxquels on efl: habitué , le
trop long fommeil, &c.
6. La^tudo f&brilis^ Profper Alpin! ,
de pmfag. vit, Lib, 2, cap. 21. Laffitude
fébrile. B,
Elle çll de deux efpeces ; car ou elle
fe manifefte au commencement des ma=-
ladies, fur-tout des maladies aiguës, &
c’eft à fon fujet Hippocrate dit que
les lajjitudes Jpontanées annoricent Une,
muladie , &: eUe eft çaufée, foit par la
pléthore, foit par la fpibleffe univer-
ïelle qu’oçcafionnènt l’engorgement
des vaiffeaux, & la réfillance que le
fang oppofe au cœur, foit parle fenti-
înent^ confus du danger dont le corps
efl menacé. Ce qui donne lieu de croire
que la pléthore a lieu dans ces fortes dè
'de xas', eff le défaut de tfarifpiratibn,,
qui eft la fource de-quantité dè rtialar
dies, & la néceffité de la faignée dans
prefqûe toutes les maladies aiguës.
Ou bien la laffitude furvient après
que la fieyre s’efl: déclarée ; elle effi
Douteurs vagues. Lû£îtudc.
âGCOmpagnée de douleurs dans difFé-
rentes parties du corps, &: elle eft beau-,
coup plus grande dans le typhus, la
pefte &• les autres maladies malignes*
. Kqye^ fébrile. Voye^^ anffi pour
le pronoftic de cette elpece Profper
Alpin, de prcejag. vit. Lib. z cap. zi. La.
iaffitude locale dans le déclin des fie vres,
annonc'e un abcès ou un apofieme, fui*
vant Hippocrate, aphor.gi.gz.feB. 4.
7. La(fîtudo fcorbutica , Lind, de Jcor-
huto ; La£îtudo ojiocopos des Grecs ; «/-
cerofa des Anciens. Laflitude fcorbu-
tique. L.
Dans le premier période du fcorbuG
le malade tombe dans uns pareffe ex¬
traordinaire , qui dégénéré en une laffi«
tilde, accompagnée d’engourdifiement
dans les genoux, de foiblefle , pour
peu qu’on agifle, & de dyfpnée ; & ces
deux derniers fymptomes , favoir la
laffitude & la dyfpnée, continue juf-
qu’à la fin de la maladie , avec cette
différence, que dans le fécond & le troi-
fieme période, la foibleffe augmente
confidérablement.
8. Lajfîtudo cachectica^ Helvetius, de .
lajfitudine ; Laffitude cacheâique. L.
C’efl; celle qui accompagne les ma-
F iij
iiS Classe VII,
ladies chroniques cacheftiqiies, dont'
les principales font l’iâere, les œdè¬
mes & les autres genres. Celle qui ell ^
caufée par des tierzias dans les premières
voies, mérite une attention particu-?
îiere, d’autant plus que fon principe ne
tombe point fous les fens, comme celui'
de la laffitude qui afFeûe les fujets afci--
dques, œdémateux, corpulens 8 c cou-
valefcens,.
VIL S TüP O El Engourdijfement
en Gr-ecy Narke ^ en Latin ^
Ohdormitio, '
C’efl une fenfkion incommode qui ~
émouffe le fentiment. Il dijfFere de la
ftupeuT, en ce que celle-ci eft fimple-
ment fulvie de 1’ajFoibli.ffçment du fen-
timent 8 c du mouvement, au lieu que
l’engourdilTement efl: une fenfation par¬
ticulière qu’on éprouve lorfque l’o¬
lécrane ou les nerfs fouffrent une forte
prelïio.n, ou lorfqu’on refte long-temps
appuyé fur le bras après le dîner. Il dif¬
féré de la crampe, avec laquelle il efli:
quelquefois compliqué, en ce que l’on
ne fent point dans les mufcles engour¬
dis cette rigidité inféparabie de la plu- -
part des crampes.
Doul, vag. Engourdljfement. vvj
■ X. \Stupor a prtfjiont ; Engourdiffe-
jnent cauie par la prelEon. L. .
' G’eil celui qu’on éprouvé dan^ les
membres, lorfqü’ils font long-temps
preffés par leur propre poids, ou pan
un poids étranger, & qu’ils relient
long-temps en place.
C’ell auffi celui que caufe la contu-
Son de l’olécrane ou des autres par¬
ties, dont les gros nerfs font litués fous
la peau. Lorfqu’ii ell univerfel & conf¬
iant , il annonce une hémiplégie ou
«ne apôpièxie; il n’exige ^ueun rer
mede ,. tor^u’it eû partiel & paflager-.
X. Fdilrmillement ;
énh^dLÛn, Formicatio.:\
■ Gette efpecea cela dé linguîier , que
la douleur qu’elle caufe ell femblable
à celle qui feroit produite par un mi-
lier de fourmis ou de piquans dans là
partie engourdie, &-qu’elle ralentit fon
mouvement, fans y cHufer cétte.rigir
dité" qui a lieu dans les crampes.
^ Il^fe^diffipe- dé lui-méme par les fric¬
tions j par des applications chaudes,
fur-tout en-frottant la partie avec de
Peau- de-vie chaude , de l’eau de la¬
vande j dë thym, de- romarin. Au cas
qu’il continue, il faut avoir recours aux
F iv
IZR C L A S S E VIL :
remedes qu’on, emploie pour la para^
îjxle. ; ^ .
: La théorie: de cette maladie eft en¬
core très-obfcure. Elle paroît être caiK
fée par la ftagnation & la congeftion div
fluide nerveAix dans les parties affect
tées ; ce qui fait que lorfqu’on les tienti
en l’air, elles perdent te fentiment, elles*
fe meuvent avec peine , & l’on y fenfe
une légère douleur. , : . .
Le fourmillement efl fouvent un
accident des maladies foporeufes ,
même, des dyfçinéfies, par exemple ^
de la para^fiê. il ^Æeve/àe-ŸaneJîhéJic^
& des autres maladies mtxquelles^on
donne le nom iàe^ dyjijlk^es, la
douleur & l’anxiété û.nguliere dont il
.efl: accompagné. ' ?
J’ai cent fois fenti des fourmillemens
au front & au vifage, touteslesfois
que je baiffqis îa tête ; Sc dans ce eas ^
il paroît par la rougeur du vifage & par
les lois de l’hydraulique , que-le fang
afllue avec plus de rapidité dans- les
yaiffeaux capillaires, les. irrité, &. dif-
tend peut-être les orifices des vaifleaux
lymphatiques jd’oii il fuit qu’on ne doit
pas toujours l’attribuer à l’acrim-O-ni©
de^ humeurs». '
Doul,'Va.g. EjzgourdiJfcment.
- Stupor à gdu; en langage du pays,.
Gnpi ; en François, VOn^e. B.
C’efl: cette efpece qui alFeâe les ex¬
trémités des doigts des mains & des.
pieds, lorfqu’il fait extrêmement froide
Elle vient peu-à-peu, & elle eft accom^
pagnée de la rigidité & de la Ifupeur
de la partie , d’une douleur aiguë , &:
d’un froid glacial. Elle diflere de là
crampe.
4. Stupor à torpedine ; Coup de
torpille. B.
C’efl çe fourmillement qu’éprouvent-
ceux qui tpucliènt la torpille avec les-
mains ; car il eft beaucoup plus foibîe :
lorjfqu’on ne la touche qu’avec im bâ¬
ton,. Ce poiftbn afur le dos deux muf--
des qu’il fecoue avec force lorlqu’on-
les touche; & ce font'eux qui produi-
fent cet effet. prétend ,d’après-
l’expérience qu’on en.a faite , qu’on le
prévient en, retenant fon haleine: avec-
force. Cette douleur eft accompagnée-
d’une efpeee d’engourdiftement qui;
s’étend jufqu’au coudeêc même au-
delà. Il y a deux efpeces de torpilles,i
fevoir, celfe d’Eüfope appellée -par
Linnæiis rÆZÆ cota glahra ,^. & mirailler-
ht la-Méditerranée; l’autre de FAmés--
F Y
ijo C L A SSE Vîï.
rique, appelle gymnotus mmuliis , dans.
Us Mémoires Helvétiques y tom. 4. Toutes
deux caufent la crampe à ceux qui les
touchent, ou médiatement ou immé¬
diatement. Une chofe qui mérite atten¬
tion , eft que lorfqu’on touche la torpille
|>ar l’entremifê de quelque corps mé¬
tallique , la fecoulTe efl infiniment plus
violente j & qu’elle eft prefque nulle ^
lorfqu’ott la touche avec un bâton de
cire d’Efpagne, Si cela efl: vrai y comme
Taflurent des témoins oculaires, il eft
vraifembîahle que la force éleâriqüe
de cespoiffons, éft le principe de cette
fecouffe.
5. Stupor «2z7i<3Ti5; EngourdilTement
mmaire, appelié Granf par les habita'ns
de Turin. AUione, de milïari.. ^
C’eft un fymptomé du mïïïot y ou
un engourdiflement poignant dans les
doigts, les orteils, ou dans d’autres
parties du corps , qui furvient avant lé
fixieme jour, ou avant l’éruption, &
qui eft accompagné d’un pouls petit ^
fréquent , contradé , de tremblement
& d’anxiété.
6 . Stupor rachialgicus. C. Voye:^ là
rachialgie , dont cette efpece eft ua
fymptoniex
Doiâ. vag. Engourdîjfemem. 13 r
7. Stupor à nccroji^ Salerne, d& morbo
Jblonîmfi^ Mémoire de l’Acad. Royale
des Sciences, des Académiciens étran¬
gers, 1755.. Voycih. Gangrené feche,
caufée par le feigle ergoté. A.
C’eft un engourdiffement du pied
ou de la main, accompagné de fdi-
blefl’e d’efprit, lequel précédé toujours
les douleurs aiguës qui devancent la
gangrené feche caufée par le feigle er¬
goté. La partie affeûée noircit promp¬
tement, devient dure ; & lorfqu’elle
eft delTéchée ; elle fe fépâre d’elîe-mê-
me des parties faines , fans qu’il fur-
vienne aucune hémorragie à la pâleur,
à la phifconie ; & à la maigreur fuc-
cede le rhumatifme. Voye:{T‘Æot, Avis
au peuple 670,-éT//. Voyez clajjh
iOJ ordre '
; 8 . StuporfàhurraRs;^n^ùm&EQïatnï
cMile par dés faburres. '
VJne Refigieufë fe pîaignoit depuis
ün mois d’une douleur arix mains èt
aux pieds 5 femblable à celle que caufe-
roient des fourmis, & accompagnée de
rengourdiffement dé ces parties ; il fur-^
■VÎnt'ëiiftrite une violente céphàlalgië &
des éôvies dg vomir, fans aucune fie-
vre i ayant pris ûn vomitif après avoir
F vj
C t ..VIÎv -
été faignée, elle vomit.beauçoup de ma^
tiere bilieufe, ce vomiffement fit difpar
roître tous les fymptomes le lende-'
juain la.même céphalalgie revint, mais
avec beanço.up moins de violence ; on
la purgeai, & elip rendit encore une:
grande quantité, dé. bile , ce qui mit fin
à fa maladie. Beaucoup de Religieufes
deviennent atrabilaires par un effet du
chagrin , de la, jaloufie ^ & des autres;
paffions de l’ame 3, ayqueUes leur genre-
de vie les rend Sujettes, lors fur-tout
qu’elles ont 'embraffé cet état fans uhq^
vocation bien‘marquée,.' i . i , ,,
y r r I. Pr u- r i t u s; ^ ypmm J,
Démangeaifon^
C’éfi; une fénfation incommodé qur
Jîaît far da à; fe-
gratter. Gettê douleur, fingulîere , qui'
caufemn'Gertain pïaifirylorfqu’on gratte:
avec force la partie où l’On- fent la, dé?
mangeaifon,^ devient quelquefois fi fori-
te, qu’on a de la peine à la calmer em
s’écorchant la peau jufqu’aii fang.. , ^
- Qn ‘la croit oceafionnée par l’âçrif
monie de l’humeur muqueufe j-, qùi; f^'
lépar.e dans, les: glandes. fébacées.j>m^
Bouhws vagues. Prurit.
elle eft auffi produite par des eàufesi,
externes. . -
I. Pruritus examhematicus ; Prurit -
exanthématique. L.
: C’ed: celui qui a lieu dans pluâeurs
maladies exanthématiques ^ foit aiguës 9.
comme la petite vérole, la rougeole^
lorfque les pullules fe lechent, dans le
fort de la fcarlatine, dans la gale, la
teigne , les autres, maladies de la
derniere cîafle; foit dans les vices de
h. première ^ auxquelles on -donne le
nom àiUUvures y comme la dartre , la-
pfjdracie,; &c. Foyeiïe traitemèntda
ces genres.. '
'i...Pruritus pedicutaris; Prurit pédi¬
culaire.
C’efl; celui qui efl: caufé par le phtiria-
fis, ou, par les pous ordinaires, auflî'
hien que par les morpiops & autres.,,
& que l’on guérit aifément avec la pou?
dre de flaphiiaigre ou de xivadille ., $
moins qu’on n’aime mieux recourir aux'
feiâions mercurielles.,, ou porter une-
ceinture de mercure.-
d/ÿ.. Pmrims iBericus.i Pmnt iâ:é:ri^;
< /C’eli^ celui qui affeÔe les perfohnes*
briques,'qui éÜ accompagné dës_aî^
t 34 C t A s s E VII.
très fymptomes de l’iftere, & qui in¬
dique le mélange de la bile avec le
fang. Il demande le même traitement
que riâiere. J’ignore s’il a lieu dans
l’iâere noir, quoique j’aye vu quantité
de perfonnes attaquées de cette ma¬
ladie.
4. Pruritus arthntîcus ; Prurit arthri¬
tique. B. P.
C’efl: celui qui furvlent aux pieds,
aux mains, au dos, & dans d’autres
parties du corps, après que les accès
font paffés , & qui ceffe du moment
qu’ils reviennent, & même long-temps
avant que la douleur fe faffe fentir.
5. Pruritus i/z/â/zrwOT, Ettmuller; Pru¬
rit des enfans.
C’eiî: celui qui alFeâe les enfans nou¬
veaux nés, qui leur caufe-des inquiétur
des extraordinaires & les empêche de
dormir.Ilfaut Beaucoup d’dttention poul?
s’eri appercevoir , vu qu’il efl caufé par
des crinons plus minces qu’un cheveu ,
qui s’engendrent fous la peau du dos ^
& pénètrent à travers, & que l’on fart
tomber en frottant à plufièurs reprifes
la partie avec un morceau d^“ drap.
le mût Malidhn. àsxis là mxie'mo
«lâffe. ... : -v' - ;
Douleurs vagues. Prurit.
6 . Pruritus fugax; Prurit pafiager. B.
C’eû celui qui efl: oceafionné par
des caufes externes qu’il eft aifé de
détruire, mais qu’il faut cependant con-
fidérer attentivement, pour né point
le confondre avec les autres.
Par exemple il y a une efpece de
haricot barbu, qu’on ne fauroit tou¬
cher, qu’on ne fente pendant demi-
heure & plus, une démangeaifon très^
incommode dans les mains.
Les ligatures qu’on emploie pour
contenir les parties luxées , laiffent fou-
vent une dériàngeaifon incommode ÿ,
qui fe diflipe par le moyen de l’eatt
chaude.
Les h^des & les has de laine que
Pon porte fur la peau, caufent auffi des
âémangeaifons ^ ce qui efl: un défaut
que le linge n’a point.
Le prépuce efl àuflî fujet à une dé-
mangeaifon, oceafionnée par une ma¬
tière fébacée blanche & aerimonieufe
qui s’y amafîe, & que l’urine emporte
aifément, lorfqu’on a foin de prefler
un moment le prépuce avec lés doigts^
avant de lâcher fon urine.
La démangeaifon que l’on fènt qitefc
quefois aux bourfes,, provient d’uné
ty,6 C L A s s E V II.
lium^ur qui s’amaffe autour, & quife
détache par petites écailles blanches ,
lorfqu^elle eft feche. On la diffipe en-
la vant la partie avec de l’eau chaude,
La démangeaifpn qui furvient aux
yeux , & fur-tout à la caroncule la?*
crymale, appartient à i’ophthaîmie puf-
tuleufe.
Si elle alFeûe le fondement, il faut
voir s’il n’y a point des afcarides dans
les excrémens, Foyei Ténefme.
. Si elle afFeûe le vagin, il faut voir
fi elle n’eft point caufée par la malpro¬
preté, par des pullules véroliques, pas-
la fureur utérine, &g, . = -
7. Fruntus gravidarum. Puzos , Traiti
des Accoiickemens ^ pag. 8-2. Prurit des
femmes groffes. C.
Les femmes font fouvent fujettes
vers le milieu de leur grofiefie,-pius tôt
pu plus tard., à des démangeaifons vicC-
îentes dans différentes parties du corps j
auffi-bien que' dans les parties* naturel¬
les , lefquelies font occafionnées par
une humeur acrimonieufë qui n’a pu
s’évacuer par la tranfpiration, foitque
les phlyâenes fe manifeilentau dehors^
foit que' les pullules relient cachées-;
fiaus-la peau^ Elles-fe grattent nuit &:
Dcmleurs vagues, Prurit. iyf
jour avec les ongles ju-fqu’à fe mettre
en fang , ou Bien elles fe, frottent avec
une brolTe, elles perdent le fommëil, la
fievre fe met de la partie , & elles font
une faulTe couche.
On appaife cette démangeàifon par
des faignées réitérées,.des émulfions,
avec le lait, le petit lait j 1-èau de pou¬
let ^ les apozemes anodins , les lave-
mens, les crèmes de riz , d’avoine ^
de phaféoies ; par les bains, fi le prurit
efl: âcre , la vapeur de l’eau tiede, les
fommentations émollientes , les cathar¬
tiques légers', & enfin par lès narcoti¬
ques. Si, la maladie réfifte à ces reme-
des , elle cefie- pour l’ordinaire aufii-
tôt après raccouchement.
8. Pruritus ex'opio ; Prurit caufé par
l’opium. “
C’efl: celui qui vient au vifage ou
par tout le corps, à caufe du trop grand
ufage que l’on fait de l’opium ; & j’aî
connu quantité de perfonnes qui y
étoient fujettes pour peu qu’elles prif-
fent de l’opium, du laudanum ou de la
thériaque. Le lait fupplée à l’opium
dans les maladies chroniques, & fait
céffer cette démangeaifon, laquelle né
fubfifle qu’autant de temps que cette
îjS Classe VII.
drogue agit par fa vertu narcotique,
9. Pruritus a medufa. B.
La médufe eft une efpece de 200-
phyte gélatineux & rougeâtre, qui fur»
nage fur l’eau de la mer, & qui pro¬
duit fur les yeux & fur les mains un
fentiment de brûlure & de démàngeai-
fon , auffi vif que celui qu’excité l’or¬
tie , c’eû pourquoi on l’appelle ortie
de mer.
10. Pruritus Syphiliticus , Amati Lufi-
tani, cent, ri, cur. ; Prurit Syphili- -
tique, - , - -
■ Cette efpece alFede prinéipaîement
les aînés. On la guérit .par la faignée ,'
par l’application des fangfues & d’un'
onguent dans lequel entre le camphre
& le fucre de faturne, On emploie en-
fuite les anti-vénériens.
IX. Algor ; Froideur Froid
. excejjîfy appellé par les Grecs
Kryos y Pfychos y en Latin ,
Frigus morbofum , refrigercitio /
" en Anglois, Coldnefi,
Cette fenlàtion incommode , que
tout le monde connoît, eft prefque
Douleurs vagues. Froid excejjif. 139
tdujours un accident des autres mala¬
dies, fur-tout du friffon qui accompa¬
gne l’accès des fievres intermittentes,
& c’eft ce qui fait qu’on ne le met point
au rang des maladies, & qu’on ne le
regarde que comme un fimple fympto-
me. Cependant ce fymptome eü quel¬
quefois très-grave & effentiel > je veux
dire, qu’il n’eft ni la fuite , ni un acci¬
dent d’une autre maladie : on l’appelle
froid ou froideur félon fes différens
degrés, & il n’eû pas toujours accom¬
pagné du tremblement de îa peau, ou "
du friffonnement, ni de l’agitation des
mufcles, ou du friffon.
i. Algor extemus ; Froid de caufe
extérieure. B.
C’eff celui qu’éprouvent ceux qui ref- .
tent long-temps expofés à la froideur
de l’air, à l’eau froide , à la neige , ôc
cette fenfation eff d’autant plus incom¬
mode , qu’on y eff moins accoutu¬
mé , qu’on eff plus échauffé, que le
changement eff plus prompt, la conf-
titution plus fenfible , & qu’on a été
plus délicatement élevé. 2^. Que le
froid eff plus violent, tel qu’eft celui
qui,a compter du dixième degré du ther¬
momètre de M. de Réaumur y approche
140 Classe VIL
le plus près du terme" de la congélation,
& qui defcend au-deffous. 3*^. Plus on
refte expofé au froid , plus la douleur
eft violente, tant qu’enfin elle ëft fui-
vie de latypbomanie, ou d'un fphacele
qui prive entièrement la partie de fen-
timent. - •
C’eft la chaleur vitale qui entretient
la fluidité du fang , la flexibilité des
mufcles & des fibres nerveufes, & qui
donne moyen aux fluides d’y circuler.
Le froid , au contraire , c’eft-à-dire la
diflipation des particules ignées, coa¬
gule les fluides , roidit & condenfe les,
fibres , obflrue les nêrfs , & prive leS;
mufcles de leur flexibilité; d’oii s’enfuit
la ftagnation du fang dans les extrémités,
que le froid faifit d’autant plutôt, qu’el¬
les font plus éloignées du cœur. Cette
condenfation des fibres, ce refferre-
ment des vaifleaux , viennent fis ce
que les fluides occupant un moindre
efpace, elles perdent leur reflbrt, ce
qui eft caufe que les fibrilles nerveufes
fe rident, fe défuniflent, d’où s’enfui-
vent des douleurs poignantes & une
fenfation infupportable. Si le froid efl:
aflèz aigu pour pénétrer dans l’intérieur
du corps, & pour figer le fang dans les
Douleurs vagues. Froid excejjif, 14 r
gros vaiffeanx, il ne tarde pas à caufer
la mort, finon la fîevre furvient, la
chaleur des parties internes augmente j
celles qui font dans le voifinage de la
partie gelée s’enflamment, celle-ci de¬
vient livide, fe dégele , le corrompt,
fe fphacele, & fe détache de la partie
faine. Si le froid a fait moins de progrès ,
& qu’on emploie â temps les fecoufs
convenables , la partie refte œdéma-
teufe, les tendons ont peine à recou¬
vrer leur fleîdbilité ou leur mouvement,
& les nerfs reflent prefque privés de
tout fenîiment. '
Tout le monde fçait que le fphacele
•eft prefque toujours la fuite d’un trop
prompt dégel ; pour le prévenir , il
faut échauffer peu à peu la partie-avec
de la neige ou zvec àe l’eau froide, &
enfuite avec de l’eau tlede , la plonger
dans du fumier de cheval , & ainfî
füeceflivement. Koye^ fphacele; caufé
par la gelée.
Le froid caùfe des milliers de -maux
aux foldats, comme des; catarrhes, des
rhumes, des rhumatifmes, des engelu¬
res , le fphacele , la fürdite, différentes
efpeces de fîevres, & ceux qui veulent
fàvoir les.moyens de les prévenir ^ ne
I4 ^ Classe VII.
peuvent mieux faire que de lire la Mé¬
decine militaire du D. de Me^erey ,
tom. I. depuis Varticle quator^eme , ju^,.
qiCau vingtième.
2. Froid intérieur. A.
C’efl: celui qui provient d’un prin¬
cipe interne, comme d’un accès fébrile,
fur-tout de fievre quarte, du paro-
xyfme , d’une tierce continue froide ,
catarrhale ; du catarrhe même, du pré-
Jude de l’iftère , d’une ifçhurie ; lorf-
que l’urine fe mêle-avec le fang, ce qui
.arrive aifément par la facilité qu’il trou¬
ve à refluer du baffin dans les veine;^
émulgentes, dans lefquelles j’ai vu paf-
ier du lait, de l’encre ôçc. du paroxyfr
me d’une quotidienne continue, he^-
que , de la phîhifie , & des autres ma-.
-ladies caufées par une füppuration.
Ces fortes de froids extrêmes font
toujours dangereux ; car ceux qui meu¬
rent d’une fievre intermittente, meu¬
rent toujours dans le temps du friffon ,
-le pouls devient petit &.intermittent,
le vifage blanchit & pâlit, les levres
.deviennent livides , le tremblement
-s’empare des membres, la dyfpnée &
la convulfion des mâchoires augmen¬
tent quelquefois au point, que les ma-
Douleurs vagues Froid exce£îf. 14 j
lades ne peuvent prefque rien avaler ,
de là ces angoiffes qui font craindre à
tout moment pour la vie du malade, à
moins qu’on ne le fecoure prompte¬
ment. Ces fecours, que tout je monde
connoît, & dont l’effet eff infaillible,
iconfiftent à le coucher dans un lit bien
chaud, & à le bien couvrir, à lui ap¬
pliquer aux pieds dés boules remplies
ff’eau chaude, à lui faire avaler du via
(chaud, delà thériaque, de la.confedion
.d'hyacinthe , de l’eau de canelle & aur
très chofes femblales. Ç’eft par,ces for¬
tes de moyens qu’on a rendu la vie à
des gens qui s’étoient noyés & qu’on
tenoit pour morts ; de même qu’à quan-
-tité dWtres que le froid avOitffaiiis &
privés de tout fentiment. Voyez
.phyxie _des perfonnes noyées^
. 3. Algor febriçofus', ïourn. de Méd.
J76a. p. 36.
C’eft un froid exceffif répandu fur
tout le corps, qui dépand du venin des
ifievres d^accès. Le friffonnement dif¬
fère de ce ffoid, par le tremblement
i dont il eff accompagné. L’afphyxie hyf-
térique & celle des perfonnes noyées
-.font accompagnées de çe frpid exceffif.
544 Classe VIÎ.
X. Arjd or } Chaleur excefjîve ;
en Grec, DicCcaufis & caumà;
en kngloïs.y^ 'Heat. , _ ;
Cette fenfationincommode que tout
le monde connoît, eft caulée en nous
par la trop grande aâion des particules
ig'nées. :
La chaleur d\m homme faln en hiver
de 27 d; m'efurés fur le thermomètre
de M. de Reaumiir , en été de- 3 o ; elle
-ed d’atuanf plus grande, qu’elle monte
plus haut , comme au 3 5e, au
Lorsqu’elle va au-delà, les parties fe
brûlent, les organes fe détruifent ; ilfe
forme ou une eicharre, ouun fphacele
fec; lés fluides fê'deffechent, les vaif-
•feaüx fe-reflerrent, les fibres fe rident,
la partie réde privée de Sentiment; &
de mouvement'. Üne chaleur- au- def-
fous de 3 5 d. raréfie les fluides environ
d’une ioO®. partie de leur volume, les
"vailTèaux fe dilatent à ; proportion , la
■partie devient rduge-, dOuloüreufe ; &
èetté doûleun efl ; accompagnée d’un
'fentiment:d’éFOfiori',/d'e poiiftion, de
' brûlure iàfupportàbie.' -
' i. uârdor èxt^hüs /Chaleur- exter¬
ne. B.
Ceâ
Doul. vagues. Chaleurexcejjîve.
C’efl: celle qiii eft caufée par l’appli¬
cation d’un corps extérieur, par exem*
pie , lin air brûlant, l’infolàtion, les
étuves, un feu ouvert, l’eau, la leffi-
ve, l’huile bouillante. Cette chaleur
eft ou partielle , ou générale. La trop
grande chaleur de l’air rend la peau rou¬
ge , fait enfler les veines, caufé des
céphalalgies, l’afthénie, l’anorexie, la
laflitude, des infomnies j la foif, des
faignemens de nez, rend l’urine rouge
& peu abondante, caufe des fueUrs
copieufes, la dyfpnée , l’orthopnée ,
des cardiaîgies, des fyacopes & au¬
tres maladies femblables. L’appii-cation
d’une chaleur trop forte, efl: fuivie de
rougeur, de phlyâenes, de la brûlure ;
& comme ces fymptomes varient félon
le degré de la chaleur , ils demandent
aufli un traitement différent.
En général, tant que les organes ne
font point viciés, & qu’il ne s’agit que
d’appaifer la chaleur, il faut, après
avoir éloigné les caufes externes, s’il
efl: poflible , employer des remedes
froids aéfuels, tels que la boiflbn, les
lotions , les fomentations aqueufes,'
fans oublier les potentiels internes, tels
que les remedes acides, nitreux, dér
Tome VL G
i4<S Classe VIL
layans. On peut mettre de ce nombre
les tifanes de jus de limon , d’orange ^
le firop de grenade , d’épine-vinette,
de framboife, de nénuphar, les émul-
fions d’orge , de femence de melon,
de citrouille, lès tifanes , les eaux aci¬
dulées avec i’efprit de foufre,, le fei
marin, &c.
Au cas que la partie foit afFeâée d’urs
éryfipele, d’une brûlure, on emploiera
les xemedes indiqués pour ces vices.
, 2. Ardor inurnus ; Ardeur de çaufe
interne. A.
^ C’efl celle qui accompagne les tierces
Bilieufés ^ la tierce continue, la fievre
chaude, quantité de maladies indam-
maîoires j comme l’éryfipele, la pleuré-
fie, la phrénéfîe , dont on peut voir là
théorie & la pratique dans ces claffes.
De là s’enfuivent l’agrypnie, l’anxiété,
la dyfpnée , la laffitude, la polidyp-
de, des urines rouges .& en petite
quantité.;
Il paroît par le thermomètre que la
chaleur du corps pendant la fîevre, qui
eft le temps oîi elle eft la plus forte *
n’eft que de .34 degrés ; les eaux de
Balaruc, lorfque leur chaleur monte à
42 degrés , eaufent fur le: champ uu
Deiil. vagues. Chdinr cau^ve. 147
éryfipele dans la partie qu’on y plonge^
Sc i’on ne peut i’endurer au-delà de
quelques minutes, La plus grande cha^
leur qu’on ait effuyée chez nous eil
1746 &; 1762, ne monta au mois de
Juillet après midi qu’au 3.0® degré. C’efl
là le degré de la chaleur du fan g dans
les étés ordinaires. Quelques-uns aflii-
rent qu’elle monta 338 degrés en Gui¬
née ; mais M. Ducrejl , qui eft extrê¬
mement verfé dans la connoifTance du
thermomètre, rév'^oque ce fait en dou¬
te. La chaleur du fang en hiver eft d’en¬
viron 26 degrés. ' '
A. ArdorjvoLaticus , vuîgb æjîus vola^.
tïeus ; Flammes du vifage paffageres ,
appellées kærmghad' ^ par les Suédois^
& Flamboifes par les Languedociens.
C’eft une chaleur & une rougeur
paû’agere du vifage, du cou , &c. qui
ne dure güeres qu’un quart d’heure, &
qui fe termine quelquefois par une
füeur copieufe. Ces fymptomes font
familiers aUx femmes qui ne font point
réglées, ainfi qu’aux perfonnes hyfté-
riques. Ils font fouyent accompagnés
d’anxiété & de dyfpnée, & revien¬
nent fréquemment ; on peut rapporter
ici le feu volage du vifage occafionné
148 Classe VU.
par la pudeur, ce fymptome paroît dé
pendre de la conftriâion de l’artere
carotide interne , ce qui fait que le
fangfe porte avec plus d’impétuoâté
& en plus grande abondance dans la
carotide externe.
Douleurs de tête.
149
ORDRE SECOND.
DOULEURS DE TÊTE.
Ge font celles qui afFedent différen¬
tes parties de la tête, comme le crâne ,
les yeux, les oreilles, les,dents ou les
mâchoires ; fans fievre ni fans con-
vulfion, à moins qu’on ne veuille les
regarder comme des accidens de ces
maladies, plutôt que comme des ma¬
ladies effentielles , pour me fervir de
i’expreffion ordinaire.
Nous appelions généralement ces
maladies maux , & nous difons mal
À la tête , mal aux yeux , mal aux dents ^
&c. Fréd. Hoffmann leur donne le
nom de rhumatifines.
Ces maladies obligent rarement à
garder le lit, parce qu’elles ne font que
partielles, à moins que la douleur ne
foit violente, & ne caufe une affhénie.
Leurs accès font accompagnés de défaut
de foif, d’anorexie, d’impuiffance vi¬
rile , & d’autres fymptomes de cet or¬
dre. Dans le cas où elles durent long¬
temps , elles font compliquées d’infqînt
150 C L A S S E VII.
nie , de triftelTe - d’anxiété, de man-
vaiie humeur ; lors au contraire qu’elles
font légères, iifuffit d’une affiiire impor¬
tante , d’une padion violente pour les
faire celFer auffi-tôt. On rapporte fou-
vent les douleurs des parties internes
aux parties externes ; & l’idée qu’on en
a, qtîelque vive qu’elle puifTe être 'j:'
eft affez confufe par rapport! au 'fiege
qu’elles occupent, pour empêcher le-
malade de le déterminer avec précifion:
Ces maladies font très-fou vent cau-
fées par l’engorgement des vaiffeaux ,
ou par la Hagnation du fang ou de la
lymphe dans la partie alteélée. Cet en-'
gorgement elî fimple ou phlogiffique,
il efi caufé par un fang pur, ou par un'
fang vicié, comme iiné lymphe âcre,
rhumatifmale , arthritique, vérolique ,
ou par une carie, un ulcéré, une exof-
tofe, une luxation, une firafture.
Les douleurs font idiopathiques ou
fympathiqûes,. Les idiopathiques, font
celles dont le principe matériel, ou la;
matière morbique eft cenfée être dans
la partie même oîi eft la douletir, de
telle eft la céphalalgie qui eft caufée par
là pléthore des vaifteaux , des ménin¬
ges, &c. Les douleurs fympathiques'
Douleurs de tète. iÇî
font celles dont la matière morbifique
ou le principe évident efi: dans un en¬
droit, la douleur dans un autre,
comme la céphalalgie que l’on attribue
aux faburres de l’efiomac, à la fiagna-
tion du fan g dans la matrice.
Rien n’efi: plus abfurde que d’attri¬
buer les douleurs fympathiques à une
caufe éloignée de la partie oà elles fe
font fentir , & de croire qu’une caufe
agiiTe la où elle n’efi point, & ceux-là
fe trompent qui mettent la caufe de la
céphalalgie fiomachique, par exemple,
dans l’efiomac. II efi vrai que l’éméti¬
que la fait quelquefois çefier, mais il ne
s’enfuit pas que fa caufe fut dans l’efio-
inac, & elle peut bien être occafion-
née par un fang épais qui engorge les
vaiffeaux des méninges ou du cerveau ;
la quefiion efi de favoir fi cet épaiffif-
femenî efi occafionné par des faburres,
ôu par la pléthore. Si ce font les fabur-
res qui ont paffé dans le fang qui le cau-
fent, on appaifera & l’on préviendra cet¬
te céphalalgie avec l’émétique , quand
même elle auroit fon -principe dans la
tête , où la douleur fe fait fentir; car
l’agitation que caufe l’émétique , peut
très-bien atténuer le fang^ qui croupi
G iy
151 Classe VII.
dans le cerveau , & prévenir les dou¬
leurs futures en évacuant les faburres.
Les uns regardent comme fympathi-
ques les douleurs que d’autres tiennent
pour idiopatiques , conformément à
la théorie qu’ils ont adoptée ; & com¬
me la divifion de ces maladies eft arbi¬
traire, il n’eflpas étonnant que la théo¬
rie qui en dépend foilfouvent erronée.
Les douleurs gravatives internes de
îa tête, des oreilles, des yeux font or¬
dinairement caufées par un engorge¬
ment que les narcotiques ne font
qu’augmenter; il efl vrai qu’ils atté¬
nuent le fang & le rendent plus fluide;
mais comme la guérifon de cette mala¬
die dépend de la fyflole des vaifléaux
& de îa contraâion des méninges, qui
feules peuvent détruire la flagnation,
& que les narcotiques fufpendent ces
deux efforts de la nature , il n’eff pas
étonnant qu’ils augmentent l’engorge-
.rnent, & que îa céphalalgie foit fuivie
d’affoupiffement, de délire^ & d’autres
maladies plus dangereufes que la dou¬
leur. On doit donc en ufer avec pré¬
caution dans pareil cas, de même
qu’avec les épileptiques, les vieillards,
les paralytiques & autres femblables
Douleurs de tête.
fujets qui ont du penchant à s’aiToupir.
Car l’expérience nous apprend que
les narcotiques, les topiques qui pro-
duifent de li bons effets fur les parties
éloignées de la tête , font infiniment
dangereuxlorfqu’onles applique furies
yeux, les oreilles & dans d’autres en¬
droits voifins de l’origine des nerfs. Par
exemple , les feuilles de daîura appli¬
quées fur les yeux, caufent une my-
driafe & une goutte fereine ; & par
conféquent on ne fauroit en ufer avec
trop de précaution.
XL Cep H ALALG lA^Mdlkld,
tête 3 Car£baria^ Gorræi, définît,
Med. Grctvedo capitis , du mê¬
me 3 Capiplenium , Baglivi ;
Ecplexis , Hippocrate 3 Etour-
difiement} Douleur céphalique^
de Fréd. Hoffmann 3 Douleur
de tête , de Sennert.
C’eft une pefanteur de tête ou une
fenfation incommode, dans laquelle il
femble que la tête foit intérieurement
diftendue, enflée & comme furchargée.
Il y a toute apparence qu’elle efl
G V
154 Classe VII.
caufée par l’engorgement de l’enve¬
loppe du cerveau ; car quoiqu’on n’y
fente aucune douleur aiguë lorfqü’on
la coupe, elle ne laiffe pas d’avoir un-
intiment obfcur, lors fur-tout qué fes'
yaiffeaux font gonflés & diflendus.
• Si l’on avoit des lignes certains ppitr
éonnoître le fiege de la maladie / il
pourroit férvif à nous faire, diflingnèr
la céphalée & la migraine de la cépha¬
lalgie; la- céphalée, en tant qu’accom-^-
pagnée d’une douleur vive & tenfive ,
alFeâeroiî les membranes fltués tant au
dedans qu’au dehors du crâne lamU
graine auroit fon fiege dans les Ônus
frontaux, ou dans les endroits qui re¬
çoivent -des nerfs du petit fympaîhique.
I. Cèphaldlgia pkthorica. ; Ecphxis
ii’Hippocrate ; E tour diffament.
On connoît la douleur de tête caufée
par la pléthore aux fignes de celle-ci.
Elle eil-accompagnée de la rareté du
pouls j & j’ai toujours obfervé qu’elle
avoit lieu dans les maux de tête violens.
Le vifage n’efl; pas toujours rouge,
comme lorfque la pléthore affédle les,
autres parties, il pâlit fouvent jorfque
la céphalalgie efl; violente; on fent une
grande pelànteur dans le front qui eiii«
DouUurs de tête. Céphaldgle, 155
pêche de penfer, de raifonner, &:
qui fait même perdre le fou venir de
CS qu’on a fait. Cette douleur paroît
venir des efforts que fait la nature pour
procurer un faignem.ent de nez ; pour
cet effet, les vaifîeaüx & les méninges
fe contrarient ; elle poiiffe le fang vers
les conduits excrétoires du nez, &i’on
remarque en effet qu’elle ceffe au
moyen d’une hémorrhagie abondante.
Dans le cas oii l’engorgement augmen¬
te , il caufe des vertiges ou un aflbupif-
femenî. Il efl pour l’ordinaire caufé par
la trop bonne chere, par le trop grand
ufage du vin, par îé fommeil que l’on
prend après le repas, &;parîelies autres
erreurs qui augmentent le volume du
fang , & qui retardent les extrétions
ordinaires. Ses variétés font :
2. Cephalalgia catamenialis ; Cépha¬
lalgie menflrueile. L. P,
C’êfl; celle à laquelle ies femmes font
fujeîtes prefque tous les mois, à caufe
de la fuppreffion ou du retard de leurs
menflrues : elle s’appaife ou ceffe tout-
à-fait du moment qu’elles reprennent
leur cours ordinaire. Il faut avoir égard
dans la cure à ce principe, je veux dire,
qu’hors du paroxÿfme, on doit em-
156 Classe VII.
ployer les remedes & les fecours dié¬
tétiques & gymnaûiques qui procurent
cet écoulement, & dans le paroxyfme
la faignée , qui efl: le plus efficace de
tous les remedes.
3. Ccphalalgia hmmorrhoidalis ^ Hip-
pocrat. 6. epidem. Wallef. 4^1. Cépha¬
lalgie hémorroïdale. L. P.
Celle-ci eft une autre variété de la
pléthorique , qui dépend d’un elFort
hémorrhoida! ; en effet les perfonnes
pléthoriques qui deviennent fujettes
aux hémorroïdes, font fouvent fujettes
à des céphalalgies gravatives quelque
temps avant que les vaiffeaux hémor¬
roïdaux fe gonflent. La douleur dure
plufieurs jours, & elle efl: accompa¬
gnée de vertiges , de la confufion des
idées, d’une pefanteur dans le front,
d’engourdiffement & de conflipatiôn.
Après avoir faigné le malade , on doit
lui donner des îavemens , &: enfuite
des bouillons propres à délayer &: à
diffoudre le fang. Après l’accès, il pren¬
dra des bains, des demi-bains dans le
temps convenable, il vivra fobrement,
fera un exercice modéré ; car le fang
ne peche pas moins par fa vifeofitéa
que par fa quantité.
Douleurs de tête. Céphalalgie, i ^-7
4. Cephalalgia jlomachica , Riviere ,
pr. de dolore capitïs , Bonet, fepulchrct.
tom.t.pag. iz.obf. //. Céphalalgie fto-
machique. B.
C’en celle qui eft caufée par les fa-
burres des premières voies, ou comme
dit Riviere , par. la fympathie qu’il y a
entre la tête & i’eftomac. On connoît
que la douleur eft caufée par les fabur-
res des premières voies, tant par les
circonftances qui précèdent, que par
celles qui fuivent. Je mets au nombre
des premières l’excès dans le boire &
le manger, le trop grand ufage des li¬
queurs qui enivrent, la foiblefle habi¬
tuelle de l’eRomac, & le défaut de di-
geRion qui en eR la fuite. Je mets au
rang des fécondés, les rapports, les
naufées, le vomiffement, la pefanteur
d’eflomac, la cardialgie, l’amertume de
la bouche ; fur quoi l’on obfervera que
les céphalalgies & les tmgraines vio¬
lentes caufent toujours un vomiffe¬
ment , quand même elles n’àuroient
point leur principe dans l’eftomac,
comme cela paroît par celui que cau¬
fent les fraftures .du crâne. Nous avons
fur cette efpece de céphalalgie un apho-
rifme ^Hippocrate qui mérite d’avoir
15g Classe VIL
place ici. C’eft le dix-feptleme de la
quatrième feôion : S’il y a dégoût^ car-
dialgiCf amertume de bouche , vertige &
pejaiiteur de tête , il faut donner Véméti¬
que au malade. En effet, le vomifle-
îftênt eft le meilleur remede qu’on
puiffe employer, toutes les fois que
la céphalalgie eff accompagnée de ces
fympîomes. Au cas qu’on ne puiffe
faire ufage de l’émétique, on peut lui
fubftituer- les cathartiques , quoique
leur effet Toit moins fûr. Ces deux re-
medes font.également utiles,- pourvu
qu’ils foienî précédés de la faignée , de
Tabftinence &: de boiffbns délayantesi
Ces fymptomes dédgnent des faburres
inhérentes &; cachées dans l’eftomac ;
car les faburres crues produites par une
crapule récente , ne caufent point d’a-
teerîume de bouche , & le vomiffe-
ment les détruit fouvent , finbn elles
eedent aux émétiques & aux catharti¬
ques. Cette efpece fe joint fouvent à
Ta céphalalgie fébrile, je veux dire,
que la ftomachique eff fouvent compli¬
quée avec la fébrile; mais elles different
■quant à leur principe.
5. Cephalalgia febrilis ; Céphalalgie
fébrile. B.
Douleurs de tête. Céphalalgie. 159 -
Cette ^fpece eft caufée par l’agita-
tioti où la fîevre met le fang , & elle
eft très-fréquente dans les fievres &
les maladies inflammatoires, de quel¬
que ordre qu’elles puiffent être , à
moins qu’on n’aime mieux la regarder
comme un fymptome. Toutes les fois^
que la circul^ion augmente, autant de
fois la preffion latérale fur les vaiftèaux
fanguins augmente aufti; mais comme
là foibleffe oblige le malade à refter
couché dans unefituation horizontale,
le fangfe porte à la tête avec plus do
force que iorfqu’on eft debout,;
voilà deux raifons pour iefquelles la
preffion latérale des vaiffeaux de là tête
augmente , d’où s’enfuit une cépHalaF-
gie gravative, que l’on croit commtîné-
inent avoir fon ftege dans le front.
Cette céphalalgie dans les fievres
aiguës, lorfqueTurine eft ténue & lim¬
pide , annonce la phrénéfié , je veux
dire , le délire , fur-tout fi le malade
rend par haut des matières verdâtres,
'&firinfomnie eft: compliquée de fur-
dité , comme nous l’apprenons des
Prorrhétiques. Lorfque le mal de tête,
■ quoique violent, cefiè tout-à-coup,
c’eft un figne de délire ou de léthargie ^
léo Classe VII.
& il eft très-mauvais lorfque cela arri¬
ve fans aucune eaufe évidente , par
exemple, une crife, une faignée , &c.
6. Cephalalgia pulfatilis ; Céphalalgie
pulfative.
Elle confifte dans une pulfation in-,
commode dans les tempes, & quoi¬
qu’elle foit un fymptome de la céphalal¬
gie fébrile, elle exifte fouvent fans dou¬
leur de tête proprement dite, & elle
eft accompagnée d’une infomnie très-
fatigante; de forte que les malades ne fe
plaignent que de cette pulfation & de
cette infomnie. Cette pulfation fe fait
principalement fentir lorfque le malade
eft couché, & qu’il fe difpofe à dormir,
& elle a lieu après des travaux d’efprit
violents , des études nodurnes, des
foucis cuifans , fur-tout après la dé¬
bauche & toutes les fois qu’on boit des
liqueurs fpiritueufes & qui mettent le
fang en mouvement. Les malades fen-
tent dans les tempes des pulfations dif-
tinâes qui répondent aux battements
des arteres, mais on ne fait fi l’on doit
rapporter cette perception à un tinte¬
ment d’oreille , ou à la céphalalgie.
Elle eft caufée par la pulfation de l’ar-
tere temporale contre le canal offeux
Douleurs de tête. Céphalalgie. iCt
qu’elle traverfe en entrant dans le crâ¬
ne. Comme ce canal eft tortueux & que
les fluides en circulant heurtent contre
les courbures qui leur font oppofées ,
de là vient que le fang étant plus forte¬
ment agité qu’à l’ordinaire choque fou
artere avec plus de force; caries fluides
qui fe meuvent avec rapidité fuivent à
peu près les mêmes lois que les folides ,
dont le choc contre les lurfaces .oppo7
fées efl: comme les quarrés des vîteffes,
au lieu que ceux qui fe meuvent lente¬
ment, preflent également de tous côtés,
circulent librement dans leurs vaiflêaux,
& n’agiflênt point contre leurs parois.
Ce fymptome fe difîipe ordinairement
en peu de temps, lorfqu’il n’efl point
compliqué de fievre.
"7. Cephalalgia intermittens ; Cépha¬
lalgie intermittente. L.
J Cette efpece furvienî tous les jours,
ou tous les trois jours à des heures
fixes , fans que le pouls foit plus fi'é-
quent, & ce qui donne lieu de croire
qu’elle efl: caufée par le venin de la
fievre intermittente, efl qu’après avoir
réflflé à tous lesremedes, elle ceffe au
moyen de quelques dofes de quinqui¬
na , ainfi que je l’ai éprouvé quelque^
îois.
i6z Classe VII.
8. Cephalalgia. gravidarum ; Maux de
tête des femmes enceintes. L.
Les femmes enceintes font quelque^
fois fujettes à des maux de tête violens
autour du front &: des yeux , qui les
empêchent d’ouvrir les paupières, &
qui pis eft, qui les plongent dans un
alToupiflement, au fortir duquel elles
ne fe fenîent pas plus foiilagées. Cette
maladie eft fort dangereufe, & l’on doit
y remédier fans débi par des faignées
réitérées. Elle eft infiniment plus dan-«
gereufe vers la fin de la grofTeffe, parce
que l’aorte fe trouvant comprimée par
îa matrice, le fang s’arrête dans les par¬
ties fupérieures, d’oii peuvent s’enfui-
vre des apoplexies,des convuIfions,&c.
Cephalalgia injlammatona ^ Man-
get, Biblioth. praâ.. tom. /. pag. 1021.
1022. Douleur de tête caufée parTinjlam-
mation des méningés , de Heers. Douleur
de tête caufée par une tumeur phlegmoneufe
dans le cerveau , Riviere. obf. comm. 21,
Brafavole. Comm. in Apkor. Si. lih. y.
Céphalalgie inflammatoire; A.
On peut rapporter ici les maux de
tête caiifés par un coup , une plaie, une
contufion , unefraéture , & autres fem-
hlables principes procatarîiqiies y &
Douleurs de têu. Céphalalgie. 16*5
qui font ordinairement fuivis de Tin-
flammation du cerveau, de phrénéfie ,
de convulfîons & autres maladies dan-
gereufes, & dont on peut voir Ier trai¬
tement à la claâe des maladies indam-
matoires &: dans les Traités de Chi¬
rurgie.
10. Cephalalgia catarrhalis ; Cépha¬
lalgie catarrhale. L.
Elle ed: de deux efpece's ; ou externe,
je veux dire , qu’elle n’afrecle que la
peau, & elle fe manifefte par deux phé¬
nomènes , favoir la rougeur & la fenli-
bilité de la partie chevelue, & qui eff
telle qu’on ne fauroir fe peigner. La
fécondé eft plus profonde , & a fon
fiege dans la capfule aponévrorique qui
enveloppe le crâne ; elle fe manifefte
comme la première par le coryza, la
toux, l’éternument, & elle s’appaife
parl’attouchement &les friâiohs. Cette
douleur eft quelquefois aiguë & opiniâ¬
tre , & accompagnée de. tintement d’o¬
reille , de ftrabifme, de la vue double,
à mefure que la“fluxlon gagne les parties
voifines^ elle dure comme le catarrhe
quarante jours. On la guérit par une
ou deux faignées, par deux purgations ,
auxquelles on joint les potions én guifg
i 6'4 Classe VII.
de thé, le régime, les fumigations avec
le karabé, la fauge, le fucre, &c.Com¬
me cette maladie eft caufée par la froi-
deur & l’humidité de l’air,il efl évident
qu’on doit rappeller la tranfpiration par
la chaleur, l’exercice & les boiffons
chaudes, & fur-tout en fe faifant rafer
la tête de près.
II. Cephalal^a anemotropa ^ Georg;
Hannæi, Mifcell. Cur. CephalaL^a rara
Mangeti, BibLioth, Pract.
C’ell celle à laquelle certaines per-
fonnes fontfujettes toutes les fois qu’il
régné un vent de midi chaud & humide,
& qui ceffe lorfque le vent fe met au
nord. Elle ell caufée par tout ce qui
^IFoiblit le cerveau, par des études im-.
modérées, les foucis, &c. Il confie par
lesobfervations qu’on a faites fur l’élec¬
tricité , que le vent du midi dépouille,
l’air de^fa vertu éleûrique , & c’efi là
peut-être ce qui relâche les fibres du
cerveau, & qui fait que le fang ne cir¬
cule plus; &: l’on guérit cette efpece
parie moyen de l’éleêlrifation, aue l’on
excite de plufieurs maniérés. Hannaus.
parle d’une autre céphalalgie qui efi
caufée par le vent du nord.
J’ignore encore fi la céphalalgie eau-;
Douleurs de Céphalalgie^ ïCf
fée par l’infolation a des fymptomes
particuliers, ou une cure fpéciale , &
fi l’on doit par conféquent la compter
parmi ces efpeces. Tout ce que je fai,
efl: qu’elle eft quelquefois fuivie d’af-
foupiffement ôc d’afphyxie. Je fai aufîi
que les femmes fe fervent d’un moyen
fingulier pour la guérir, qui efl: de met¬
tre un gobelet plein d’eau renverfé fur
la tête du malade, & elles appellent
cela rirer le coup de foleil; mais je doute
que ce moyen fuffife.
. 12. Cephalalgia hyjlerica ; Céphalal¬
gie hystérique. B.
-. Elle différé de la migraine ou du
clou en ce qu’elle âffeéte fouvent une
grande partie de. la tête, par exemple
l’occiput, & qu’elle efl: accompagnée
d’un froid violent, ce que Baglivi re¬
garde comme un figue d’affefrion hyf-
térique ; mais on la connoit plus claire¬
ment auxSfigiies génériques de cette
maladie,. Elle eft paffagere, & accom¬
pagnée de tremblement , de contrac¬
tions fpafmodiques dans divers organes,
de la fuppreflion des Ordinaires, & on
la guérit avec des anti-hyftériques.
- 13. Cephalalgia metallïca. Boazan iWie-
dec. de la faculté de Montpellier. Cépha¬
lalgie niétallique. L.
M , Classe VII.
C’eft celle qui eft familière aux Poi
tiers, & qui eft caufée par la pcJUÛîere
des divers métaux qu’ils font obligés
de fondre , de piler & de pulvérifer
pour compofer leur vernis. On peut
voir dans le Didionnaire des Drogiùs
de Lemery , les diiférens métaux qui
entrent dans la compcfiîion dès vérnisi
Ilsifontfujeîs I®. à une douleuro'piniâi
îre dans le cou & l’occiput, qui ne s’ai¬
grit point par la prefîion; 2®. à une dou¬
leur gravative dans la tête, & fur-rbtlt
dans'le front ; 3®. à une douleur gfava-
tive dans la tête , & fur-tout dans iê
front y4?, aune ftüpeur qiu tient pref*
que de raftbupifTement
, On guérit cette malad-Æ , de
que la;colique de Poitou ;-1°. en don-^
nant le jour un lavement au malade com^
poféavéc-uile üecodton de coloquinte,
de féndj& autres d -ogues ’femblabies',
2.®. troib heures ao^es dans la nUit, «ri
bol de tlléfiaque, 3® le ’èP'de4nræn ma¬
tin fix grams de tarifé fttbie Partages eri
deux dofes, oue I on prend dans l eft
pace de demie-heure ; le fou* un lave-
mentdans lequel il eritre-dé l’huilé-êé
du vin,; de chacun quatre'once s ; ori le
purguénfuite. trois fois de deux jpifrs
Douleurs de tête. Céphalalgie. 1 6"^
l’un, &; il fe trouve parfaitement guéri
environ au bout de douze jours.
XÎI. Cephalæa ÿ Douleur de
tête ^ Céphalée y Crotaphus , de
Cœiiiis Aurelianus, cap. zz.
Elle différé fuivânt CtzVius Aurelianus
de la céphalalgie, en ce qu’elle eft chro¬
nique, au lieu que celle-ci eft aiguë ôc
paffagere. La chéphalée ell: une douleur
aiguë 5 c continue de la tête, qui s’irrite
à ia plus légère occaiion , d’où il fuit
que la céphalée rie diffère de la cépha¬
lalgie que par-le degré, & peut-être
feroit-ce mieux de n’en faire qu’un feul
&même genre; on confondroitpeiit^
être les genres, mais du moins on dif-
tingueroit les efpeces. Les modernes
èc les difcipks de Stahl diftinguent la
céphalée., en ce; qu’elle eft accompa¬
gnée , non point d’une douîeür grâyh-f
tive, mais d’une douleur tenûve ês
fpafmodiqüe , mais il n’eft pas fur que
cela ait lieu dans toutes les. efpeces.. ,,
1. Cephalma jyphiliticay}AmgptpBi’i.
hlioth. PraB. de dolore capitis ; Céphalée^
yéiolic^ue. G.
i6% Classe VIL
C^Ue*ci n’a aucun figne qui lui foit
propre, à l’exception de ceux qui indi¬
quent une vérole cachée & mal guérie,
& elle augmente la nuit par la chaleur
du lit. Cette efpece -, que j’ai eu occa-
fion de traiter une fois, reffembîe fi fort
à la catarrhale, que je les euffe volon¬
tiers confondues , fi ce n’étoit qu’elle
céda aux friftions mercurielles & qu’el¬
le redonbloit la nuit. J’ai vu une autre
efpece qui duroit depuis deux ans , qui
augmentoit de même la nuit, & que
le médecin àvoit entrepris de guérir
avec la faignée & des bouillons adouçif-
fans , dans la croyance qu’elle étoit
catarrhale, mais ces remèdes ne produi-
firentaucun effet, parce que le malade
avoir caché fon mai, qui étoit une vé¬
role; fon fang étoit couvert comme
dans le rhiimatifine d’unècouenne bîan-'
che & épaiffe. Il me fit appelkr, il me
déclara la m^aladie , & je le guéris par
le moyen des fri&ohs. Lorfqu’oa né¬
glige cette efpece, elle efifuivie d’exof-
tofes & de la carie du crâne.
X, Cephaltza àb acrimorJiâ^ Qè^AiQ
caufée par racrimonie des humeurs.
CepTialaa fcorbmica , Bonet, Sepulchret.
Doukitr
'Douleurs de tête. Céphalée,
Douleur de tête caufée par. une, matière
faline^^xtà, Hoffmann, par une gàlé',
iùne goutte ràfe répercutées A\x même. L.
On la connoît par ie régime qui a
"précédé, par le tempérament chaud &
ïec du malade , par l’adouciffement ^ue
procurent lé laitage , les eaux minéra¬
les froides, les bains, & par i’irritation
que caufent les reniedes chauds ,
âcres. Loffque racrimoniê augmente
‘au point de corroder les os, & de cor¬
rompre le diploé, il faut recourir au
trépan & aux autres fecours que fournit
la Chirurgie.
3.- Cephalæa^arthrîtîca , Murgrave'^
tap. 74. hîfi. y. Fred. Hoffmann, de
■dolore cephalico P Céphaîéé arthritique,
/ J’ai vu cette efpece revenir tous les
jours à midi, au point d’être infuppor-
ble ; mais elle, fé câlihoit quelque peu
lorfqu’on lioit fortement la tête;;ân ma¬
lade. Elle ceffé des que la douleur fe
jette fur les pieds, & riehu’e;^ft nieüleur
pour l’y attirer que lés' épifpâffiques,'
entre lefquels il n’y en a point de meiU
deur que de fe baigner les^pièds dans de
l’eau chaude. Ce remede produit dès
effets étonnans, & j’ai connu quelques
Tome FI. ‘ H
'IJO ■ C L A S 'S E Vli, •
malades ■ gu’il a guéris radicalëmenf,
4, Céphâtæa 'fibricofd , voyez Morton-
pyntoLàg.. pdg. 32. Hemicrania à ftbh
inurmittmti latente ; Céphalée fiévreu-
fe; Migraine çaufée par une fievre in¬
termittente cachée, A. P.
' L’Auteur que je viens de citer, a
connu un homme qui avôit tous les
jours à une certaine heure réglée une
douleur de tête infüppertabîe j ihàîs
pourtant fans froid excêfîif, ni friHgn,
ni chaieür, ni füeur 5 qui font des fymp-
tOmes quifêfiiccedent alt'ernàtiyemèht
dans les-intermittentes légitimes. L’u¬
rine étoit extrêmement teinte, & ref-
'fêmbîoit à de IVau- dans îâqüeUé oh
hüroit diflbus de la brique pilée,
Morpnteritz'^lv&Qm^îoh de lâ gué^
rir par de firéqüentês fâignées,, même
à la jugUlaurè , avec dés épifpaftiqüès,
des céphaliques de Wute. elpe ce , des
éfrhines & des mâfticatoiréS, fans pou¬
voir y réùflir j les émétiques , lés câ-
tliarfiqües légers, les chdybés, les anti-
‘feorbutiques ne firent même que Tai-
grir, & ^expérience lui enfin
qu’il n’y a que l’ufage continué du qüUi*
qUina, qui püiffe détruire le îeVaïa de
cette maladie.
Douhurs de tîte. CêpkaUe, t ji
5, Cephakea melancholica, Qé^ihûte
jnelancoli^ue, appeliée par Ramazzini
hypocondriaque. L. P,
On attribue cette efpece. à k vifeo-
du fang. Elle n’efl: point violemte ^
îuais elle eft prefque continuelle & ac-
GOfflpa^née de trifteffe, d’amour pour
la felitude; dans les fiüeselle ed caufée
par le défir du mariage, ou par telle au¬
tre pàffion, & dans les hommes, par
tes -chagrins & les foucis , & par une
trop forte application à l’élude, Elie a
beaucoup de rapport avec l’efpece qui
èd caufée par la fuppreffion du flux
mendruel & hémorroïéâl. Elle exige
des déiayans, l’air de la c^pagne, la
châde, la promenade , en un mot tout
ee q^uipeut récréer l’efprit, & en été les
bains, les eaux minérales froides, &c,
6, Cephedaa Polùrâca , Stabel,
S & S de la plique Fohmife. Ceph^e
Polonoife. G,
C’ed celle qui ed caufée par la ré-
perçuffion ©u l’amptuation de la pîi-
;que j elle" ed tarés-douioureufe & carie
les os du crâne.
7. Cephalæa ferofa , Maaget, Bihliothi
praBic, de dolore çapitis, mm. /. Bonet^
Jèpulchret, mm, /. Fabriçius HildanuS|t
H ij
lyi Classe VIL
cmt. 5. ohf. zo. Céphalée féreufe. C.
Nous avons quantité d’obfervations
fur cette efpece, que l’on attribue à un
amas de férofiîé dans divers endroits du
cerveau. Seroit-ce parce qu’en ouvrant
les cadavres, on a trouvé de la férofité
dans leur cerveau ? La conléquence ne
feroit pas jufte. Seroit-ce parce que les
hydrotiques, les diurétiques, lesvéfî-
catoires , les fêtons, l’ont quelquefois
calmée ? On ne fauroit en conclure
qu’elle foit occafionnée par la férofité;
celle-ci étant plus propre à caufer des
engourdiffemens, des pefanteurs, des
léthargies, que des douleurs aiguës , à
moins qu’il n’y ait quelque engorge- ^
ment phlogiftique, comme dans la cé¬
phalée catarrhale. Confultez Morgagni
fur le fiege des maladies, epijl. 1 ; vous ^ I
y lirez plufieurs exemples de cette ef- j
pece de céphalée aiguë, rapportés par
Valfalva.
' /. Sal:^ann croybit que l’efpece de
céphalalgie qui efl: intolérable, & qui
' a coutume de fe terminer par la démen¬
ce-, dépendoit de la glande pinéale
devenue calculeufé ou fquirrêufe. Cette
.glande a paru telle à Schenckius &: à
^Dr&üncourt qui. l’ont obfervée. dans
Douleurs de tête. Céphalée. 173
céttè maladie, dont nous n’avons au¬
cun figne.
P. Borellï a obfervé une céphalée
extrêmement violente, qui dépendoit
d’un hydrocéphale des finus du cer¬
veau, cent. /. Cett^ maladie
étoit l’elfet d’une gale répercutée ; il
fortit plus de deux livres d’eau très-lim¬
pide par i’incifion qu’on fit aux finus du
cerveau après la mort du fiijet.
XIII. Hemicrania; Migraine y
Clou,
C’efi une maladie dont le principal
fymptome eft une douleur aiguë & pé¬
riodique des deux côtés de la tête, fur-
tout dans les tempes, le front, autour
des yeux.
- Elle différé de la céphalée , en ce
qu’elle n’a point fon fiege dans le cer¬
veau , ni dans la partie du crâne qui le
couvre immédiatement, mais dans les
finus frontaux, dans les orbites, de ma-:
niere que le globe de l’œil fouffre un
tiraillement confidérable, accompagné
de larmoiement, ou bien le malade a le
nez bouché, un coryza, ou efi affeété
de telle autre léfion des finus frontaux^
174 C L A s s E VU.
ou bien l’affection fe termine dans un
endroit qui n’eff pas plus large que la
tête d’un elou ou que le pouce ; ce qui
n’arrive point dans la céphalée.
I. Htmicrania Migraine des
yeux. C.
C’eff celle qui eft caufée par la fup-
puration de l’œil, par un fynchyfis,
par une inflammation interne.
Cette doüleur eft conflante , ten-
ftve dans la partie fupérieure de l’or-
l^te de l’un & de l’autre œil, & accom¬
pagnée de l’affaibliflement de la vue.
Il y a pîufleurs maladies des yeux
qu’elle accompagne, ou auxquelles elle
fuccede, & dans iefqueiîes la douleur eff
fouvent le principal fymptome. Telles'
font 1*?. les cataractes purulentes, les
cataraétes caufées par la diftblution du
vitré ; l’amblyopie^ hydrophtalmi-
que; 3°. l’amaurofe caufée par la fonte
du vitré; 4^. l’ophtalmie de la choroïdft,
de l’uvée ; elle eft auffi caufée par l’ulcé-
ï-ation de l’œil; elle fuit fouvent l’ex-
traftîon de la cataracte, l’extirpation de
l’œil; & affez fouvent elle tourmente
le malade jufqu’a la fin de fes jours ; &
s’il vient à perdre un œil, elle fe jette
fqr l’autre l’année d’après. Dans le C3§
Douleurs de tête. Migraine, ijf
où il fe forme un amas de pus dans la
cavité poftérieure de l’OrMte > on peut
en révacuant calmer la douleur; mais,
dans le cas où le, vitré eft fondu, il
ne: refte d’autre remede ,fuivant Saint
Yves^ que d’extirper roèil. Dieu nous
préferve de la maladie & du remede l
Il n’y a que l’obfervation qui puiffe
nous convaincre que les migraines vio¬
lentes dépendent du vice dejs parties
éloignées ; & comme les Médecins mé-
prifent la doârine des efpeces de ma¬
ladies , ils tombent foùvent dans des
erreurs funeftes aux malades> On a vù
pîufieurs Médecins qui ont traité des
migraines pc des maux de dents pouic
des rhumat.ifmes ; mais, Famhan ne; les
a pas plutôt ârracuégs, que k maîàdiê
a difpani, - ; , ,
Hemiçrania G:domal^ca^VwLçhsi^^
U, $ & 4. ohferv. pag 41g. Migraine
odOntàîgique* B.
C’eft celle qui a fon principe dans
la dent cariée, ou dans, les nerfs qui
forment une patte d-’oie, M que l’oiS.
guérit en arrachant la dent ^ ou en brû^*
iant le nerf, comme je l’ai enfeigné eii
parlant des efpeces de tic..Quelle fÿm-
pathie étonnante ! quoique le prin]ei£f|
176 C L A s s E vri.
foit dans les nerfs des dents, on fent
lèulement une douleur dans la tête au¬
tour des yeux, & cette douleur n’a
pas plutôt ceffé, que le mal dé dentfe
manifefte. On prétend que le fuc de
poireau mis dans fOreilie, appaife la
douleur; mais à moins qu’on n’arra¬
che toutes les dents ' cariées , la mi¬
graine dure des mois des années
'entieresv
i . Mcmicranîa jinûs ; Migraine: du
finus. Dv ri"- -
C’efl celle qui eft caufée par l’obflruc-
tion de l’un ou de l’autre lin us frontal;
La douleur fe fixe dans l’endroit du
front qui èft aü-deflus de l’orbite, là-
narine du même cdté efl: feche , l’œil.
det^ient rouge larmoyant lorîqüê la
douleur vient à augmenter. Ses variétés
font I®. la migraine caufée par des Vers'
ou des larves de mouches, dans les ,
finus frontaux. Voyei^e.mû.f6.PathoU
cap. y. Rolfincius, de capitis doLare. Le
Sépulckrctüm de Bonet, à>m. i.pag. dy;
Elle fe manifede par des démangeaifons
des vertiges : les chevres & les bre¬
bis y font très-fujettes, & de là vient
qu’elles font fouvent attaquées de ver¬
tiges, Par une agitation critique du
Douleurs de tête. Migraine. v]j
fang, & le défaut de faignement de
nez. Une Reiigieufe eut deux fois cette
maladie avec une fievre aiguë ; elle ert
fut guérie la première par un faignement
de nez que le Médecin avoit prédit en
tâtant le pouls du nez; la fécondé fois,
les mêmes fymptomes revinrent, le
pouls fut le même, mais le nez retta
fec, & ne rendit aucune goutte de
fang. La fievre cefla, mais la douleur
fe fixa dans l’orbite, & fut des plus
, cruelles. Je flis confulté avec le Dr.
Çhaptal^ & dans la perfuafion où nous
fûmes qu’elle étoit caufée par Un fang
amaffé dans le finus, nous ordonnâmes
le trépan. 3°. Il y a aufli des douleurs
qui font caufées par une mucofité qui
s’amaffe dans les finus, qui fe durcit
& fe pétrifie; témoin les calculs que
quelques malades rendent par le nez,
Sepuichret. appendic. pag, Gx. tom. i.
d’autres par la bouche , idem., ibidem
pag, Gi . Les eaux acidulés ont produit
de très'bons effets dans pareil cas;
Fabric. Hildan. centur.6. obf. /.
4. Hemicranîa cory^ ,• Migraine com-
pliouée de coryza. B.
^Ôn l’appelle ainfi, parce qu’elle com¬
mence par le coryza , & qu’elle eft
H V
17 ? Classe VII.
(çonftamment accompagnée de celui-ci ^
Sc de la fécherefle d’une narine. C’eft
une douleur aiguë périodique qui ne
vient qu’une fois ou deux par an, &
qui efl: accompagnée d’une violente
rétraâion de l’œil au dedans de l’orbite,
de larmoiement, quelquefois deraffoi-
bîiffement de la vue, & autres fymp-
tomes fâcheux ; elle eft cauféè par l’en¬
gorgement des finus frontaux ; & celuh
ci, par une mucofité vifqueufe & âcre,
du moins dans les perfonnes âgées.
J’ai vu guérir cette maladie avec des
douches d’eau de Baîaruc, îefquelles ,
furènt fuivies d’un écoulement de iha-
riere vifqueufe par les narines.
Mais quelles /ont lés migraines que
l’on guérit avec les véficaîoires les
fêtons, & autres remedes femblables
appliqués fur l’occiput ? Ne font-ce
point les céphalées féreufes?
Hemicrania hœmorrhojdalis , Heif-
ter. Clavus hæmorrhoidalis ^ dijfcrt. ann.
h. Helmftadt j Migraine, hémot'^
rhoîdak, A. P.
CaraBere. C’eft une douleur de tête
fixe , pareille à celle que cauferoit un
clou qu’on prefîeroit defllis ou qu’on
enfonceroit, laquelle eft caufée I|
Douleurs de tête. Migraine, fjçf
fupipreffioîi dur flujç menlbuel, hçmQr-
j-hoïdal, & de {aignemens de pez, ôc
^ui ceffe dès qu’ils reprennent leur
cours.
Elle eft accompagnée de l’enÊure ^
de îa chaleur, de la rougeur, de Par-;
,deur de la, partie, d’infomnie, du batte¬
ment des tempes, de latitude dans tout
le corps ; i’urine eil rôïige, éciimeufe.,
'le pouls dur & plein. - , ■
, .Cure. Elle exige qu’on diminué le
volume du fang, qu’on le délaye , ^
qu’on faiTe reprendre aux écoulemens
.leur premier cours. C’elï à quoi l’oft
parvient par la faignée du pied ^ par
.l’application des fangfues fur la partie
.ou au fondement^ par un régime- dé-
layanî: & rafraîchiflant, par des reme-
des réfolutifs ,& tempérans ^ comme la
. poudre tempérante de SraÂl ou à'Help
,ter.^ laquelle eft compofée avec de ^
. nacre de perles, & trois grains de nitre;,
- OU quatre potiops tempérantes, eom,-
pofées avec les yeux d’écreviire, îa na¬
cre de perles, l’eau rofe, l’eau de fleurs
. de tilleul, de fureau, de çinnamomè ,
^îe firop violât ; les fomentations de
fleürs de camomille, de fureau de mille-
feuillesj ayeede lamie de pain, l’èfprit
' H vj
x8o Classe VII.
'de vin cajnphré, &c. Les curieux de
-la nature veulent qu’on applique des
ventoufes fur la partie; P. Bordlï-, des
fangfues ; que l’on ouvre l’artere-;
d’autres, qu’on baffine la partie avec
'de l’eau froide.
6. Hemicrania- clavus ; Le; clou hyfté-
-rique. Clavus Sydenham*-,
colicâ hyjicricâproçejj'. imegr. pag,
d'd^.'Raulin, de vaporojis morbis\;'z68. À.
~ C’efl une douleur de tête ^irocQ per-
■urebrante, qui n’occupe pas plus d’ef-
pace que peuvent en couvrir le pouce
du-un ceuf, qui produit le même ^fen-
-timent qu’un clou qu’oii enfoncêfoit
"dans la partie , & qui jette'la irialade
dans le défefpoir & fou vêtît dans le
'délire. Elle eft fâmiiieré aux femmes
- hÿftêrîques & chlorotiques; Les Arabes
l’appellent evum tefla , IorfQu’elIe oc-
-''eupe un peu • plus d’efpace. Cette ma-
rladie* cruelle f éiifle’ ^--'îa faighéè, ^ ne
cédé qu’aux remedes qiidh erriplôte
dans la colique d’eftomac hÿftëriqué",
qui font le petit lait & le laudanum.
7. Hemicraniapurulenta , Nicolai Dé-
cas , objervat. pag. ^4. Strasbourg 172.5»
Migraine purulente^ A.
■ ÎJn ioldat quiavoit reçu-depuis trois
DottUurs de tête. Migraine. i§i
ans vine plaie à la tête compliquée de
fraâiLire , mais qui ,s‘étoit depuis long¬
temps confolidée , fut fujet depuis lors
à des douleurs de tête cruelles qui
avoient épuifé tout le favoir des Mé¬
decins & même du Bourreau, en qui
les Alleniands ont beaucoup de con¬
fiance. On lui preferivit enfin une pou-
-dre de cinabre & denifre, une emuî-
‘fion & tin emplâtre, qui le firent for¬
tement éternuer, & lui procurèrent
une excrétion de matière purulente tê-
nace, entremêlée de fang par le nez,
laquelle dura un jour entier, & dont
da quantité fe monta à un demi-ïetîèr.
La doülèur-fe calma tout-à-coup& fe
diffipa enfin entièrement ; d’où l-Àutètm
conclut qu’on attribue fou vent aux re-
medes des effets qu’ils n’ont point pro-
■ duiîs, & que c’eff îa fortune qui fait la
^ réputation des Médecins.
' ' On doit donc attribuer cette é:^ecè
-U ùil amas de pus dans lés finus ffon-
‘ tâùx‘ou maxillaires.
- 8 . Hemicrania ab Infeciis ; Migraine
• caufée par 'des Infeâes.
G’eft celle qui eft caufée par des in-
; feâës qui s’ihfinuent dans les finUs
frontaux , comme une fcolopendro j
ï8i Classe VIî.
un taon,une mouche camafliere,une
çhenille, &c.
Catherine Pnaferin , âjée de
cinquante ans, fut affligée pendant un
an d’une douleur aiguë dans le côté
droit du front, laquelle occupoit un
efpaçe de la largeur du pouce. Elle
augmentoxt lorfqu’elîe s’éveilloit, ou
qu’elle s’expofoit au foleil ; elle étoit
accompagnée de démangeaifon dans le
nez, de la féchereffe de robflru&on
jde la narine droite, d’éternumens fré-
quens , de pefanteur de tête, de ver¬
tige ôc d’un fpafme dans la paupière
droite. Son haleine étoit puante à fon
reyeil , & elle étoit fujetîe .4 des rap¬
ports acides. . . ■ ‘j
. Elle prit du tabac;, elle flaira de l’eau
de la Reine d’Hongrie, & au bout de
^quelque temps, elle rendit quantité de
morve, & enfin une fcpîopendre.â
_4eux cornes, qui fe ipit a çourir avec
..l^aucoup de vîtefîe , qui fe roulq en
forme de fpirale, & qui avoit. de qha-
,-que côté, quinze pieds & plus. C’ftoit
vraifemblablement la fcolopendre fdate
. à quinze pieds de chaque côté dont il
^eft parlé dans la Fauna/§uuiça-■
^ Fabrickis Hiidanus, cmtut, /.
' Douleurs de tête. Migraine. 183
a vu un enfant attaqué d’une migrai**
ne, laquelle étoit caulée par une che¬
nille velue qui s’étoit infinuée dans le
finus frontal. On peut en voir la figure
chez l’Auteur. Tulpius, lib. ^. obf. 12*
a connu un homme <jui rendit par le
nez une chenille velue , longue d’uir
de mi'travers de doigt.
Le Dofteur Lindem de Strasbourg a
vu un homme attaqué d’une pareille
maladie , dont la douleur s’étendpit
jufqu’à l’occiput, à qui le nez couloit
continuellement, qui fe trouvoit fou¬
lage lorfqu’il droit du lait chaud p^r le
nez , qui ne pouvoit fupporter ; les
errhines, & qui ayant pris un vomi¬
tif, rendit une chenille dont le ventre
étoit jaune, & le dos brun tacheté de
noir.
9. Hemicranîa nephralgica^ Baglivi,
pag. 333. cap. Cj. de fibra moerice. Mi¬
graine compliquée d’une colique. : ré¬
nale. A. : ' , ^ ^ -r-
a obfervé une migraine com¬
pliquée d’une colique rénale du même
côté 011 étoit le calcul, dans laquelle le
pouls du même côté étoit petit & pro¬
fond, ce qu’il attribue à l’ofcillation 6c
à la contraédon dolorifîque des fibres^
ï84 Classe Vil.
laquelle fe communiquoit des reins aü
péricrâne.
to. Herrdcrania lunatïca ^ P, Saliij
cap. io. ad Altomari praxim. Migraine
lunatique. L.
Ç’eft celle qui revient environ tous
les huit jours, ou à chaque changement
de lune. L’Auteur a vu trois perfon-
hés attaquées de cette maladie, dont
Une étoit un Dominicain, qui pendant
trois ans & feptmois confécutifs, étoit
fujet tous Tes huitièmes jours de la lune,
& prefque à la même heure, à une mi¬
graine accompagnée d’une douleur ai¬
guë près du muïcle temporal, laquelle
duroit environ trente heures, & du¬
rant laquelle il ne pôuvok ni voir le
^our, ni entendre le moindre bruit,
ni prendre la moindre nourriture, qu’il
n’en fût extrêmement incommodé ; il
•fe portoit très-bien dans les intervalles,
*■' - L’Aütéur croit avec raifon que cette
migraine étoit caufée par le venin de
iS fie vré intermittente qui a coutiune
“dé revenir tous les huit jours.
Douleurs de tête. Ophtalmie, 185
XIV. Ophtalmia ; Lippitudo^
Celfi 5 P imita, Horatii ; Ophtal-
moponia , Heifteri ; Oculorum
injiammatio , Dolor oculorum ,
Sennerti ; en François , Ophtal¬
mie , mal aux yeux,
- Le mot grec ophtalmie vient dopk-
talmos œil, comme qui diroit maladie
de l’œil.
On la connoît à la douleur ^ la rou-
geur ^ le larmoiement de l’œil, & à la
dif&culté avec laquelle il fupporte la
lumière.
- La douleur & Fintoîérance de la lu¬
mière font les principaux fymptomes
de l’ophtalmie ; les ophtalmies exter¬
nes font les feiiles qui foient accompa¬
gnées de rougeur.
La douleur des yeux eü proportion¬
nelle à la fenfibiîité de cet organe, qui
eft très-grande ; car il n’y a point de
partie , qui, à volume égal, reçoive
une fi grande quantité de filets ner¬
veux que l’œil. U reçoit ces filets de fix
paires de nerfs, & la fenfibiîité efi pro¬
portionnelle à la quantité de ner6 dans
i$6 Classe VIL
un efpace donné, lorfque la diftraôlort
des filets nerveux eft la même. ^
Lorfque rophtalmie eft compliquée
d’inflammation, comme il arrive dans
piufîeurs efpecés, îa douleur eft accom-
pagnée de rougeur, de chaleur, deten-
fton, d’enflürè, ce qui vient de ce que
le fang fe porte avec plus de force dans
les vaifteaux fanguins de l’œil. Voye:^\^
théorie de l’inflammation, d’cii s’en¬
fuit un tiraillement dans les nerfsi Ily.
a cependant des ophtalmies internes;
qui viennent à fuppuration, par exem*
pîe, dans le criftallin, qui ne font précé¬
dées d’aucune rougeur ni d’aucune en%
flure fenfible,comme lorfque le criftaîlinl
fefond, & c’eft cè que appelle.
une inflammation lymphatique.
La peine que caufe la lumière, vient
de l’extrême fenfibiiitéde la rétine, &
ceile-ci de fon engorgement phlogifti-
que , ou de la trop forte tenfion de la
choroïde & de i’uvée , qui en eft une
portion , & dont la fdérotique fe refî.
fent peut-être ; dans tous ces cas il y a;
uïi myojisr , ou un refîerrement de la
prunelle proportionné à la peine que îa
lumière caufe.
1 Le larmoiement abondant eft un
Douleurs de tête. Ophtalmie, iSy
effet de la douleur, de la fécherefle &
de l’ardeur de l’œil, & le but de là
jiature en le procurant, efl; d’emporter
par cet écoulement de larmes les corps
étrangers qui s’y trouvent, de l’humec-
ter, & de tempérer fon ardeur & fou
acrimonie. Sans cela , on ne voit pas
à quoi ferviroit cette excrétion abon¬
dante de larmes que caufe i’irritation
de l’organe , vu qu’elle excede la ré-
forption qui s’en fait par les points la¬
crymaux , puifque c’eft en cela même
que le larmoiement confiffe.
Elle différé de l’obfcurciffement de
la vue, en ce que celui-ci eff volontaire
dans les maladies ophtalmiques, puif-
qu’il ne feuî qu’ouvrir les paupières
pour voir clair, au Heu qu’il eff in vin*;
cible dans les maladies caligineufes.
Ophtalmie externes ; Ophtalmies
externes.
..
I. Ophtalmia Taraxis ; Tctraxis
Pauli, lib. I. cap. 2.z, Ophtalmia notha:
Sennerti; Ophtalmie catarrhale de Saint
Yves, 3. B.
Cette efpece eff: la plus légère de
toutes, elle rfeff caufée par aueun vice
i88 Classe VU.
interne préexiftant, & ne vient que
d’un principe procatartiqne accidentel,
comme la fomée , le vent, une leûure
trop affidue, de ce qu’on s’efl: peiné la
vue en examinant de petits objets, de
la vapeur de i’ail, de l’oignon, delà
poufiiere, &c.
Elle fe guérit par le fe cours de la
nature ou de l’art ; par exemple, la na¬
ture balaie la pouffiere ou le myafme
acrimonieux qui irrite l’œil, en exci¬
tant un larmoiement; elle calme la
douleur que caufe la lumière , en te¬
nant les paupières fermées durant le
jour; & Part, qui n’eÆ-qu’une imita¬
tion de la nature, enjoint au malade
de porter devant les yeux un morceau
de taffetas vert, d’éviter le trop grand
jour, defe bafliner les yeux avec de
l’eau tiede, de ne point lire à la chan^
deîle, & de fe garantir du vent & du
foleîl. Dans le cas où il eft entré quel¬
que o^rps étranger dans l’œil, il n’y
a qu’à relever la paupière, & à le reti¬
rer avec une plume, ou un petit mor¬
ceau de papier.
1. Ophtalmia trichiajis ; Trïchiaifi àz
Saint-Yves, p. ^8. L.
La Trichiaifi n’eft autre cbofe que la
lyouUurs âc tkc. Ophtalmie.
direâion des cils vers le globe de l’œil.
Le Dijlichyajis eft un double rang de
cils fur la furFace interne de la paupière.
Lorfque les cils font trop longs, &
qu’ils rentrent fous les paupières , ils
caufent une ophtalinie, qui ceffe dès
qu’on les a relevés ; mais lorfque cet
accident arrive à caufe des petits ulcé¬
rés qui fe forment fur les bords des
paupières, & qui obligent les cils à
entrer dans l’œil, ils le piquent, l’en¬
flamment, l’exulcerent jufqü’à ce qu’on
les ait extirpés. Il faut bien fe garder de
les couper,, ceux qui reviendroient
n’en feroiént que plus rudes ; il faut les
arracher les uns après les autres , en
lailTant plufieurs jours d’intervalle ; &
pour empêcher qu’il n’en croiflTe de
nouveaux ^ on doit toucher avec la
pierre infernale l’endroit où ils étoient.
Dans le cas où ce remede ne fuffit pas,
quelques-uns veulent que l’on coupe les
bords des paupières où les cils croifîent,
fur quoi l’on peut confulter Heifter,
Chirurg.cap,, & S. Yves, c. 8.p. ^8.
y. Ophtalmia tuberculofa ; OçhldXTxà.^
. compliquée de tubercules. L.
Bile eftappellée Pothia , par Galien,
prépuce , oudéfir. Les
1
1^0 C 1 A s s E VÎI.
tubercules qui viennent aux paupières
{ontthorâeolum, en François orgioUt^
enviece qu’on l’attribue aUx envies
que les femmes grolFes ne peuvent fa-
tisfaire; le grando ^ en Grec criée en
François grain de grêle , à caufe de la
dureté & de la traafparonee du tüber-
cufe , d’où vient qu’Aëtius l’appelle
fcleropktàlmia. ^ d’autres chala^a , & Cor-
prczpuâolum, .
Il fe forme en effet aux bords des
paupières des tumeurs rouges, dures;,
indolentes, ou peu douloureufes , qui
leièmblent à un petit prépueé aiedé .
d’unphymofis. -
Ü ïàut ramoîîîî ces tubercütes pour
les réfoudre , finon, les enâammèr ou
les èautérifer pour qu’ils vienne nt à-fup*
puration, ou enfin les extirper Si les
cieatrifer. Si ce font des verrues, des
mtbieromes , des excroiffaneés , il faut
■ y âire une ligature, ou les brûler, ou
les couper avec des eifeaux,
Oa les ramollit avec un emplâtre de
mucilage , de vigo, avec un peu de û-
von, &e. on les brûle, en mettant
deffusune goutte d’efpritde fel ammo¬
niac ,;0u, ce qui efi: plus expéditif , en
lés touchant avec la pierre infornaîé;
Douleurs de tete '^ Ophtalmie,
«n les Ke avec une foie, fî ce font dés
• verrues, dés excroiffances, qui ayent
'une queue. On guérit l’idcere avec
l’onguent de diapompholygos.
Boerhaave furÜOrgeokt. Heif-'
ter ^ Chirurg. cap. '
. 4. Ophtalmiatrachoma; P. Ægînets,’
‘ Le 'FrÆcÂoOTÆConfiftedansune efpece
'^d’apreîé & de rudeflè dans îa partie in¬
terne des paupières.
On l’appelle dajyma , fi eîîê eft her¬
pétique ; tylôjîs , li elle efl; calîeufe ,
les pullules font un peu
grdïîes/ ^ ^
Cette , ^e^ion différé de la pforo-
phfolrhfe' en ce qtte les puMes, font
dures,mâiaires, ou petites, &:n’affec¬
tent point le globe de l’œil, mais fou-
lemeht l’intérieur dès paupières.
Elle fut ëpidémiquè à Rome après
un trémblèntent de terre & â la fin du
'Carême. Bagiivi & Teloni rnom.
Elle fe manifefie par un fentiment de
pelànteur dans les paupières., lequel eft
‘ accompagné d’une démangeaifon con¬
tinue , ds chaleur & de rougeur dans
l’angle & la conjonftive, les tarïès s’ul¬
cèrent, & rendent une- chaffie acre,
compliquée d’un larmoiement qui cor»
C l a SSE yil.
rode l’œil ; la nuit, les paupières fe
collent.
A mefure que la maladie devient in¬
vétérée , la paupière , fur-tout l’infé¬
rieure , fe renverfe, & le cartilage au¬
quel on donne le nom de tarfe , fe bpn>
be, &forme comme une efpece d’arc ou
de bourlet enflé; les tarfes s’excorient,
Bo&rhaave appelle cette maladie i/z-
jlammatio excoriatoria palpebrarum , in-
. ilammation des paupières avec excoria¬
tion. Celles-ci s’ulcèrent, il fe forme
fur l’intérieur des paupières de, petites
pullules miliaires , de la grofleur d’un
grain de fable , calleufes. Cette malâ-
■ die efl: très - opiniâtre très-incom¬
mode. Les malades fentent le même
picotement que s’ils avoient les yeux
remplis de fable, & y caufentune exco¬
riation , à force de clignotter.
Cette maladie demandé un autre
traitement lorfqu’eUe efl: récente , que
lorfqu’elle efl: invétérée.
Dans le premier cas , il faut calmer
l’inflammation fur-tout avec des reme-
des internes,tels que lafaignée, la pur-
. gation , les bouillons rafraîchiflans ,
les bains, & même les topiques.
Prenez de bulbe de lis démi-once.
Douleurs de tête. Ophtalmie, 195
dé fleurs de mélilot ou de fureau une
once, de fafran un fcriipuie. Faites-les
bouillir dans i’eau, ajoutez-y de la fa¬
rine de froment autant qu’il en faut ,
& flx grains de fel armoniac.
Enveloppez ce catapîafrne dans un
linge, appliquez-le fur l’œil & renou-
veilez-le deux fois par jour, obfervant
de i’y laifîêr, jufqu’à ce qtie les pau¬
pières qui étoieht tendues, fe lâchent
& fe rident. Si on i’y îaiflbit plus long¬
temps^ il en réfulteroit une épiphore
fébacée, à moins qu’on ne fe fervît d’af-
tringents, tels qu’une décoftion de ro-
fes, d’écorce de grenade, de feuilles
d’aigremoine avecunpeû de mielrofat.
î 5 ans le cas oîi la maladie eft invé¬
térée , il faut oindre les paupières avec
fonguent fuivant.
Prenez de fucre de faturne, une dra¬
chme, de cérufe blanche quatre fcru-
pules, de camphre flx grains : broyez
les avec un peu d’huile rofat ; ajoutez
y enfuite d’onguent de tuîie ou rofat
une once; oignez-en matin & foir les
paupières qui font collées. Au cas que
le malade ne puifle le fupporter, on lui
fubflituera un onguent lénitif compofé
Tome ri. I
194 Classe VII.
avec le beurre frais, l’huile 4e cire, 3c
la cire blanche.
Dans le cas où les paupières font
ulcérées 6c galeufes, Saint Yves fe fert
d’un onguent compofé de deux dra¬
chmes de foie d’antimoine, de demi-
drachme de camphre, & de vingt grains
de clous de girofle , que l’on fait inm-
fer pendant huit jours dans de l’eau
d’euphraife, de fenouil, de grande éclair
re, ôc de fhue, de chacune quatre on¬
ces. On en met dans l’œil quatre fois
par jour, & lefoiron applique deflus
de l’onguent detutiè. Si ce re me de ne
réuflit point , on brûlera les uîçeres qui
fe font formés fur les bords des pau¬
pières avec la pierre infernale , en
iifant des précautions néceflhires.
Si les paupières ne font alFe,â:ées
que d’une dartre, & qu’il n’y ait^oint
d’ukere, il fuffira d’y appliquer quatre
fois par jour un collyre compofé de fe!
de faturne & de fel armoniac de cha¬
cun quatre grains, & d’eau rofe Si de
plantain de chacune quatre onces.
5. Ophtalmia Jkca. Xerophtalmia^Y^
^^inetæ. Ophtalmie fiche. Ophmlmh
qui affecte le coin de Vedily Saint YveS
fpccfiô.
Douleurs de tête. Ophtalmie. 19 5
Nulle enflure dans les paupières *
rougeur & démangeaifon dans les tar¬
ies , point de larmoiement, les pau¬
pières fe collent la nuit , on a peine à
Supporter la lumière que l’eau réfléchir.
Elle eft plus aifée à guérir que l’humide ;
elle efl cependant opiniâtre & habi¬
tuelle , étant caufée par l’acrimonie dé
la lymphe ; elle ceffe au moyen d’une
légère dyfurie critique, par le tranf-
port de la matière de la conjonclive
dans la verge.
Cars. La faignée fufSt quelquefois
de même que les bains pris pendant
quelques jours, lors fur-tout que l’on
a foin de purger auparavant le,malade.
Il prendra au ïbrtir du bain un bouilion
rafraîchiffant, bu du petit lait, Syden¬
ham prétend que les anodins , pris le
foir-, produifent un très-bon effet, fur-
tout dans les enfans. On boit en été
pendant neuf jours les eaux minérales
froides.
Les topiques indiqués font les coU
lyres d’eau rofe, de plantain, de mu¬
cilage d’herbe aux puces, d’eau de frai
de grenouilles, les feuilles de coignàf-
fier, les pétales de rofe. L’eaü ou la folu-
tion de faturne , ou le fel de faturné
196 Classe VII.
délayé dans beaucoup d’eau, le fucre
candi, &c. produifent auffi un très-
bon elFet. Saint Yves fe fert d’un col¬
lyre compofé d’eau rofe èc de plantain,
de chacune deux onces, de 12 grains
de tutie, & d’une cuillerée d’eau de
vie.- On baffine l’œil avec ce collyre,
pendant le jour, & le foir on applique
defTus un plumaceau trempé dans une
décodion de feuilles de véronique , de
thym & de feuilles de rofe dans du vin
rouge. La pelure interne de poire ou
de pomme, ell un excellent adoucif-
fant.
6. Ophtalmia pujlulofa. Saint Yves,
Mal. des yeux fpag. 18^.Ophtalmie bour^
geonnée. L.
. Dans cette efpece , les faifceaux de
vaiffeaux rouges s’étendent depuis la
tunique interne de la paupière jufqu’à
îa cornée, & il fe forme autour de celle-
çi des puftules de la grofîeur d’une len¬
tille. Lorfque ces puftules fe forment
dans la cornée même, il y vient un abcès
qui fe manifefte par fa blancheur.
Cure. Elle exige une folutioh d’eau
divine dans de l’eau , pourvu que les
puftules ne touchent point la cornée ;
fi elles y touchent, ^ qu’elles forment
Douleurs de tête. Ophtalmie,
un abcès, il faut le faire percer en ver-
fant goutte à goutte dans i’œil de l’eau
dlftillée de camphre, & après que les
pudules auront percé, on aura recours
à la folution de la pierre divine.
7. Ophtalmia eryjîpelatofa, St. Yves ,
huitième efpece,^pag. 184. Ophtalmie éry-
Jipélateufe ; ou plutôt Herpétique.
! Cette efpece , indépendamment de
la rougeur de la conjonâive , de l’en¬
flure des paupières, des douleurs infup-
portables dans les yeux & dans la tête ,
de l’ardeur dont elle eft accompagnée ,
fait détacher la peau du front, des tem¬
pes & du nez en forme de croûte ou
d’écailies furfuracées, qui laiffent après
elles des cicatrices. Cette maladie efl:
très-opiniâtre & très-dilEcile à guérir,
Cara.Elle exige i®. que l’on fomente
la partie avec de l’eau de fleurs de fu-
reau &une dixième partie d’eau de vie ;
a^. des fêtons fur la nuque , en com¬
mençant par la faignée &; la purgation,
que l’on réitérera s’il en efl: befoin, des
véficatoires fur le dos & derrière les
oreilles. Comme les douleurs font vio¬
lentes , il faut réitérer la faignée , &
employer les narcotiques.
S. Ophtalmia humîda , Saint Yves,
I üi
C L A s s E vu.
deuxieme efpece. Epiphora Galen, zV
troduU.Ophtalnûa ver a Sennert. Ophtal^
mie humide.
Elle eft habituelle comme la feche,
ou elle a fon foyer dans la maffe du
fang, ce qui la rend très-opiniâtre. Elle
eft accompagnée d’un îarmoyement
abondant, de l’enflure des paupières,
près des tarfes, d’une chaflîe copieufe ,
de douleurs lancinantes dans les yeux,
d’une rougeur intérieure, & de plus le
malade ne peut ni fupporter la lumière
îii ouvrir les paupières. De là s’enfui
vent des taches fur la cornée. Les en-
fans ont fouvent les joues excoriées;
par les larmes qu’ils répandent, le neV
& les levres enflées..
Cure. Elle exige la faignée du bras ,,
du pied& de la jugulaire, l’application
de trois ou quatre fangfues autour de
l’œil ; le fécond ou le troifîeme jour ,,
im purgatif ordinaire avec la manne
îe féné & les tamarins, après quoLoa
fera prendre au malade des bouillons
de laitue , d’ofeille , de chicorée. Le
foir, on lui donnera des narcotiques ,
on lui appliquera un véficatoire entre
les deux omoplates; 6 c à l’égard dés
enfans J on tâchera de leur procurer un
ÙouUufs dttèu, Optitatmiéi 19^
écoulement par les oreilles, pour dé¬
tourner la férofité âcre qui s’eft jetée
fur les yeux* On réitétera la purgation ^
& on emploiera les bains domeftr-
ques, à moins que l’état de la langue
& de l’eftomac ne s’y oppofent. On
ne négligera point cependant les col¬
lyres, & l’on emploiera d’abord les
plus doux. L’eau de fenouil, ni à plus
forte raifon celle d’euphraife, ne valent
rien, elles font trop âcres ; il vaut mieux
fe fervir de la chair de pomme Cuite
avec du lait, de lait frais* de mucilage
d’herbe aux puces, de coing, de blanc
d’œuf battu avec de l’eau rofe, ou, ce
qui vaut encore mieux, parce qu’il ne
colle point les yeux , de blanc d’œuf
pilé avec un peu d’alun, épaiffi & en¬
fermé dans un linge. On peut encore
faire durcir un ceuf, en prendre le
blanc, & i’arrofer avec de l’eau rofe
ou de plantain. Après que l’ardeur eft
appaifée, on peut appliquer deffus de
l’eau rofe, avec un peu d’eau ou de
fucre de faturne, ou bien fe fervir d’un
collyre compofé d’eau de fenouil Sc
d’eau rofe, de chacune deùx onces,
de fucre de faturne deux grains, ou
demi-drachme de trochifque blanc de
1 iv
aoo Classe VIL
rhafis. La douleur appaifée, on mettra '
fur l’œil de la poudre de tutie , pour
que les paupières ne fe collent point,
& que le malade puilTe les ouvrir à fon
réveil,
Lorfque cette ophtalmie eft invété¬
rée , il faut faire diffoudre du vitriol
blanc ou romain, dans de l’eau de fon¬
taine , en telle quantité, qu’en en met¬
tant une goutte dans l’œil, elle caufe
une douleur vive, mais mornentanée»
Un fcrupule de vitriol, diflbus dans lis
onces d’eau avec une drachme de fu-
cre, produit cet elFet. On doit fe fervir
de ce collyre en fe couchant, & ne
point charger l’œil de comprelFes ni de
bandages. Il ne faut jamais le matin
mettre dans l’œil des chofes âcres, m.ai£
le badiner feulement avec de l’eau tie-
de, ou de i’eau rofe.
. Il y a des perfonnes qui ajoutent au
vitriol trois grains de verd-de-gris, ou
qui fe fervent de vin dans lequel elles
ont mis tremper pendant une nuit une
piece de cuivre, ou qui font didbudré
la pierre divine dans de l’eau, & en
mettent quelques gouttes dans l’œil en
fe couchant. Ces collyres font fort bons,,
pourvu qu’on ait foin d’adoucir le fang
Douleurs ds. Uu. Ophtalmie. 20 1 ,
avec les bains, la faignée , & les bouil¬
lons rairaîchiffans.
9, Ophtalmia fcrophulofa ; Ophtalmie
fcrophuleufe. L.
Elle efl; familière aux enfans fcrophu-
leux, humide, compliquée de l’enflure
des bords des paupières, d’une chafîie
épaifle, de la rougeur, de l’enflure de
la cornée , d’un larmoiement âcre. Ils
tiennent toujours la tête baffe ; ils ont
le nez, les levres & le cou enflé, &
la cornée efl fouvent affeûée d’un leu-
come.
Le principe de cette maladie efl une
lymphe fcrophuleufe, âcre, vifqueufe ,
que l’on doit par conféquent incifer,
atténuer & dépurer par des catharti¬
ques réitérés, précédés d’une pilule
compofée de douze grains d’aquila aîbâ,
& enfuiteavec des bouillons apéritifs,
dans iefquels on fait entrer un peu de
limaille de fer, d’efquine coupée par
petits morceaux, & des cloportes, une
pincée de fou ci fauvage , ou une demi-
poignée de fleurs de grateron. On peut
aufli employer une tifane d’efquine &
de racine de patience, de chacune une
once , que l’on fait bouillir dans dix
livres d’eau , jufqu’à diminution de
2 GÎ Classe VIL
moitié, & aiixquelles on ajoute vers;
ïa fin de la coéfion, trois pincées de
fommités de cyprès, deux drachmes de
réglilTe; & le malade en fait fa boiffom
ordinaire. Il prendra enfuite pendant^
trois jours un bol compofé de vingt
ou trente grains d^æthiops minéral; on
le purgera le quatrième jour, & ait
bout d’une femaine, l’on réitérera le
bol & la purgation. Lorfque la faiforf
le permet, & qu’on peut iuifëire pren-:
dre les bains, ils produifent un très-
bon effet; mais le meilleur de tous les;
remedes efi: un féton au cou, qu’il doit;
porter dans les mois qui font tempérés.
On peut auffi fe fervir du remedè
du Y}t, Iîans i’/o<z 72 e,, lequel confifte en
un collyre compofé avec l’axonge de
vipere & la tutie , auquel on joint
im ample véficatoire fur la nuque. Le
lait n’eft pas à négliger, non plus que
les collyres pour l’ophtalmie humide
mêlés avec des réfolutift , tels que le
thym, la verveine &; l’euphraife, qu’on
n’a pu employer au commencement de
la maladie, crainte d’infiammaîiom
lo. Ophtalmia. unebrimfa y appelîée:'
par les Grecs Mydrophtalmia^ Maître-
îean,, di V^xun^Qn du corps
Douteurs de tete. Ùphtdmïs. 203^
pag. chap. I. Exophtalmie , 6 '. part^
z; appellée par quelques-uns Goutte
fereine.
Elle fe manifefte par une douleur
dans le front, dans un œil, ou dans
tous les deux. 2®. La douleur appaifée ,
le globe de l’œil paroît un peu plus
gros & plus bpmbé. 3*^. La prunelle
eft plus dilatée, & fe reflèrre moins
au foleil que lorfque l’œil eft fain. 4*^.
La vue s’obfcurcit au point qüe le ma¬
lade ne peut ni diftinguer les objets^
ni fe conduire feul.
La prominence de i’œii eft moins
fenfibie dans ceux dont l’iris eft noir,
fur-tout ft les deux yeux font attaqués ;
elle l’eft davantage dans ceux qui ont
l’iris bleuâtre ou blanchâtre, & les
yeux extrêmement fendus. La plupart
des malades recouvrent la vue , lorf-
qu’on emploie les remedes convena¬
bles ; mais elle n’eft jamais ni fi nette
ni .fi diftinâe qu’auparavanî.
Cette maladie eft fréquente aux hom¬
mes atrabilaires, aux femmes grofiès
d’un ou deux mois , & continue juf-
qu’après l’accouchement ; aux filles qui
ont les pâles - couleurs, & elle leur
404 Classe Vit.
Sennm décrit cette maladie, cap, j j,
Jècî. 2. lib. i. 6c dit qu’on la connoît en
ce que les yeux font nets, & qu’on
n’y apperçoit d’autre vice finon que la
prunelle eft plus noire & plus dilatée.
Cette maladie eft difficile à diftin-
guer au commencement de la cataraâe
ordinaire, qui n’eftpas encore formée,
suffi bien que du glaucome ; mais on
la diftingue des autres maladies, en ce
ique le criftallin ne perd point fa tranf-
parence, & que les malades recouvrent
une partie de leur vue.
Le principe JyneHiqite de cette ma¬
ladie, eft l’extenfion du corps vitré,
à caufe d’une fluxion ou d’une con-
geftion, d’où s’enfuivent la dilatation
de la prunelle, la douleur, l’enflure de
l’œil, la preffion de la rétine, l’obf-
curciflement de la vue.
La cure exige au- commencement,
des faignées réitérées du bras, du cou,
du pied, ôt même l’artériotomie, fui-
vant la violence dé la douleur, & le
degré de la pléthore, enfuite des re-
medes propres à évacuer la féroflté,
comme des véficatoires fur la nuque,
derrière les oreilles, & même des ca¬
thartiques tous les fix jours 5 une tifan^
Douleurs dt titt. Ophtalmie. loÇ
compofée d’une once de falfepareille,
& demi-once de racine d’efquine, que
l’on fait bouillir dans quatre livres d’eau,
jufqu’à diminution du quart, èc dont
on donne deux verres au malade matin
& foir pendant quinze jours. Il n’y a
que les topiques réfoluîifs qui convien¬
nent dans çetîe maladie, encore pro-
duifent-ils trës-peu d’effet.
Lorfque la fluxion qui caufe cette
ophtalmie efl: violente, dz les fluides
acrimonieux , l’œil fe bombe davan¬
tage , il s’e.nflamme, on y fent des élan-
cemens, auxquels fe joignent des dou¬
leurs infupporîables , une chaleur &
aine rougeur extériéirre , une fievre
aiguë, des infomnies, les paupières fe
renverfent, ne couvrent plus l’œil,
une épiphore chaude , l’obfcurciflTe-
ment de la vue, & enfin une goutte
fereine parfaite & incurable, les par¬
ties internes viennent à fuppuration ,
le corps vitré fe fond, & il fe forme
des fiftules qui percent l’œil , qui font
tous des accidensque l’on doit rappor¬
ter à l’ophtalmie interne.
II. Ophtalmia jyphilitica, Baglivi,
pag. Z02. Ophtalmia Gallica , Zacuti,
prax. Ophtalmie vénérienne, S, Yves.,,
20(5 Classe VIL
i o^ efpece ; Ophtalmia venerea Camera-
rii, diprt. Tubinga, /734.Aloyf. Luifin.
Leyde , //a/ , pag. 6'6'i.
L’Auteur la divife en deux efpeces^
Lavoir en métaftatique & en^ fympto-
matique. Elles font toutes deux caufées
par un virus vénérien , & elles aug¬
mentent vers le foir.
La fymptomatique s’appaife vers
î’aurore, elle ne dégénéré jamais'en
chémofis ; la matière morbifique ne
change point de place, les douleurs font
moins violentes; elle ce fie après que
la vérole efl; guérie, & elle efi: moins
dangereufe. Elle a lieu dans le fécond
degré de la vérole.
L’ophtahnie métaftatique ne diminue
point à l’approche de l’aurore , elle
dégénéré toujours en chémofis ; la ma*
tiere morbifique change de place , les
douleurs font plus violentes ; elle ne fe
diflipe point après que la vérole eft
guérie, &: elle eft très-dangereufe.
Une preuve que cette maladie eft
caufée par un virus vénérien, eft que
la chaleur & la douleur augmentent
lorfqu’on eft au lit, & qu’elle réfifte
aux remedes ordinaires. On connoîî
l’ophtalmie métaftatique aux fignesiui*
Dotthurs de tcte. Ophtalmie, leyp
rans. La fclérotique eft enflée & d’une
couleur livide ; on y fent une douleur
âcre & lancinante, on y apperçoit une
efpece de creux ; & elle efl; caufée par
une gonorrhée répercutée , & par le
tranfport du virus dans l’œil. Pour l’or¬
dinaire y les gonorrhées qui pafîbient
pour incurables, fe diffipent dès que
cette ophtalmie furvient, & récipro¬
quement celle-ci ceffe, dès que la go¬
norrhée reprend fon cours. On guérit
en général l’ophtalmie vénérienne avec
les fridions mercurielles -y mais il ne
faut jamais appliquer du mercure fur
les yeux. Quelques-uns confeillent les
décodions fudorifiques, & les pilules,
mercurielles. Les Médecins de Mont¬
pellier fe bornent aux Amples fridions:.
Dans la métaflatique, outre les fridions:
mercurielles, il convient d’incifer léger-
rement les membranes de la fclérotique
& des paupières , pour évacuer la;
matière virulente qui s’efl: amaflee
dans leur tiflii cellulaire. Nicolai 8c
Camerarius prétendent qu’il en fort une
humeur ichoreufe pareille à celle de la.
gonorrhée. Je crois , quoi qu’en dife
- , qu’il vaut mieux faire ces
fcariflcations pendant le cours desfric-
îions qu’avant»
2 oS Classe VII.
Elle a beaucoup d’affinité avec l’hu¬
mide & le chéraoris, excepté que dans
la vénérienne la conjonûive eft dure
& comme charnue. Elle commence par
un larmoiement l'ébacé, d’un blanc jau¬
nâtre 8 c très abondant. Elle réfffie à
tous les remedes, à l’exception des an¬
ti-vénériens ; Sc elle furvient fouvent
deux jours après une gonorrhée réper¬
cutée. Un Chirurgien de Montpellier
en fut attaqué pour avoir pôle fa tête
fur un oreiller, fur lequel un vérolé qui
paffoit par les remedes avoit répandu
de fafalive.
Cure, Elle coniifte à détruire le virus
vénérien par des friftions faites avec
l’onguent napolitain ; mais il faut y pré¬
parer le malade par la faignée de par
vingt-cinq ou trente bains. Saint-Yves
confeilîe la parîaeée mercurielle. Pre¬
nez de panacée mercurielle une drach¬
me , de rhapontic en poudre trois
drachmes, de baume de copahü demi-
once ; mêlez,& faites-en un opiat, dont
la dofe eft d’une drachme tous les ma¬
tins ; on purgera le malade tous les
quatre jours.
Prenez d’aquila alba , de gomme
ammoniac, de chacun quinze grains j
DouUun de, tête. Ophtalmie. 109
de trochifques alhandal cinq grains, de
firop de fleurs de pêches, autant qu’il
en faut pour un bol. Mais il vaut mieux
fouyent employer les cathartiques or'-
dinaires.
I i. Ophtalmia ckemojis , Saint-Yves ,
fpec. & f^, Chemojîs d’Aetius. A.
Cette efpece d’ophtalmie eft caufée
par un principe externe, par exemple ,
un coup violent dans l’œil, d’oh s’en¬
fuit une meurtriffure , ou une opéra¬
tion de chirurgie , comme l’extraftion
de la cataraâe, l’opération de l’ongle,
de l’abcès, &c. ou par un principe in-^
terne, tel qu’une métallafe , un catar-^
rhe violent dans des fujets cacochymes.
Son caraftere eft une enflure rouge,
noirâtre de la conjonéfive, avec affaif-
fement & opacité de la cornée, la¬
quelle paroît cachée dans une efpece
de creux. L’inflammation eff violente,
& accompagnée de douleurs aiguës
dans la tête & dans les yeux, d’un
fentiment de pefanteur au-deffus de
l’orbite, d’infomnie, de fievre , de pul-
fation, de l’enflure & de la clôture des
paupières. Elle fe termine quelquefois
par lafuppuration de l’œil, dont l’aveu¬
glement efl la fuite , ou du moins par
2 io Classe Vit
un leucome. Le fang eft couvert d’une
croûte coriacée.
Cure. Rien n’eft meilleur au com¬
mencement que des faignées réitérées
du bras, du pied, & de la jugulaire.,
auxquelles je joins l’application de quel¬
ques fangfues aux paupières. D’autres-
veulent qu’on fcarifie l’œil, & qu’a-
près avoir faigné deux ou trois fois le
malade , on le purge avec une infuûon
de deux drachmes de féné ^ d’une
drachme de rhapontic, de graine de
lin , de fleurs de violette, de chacune
une pincée, de deux ou trois onces
de manne. D’autres veulent qu’on le
purge avec la fcammonée, & qu’On lé
îaigne de nouveau. On lui donnera le
foir pour le faire dormir , du fîrop de
pavot ou du laudanum, & on lui fera
obferver un régime léger, rafraichifTant
êc humeâant.
Il efl bon de commencer par baffi-
fier l’œil avec du lait tiede, du fang de
poulet, & d’y appliquer de fa pulpe
de pomme cuite avec du lait. Les cata-
plafmes chargent l’œil, & l’on ne doit
point s’en fervir; il fuffit de le baffiner
avec une infufîon de fafran, de graine
de lin & de fleur de mauve. Quelques'
Doidcun d& tit&. OpTitatmu. 21 ï
jours après on emploiera les réfolutifs,,
comme le vin ou l’eau-de vie mêlée
avec de Teau de fontaine ; & au cas
que Toeil ne foit point livide, & que
la douleur diminue, on fefervira d’eau-
de-vie camphrée. Saint-Yves confeille
les plumaceaux trempés dans du vin y
dans demi-livre dUquel on fait infufer
une pincée de feuilles de romarin, de
fauge, d’hyfope au cas que Penflure
de la conjonftive & des paupières dimi¬
nue , & qu’il J ait un leucome, il veut
qu’on fe ferve d’un collyre compofé
de deux onces d’eau de fenouil, & de
demi-once d’eau-de-vie camphrée. On
fubftituera à la boiffon anodine dont le
malade ufoit, une potion léfolutive y
ou une tifane fur quatre livres de la¬
quelle on mettra une drachme de dia-
phorétique minéral. On lui appliquera
ilir le dos un emplâtre véficatoîre ; on
lui donnera des lavemens pour lui tenir
le ventre libre , & enfuite de la tifane ^
il boira pendant dix jours des bouillons
de poulet avec les femenees froides, les
feuilles de chicorée, de laitue, d’ofeille».
Dans le cas où Pon apperçoit des
Êgnes de fuppuration , il faut avoir re¬
cours au Chirurgien, pour i^^aeuer le
ai2 Classe VII.
pus , &c guérir l’iilcere. S’il arrive que
le corps vitré Ce fonde, on liibftituera
un œil artificiel à celui que le malade
a perdu, pour éviter la difformité dont
fa perte efl fuivie.
13. Ophtalmia choroîdaz; Ophtalmie
interne de la rétine où de la choroïde.
Voici les lignes auxquels on la con-
noît. Le malade ne peut fupporter la
lumière, la prunelle fe refferre, l’œil
eft larmoyant, la conjonâive eft quel¬
quefois rouge, & à ces fympîomes fe
joignent des migraines extrêmement
opiniâtres.
Cette efpece furvient prefque tou-
jour le neuvième jour après l’opération
de la cataraûe par la méthode de David
& de Janin, laquelle confifte à incifer
la cornée tout autour ; èc elle dure',
environ quinze jours, au bout defquels
lorfque le malade ouvre les yeux, il
voit tous les objets qui l’environnent
comme s’ils étoient couverts de neige.
S’il arrive qu’il meure quelques jours
après l’opération , on lui trouve les
vaiffeaux de la choroïde rouges, engor¬
gés , & quelquefois le corps vitré con¬
verti en une efpece de gelée puru¬
lente.
Douleurs de tête. Ophtalmie. 215
Xorfqu’ellé eft produite par des prin¬
cipes internes, elle demande le même
traitement que le chémofis; mais il eft
à propos fur la fin de mettre dans l’œil
quelques gouttes d’eau diftillée de cam¬
phre. Après l’opération de la cataraéle
. de l’empyefis ou de l’ongle, on appaife
l’inflammation par le moyen d’un mu¬
cilage tiré avec l’eau-rofe de la graine
de rjierbe aux puces, de fenu-grec,
de coing , ou bien avec un collyre
compofé avec un blanc d’œuf battu
dans de l’eau-rofe jufqu’à ce qu’il écu¬
me, que l’on étend fur de la charpie,
& que Ton applique tout froid fur l’œil
aufli-tôt après l’opération; mais il faut le
renouvelier trois fois par tour, & le co n-
tenir pendant deux jours avecun banda¬
ge , pour empêcher que le corps vitré
ne forte de l’œil , au cas que le malade
touflè, éternue ou ait envie de vomir.
t^Qphtalmia angularis ; Ophtalmie
angulaire, ou de l’angle nafal. Injlam--
matio lacrymalis cMunculce ; Inflamma¬
tion de la caroncule lacrymale , Saint-
Yves ,io. / 5*2. C03. L.
. Cette efpece confifte dans une dou¬
leur ou une démangeaifon accompa¬
gnée d’çnflure., & quelquefois de rou-
214 Classe VIL
geur dans l’angle nafal, .& qui efl {ui«
vie d’un larmoiement purulent. Il y a
idivers vices qui caufent cette ophtal¬
mie, lavoir, i°. l’anchylops, aufujet
duquel voyc\ le mot épiphore ; le
rhyas, le même mot; 3'^. la phlo-
gofe de la caroncule lacrymale , dont
les vaiffeaux s’enflent jufqu’à la cornée,
accident qui efl: allez fouvent fuivi
d’un drapeau , 8c dans ce cas il faut
pulvérifer un fcrupule de vitriol blanc
8c autant d’iris de Florence, les délayer
dans une livre d’eau, en faire un collyre.
I 5 . Ophtalmia cancrofa ; Cancer dés
yeux, des paupières. Saint-Yves, cap^
e.c.
Cette efpece efl fouvent accompa¬
gnée de l’enflure, de rulcération,-de la
dureté des paupières & de douleurs
lancinantes. L’Auteur cité en aobfervé
-cinq efpeces , 8c ce font les feules
qu’il connoifie.
Dans la première variété , il vient
une tumeur dure à la paupière fupé-
rieure , les vaifleaux fanguins qui en¬
tourent fa bafe , font enflés 8c d’une
couleur plombée, 8c l’on fent par inter¬
valle des douleurs lancinantes. Dans la
fécondé, il vient un poireau dans l’an*
Douleurs de tête. Ophtalmie. 215
gle nafal au-deffous de la commiiTure
des paupières ; fes racines font très-
profondes , 8c il eft parfenjé de vaif-
feaux fanguins qui forment de petites
grappes féparées , Icfquelles rendent
du fang pour peu qu’on y touche. Cette
tumeur caufe une fi grande démangeai-
fon, que le malade a toutes les peines
du monde à s’empêcher de la gratter,
de forte qu’file dégénéré bientôt-en^ua
ulçere çhancreux. Cette variété efi la
feule que l’on guérifle avec une liqueur
dont S. Yves s’efl: réfervé le fecret.
Dans la troifîeme, les vaifîeaux fan¬
guins deviennent variqueux 8c d’une
eouieur plombée, fans qu’aucune ver¬
rue ni aucune tumeur ait précédé ; mais
çes trois variétés font fuivies par fuc-
ceflion de temps, d’ulcération, ^ de
fongus, qui à mefure qu’ils fe confom-
ment , augmentent i’ulcere , ôc font
qu’il gagne toutes les parties du vifage
les unes après les autres. '
Dans la quatrième, la maladie com-
înençe par un larmoiement acrimonieux
qui ulcéré la caroncule lacrymale, Sc
mange enfuite la paupière inférieure,
dont les bords deviennent calleux. Elli''
efl: quelquefois précédée d’une fiftule
lacrymale.
ti6 Classe VU.
La cinquième eft fouvent caufée par
im coup dans l’œil qui brife les vaifleaux,
& le fang qui le trouve déjà vicié par
une acrimonie particulière aux cancers,
s’altere & il en réfulte un ulcéré chan-
creux & calleux.
Toutes ces variétés font Incurables à
l’exception de la fécondé. La cure pallia¬
tive exige la diete blanche, les bouillons
rafraîchiffans, les bains, les eaux miné¬
rales froides. Les meilleurs topiques
font, l’eau de frai de grenouilles, l’eau
du folanum horunfi , avec quelques
grains de fel de faturne & de plomb
calciné.
i6. Ophtalmia. à jynechiâ , de Mau-
ùmt Diÿïn, Foye^ Demours ohfsrv.
furies Actes D’Edimbourg, toin .i.p.cjo.h.
La Synechit efl: une maladie des yeux
dans laquelle le limbe de l’uvée eft ad¬
hérent à la cornée, & outre qu’elle em¬
pêche le malade de fupporter la lumière,
elle eft accompagnée de la diftorfion de
la prunelle , & de nyctalopie.
Cette adhérence de l’uvée avec la
cornée vient des plaies, des ulcérés ou
des fiftuîes dont la cornée a été précé¬
demment affectée, ou de ce que l’hu¬
meur aqueufe s’étant écoulée, le corps
- vitré
Doîdeurs dt tête. Ophtahnîe. t.i-j
vitré a cédé à la preffion de la fcîéro-
tique, & pouffé Tuvée en dehors, au
moyen de quoi celle-ci rencontrant la
cornée a fait corps avec elle ; ou de cé
queiorîque le malade eff couché fur le
dos, l’uvée porte fur la cornée , lors
fur-tout que les yeux étaVit couverts ,
comme dans l’ophtalmie & l’ulcere ,
l’uvée perd le mouvement, qui feuî
pouvoit empêcher cette adhérence.
Il y aune partie de ces fymptomes
qui font vifibles à l’Oculiffe, par exem¬
ple , l’adhérence de. l’uvée avec la cor¬
née , d’oii s’enfuit fon immobilité ; du
moins dans la partie adhérente, le chan¬
gement de figure dans la prunelle , la¬
quelle , de ronde qu’elle étoit devient
ovale ou pyriforme, ce qui l’empêcha
defe refferrer au grand jour, d’où s’en¬
fuit la nyâalopie. Le trop grand jour
offenfe aufii la rétine, & de là s’enfui-
yent la douleur & la peine que le ma¬
lade trouve à la fupporîer ; les objets
trop éclairés lui paroiffent ou trop
grands ou trop petits, & comme les
vaiffeaux fanguins de la rétine font
gonflés par la phlogofe , il croit voir
des mouches ou des toiles d’araignées
T&j;^e FL K
ai8 Classe VU.
devant fes yeux, de même que dans
la fufFufion myode.
Cun. Elle eft ou radicale ou pallia-
tive. On obtient la première par une
opération de chirurgie, laquelle con»
fifte à introduire une aiguille dans ëi
chambre antérieure. Voyt^ Maucharr,
jyijjhn. de jymehia in difputationibm
Chirurgicis Halleri.
La palliative ell ou l’ouvrage de la
nature , laquelle au moyen d’une tache
opaque qui fuccede à l’ulcere delacor-»
née , émouffe la trop grande vivacité
de la lumière. Voye^ Demours, obfir-*
vat. J, pag. ni. Ou bien elle eft celui
de l’art, qui, au défaut d’autre moyen,
excite cette tache en touchant la cor¬
née avec la pierre infernale ; mais il
convient que le malade ufe de confer-
ves dont le verre foit vert ou bleuâtre ,
pour tempérer l’éclat de la lumière, ou
de petites cupules de métal percées
d’un petit trou dans le milieu, que l’on
tient à la main, pour s’en fervir lorfque
îe jour eft trop grand. Voyez Demours
dans l’endroit cité. L’opération faite,
le malade doit fe tenir couché fur le
dos pendant quelques jours, & ouvrît;
Couleurs de tête. Ophtalmie. 215
ibuvent lesyeux, pour prévenir cette
adhérence.
17. Ophtalmiaà lagopktàlmo. L.
La Lagophtalmie , que i’on appelle
en François œil de lievre , confifle dans
«ne rétradion naturelle des paupières j
qui eft caufe que l’œil refte ouvert en
dormant. Le vice efl: fouvent dans la
paupière fupérieure , & provient de
divers principes, de naiiiance, du reti-
rement de la peau.
La Cure confiée à alonger lâ pau¬
pière en la tirant fouvent, après l’avoir
ramollie en roignant avec de .l’huile j,
du beurre, de l’onguent d’akhæa, à les
rapprocher l’une de l’autre pendant la
nuit à l’aide d’un emplâtre glutinatif,
que l’on affure avec des comprelies de
un bandage.
Si ces moyens ne fuffifent point, on,
aura recours au fcalpel ; on incifera la
paupière fuivant la direélion des rides
par deux ou trois lignes parallèles , ont
la tirera autant qu’il faut, ou on la pan»,
fera à l’ordinaire.
18. Ophtalmia ah elcotfiate, Mauchart
jdi^ert.furles ulcérés de la cornée.
Les variétés de VElcoma font,
UArgema^ qui, efî: un ulcéré d’envi»
210 Classe VIL
ron une demi-ligne de largeur, dans le
cercle extérieur de la cornée , accom*
pagné de la rougeur de la conjonôive
& de la blancheur de la cornée.
Le Botrium, en Latin fojfula ^ ou
'annulas , en François la fo^'ctte , eft uù
ulcéré à la cornée, creux, étroit, fans
pus ni fans croûte, de la groffeur de la
tête d’une petite épingle. S’il fe forme
dans les lames internes, c’eft un geron-
toxon , & il eft fuivi d’un jiaphylome.
UEpicauma, ou Vulçerc brûlant
un ulcéré extérieur qui fe forme pour
l’ordinaire dans le milieu de la cornée ;
purulent, fordide, ardent ou brûlant,
de couleur cendrée, lequel reffemble
quelquefois à un flocon de laine ; il
cfl: moins profond que Vencauma.
UEncauma efl: un ulcéré de la cor¬
née ardent, cruflacé, fordide & dyfé-
puîétique.
Le Cœ/onîÆ, appellé en François cnca^
veure, efl: un ulcéré creux, rond, plus
large ou moins profond que le botriumy
qiii a fon fiege dans l’endroit de la cor»
née le plus près de l’iris.
yElcidrion efl une ulcération fuper-
ficielîe de la cornée, occafionnée par
une fluxion limpide, pénétrante.
Doukurs de tête. Ophtalmie. 221
Leurs principes font les plaies, les
contufions,les phlyâ:enes,le larmoie¬
ment , une ophtalmie, un ftaphylome
les collyres âcres, les puftules véroîi-
quesdans les fujetscachediques, fero-
phuleiix, véroles. Les aliraens âcres, l’u-
îage des télefeopes , les veilles, le tri-
chiafis font fuivis d’ophtalmie , de la
fenfîbilité & de l’obfcurciffement de la
vue, & d’un picotement pareil à celui
que caufe le fable qui entre dans l’œiL
Les indications font, de calmer ^
là fluxion, en retirant les corps étran-r
gers qui fe trouvent dans l’œil, & c’efl:
à quoi fervent la faignée, ’ la purgation
êc les remedes qui purifient le fang.
2^. Dé mondifier l’ulcere avec la
pierre divine de Samt-Tres, que l’on
compofe de la maniéré fuivartte. On
feit fondre de l’alun, du nitre, du vitriol
de Chypre dans un pot de terré ver-
nifle, on y ajoute un peu de camphre^’
On diflbut fix grains de cette pierre
dans quelques cuillerées d’eau , fur lef-
quelles on met deux drachmes de fucre
& une cuillerée d’eau de vie.
On corrige la qualité acrimonieufe
& faline de la matière avec la tutie ,
la craie, la gomme Arabique, la racine
K; ii)
^^z Classe VIL
de guimauve , le lait, le blanc d’œuC
On déterge Tulcere en le lavant fouvent
avec une décoftion d’abfinthe , de
mille-pertuis , d’eau de chaux , avec
l’onguent d’althæa, du fucre en pou¬
dre, la racine d’iris, l’aloès, l’os de
feche.
3 ^.Laconfolidation de l’ulcere exige
une diete adouciffante , la décoftion
d’aigre moine, de véronique, de grande
confoude, de mille-pertuis, les collyrea
avec la craie , le pompholix, le bol
d’Arménie, la myrrhe, le maftic, l’hui¬
le , le blanc d’œuf.
Mettez iniîifer dans du vin d’Efpagne
du girofle, de Taloès, du fafran de mé¬
taux, du camphre, de la tutie, & met¬
tez-en une goutte trois fois par jour fur
l’ulcere. S.aïnt-Yvzs.
I; 9. Ophtalmia abungui, Mauchart. A*
L’ongle , appellé en Latin ungiïs &
en Grec onyx ^ n’eft autre chofe qu’un
abcès entre les lames de la cornée. Saint
Yves, èap.P), l’appelle abcès delà cornter,
U commence par une ophtalmie ché-
mofls , laquelle eft accompagnée d’un-
mal de tête violent, d’infomnie, d’une
pefanteur au-deflus de l’orbite, de fîe-
yre, de piüfation ,fde i’obfcurcifl'ement
Douteurs de tête. Ophtalmie,
3 e îa vue. Il différé du leucome de Saim
JTveSf par la céphalalgie, la fievre, &c*
La tache eft prerque ronde , blanche,
éminente , lorfque le pus eft fous l’épi¬
derme de la cornée ; & dans ce cas le
mal efl léger ; mais il eft plus dangereux
îorfqu’il a fon fiege entre les lames les
plus profondes de la cornée ; s’il efl:
dans l’albuginée, ilfe manifefte par une
tumeur.
La cure confilie à faire écouler le pus
au moyen d’un coup de lancette ; mais
il fe répand fouvent dans îa chambre ,
d’oîi s’enfuit î’hypopium de Mauchart,
Foye^ obfcurciffement de la vue.
20. Ophtalmia à comète jifiulâ , Mau-
chart, jyijfert. Jur les fijlules de la cor¬
me ; Ophtalmie cauféepar imefijîule à la
cornée. L.
Cette maladie fe manifefte par urt
trou qui perce direflement ou oblique¬
ment la cornée ; & dont les bords font
calleux ; l’œil s’a^ilTe, à caufe de l’écou¬
lement continuel de l’humeur aqueufe ,
îa vue s’obfcurcit, & l’œil s’enflamme
par le pus qui en fort. On la guérit par
une opération de chirurgie.
Faites rougir au feu un morceau de
tutie & éteignez-le dans de l’eau rofe y
K iv
az 4 Classe VII.
trempez une compreffe dedans , & ap.
pliquez-la fur l’œil. Appliquez un véfica-
toire fur la nuque , couvrez pendant
quelques jours l’œil fain avec un ban¬
deau , ne nourriffez le malade que de
bouillons, & faites-le refter couché fur
le dos. L’humeur aqueufe fe reproduira.
Introduifez dans la fîftule une aiguille à
deux tranchans, tournez-îa en tout fens,
pour détruire les callofités & renou-'
yeller la plaie ; verfez deffus une goutte
de baume, & couvrez l’œil d’un ban¬
dage.
21. Ophtalmia pklyUenodts. Phfyc^
taîna des Auteurs. PhlyBænæ de Sen-
nert, appellées aufli PhlyUides , às-pUy
^in , bouillir : les Arabes nomment les
pullules bothof. L.
Ce font de petites pullules ou de
petites veffies de la groffeur d’un grain
de millet, qui viennent pour l’ordi¬
naire fur la conjonâive ou fur la cornée.
Celles de la conjondive font entourées
d’un cercle rouge ou noirâtre, celles
de la cornée conlillent en de petites
lames extérieures & noirâtres; celles
qui font plus profondes , font blan¬
châtres. Sennen prétend qu’il s’en trou-
ye de la groffeur d’une aveline,
Douleurs de tête. Ophtalmie, liç
Elles fe terminent ou par réfolution
ce qui eft çrès-bon, ou par une rupture
en dedans, ou par un ulcere externe
qui corrode quelquefois la cornée ,
& qui fait des progrès rapides.
Cure.. On emploiera pour procurer
cette réfolution, les remedes généraux
de l’ophtalmie ; favoir la faignée, une
diete légère,les fomentations émollien¬
tes, les cathartiques. On fe fervira pour
les fomentations, de mucilage de graine
d’herbe aux puces, de coing, de fenu-
grec, de chacun deux drachmes ; d^u;
rofe, deux onces; de fleurs de furéau ,
demi-once; de fafran, un fcrupule &:
demi. Après que la puftule ou la phlo-
gofe aura diminué, ôn tentera la réfo¬
lution avec deux onces d’eau rofe, de¬
mi-ohee d’eau d’euphraife, un fcrupule
de îutie & d’opium, deux grains de
vitriol blanc ; mêlez.
Le blanc & le jaune d’œuf avec le
fucre & le fafran, font ktiffi fort bons,
Ôn baffinera l’œil avec une décoclion.,
de mélilot, de verveine,de rhue,.de
rofes de provins.
Au cas. que la pufture re.fle , on la
percera ave(rune aiguille d’argent, &
l’on panfera ruicere, comme je l’ai cHt
K. ^
2 z 6 Classe Vtr.
à l’article de rcbfcurciffement de Fa
vue, canfée par un ongle ou un eb
coma.
11. Ophtalmîa uvc<z ^ Ophtalmie de
î’uvée. B.
Elle eft ordinairement eaufée par le
déplacement du criftallin dans la cata-
rîtèie branlante, & par fon intrufion
dans la chambre antérieure. On la con-
ïioît aux lignes de la cataraâe branlan¬
te ^ à la diflorfion de la prunelle, à b
douleur qui en réfulte, fans aucune rou¬
geur dans Toeil. Elle eft fouvent com¬
pliquée d’une fynéchie. On la guérit en
inciïant la cornée, & en extirpant le
criftallin ; onl’appaife en reftant conf-
tamment couché fur le dos , pour que
Euvée s’attache à la cornée, & que le
criftallin fe trouve plus au large dans te
fécondé chambre.
23. Ophtalmia fcbricofa Ophtaimii-
fébriU ylAoxton, PyrctoL cx&rc. 1.
De Saim-Manïn, Journal de Médecine.^
Septembre lySo , pag. 21^. B. -
C’eft une douleur aiguë & périodi¬
que de l’œil, fans rougeur, mais accom¬
pagnée d’un larmoiementd^ine foif
intenfe , d’un pouls accéléré & fort j
d’un écoulement d’urines rouges èc
Doukürs de tete. Ôplitalmie. iiy
troubles. On la guérit avec le quin-.
quina.
24. Ophtalmîa metajiatîca ; Ophtalmie
mèt^atique, de Meyierey, art.^84. B,
Cette efpece eft occafionnée par là
répercuffion de la matière morbifique
de la goutte, de la gale, des dartres ,
de l’éryfipeie, d’un ulcéré, d’un féton,
&c. Cette maladie exige, outre les re-
medes généraux, qu’on rappelle les ma¬
ladies ou les évacuations, dont la fup-
preffion a donné lieu à eêtte efpecè^
d’ophtalmie.
Les anciens Médecins ont établi au¬
tant de genres différens de maladies dé
î’tèil, qu’il y à d’èfpeces d’ophtalmie ,,
& d’obfcurciffement de la vue. La plu¬
part de cesMédècins font témbés dans
la même erreur, à l’égard del’Hiftoire
naturelle qu’ils cultivoiént, comme it
paroît par VIchtyologie de Rondelet.,
Cette erreur jette dans les Sciences
une très-grande cônfufion, êc détruit
l’utilité de toute méthode qu’on puilTé
employer. Si les ophtalmies internes
eufîent été connues aux anciens Maî¬
tres de l’Art, ils n’auroient pas regarde
îa rougeur &: le gonflement de la con-
joaâivecomme effentiels à la dé£-
iiS Classe VII.
nition de rophtalmie, ou bien ils au.
roient rapporté ces maladies à des
genres difFérens.
XV. Otalgia ; Douleur dV
reillej Dolor & fpajmus otaL
gicus , Frid. HofFmanni, tom. 2.
GU Grec ous , oreille j & algeicL^;
douleur..
L’otalgie eft une maladie dont le
principal fymptome ed une douleur
violente dans l’oreille.
La douleur en général eft propor*
tionnelie au danger que courent les
parties nerveufes de fe rompre, & à
leur fenfibiiité. Toute rupture fuppofe
une force proportionnée à la ténacité
de la partie ; & fon aétion eft d’autant
plus grande, que la partie à divifer eft
plus mince plus tendue. Par exem¬
ple , on ne fauroit couper aV/ec des
cifeaux un linge, un morceau de pa¬
pier, à moins qu’ils ne (oient tendus,
il faut pour cafter une branche d’ar^
briffeau qu’elle /oit feche^pour rom¬
pre une petite corde flexible, qu’elle
(bit féchée &: endurcie dans l’endroit
i’Qn veut la Çojpie dQijç
Douhurs de tête. Mal d^oreille,
périofte de l’oreille interne, fur-tout
du labyrinthe, eft extrêmement fec,
extrêmement tendu fur les os par l’air
contigu, & en même-temps très-min¬
ce , & qu’il en eft de même de la my-
ringe & des membranes qui tapiflent
les fenêtres, il eft aifé de comprendre
que l’on doit fentir une douleur très-
aiguë dans ces organes, lorfqu’ils fouf-
ftent quelque violence de la part d’un
corps étranger ; par exemple, un in-
fede, un corps qui eft entré dedans,
ou de quelque caufe interne, com¬
me le fpaftne des vaiffeaux, une in¬
flammation , la luxation des ofteîets,
un abcès , &c» La douleur y fera plus
vive que dans aucune autre partie, vu
qu’il n’y en a point qui ait un fenti?
ment plus exquis, à l’exception peut-
être de la rétine, ni oii il y ait une
plus grande quantité de filets nerveux.
Cette douleur , lorfqu’elie augmente à
un certain point eft accompagnée dé
délire, d’infomnie , de convuifions,,
d’une fievre aiguë, de i’engourdifle-
ment des membres, & d’autres acci?
. dens femblables.
1. Otalpœ injtammatoriæy%ttmvMeti
, lnÿ.ammatio aurium j Sennert Otal^^
iT^ammatom, A,
^50 Classe Vtr.
On la connoît à la chaleur, la rou¬
geur de l’oreille & des joues, à la dou¬
leur pulfative, à la fievre aiguë , la du¬
reté d’ouie, le tintement dont elle eft;
accompagnée, & qui font fuivies d’in-
fomnieS j de convulfions, de fyncopes,
d’un froid dans les extrémités, & îou-
vent même de la mort, à moins qu’elle
ne fe termine par une réfolution, ou
une fuppuration.
Elle différé de la catarrhale par la pul-
fation , la chaleur exceffive, & la fie¬
vre aiguë dont elle eff accompagnée ^
aüfli bien que par les principes pro*
cathartiques. Les fymptomes font plus
violens chez les jeunes gens, que chez
les perfonnes avancées en âge, parce
que les efforts de la nature font beaiv*
coup plus forts dans les premiers que
dans les féconds ; & c’eff ce qui fait que
l’inflammation & la douleur font auffi
plus vives.
Il fur vient le feptieme jour une fup¬
puration & un écoulement de pus qui
calment la douleur.
On la guérit par des anti phîogiffi- ^
ques employés à temps, dont les prin¬
cipaux font la faignée réitérée, les po¬
tions délayantes;, nifâreiifes ; les émul^
' Douteurs de tct&. Mal oreille, 25 c
fions avec la décoâion des fommité^
de pavot, les lavemens purgatifs, les
fomentations émollientes faites avec la
décoûion de mauve, les racines de gui¬
mauve , les catapîafmes avec la mie de
pain , lé lait & le fafran. On verfera
dans l’oreille du lait tiede , de l’huile
d’amande douce récente, & cela à plu-
fieurs reprifes, évitant tous les remedes
âcres dont les Allemands font fi grand
cas. On emploiera les narcotiques tant
intérieurs qu’extérieurs, & l’on pur¬
gera le malade dès que la douleur fera
calmée.;
Cette maladie eft caufée par la fup-
preffion des faignemens de nez, du flux:
menfiruel & hémorroïdal ^ par la plé¬
thore dans lés jeunes gens, par le tranf-
port de la matîere fébrile ,, un coup ^
une plaie aux tempes. Le malade court
rifque de la vie avant le feptieme jour^
Lorfque la tumeur fe forme derrière l’o¬
reille , elle vient à fiippuration. Celle
de dedans efi meilleure que celle de
dehors ; elle efi: fuivie de cophofe om
d’une furdîté.
Toute douleur d’oreille caufée par
un coup ou une chute eft mortelle,,
lorfijue le malade rend de la fanie p^
232 Classe VII.
les Qreilles, Rivlere, obf. i8. pag.
1. Otalgia vcrminoja , Journal de Mé-
dec. Vandermonde 1758 , pag.
Otalgie vermineufe. D.
Catdin avoit une douleur d’oreille
qui le rendoit furieux. Chirur¬
gien à Arles , lui tira de l’oreille cinq
vers d’un pouce de long , & ce qui
paroît prefque incroyable, d’un demi-,
pouce de large, fans qu^il en fortît une
goutte de pus ni de fang. Ils étoient
cachés dans le fond du conduit auditif
externe > & ils ne furent pas plutôt
dehors, que la douleur ceffa. Ces in-
fedes étoient des nymphes provenus
des œufs que quelque infoâe y avoit .
dépofés.
Ce cas nous fournit un exemple
d’une paraphrénéfie phrénétique cau-
fée par la violence de la douleur. Le
malade couroit comme un furieux en
jetant les hauts cris, & fe fut précipité
dans le Rhône, fi on ne l’eût retenu.
3. Otalgia. catarrhcüis , Ettmuller ,
Zacutus y,praxis i Otalgia notha de Nen.-
îer; Oîdgie catarrhale. B.
On la diflingue par fes principes pro*
cathartiques , tels que le froid, un veM
ftoid; humide qu’on a pris à
Douleurs d& têu. Mal oreille. 135'
aux oreilles étant échauffé. Les fymp-
tomes font moins vioiens ; on fent une
enflure & une douleur légère aittour de
l’oreille, lac^peile efl: fouvent accom¬
pagnée du coryza, de la toux & d’une
angine. On fent fouvent de la douleur
dans le mufcle falpingo-flaphylin, &
par une fuite néceffairej dans la trompe
dCEuÂache , laquelle efl; accompagnée
de fa diflraftion , du tintouin, de la
fauffeté & de la dureté d’ouie , ce qui
efl: caufe que le malade ne peut fouf&ir
le moindre bruit.
Cure. On la commencera par une
faignée & des boiflons diaphorétiques ;
on tiendra le malade chaudement, &
on ufera de fomentations defîicatives
& de remedes propres à hâter la tranfl
piration. On lui rafera la tête, on le
peignera fouvent, & on la lui frottera
avec du fon pour en ôter l’humidité.
Les fumigations aromatiques avec le
fuccin , l’oliban & le fucre, ne font
point à méprifer, non plus que l’ufage
intérieur des narcotiques.. On appli¬
quera la mie d’un pain chaud fur l’o¬
reille , & même les fangfues y ainfî
ç^Aretèe le confeille.
Hoffmann efl d’avis qu’on applique.
134 Classe VII,
fur les oreilles une veffie remplie de
décodion de fleurs de mauve , de fu-
reau , de méliiot & de lait.
Voyei la cure d’une otalgie compli¬
quée de migraine, d’une douleur dans
le menton, le palais , la gorge & qui
duroit depuis plpfieurs mois, par l’ex¬
tradion d’une dent cariée qui la cau-
foit, chez Fauchart, obf. 4. pag. 408è
du livre intitulé U Chirurgien Dentijle^
4. Otalgia ab intrujîs, Jonfton , idea
medic. ab injeais , Jonflon , à forjiculis
aliifque ephem. natur, Wolckame-
ri, obf. 2éiT. Otalgie câufée par des
corps étrangers, par des infedes, des
perce-oreilles, &c. L.
Wolekamer rapporte que des perce-
oreilles étant entrés dans l’creillé d’un
Tîomme, ils lui cauferent pendant vingt
ans une douleur qui lui laiflbit à peine
quelques intervalles de repos ; que la
même chofe arriva à un autre à l’occa-
fion de certains petits vers qu’il avoit
dans l’oreille , & qui s’étoient gliflfés
fous la peau du front ; & qu’on le gué¬
rit en lui mettant dans l’oreille de l’huile
de genievre, & en le parfumant avec
de la gomme ammoniaque. Charles
Ray-ger, colUB. Acadlm^ tom, pag*
Douteurs de tête. Maldêoreille,
:lo6. parle d’une pareille maladie, la¬
quelle étoit caufée par des vers dont
la tête étoit noire , qui avoient plu-
fieurs pieds, & qui s’étoient engen¬
drés dans l’oreille enfuite d’un ulcéré.
On calma la douleur avec des décoc¬
tions anthelminthiques.
Fabrice Hitdanus rapporte qu’un pe¬
tit globe de verre étant entré dans l’o¬
reille d’un homme, il lui caufa pendant
huit ans des douleurs cruelles accom¬
pagnées de plufieurs acçidens, qui ne
cefferent^qu’après qu’on l’eut retiré.
Un autre avoit dans l’oreille une
exoftofe que les Chirurgiens prirent
pour un corps étranger. Les efforts
qu’ils firent pour le tirer, furent çaufe
que le malade perdit la vie.
Duvemey & Ettmuü&r parlent d’une
otalgie caùfée par l’acrimonie du cérur
men ; mais j’ai peine à croire qu’il
puiffe produire un pareil effet. Vander-
monde , Journal de Médecine , Février
tyS8. pag. 146 , fait mention de plu¬
fieurs otalgies caufées par des infeftes
engendrés dans le conduit auditif.
On peut voir dans Heifter, Chirurg..
cap. FS. les moyens dont on fe fert
pour retirer les corps étrangers qui
1^6 C X A s s E VII,
font entrés dans les oreilles. A l’égard
des infeâes, on les détruit avec des
huiles & des décodions ameres.
Trallkn veut qu’on fe ferve d’une
tente trempée dans la térébenthine,
pour retirer les uns & les autres. Ri~
vierc prétend que rien n’eft meilleur
pour en tirer les puces, que le poil de
chien.
XVL Odontalgia ; Mal aux
dents J Odontagra , d'Heifter,
Praxis. Dolor dentium , Sen->-
nerti , Praxis, Rheumatifmus
odontalgicus , de Fréd, Hoff¬
mann , tom. Z,
On le connoit à la douleur didenfive,
pulfative, mordicante, lancinante, &c.
que l’on fent dans les dents, laquelle eft
accompagnée d’infomnie , & quelque¬
fois de l’enflure de la mâchoire & de
ptyalifme. Son fiege eft dans le nerf
qui rampe le long du périofte interne
de la dent, & quelquefois dans le pé-
riôfte externe.
I. Odontalgia cariofuy voyez P. Fau-
chart, Chirurgien Dentifie , totn. /. chap.
7. Mal aux dents caufé par la carie,
B. P,
Douleurs de tête. Mal de dents. 237
C’efl: celui qui eft caufé par une
carie humide de la dent ; car la feche ne
caufe aucune douleur, La carie humide
eft fimple, fcorbutique, fcrophuleufe,
vérolique, &c. ou interne , celle-ci cor¬
rode les racines , ou l’intérieur de la
dent , & provient de principes inter¬
nes; ou externe,^ elle affefte l’émail de
la dent ou fon collet ; elle eft fouvent
caufée par le tartre, un coup, & lorf-
qu’elle ne pénétré point dans (a cavité,
elle eft moins difficile à guérir que l’in¬
terne.
On connoît cette efpece aux lignes
de la carie qui font fouvent vifibles ;
mais il arrive quelquefois que la carie
eft cachée dans les interfticesdes dents ,
& dans ce cas elle fe manifefte par la
couleur même de la dent, par le cure-
dent, la puanteur de l’haleine, la dou¬
leur lancinante que caufent l’eau froide
& l’air qui pénétré dans la bouche, par *
un fentiment d’érofîon, par l’opiniâ¬
treté du mal, lequel n’eft accompagné
d’aucune enflure confidérable des gen¬
cives , par les fiftules qui fe forment
dans celle-ci, dont l’orifice eft entouré
d’un bourlet, par le pus qui en fort.
Cette maladie eft très-fréquente depuis
2.3B C L A s S E VII;
i’âge de 25 ans jufqu’à 50. Les tnolai-'
res, fur-tout celles qui viennent les
dernieres , font plus fujettes. à la carie
que les incifives. On connoît qu’une
dent eft intérieurement cariée à fa
couleur, qui eft tranfparente comme
celle des perles, outré que la douleur
augmente, pour peu qu’on frappe def-
fus avec un cure-dent de métal.
Lorfque cette maladie eft invétérée,
elle eft fuivie d’épulies, d’abcès, de
la carie des alvéoles, & dans le paro-
xyfme de fîevre, de fureur & de délire.
Il Y quatre fortes de remedes qui
conviennent à cette efpece. Le plus fur
& le plus prompt, eft d’arracher la
dent , & les Charlatans font infiniment
plus propres à cette opération que les
autres, à caufe de l’habitude qu’ils"s’en
font faite. Le fécond , eft le cautere
aâuel; on prend un fild’archal de même
diamètre que le trou de la dent, on le
fait rougir au feu, & on l’y infinité à
differentes reprifes : il brûle à l’inftant
le nerf, & arrête le progrès de la carie.
Le troifieme eft de tremper un brin de
coton dans de l’huile de canelle ou des
girofle, & de l’introduire dans la dent
cariée , après l’avoir auparavant bien
Douleurs d& tête. Mal de dents. 239
nettoyée avec un cure-dent. On peut
à fon défaut fe fervir d’huile de lampe*
Pour la conferver, rien n’eft meilleur
que de la plomber, pourvu que la fitua-
tion du trou le permette ; mais il faut
attèndre que la douleur ait entièrement
cefle. On peut auffi, comme le con-
feille Faueharty les laver tous les ma¬
tins avec de l’urine chaude. Il eft vrai
S ue ce remede n’eft pas agréable ; mais-
eft aflliré, & l’on ne doit pas héfiter
d’en faire ufage dans une maladie qui
revient à la première occafion, lorf-
qu’il y a piufieurs dents cariées. Une
goutte d’efprit de fel infinuée dans la
dent cariée appaife la douleur , & oti
peut la prévenir en fe gargarifant tous
les jours la bouche avec de l’eau de la¬
vande , ou de l’efprit de lavande délayé
dans l’eau,
2. Odontalgia gravidarum Mauri-
ceau^ des maladies des femmes ; Fauchart,
çhap. i^.pag. 202. Odontalgie des fem¬
mes enceintes.
Les femmes groffes & les nourrices
y font très-fujettes, foit qu’elles ayent
les dents cariées ou faines ; & la dou¬
leur eft fi violente , qu’il eft à craindre
que la fievre dont elle ed accompagnée^
240 Classe VII.
n’influe fur le foetus &: fur le nourrif-
fon. D’ailleurs il y a des femmes qui
craignent fi fort les inflrumens de Chi¬
rurgie , qu’on a tout à craindre pour
leur fruit lorfqu’on les met en ufage ;
le Chirurgien doit donc employer toute
fa fageiîe & fa prudence pour les ré¬
foudre â cette opération, &c n’y recoui
rir lui-même que dans le cas ou elle eil:
abfolument indifpenfable.
A l’égard des nourrices, fi la dou*
leur efl: violente , il faut leur arracher
ia dent, de même qu’aux autres per-
fonnes , quand même' elle ne feroit
point cariée. J’ai vu ceffer des dou¬
leurs atroces qui avoient réfifié à la
faignée & au laudanum, du moment
que la dent a été arrachée , oucaflée
avec l’iftrument, quoiqu’elle fût très-
faine. Quant aux femmes greffes , la
faignée efl; le meilleur remede que
l’on puiffe employer pour les maux de
dents.
3. Odontal^cL catarrhalis , Juncker
Fluxion fur la âmt. B.
Cette efpéce efl caufée par un
refroidiffement qu’on a pris pendant
qu’on étoit échauffé , par une iranfpi-
ration répercutée, foit que la dent foit
faine
Douleurs de tête. Mal de dents', 241
faine ou cariée. La douleur s’appaife
pour l’ordinaire dès que la joue s’enfle.
On la diftinge par les caufes qui ont
précédé, & en ce qu’elle n’aftefte point
leulementune dent ou deux, mais tou¬
te la mâchoire du même côté. La gen¬
cive s’enfie aufîi, & cette enflure efl
accompagnée d’im ptyalifme abondant,
qui efl quelquefois précédé d’un fenti-
ment de froid, de toux, d’éternument,
d’angine & d’autres fymptomes du ca-
tarrhe.La douleur n’efl ni fi violente, ni
fi aiguë que dansja carie, & on l’appaife
par une GU deux fàignées, en fe lavant
la bouche avec du lait & de l’eau tiede,
par une ■ diete fudorifique , avec des
narcotiques & desfialogogues , tels que
le tabac à fumer, en mâchant de la ra¬
cine d’eilebore fétide, en appliquant fur
les tempes un emplâtre de réfîne tac^-
mahaca, dé gomme caranna, d’huile
de maftic & d’opium; en mâchant des
pâftilles faites avec le poivre , le gin¬
gembre , U graine de flaphifaigre, le gi¬
rofle , la canelie, ou telle autre drogue
fembîabîe, que l’on pulvérife & dont
on fait de petites boules, ou que l’on
tient en fubftance dans la boiiche. Il efl
bon aufli de parfumer des morceaux de
Tome VL L
242- C L A S S E VIL
drap avec du fuccin, du fucre, de l’en-
cens,&c. ôc de les appliquer tous chauds
furies joues. Dès qu’une dent eft cariée,
on doit s’attendre que celle de l’autre
côté qui lui répond & qui lui eft paral¬
lèle , le fera aufîi l’année d’après.
La carie feche ne caufe aucune puan*
teur d’haleine , ni aucune douleur, 8 ^
ne fait pas beaucoup de progrès, & de
là vient que les plus habiles Dentides
font d’avis qu’on n’y applique ni le fer
ni te feu.
4. Odentalgiafcorbutica'E.xxgd^em, dz
fcorhum. Lind^ figna prima pcriodi. Fau-
ehart, tom. i. pag. 266. O domainefcor-^
hutique, L. ,
Elle conflfte dans une démangeaifon
accompagnée de l’enflure & du faigne-
ment des gencives & de la puanteur de
l’haleiae. Elles deviennent en peu de
temps d’un rouge noirâtre , molles ,
fpohgieiifes, fonguéufes, & elles tom¬
bent en pourriture. Ces accidens font
précédés de la pâleur & de l’enflure du
yifage , de lafüîude, de la couleur ver¬
dâtre des levres & de la caroncule la¬
crymale, d’en gourdiffement & de foi-
bleffe dans les genoux, &: des autres
jÊgnes du feorbuî.
Douleurs de tète. Mal de dents. 145
Les dents deviennent noires, elles fe
découvrent ,branlent, & tombent pour
î’ordinaire d’elles-mêmes êi fans dou¬
leur, Cet accident eft fouvent accom¬
pagné de leur carie, de celle des os de
la mâchoire, de fillules & d’hémorra¬
gies ; & indépendamment de la déman-
geaifon infupportable par laquelle cette
maladie commence , il furvient affez
fouvent des douleurs très-aiguës.
. Outre les remedes généraux, inter¬
nes dont on ne peut abfolument fe paf-.
fer, il y a encore des topiques dont on
-doit faire ufage;&; i pour prévenir
cette maladie, il faut fe laver la bouche
-après les repas.avec un mélange d’eau
d’orge &; de canellè , ou bien avec du
vin rouge dans lequel on aura fait bouil¬
lir des balauftes, . Dahs rodontaîgie ,
on coupera avec des cifeaux droits ou
courbes les gencives tuméfiées qui fe
trouvent entre les interftices des dents
les unes après les autres, & on les pref-,
fera pour en faire fortir le fang. -Cette
opération ne caufe aucune douleur, Sc
appaife celle que l’on fent, après quoi
on fe rincera la bouche avec du miel
rofat & d& vin chaud. Au cas que le
malade craigne les cifeaux, on les perr
144 Classe VIL
cera avec un cure-dent pour en faire
fortir le fang.
- Si les gencives s’ulcèrent, ou fi les os
fe carient, on fe lavera la bouche plu-'
fieurs fois par jour avec une décoûion’
de feuilles d’hyfope, de fauge, de co-
chlearia, de romarin , de fyfimbrium
aquatique dans du vin blanc mêlé avec
de l’eau, après y avoir ajouté quelques
drachmes d’efprit de cochlearia.
’ Quelques-uns emploient pour cet
effet i’efprit de fel marin , ou celui de
vitriol, qu’ils délayent dans trois fois
autant d’eau rofe ou de plantain ; d’au¬
tres mêlent quelques gouttes d’efprit
de fel avec du miel rofat, & en oignent
les levres & les ulcérés des gencives ,
évitant de toucher aux dents. Quant à
moi, je préféré le jus de citron ou d’o¬
range à tout autrer emede; & à leur dé-
feut, je confeille au malade de mâcher
plufieurs fois par jour des feuilles de
cochlearia,de fyfimbrium, d’ofeille. &:e.
Voyez Stomachac&y parmi les flux de
fang, Glaffe IX.
5. Odontalgia dmtîtionîs ; La den¬
tition. A.
Les enfans font fujets depuis l’âge de
fixmois jufqu’à celui d’un an ôc au delà j
Douhün de tête. Mal de dents. 14J
à des maux de dents fi vieléns, que
plufieurs en meurent. Bien des ^ens s’i¬
maginent faufTement que eette douleur
efl: caufée par la difficulté que les dents
trouvent à percer les gencives, & con-
feillent de ies percer avec une lancette
ou avec les ongles. Quant à moi, voici
deux chofes que j’ai obfervées dans l’ef-
pace d’un mois. Environ vers le pre¬
mier,. &: avant qu’il paroiflfe aucune
dent, les gencives s’enflent, devien-*
nent douloureufes , prennent une for¬
me quarrée, &, comme difent les nour¬
rices , elles deviennent doubles , &
pour lors ilfurvient des démangeaifons
& des douleurs infupportables qui obli¬
gent les enfans à mordre tout cè qu’on
leur préfente. Les nourrices s’en apper-
çoivent à ce que l’enfant ferre étroite¬
ment leur mamellon , &: a la bouche
extrêmement chéude, il efl altéré, Hine
peut dormir, il crie,-il efl inquiet ,îê£
cependant ïLne pleure point. Là fievre
leiprehd;,. fo;mvifage devient rouge, il
efl: attaqué dè vomiflèmens, de diar^
rhées & de mouvemens convulfifs, &c.
Après que cet orage éft pafle ^ que ila
douleur des i^ndves ; éft appaiféu^^
& iorfque les .nourrices .nl]r-f enfeifl
L iij
246 Classe VII.
plus, les premières dents commencent
à paroître, quelquefois dans l’efpàce
d’un mois. Les deux incifives de la mâ¬
choire fupérieure fortent les premières j
un mois après ou environ, les incifives
inférieures fortent à leur tour, & en-
fuite les molaires, mais pour l’ordinaire
fans caufer aucune douleur. ~
- Les dix premières dénts de chaque
mâchoire tamberif vers l’âge de fept
ans, & il en vient d’autres à'ieur place.'
Biles paroifiènt n’avoir point de racines j
,& ce n’efi: que la couronne feule quife
détache & qui tombe. Cette fécondé
dentition ne caufe aucune douleur non
plus que la chute-4^s dents ; les molai¬
res ne tombent prefque jamais. On pré¬
tend cependant qu’à Paris les enfans,
à qui les, dents molaires pouffent, ce
qui arrive vers râge.de; fix ans, font
fujëts a des douleurs de dents fi viblen?
tes, qûe .pîufieurs en; meurent, ce qui
n’arrîve point chez nous. Lès dents, qui
tombent aux enfens dans les deux mâ-,
çhoires fontles quatre incifives^ les deux
canines, Sc les ; quatre premières mo¬
laires^ dontiln’y a que deKX;qui tom¬
bent quelquefois, /^oyg^çla . Cure de^ la
dentition chez .tous; les Auteurs, j . 'J
JDouhurs de tête. Mal de dents. 147
6. Odontalgia anhntica , Mufgrave ,
de anhritide , cap. 4 ; Odonta:gie arthri¬
tique.
C’eft celle qui attaque les perfon-
nes goutteufes, lorfque le venin de la
goutte quitte les pieds & fe répand dans
le corps. Il fe jette fur les futures du
crâne, & quelquefois fur les dents;
&: dès que la goutte revient, le mai
de dents ceffe.
Je ne dirai prefque rien del’odon-
talgie vermineufe; car quoique M. An»
dry affure avoir vu des vers dans les
dents cariées, que Leeuwenhoeck pré¬
tende qu’il y en a plus dans une goutte
de falive , qu’il n’y a d’habitans dans
les Pays-Bas; il y a plufieurs raifons
qui m’obligent à ne point ajouter foi à
ces fortes de récits. Loefekius, obfervi-
pag. 6 ' 6 ', dit avoir vu un ver à deux
queues dans une dent cariée ; j’ai vu
moi-même quelque chofe de femblable;
mais ce que d’autres prenoient pour un
ver , ne m’a paru qu’un petit morceau
de nerf ou de vailTeau coupé.
7. Odontalgia heemodia;UagBCQment
des dents , vulgairement appelle Engour-
diffement des àtnts, Jîupor dentinm.
C’eft une feniation incommode dans
L iv
24^ Classe VIL
les cients ,,occafionnée par des fruits
acerbes, des fucs aigres, parleur frot¬
tement , laquelle n’eft connue que de
ceux qui l’ont éprouvée.
Les rachitiques y font plus fujets quC/
les autres, à caufe de leur extrême
fenfibiiité. Ce ne font pas feulement les
fi-uits acides , comme les cerifes , les
grofeilles rouges qui agacent les dents,
mais encore le fucre, fur-tout le candi.
Le bruit de la lime, du üege que l’on '
coupe , produit auffi le même effet ; la
douleur augmente dans l’infpiration-, =
empêche la maftication ; mais elle eft
paffagere , &: ne mérite pas qu’on y
laffe attention,
les dents font de tous les os du
corps les plus petits & les plus durs ,
& ceux par conféquent dont le ton eft
le plus aigu par les lois de l’acouftique ^
d’où il fuit que les fons externes, qui
font extrêmement aigus, doivent agi¬
ter leurs fibres offeufes, & y exciter
un grand nombre de vibrations, & que
ces vibrations doivent être difcordan-
tes, s’ils font eux-mêmes difcordans;
& c’eff ce qui caufe ce tiraillement dou¬
loureux , que l’on appaife à l’aide de la
chaleur.
DouteuH- de tétCi- Mal dé dents, 2,40.
8 . Odontalgmjtyfierka ^-r^zn^vt, :de
morbis vaporojis , pag. x 6 ; Odontalgie
hyftériqué. B.
9, Odontalgia Jîomachica ; Mémoires
des'Académiciens'étrangers, wm, 3.
J^.^g-.4^3- ^ . :
Ç’eft 'uné dôqléur aiguë des dentS-
& des gencives, qui paroît dépendre
de la fabürre de renomac, & qui s’ap-
paife par le vomiffement. /^oyqles Aâr.
Phyf. de Médecine , tom. 3. ^63.
App&pd7 ' \ -
Ndtà:Kyrt àévro\i rapporter à cet or^î
dre la Jlomalgie , la glojfalgie ; mais ces
fortes dè douJeursTfont des fymptomes
qui appartiennent à d’autres maladies,
telles que le catarAe, le rhumatifme,
refquinancie, Pangine^ les aphtes , le
car oinomé, doütiheft feit mention dansr
leursfHeux.
ORD R È T R OISIE M Ê:
^ pE\ ppiTîtmÉy.
fon,t j)rîncipalem€nt la p^èripn^i^ -
Âioriré ^,1a pl^îréfi'ëff{â 9 mi|^
inîiâniB^tbires j'ia dbuléùrde |bitnne^
St la pneumonie , parmi lesVéfbufe-
îtténs ; Ia'palpitation, parmi'|é^ Eàôûÿe-V
mens cbnvuiü'fê.' On doit (idhc;y rap-'
porter le^ douleurs de i’oefpphage'&jdu
cceur.: ’ ■ '-''■■"M i--' '/ . r
;;; ■ AjVv' : . l-l e"!
XVIL DysfhAG^ iA / Diff.cühl
(Tavaler, ■
unis -dïlfîeulté St ^uiiendouîeurl
cpii .àcçQînpagnédü&. empochent f^ier>
fouvent la déglutition ou la îmalhca^»!
lion, fans gêner la refpiration ; en quoi
elle dilFere de l’ang^./
I. Dyfpkci^ia^âjrnodica, Prié.. HofF»
manni, tomn , pcig.^ lyo;^ Spafmus gulcep
Difficulté d’avaièC.^afmodique. B.
Elle ed: eauféé‘par la Gontràâiort
fpafmodique de l’œfophage laquelle
affeâe tantôt fa partie fupéiiere,
tantôt fa partie inférieure..
Douleurs ds poitrine i &c.
Les fymptomes communs à tous les
fpafmes, font le tefroidiffement des
pieds, le tremblement des extrémités,
le friflbnnement, la conftipation, les
flatuofités, les borborygmes, les maux
de ventre, le murmure des inteftins ^
les naulées, les cardialgies, la pâleur
de l’uriné, la dureté du pouls, &c.
Les lignes qui indiquent le fpafme
du pharynx, font la difficulté d’avaler
les alimens tant folides que fluides , &
la douleur dont elle efl; accompagnée,
la conftriâion & la rigidité des parties
yoifines, la douleur, la difHcuIté de fe
mouvoir, la fuffocation, une fenfation
pareille à celle que cauferoit un pieu
flché dans la gorge , ou un corps qui
voudroit en fouir, la perte de la pa-'
rôle. Tous ces fymptomes reviennent
par intervalleV& font quelquefois fui^
vis de convulfiôns ou d’éclampfie. Les
Agnes du fpafme rie la partiè inférieure
de Tœfophage, font la fenfation caufée
par des alimens qui s’arrêtent dans le
conduit même de l’œfophage, princi¬
palement près de l’eflomac , laquelle
augmenté iorfqü’on avale de l’eau froi¬
de 5 le foulagement que procure Teaii
chaude, line douleur dans l’épine entre
1^2 Classe VII.
les omoplates, les efforts pour vomir»
les rapports, un écoulement de muco-
lîté limpide.
Cette efpece accompagne fouvent
l’opifthotonos. Forejl, lib. lo. obf. iiz
& 11$-^ Bonet, de opijlhotono, in Se-
pulchreto.
Cure. Elle exige des anti-fpafmodi-
ques, que l’on varie félon les circonf-
tances.
2. Dyfphagia hyjlerica ; Dyfphagie
hyftérique. L.
Je connois une femme hyfférîque,
qui, entr’autres maladies dont elle eff,
affligée , ne fauroit manger qu’elle ne
craigne à tout moment d’être fuffb-
quée; elle eff; obligée à chaque mor¬
ceau qu’elle avale de boire un verre
d’eau ; & comme elle regarde cette
conduite comme contraire à la bien-
féance, elle s’eft réduite à manger feule
depuis un an & plus. Elle a été enfin
guérie de cette incommodité par l’exer¬
cice, & i’ufage des bains & du lait,
Perfonne n’ignore que ks femmes
hyftériques fentent dans le temps de
l’accès un reflerrement de gorge qui
les empêche de rien avaler, ce qui
vient du fpafme dont i’oefopbage la
Douleurs de peitnne^ &c,
trachée artere font afïeûés ; mais cette
afFeûion eft paffagere , & n’eft point
comparable pour le danger au fpafme
du pharynx.
'^rDyfphagla paralytîca, Y2x1
ten, tom. /. pag. y02.. Frid. Hoffmanni,
ibidem^ pag. 1^0. . 6. Foreftus, lïb^
16. obf. ^o. Ne feroit-ce point la Dyf-
phagie compliquée de la toux ? Dyf-.
phagic caufée par une paralyjîe, L.
Cette efpeee ell: caufée, à ce qu’oti
croit, par l’atonie & la réfolution des
mufcles qui dilatent le larynx. Cette
difficulté d’avaler n’eft point interpolée
comme les premières, mais continue ,
les alimens regorgent par la bouche 6c
le nez, 6c shnfinuènt quelquefois dans
le larynx. Tulpius, lïb. 1. cap. 44. rap¬
porte un cas dans lequel la déglutition
étoit entièrement interceptée , le vi-
fage pâle, les parties voifines molles
6c flafques ; ce qui eft extrêmement
dangereux.
Vous trouverez dans les Mémoires de
VÂcadémie des Çurieux de la Nature ,
plufieurs exemples de dyfphagies cau-
îees par une apoplexie luivie de para-
lylie, lefquelîes; demandent le mémo
traitement^que celle-ci. Pans cette
%^4 Classe VII.
efpece , on avale les alimens folides,
mais non point les liquides. Voyez
Manget , BibLioth. Med. de p^iralyji ^
770 - . , . V
4 - Dyfphagia pharyngea , Deidier,
Confultation. tom. j. pag. goS. par des
excroiffances, des fongus, des verrues
dans l’œfophage, voyez fynopfim Acad^
natur. curiof, au mot Déglutition
l’accroiflement du thymus, Bonet, yê-
pulchret. obf. lo. pag. gg. par un offelet
formé derrière le larynx, Acad.natuf.
ciiriof. decad. a. obferv. n6'. TuIpiuS j
lïb. i. cap. 44. L.
Cette efpece affeâe la partie fupé-
rieure de i’œfophage, ce qui eft caufe
qu’on a de la peine à avaler les ali¬
mens folides ,& qu’ils regorgent par
la bouche & par le nez. Lorfque le paf-
fâpe eft tout-à-fait fermé , le' malade
përit fauté 'de nourriture-, finon il efl
réduit à ne fubiider que de bouillons.
On peut rapporter ici robfervation du
Doâeur Coulas, inférée dans les Mém,
dé VAcad, dit Montpellier , au fujet
dnn hygromé ■ qu’une femme rendit
dérniérèment par la bouche , & qui
étoit de la groffeür d’un œuf de poule.i
; 5. Dyfpkagia œfophagea , Coiter ,
Douleurs de poitrine, : &c. 5 r
ofrjèryae^ ànat. Deidier, confult. tom. 3.
pàg. 327. par l’obftruâion de la partie
inferieure de l’œfophage caufée par im
fqüirré, Fernel , cap. r. lib, S..
par la' câllofité de; l’aorte , Dodonëe y
Cap. 307- Berriveriï , de ‘àbditis
ttU' fqüirifè^ians î’eflomaG'^ vaj/e^ Coi-
ter par üri tubercule chancreux dans
l’œfophage-y Bon et ^fepUlchreupag. 3#.
obf. a. pari-l’eudurcifTeiftent cartilagi¬
neux de^ l’defophage , ^ idem ,i p^ÿ- 32.
obfi-S. -■ ^-^-par une' glande
fophâg€>, Vtfbeyen &;;Heiftéï'3'"
d&fœ^hiige. ^. h'-r^-v ; l ^
*7 Cette éfpece eft -cauféé par^ des-f
îneürs, fôit extérieures , foit intérieiti
res qui fe forment un peuau-deffous dii
milieu du coii^iit^é rœfophagêy é^upar
le ^réW-éGÎfFeih^t'piême de^ Gé'bonduitÿ
éomine ' cela -pàroît; -^ar da - trentïêriiè
èbprvatibj^ ^^ÛeûYniûs-. Où^ "avale"' à' là
vérifé les alimens; ittaas'lorfqu’ils font
arrivés dans l’endroit où eft l’obftruc-
tion y lis fie peuvent plus avancer j,: &•
lis regorgent- par la-bOüche.' i’e-
xemple dyfph 'agiê caùfk pup la}Jë‘
chèréffi &■ Ip^réiféii^înem^e Cizfoph'agd's,
énfiiite a une fiévré^chaude Y^àhs le- Jepu%
chret,"ÛQ'^Qmtyùbf. i/^ =
Z)6 C L A s s E VI!.
6 . Dyfphagia laB&ntium^'^QnçXy 'fi->f^
pulchra. obf. â. Dyfphagie des enfans
à la mamelle.
Il ne s’agit point ici de celle qui e 4
caufé® par l’obftruftion, l’endurcilTe-
ment, le refferrement du pharynx, oui
du larynx, ou par tel autre yice fem-?
blable; mais par un trou au.paîais, par
réroflon, la confomption de la luette,
ou par l’abfence du voile'du palais.
. 11 faut pour pouvoir avaler, que le
"morceau .louffre une plus^ grande coin-
prelhon dans îa gorge que vers l’Gefopha-
ge ,& qu’il defcende enfuite dans l’eftor
mac ; fi donc le voile du palais & la lue tte
manquent, les arrieres-narines n’étant
point bouchées, oppoferonfurie moin¬
dre réfifi^ce au morcéau, & il regor¬
gera par le nez , quelque libre d’aifeurà
que foit l’oefophage. J’ai connuntrois
hommes qui font nés avec le ?paîais
troué, aufli ont-ils la voix extrême¬
ment défagréable. Ils ne purent .te'ten
dans leur enfance que lorfqu’On eut
trouvé des.nourrices dont le maniellori
fut, affez long pour atteindre au-delà
4é ce trou. Cefi-là fans doute çe^qûi
fit périr l’enfant de zmîi qu’on
peut le voir dans l’endroit , ôc
Douleurs de poitrine^ &c, 15-7
dans les Mém. des Cur. de la nat. décad,
7.. obf. 6. Voye^ auffi robfervation de
'Salmuth.
-Cette efpece n’attaqiie prefque que
les enfans, & l’on ne doit point la con¬
fondre avec cette difficulté de teter,
qui ed caufée par d’autres principes,
par exemple , par le frein de la langue.
Lorfqu’on n’a pas foin de le leur cou¬
per , iis ont peine à teter, & ils refu-
îent la mamelle ; mais ils n’ont aucune
. difficulté d’avaler, au moins que je fâ¬
che , & c’eft aux Médecins à faire là-
deffiis de plus amples recherches.
7. Dyjphagia tujjîculofa , voyez Fa-
bric. Hlldanus, obf. gcent. i. L. .
C’eft ceHe dans laquelle on ne fau-
roit boire qu’on ne coure rifque d’être
fuffoqué à caufe que la boiflbn tombe
dans la trachée artere. J’ai connu un
yieillârd qui ne pouvoit avaler la moin¬
dre goutte d’eau ni de bouillon , qu’il
ne fût auffi-tôt attaqué d’une toux &
d’une fuftocation. Hildanus prétend
que cet accident eft occafionné par l’é-
paiffiflement : de ' l’épiglotte , enfuite
d’une fluxion catarrhale qui empêche
de fermenla glotte lorfqu’on boit. P,
Barbette rapporte quelque chbfe de
258 C t A s s E VII.
femblable, qu’il attribue à l’endurcifle-
ment de l’épiglotte ; & il a raifon de
regarder cette maladie comme incura¬
ble, Il obferve que les alimens folides,
quelque gros qu’en foient les mor¬
ceaux , paffent plus aifément que la
boiffon. Foreftus, lib. i 5 . obf. ^o. 8c
après lui Fréd. Hoffmann attribuent
cette efpece à la pamlyfie de l’œfo-
phage.
8 . Dyfphagia hydrophobica ; AB. Societ.
Reg. Monjp. Dyfphagie hydrophobi¬
que , obferyée par M. Hagmnot,
Il paroît par l’obfervation de cet Au¬
teur , de même que par celles que
d’autres ont faites , que les hydropho-
bés avant que de devenir enragés , fe
plaignent principalement d’une diifi-
culté d’avaler, qui n’eft cependant ac¬
compagnée d’aucune dyfpnée. Le Doc¬
teur Lamorier , cité dans cette hiftoire,
examinant un payfan , lui mit le doigt
dans la gorge pour découvrir la cauie
de cette difEcuîté, ÔC n’y put rien dé¬
couvrir ; ce qui n’eft pas étonnant, vu
que les lacunes d’où fort le virus hydro¬
phobique font cachées dans l’œfophage.
Il ouit dire/le lendemain à ce payfan,
non fans frayeur, que fa rage étoit par-
Douleurs de poitrine ^ &c. zfçi
venue au point, qu’il dévoreroit une
armée entière. Si cet habile Démonf-
traîeur eût fu qu’il y avoit une pareille
efpece de dyfphagie, ilfe fût bien gardé
de mettre ion doigt dans la gueule du
loup, ce qu’il fit pourtant impunément,
fauf à n’y plus revenir.
^. Dyfpkagia naufeofa , Bonet, fe^
pulchret. pag. tom. a. B.
Cette elpece efi: caufée par les nau-
fées & par la contraôion fpafmodique
de l’eftomac qui en eft la fuite, ou par
l’exulcération de î’œfophage , ou par
des fucs âcre? contenus dans l’eftomac,
ou par la répugnance que l’on a pour
certains alimens. Voyez les Mém. des
Cur. de la. nat. centur. /. ohf. 6'. Les ma¬
lades s’efforcent d’avaler, mais ils en
font empêchés par ies«naufées , le ho¬
quet & le vomifTement quifurviennent.
Cette efpece eft quelquefois caufée par
un ulcéré , & l’on peut voir ce qu’en
difent Vander Linden & Torti, de /è-
hrib. pag.igz, \
10. Dyfphagia à deglutltls ^ Vaterî,’
dljj’crt. ab ofjkulo infixo pone tonjillàs
fubjijlème^tyiQxnerhvoeck ., anatom. lib,
a. cap. A deverato ojjîculo & eo ri-
jeB.0 injlammatiene cefophagi per^jiehee ^
16^0 Classe VII.
Fabric. Hildani, cmt, 5 . ohf. jJ. Ab efu
feminis frgopyri^ aH. nat. cur. dccad,
ann. 3. obf, 6. A fumo nicotiana , ibid.
ann. /. obf. yc), Afrujlo cibi folidi , Frid.
Hoffmann, confult, cafu & Forefti ,
üb. 16. obf. z8. ' .
On peut voir chez Heijîer & Fâbnc.^.
Jlildanus les moyens dont on fe fert
pour retirer ces corps à moitié avalés.
II. Dyfphagia à daturâ , Grugeri,
ephem. germanic. decur, j. pag. 8^. P,
La femence de datura ou de ftramo-
nium caufe à ceux qui en mangent une
, dyfphagie accompagnée d’étranglé?
ment, de fuffocation, de vertige, de
parapîirénéffe & d’extafe dans laquelle
les malades fe forgent mille chimères.
Bien n’eft meilleur pour calmer ces ac-
cidens qu’un gargarifrrie de figues, de
raifins fecs & de régliffe. La thériaque
efl; bonne pour provoquer la fueür,;&
les poudres abforbantes pour détruire
les reffes du poifon. J’aimerois mieux
commencer par donner un vomitif au
malade, & lui faire avaler enfuite. du
vinaigre.
..On peut voir plufieurs effets du da¬
tura à l’article de la paraphrénéfie.
î 2. Dyfphagia a farcomate , Hanne-
Douleurs de poitrine , &c, t
jnani , colkHan. Academ. tom. ^. pag.
604. Dyfphagie caufée par un farco-
me. L. .
Une femme fut attaquée enfuite d’un
abcès dans l’œfophage , d’une dyfpha¬
gie occafionnée par une excroiffance
ou une caroncule qui lui fuccéda, '&
qui bouchoit entièrement le paflage aux
alifnens. On lui fit deux fois l’opéra¬
tion , mais n’ayant pas voulu fe fou-
mettre à la troifieme, elle mourut de
faim. Voyei(^ fur cette efpeee Pobf. -14.
de tappend. fur la cent. 4. de Rîviere &
Tuipius, lib. /. oè/i-44.
J. Rhodius , centur. %. obf 4(T. parle
d’une dyfphagie caufée par un farcome
vénérien. =
Dyjphagîa abfehirro , Joan. Rho¬
dius, cent. 2. obf. 47. Otto Heurnius,
Dyfphagie caufée par un fquirre.
Le Doâeur Coulas a vu dernière¬
ment une dyfphagie caufée par un hy
grome de la groffeur & de la couleur
d’un œuf de poule, lequel étoit placé
à côté entre la bafe de la langue & du
larynx. La malade le rendit par la bou¬
che, & fut parfaitement guérie. Cet
hygrome contenoit une eau jaunâtre
qui ne fe fîgeoit point au feu. F'>ye^-en
26i Classe VIL
rhifioirc dans Us Mémoires de la Société
Royale de Montpellier, ,
14. Dyfphagia canina. Effais d’Edim¬
bourg , tom. IL art. /i. Dyfphagie
canine.
Dyfphagie caufée par un fquirre autour
'de Ücefophage , par J. Taylor Médecin à
Edimbourg,.
Douleur fixe au-défibus du cartilage
xyphoïde, difficulté d’avaler les alimens
foîides, que l’on rend avant qu’ils foient
arrivés dans l’eflomac , pefanteur &
douleur dans la partie inférieur de l’œ-
fophage. La maigreur & la foifileffe aug¬
mentent de jour en jour à mefure que
ces tubercules fuppurent ; il furvient
une petite fie vre accompagnée de fueurs
noôurnés , qui s’appaifent lorfqa’on
rend ces tubercules. Les malades meu¬
rent après avoir long-temps fouffert.
Les chiens ont dans la partie inférieure
de l’œfophage une glande, qui porte le -
nom de V&rcelloni qui l’a découverte
le premier, dans laquelle il s’engendre
fouvent un petit vermiffeaurouge.Lorf-
que la dyfphagie eft, caufée par i’en-
fiure de cette glande, ou de telle autre
femblable, on lui donne l’épithete de
&anine.
Douleurs de poitrine 1(33
La dyfphagie canine, comme l’ob-
ferve le D. Pringle^ fe manifefte par un
vomiffement qui furvient dès que l’on
a mangé , mais qui n’a rien de violent,
& dans lequel il femble qu’on remâ’*
che les alimens qu’on a pris ; mais dans
la fuite les forces diminuent, l’habitude
-du corps s’altere , le malade eft tranfî
de froid,même dans le cœur de l’été,
& il tombe enfin dans le marafme. Lorf-
qu’on l’ouvre après fa mort, on trouve
î’œfophage couvert depuis le milieu en
bas d’excroiffances fquirreufes , qui
laiffent à peine un palTage pour la fonde.
A&. d’Edimbourg, tom. 2.. art. Z4.
1 5. Byfphagia Fxlfalviana , Valfalve
de Voreille , chap. 2. n^,zo.
Il arrive quelquefois, lorfqu’on avale
de trop gros morceaux , que les muf-
çles hyopharingiens foulFrent une difi*
traéfion violente, & que les appendices
de l’os hyoïde fe luxent. J’ai connu une
femme à qui cet accident arriva en ava¬
lant un morceau de chair de bœuf co¬
riace. Elle crut, & plufieurs autres per-
fonnes crurent aufii que le m.orceau lui
étoit refté dans la gorge, & elle mit
tout en ufage pour le retirer fans pou¬
voir y réufîir. Il y ayoit déjà trois jours
1^4 Classe VII.
qu’elle ne prenoit aucune nourriture,
& elle me fit appeller. Je foupçonnai
après l’avoir examinée, qu’il y a voit
une luxation dans les appendices car¬
tilagineux de l’os hyoïde , & me fer-
vant des connoiflances que j’avois dans
l’Anatomie, je fis fi bien, que je la ré-
duifis ; de forte que la malade que l’on
croyoit perdue fans reffource, fut en
état de prendre du bouillon & de man-i
ger fans fentir la moindre difficulté dans
la déglutition. Voilà ce que rapporte
Valfalvc.
i6. Dyfphagiaan&vryfmatica^'M.org^.-
gm^Q^'Â> XVIf, i8, Z5. Dyfphagic eau*
fée par un anévrifme. ^
Ona plufieurs exemples de dyfphagie
caufée par unanévrifme de l’aorte qui
comprime l’œfophage, &; ce fymptome
peut contribuer à établir le diagnoflic
de cette efpece d’anévrifme.
17. Dyjphagia à lahario. L’Ill. Lin-
næus donne le nom de laharïum , à la
chute ou à la vacillation des dents , ce
qui empêche , ou au moins gêne la
mafiication.
\%.Dyfphagiaà jiccïtate; Dyfphagie
caufée par la fécherefFe, B.
C’efl une difficulté d’avaler les ali- ''
mens
Douleurs -d& poitrine y ^c. ±S f
îîiens folides & fées , occafionaée par
îa féchereffe du gofier. Cette efpece
s’obferve dans la fynoche & dans la
tierce continue ardente. Bonet ,fepuL^
chr. obf. /4. Ainfi que dans ranaferquè
& dans l’hydropifie afçite.
Canafarque. Elle efl audi occa^onée par
îa fumée de la nicoîiane, epkempt> uàu
çur, dec. Iii. ann. I. obf y Enfin cette
efpece a aufii lieu , lorfqu^on ufe inté*
rieurement de l’extrait de mandragore ,
vde jufquiame Elanche ou noire &c.
de la S oc. R. de Montpellier. ' \ ,
19. Cyfphagia ah hypoJlaphileiXxi&ttQ.
■tombée.- ■ ■ ^ ‘ ^
. : Cette efpece différé dC: rangxne Si de
l-efquinancie , en ce qu’elle’ n’eff . ac¬
compagnée ni de difficulté de refpiref,
-ni d’inflammation, n’étant caufée que
|>ar un fimple relâchement de la luette
on la guérit par l’afage des affringèns
& des toniques, tels que le caçhour,
l’alun i le pqiwe , les rofes rouges , les
balauftes, Si l’efprit de vitriol, -
XYin. Pyr osis i Crémnfon^ .
C’efl: une maladie dont le principal
fymptpme eft une chaleur exçéffive
Tome FL M
166 C l A SSE VII.
dans le ventricule & l’œfophage fanâ
SUGune fievre aiguë.
■ i Hoffmann l’appelle duvmtri^
'cukyzxàor ventriculi, tom. 2 . pag. 120,
Stûkâr^di^. cum hijîorid accuratâ, iyo^»
iArdeur d’êflomac ; Sem.
T&xt ^tâp.-iS. D&n fadt. Nenter, ibidem
' 0 -fexts-. kQS^X^ôtiXïOis^^ gorgojjit^ Méyf-
foinier. Les-Languedociens , crémafon'y
■parce que Lefl:omac efl en fèu. Lés
<îrecs, Pyrefis , de pyr , feu.
:'i. Pyrôfisvulg‘a.ris;2LigxtVixàieÔ.OXXi^ci
' Le fer dtaudr. YkÇxi de l’Acad, de Paris j
ayoS.'L'.-'^-''
Celle-ci eft caufée par des crudités aci- i
des & empyreunaatiques ; elle eft paffa- '
^erê, & ceffe dès que la digeftion eïî
.laite.:. '■ - '
On fent une aigreur & une chaleur '
idansla gor-ge-, 4 cfquellès s’étendent tout
lelong de l’oèfophage , accompagnées -
d’ftn écoulement fréquent dé-falive qui
parçî-t acide ; ï>n épfèuvë la même fen^
fation dans la région de l’épigâftre, qui
eft fuivie du vomifiëment, d’abatte¬
ment d’efprit, de colere, de mauvaife
humeur, & d’une altération dans les
traitsr du vîfâge. ■ - . . : - .
-. Cs'tte= malâdië efl: familière à ceux
Douleurs d& poitrine., Cremafon.
vufent d’alnjens ; cruds;,- àcefcents ,
§£; de: difficile dige'âioii’, ifur-toüt qui
q€>ntienn,entbe.auGqiip d’huile, ;çbmme
la châtaigne,, dont l’huile eft difficile à
digérer, & contraâie une qualité émpÿ-
geumatique,s.Elle eli pareillement fami-
|iere,,:à ceux c|ui;Je nàurtiffeht dê pQif--
£ 03 , de;yiandes/i:ites av^ec de.la graiffe
ou de l’huile rinces > &,qui boiyeht des
|iqne3i^r.fpi^es< j'r,_, , Se; , '
. :: iaB erémafon ordinaire efl limple i,'
paffagere &:faeilê;.à guérir, pourvu que
|è fujeJc ne feit point hypocondriaque,
;rçdjef y er.qu’ellcieffi
jçJie^ les buyèura 4® feinte., ^ ild’ja. guérie
^^tgëéidé.s^yeux-d’éèreviire^;; IlÇuffiî:Qr-
dihairêment- pour la ffiite. ceffier /d’ufer
de_bohne npumîure Jou de fe purger.
" 2 . Pyrojîs biliofà , Fel. Plateri:, de do»
|fin-^^y,*:Bianehi, . fag,
-4A€-iCrérnafei biiieùfeX-'L.S.- r. S, v,- , :
“rriÇ^te^ ejpecè:qft; fouveut :acçonj!pi--
gnée dé fieyié.s^-dèic^r4ialgiê^^fc’'éft
dansr fes
‘J^hoplmes.,-; ^rfqu’iidit qué c’eft.un
màuyàis .figue dans les fie.vres, lorfque
.feam,âkder ffiht une chaleur violente
»^s dâ «égjon dud’eApmac &,qu’iiSeffi
affeélé d’une cardialgt^. Elle eA acçoit*
-mq ^ ^ " M-ÿi.
i68 C L A s s E VIÎ/
pagnée d’inappétence , dé ramertiimé
de la boucKe ^ d’un vdmlffement de
bile. Elle efl: familiète aux pérlbn'nês-bîi
lieufes, lors fur-touî qu’elles font uiâge
de fubûantes âcres, comme d’oignon-,
d’ail, de vieux fromage-, car ces chofes
font diffitsiè-s à' digérer dans- cèiix qui
ont l’eflomac chàiïd < ^ontraârèôtunè
^^uaiité.empyreumatiqué. ; - ' _ ec io
Les remedes qui lui convieritiên't fQiit
les purgatifs avec les tamarins & len-
fuite les abforbans, tels que'la craie, Ié$
•yeux d’éGrev:i%ÿ, Tivoire calciné^ le
boL -'d;’iÀ:rméniei j d’eau- dé - poürpiëtr,^ ia
conlerye dè-gîlatte-jm'^' &c»-on peia
'■aulS- purger lé malade âveëte'S aciclûîésî,,
'de-même qu’âvéele petitMt ,'danslë^
quel on éteint un mbrcétu de briqitè
rougiaüfeub ‘ 'i -e
' , 3. Soîenander ;
Înjlammatis--vij&àj^u6^ Solîet.- Gréinà-
-fqnîcaUleé par îffbe pMogofè ; par l’in-
’flamiaatîondeS'vifcer^PL.--
Gette efpeee' eîï caufééptr Finfîam-
snatioô de l’edomac ,^ de même'^qùe par
celle-du foie, de la vêflie p'de la matrice,
j' " On la gu'érity commè la maladie pft-
: mitive ,-aveG îâ faignée, l’eau dé pOtH
'iet,lesnarcmi<|qes;‘>'--;;
Suçciça^ de Linneus pre-
î)ouhurs de poitrine.: Crèmafon.
imier Médecin du Roi de Suedé, epifli
a-, qui rappelle auffi cardîal-
^ fputaïorta. Gv'''-
. Cette 'maîadie eR endémique eft
Suedê, parmi ceux qui viv'ent près des
montagnes de la Loponie, au point que
la moitié des hortimés & des femmes y
font fujets. Elle conMé dans une dou¬
leur adebmpagnée de prefllonau-fdeffbus
de la fofïette dU cpeur j laquelle répond
par -ihtervaîîés aù dos & à la poitrine ,
avec une anxiété qui ne celle quelorf*
que le malade commence à rendre quan-*
tité de falive , &: cet écoulement ed: ac¬
compagné- de nâuféès, & quelquefois
de vomilTemént. Cette quantité de falive
monte à demi-livre & même à unedivrej
elle eft brûlante, limpide, d’une couleur
aqueufe, & cet écoulement calme la
maladie, ou du moins la fufpend pour-
un ou deux jourî.
^Élle eft caüfée parTufage des viandes
faléès ou filmées , du lard , de là bouil¬
lie ÿ'elle fe calme par celui des viandes
fraîches,; du poiffon-, du lait. Elle'dure
fouvent toute la vie, & l’on n’a point
encore trouvé de remede pourla guérir.
Quelques uns prennent un ferupuie de
noixvvamique pulyérifee,; d’autres fe.
ayo Classé VIT;
fervent de l’aiLVoilà ce que dit hinnizwsi
‘ 5. Pyrofis:ulurofa-\^ ^^n\, Stokari j^
'êx^crt. Acad.Ardor Bade^ann,
Cr&mafon compliquée. A’ulccre.Xi.
C’eft une efpece de cirémafon opi^
niâtre & aiguë caufée par un ulcéré ait
pylore, laquelle dure plufieurs années^
, Certain biberon fe- plaignoitjdepuis
trois ans d’une ardeur ; Yipient,e: dans
l’épigaftre près du pylore, * s’il lui
arrivoit de prendre quelque ehpfe d’âi
cre, ou de faîé j comme du vin, dii
bouillon, ilreffentpit une douleur aul^
violente que fi on l’eût brûlé avec uii
charbon ardent, ou avec uh fer chaud*;
Lorfque la douleur étpit dans fàfôree ^
il fe prefipitl’ëpigafireaVec-îe poings
il gémifîbit & ppuffoit des cris & des,
foupirs . capables d’^attendrir tout le.
monde. Il n’avoit d’ailleurs aucune au*
tre incommodité. : ,j
Il-prit de la crème d’orge, de la farine
d’avoine, du bol d’arménie, de la corn^
de cerf calcinée, de la cràie j des yeu^
d’écrevilfes, mais ces remedes ne prp-x
duifirent aucun effet. On lui donna-
une poudre compofée avec la raçine-
d’althæa, la gomme arabique & adra*;
gant 2 qiü n’opéra pas mieux celle de:;
"Douleurs de poitrine. Crimafon.
femence de coing & quelques, autres
ne produiiirent pas plus d’effet., :
Un certain Empyrique lui donna un
vomitif qui aigrit-fon mal. 11 lui prit un
dégoût, accompagné d’altération, dûnê
Ée vre lente, de foibleffe ; fon urine étoit
rougeâtre , il vomiffoit fans ceffe ; il
tomba dans une afcite compliquée d’un
piarafme, & de douleurs cruelles dans
les inteilins , qui le mirent enfin au tom!'
beau. Son haleine étoit devenue exfrêr
mement puante.
Lprfqu’on vint .à lui ouvrir le bas-
ventre , il en fortit vingt pintes de fé?
rofité verdâtre. L’effomac avoit.changé
de place, fon fond .étoit tourné à gaur
che, 'ôc- fon orifice à droite ; on l’ou¬
vrit, &: il en fortit une odeur extrême¬
ment fétide. Gn trouva dans la: cavité
GU pylore un. ulcéré de la largeur de
trois pouces, fordide, purulent, fétide
& cacoéthe. Les chairs étoient lacérées
& pourries, & rendoient vme fanie fé¬
tide; les inteftins étoient extrêmement
atténués de enflammés dans différens
endroits; le foie ne contenoit aucune
goutte de fang, il étoit pâle & duriuf-
cule, de même que les glandes du mé^
fentere ; le cœur étoit petit & flafque^
M iv
-271 Classe VIL
!è péricarde diftendu par la férofité qu’il
renfermoit; à peine y avoit-il deux en¬
tes de fang dans le corps.
On devoir commencer la cure par
l’ufage du lait ; c’eft à quoi perfonne
îî’a penfé.
6. Pyrojis à conceptione^ Paul. Her-
Sîianni, obf. Von der Lahr, dijf. d& Jle-
riliiate ; Crémafon caufé par la con-*
ceprion.
• Ce célébré ProfelTeur de Leyde a
tonnu une femme qui éprouvoit uné
cfpecé de crémafon aufli-tôt qu’elle
avoir conçu; & elle en concluoit avec
ïureté , qu’elle âlloit devenir enceinte;
appaifa ce crémafon enfalfant
prendre à la malade des yeux d’éçre- !
viffes préparés, & quelques martiaux ;
anais fa derniere groffefle fut accompa¬
gnée pendant neuf mois, fans interrup¬
tion, d’un crémafon beaucoup plus ai¬
gu, qui réfifta aux mêmes remedes ^ &
qui ne. fe termina que par Faccouche-
ment de deux fœtus. Il fuit de là, que
l’efprit féminal du mari, étoit le prin¬
cipe de ce crémafon, qui étoit d’autant
plus violent, que cet efprit étok plus
abondant.
DouUttrs de pokrim , &c. ly j
XIX. CardIOGMUS ; Anevrifmcù
præcordiorum ^ Anévrifme du
cœur 3 &c.
Ceîte maladie conMe dans une fen-
fation incommode & opiniâtre dans îè
diaphragme-, accompagnée d’un Tenti-
ment de pefanteur, & d’une groffeur
pulfative, laquelle augmente pour peu
qu’on agiffe. Elle paroîî être caufée par
la didenfion des "V'aiffeaux qui font dans
le voifînage du cœur, ou parFaugmen- -
tation de ce vifeere, ou par un ané¬
vrifme.- ,
Quelques-uns , dit GalUn:^ donnent
le nom ào. cardiognié à un mouvement
du cœur approchant de la palpitation •
Gorrée^ définît. D’autres appellent de
ce nonî ^ douleur qu’on ÿ/ent ; quant
à'nîbi , comme je traité d’une mdadie
qu’on ne oonnoîî point encore parÊii-
temént, Sb qui éft cktfée par un ané-"
Vrifme du cœur & des gros vaîffeaux;
qui font dans le voifînage ^ aufll biett
que par l’accroiffement de ce vifcére,,
foit qu’il y ait un polype ou non, je
réhvoie îe leftetir à Lancifî, ckafi. <51
é&s. anévrifmes du cQS^ur y 2 l Senac ,
M V
Î 74 - G. L. A. s s E - vn.-■
maladies du cœur ^ t, 2. liv. 4. c. 8 ; ï. Ant»
Matàni, cte prceçordiorum morbis anevrîf^
maticis , Florence, 1756, pàg>-^ 4 .
On peut l’appeller cardionckus de
cardia, cœur; & onchàs, tumeur; & iî '
eft à propos de définir au jufte.un mot
qui na par lui-même aucune .fignificaT
îion propre. , ' é ,
On qbferve affez^fouviçnt que les
ventricules du cœur, fies- orédiettes
fes finus^ia veine-caye & l’açrte, font
fufceptibles d’une dilatation extraordi¬
naire & on robferveroit plus fouyènt
encore, .fi 'l’on a voit îa liberté d’ou.yrir
les cadavres. C’èfi ce qui fait,que le
diagnoftic .de cette maladie^ft extrê¬
mement difficile; Sc au cas qu’on p'uifl’e
Ja diftinguer de la, palpitation propre¬
ment dite, ce ne peut être'que par
grofleur ^ le vo|ume du corps qui bajt
dans là région duxœur , .quifiiffiaqpé
îe malade., Ebns:l’incertitude, pu .
eil jàrdejËis, Je m’attacberàé moin^.'a
rapporter lesiefpeces, qué léspbfery^'
îions qu’on, a faites fur cette maladie*,.
I Cardipgmus polypofus^ Homberg,.
Mijîoire de V-Acadcrrâ.e de Paris, , anui.
i-yo^ypag. iSc) ; Anévrifme du cœur.^
icaufé par .unpolype,, C»
Douleurs d& poitnm , &c. ij
Une femme âgée de trente-cinq ans
avoit un afthme violent &. fréquent,
accompagné d’un grand mal de tête ,
d’une infomnie perpétuelle, & de dou^
leurs de poitrine. L’afthme augmentoit
pour peu qu’èlle agît ; & il étoit fuivi
de palpitations de cœur violentes, qui
duroient quelquefois pendant une heu¬
re. Elle étoit fujette à plufieurs aittres
fymptomes fucceffifs , qui faifoient
craindre à tout moment pour fa vie^
Le paroxyfme étoit accompagné d’une
pulfation fenfible dans, les veines dû
cou & des bras, qui répondoit exadé-
ment.à celle du cœur, & d’une efpeee
d’ondulation.
On l’ouvrit après qu’elle fut morte ,
on lui trouva le cœur deux fois plus:
gros que dans fon état naturel, la veine-
cave plus groffe & plus mince , & plu¬
fieurs polypes ;dans'le cœur qui s’éten-
doient le long des artere's ÿ à k;difiance
d’un pied & plus. . : : ; : :
a. Cardiogmus-Falaggii yljmçiû ^d@
cordis anevrÿmatibus y propef: i Ané-
vrifme du ventricule droit. C.
. Chanoine Romain, fujef
hypocondriaque, avoit.une palpitatiôa
de cœur périodique, accompagnée d’uà*
M V|:
2,7<5 Classe VIÏ.
pouls inégal & intermittent, laquelî©
^ugmentoit lorsqu’il fæfoit de Texer-
çiçe, ou qu’il étudioit un peu trop. Il
étoit de plus fujet de temps à autre à
un afthme fufFocant^ & au vertige.
l’ouvrit, & lui trouva les vaî*
vules de l’aorte offeufes ou cartilagi'
neufes, la veine-cave, l’oreillette & le
ventricule droit fi extraordinairement
dilatés , qu’on eut pu fourrer le poing
dedans. Le ventricule gauche étoit dans
fon état naturel. On ignore fi cette ma¬
ladie étoit occafionnée par des accès
d’épilepfie ou non. Le même Chanoine
©voit eu la main droite fphacélée.
danus rapporte un cas tout-à-feit fem«
cmtur. %. ohf.
Il paroît par l’hmoire 49 que Bomt
rapporte üb. z. feà. y. & qu’il a tirée
diÉorflius y que l’offification des val¬
vules de l’orifice de l’aorte, avoit caufé
une plus grande dilatation dans Je-ven¬
tricule gauche que dans le droit. B
confie parpiüfieurs autres exemples,,
qu’il peut y avoir des anévrifmes fans
polypes ,/& qu’il y a quantité de con¬
crétions polypeufes qui font produites
à l’agonie par la coagulation de la lym*-
Douteurs de poitrine^ &c. 277
Senac parle d’une femblable maladie
caufée par le rétréciffement de la veine
pulmonaire, qui étoit devenue carti-
lagineufe ; Garnier d’une autre, caufée
par un farcome entre l’aorte pulmo-
naire ; Blancart d’une autre, occafion-
née par l’offification &: le rétréciffe-*
ment de l’aorte.
11 confie par une infinité d’obfèrva-
tions qu’il y a des anévrîfmes du cœur,,
fans aucune concrétion poîypeufe, &
qu’ils font accompagnées des fympto-
mes du cardîogme. Senac,4. cap^
S. S. Voye^i ce que P. de Marchems:
& Senac y pag. 400. difent de cette
efpeee.
3. Cardiogmus aurîcul/s, Senac, tilL
4. cap. 8 , n'^, 8 , Anévrifrae de l’oreii-
îette. C.
Une fille de vingt ans étoit fujette
à une dyfpnée , laquelle augmenta par
degrés au point qu’elle ne pou voit ref-
ter couchée , qu’elle ne courût rifque
d’être fuibquée. Elle fentoit une palpi¬
tation violente au-deflbus du cartilage
32yphoïde j elle n’avoit prefque point
de pouls , & peu de temps avant fa
mort, il lui fiirvint une enflure œdé-
mate;afe aux pieds, oc aux ïambes,
ayS Classe VIL
lui trouva le cœur auffi gros que celui,
d’un bœuf, le ventricule droit princi-.
paiement, & l’oreillette droite étoient
extraordinairement dilatés, la veine-
cave inférieure &c fupérieure étoient
auffi greffes que le bras, la partie gau¬
che du cœur étoit dans fon état natu¬
rel. La foiblelFe du battement ne ve-
. noit-eile point de la îaxité du ventricule
oC de l’oreillette affeftés ? La pulfation
ne doit-elle pas plutôt fe faire fentir
du côté droit que du côte gauche.
L’ondulation des jugulaires n’eft-elle
pas plus fréquente ? Lancijî ajoute à ce$
lignes la grandeur & l’égalité du pouls.
4. Cardiogmus cordis finifiri , Poteriij^
emmr. 3. pdg. 22. Anévrifmé du ven¬
tricule gauche. C
Ceux qui en font affeélés , reffen-
tent de temps à autre en marchant
une certaine difficulté de refpirer j
ils tombent tout-à-coup en foibîeffe
&; s’ils ne s’appuyoient, ils tombe-
roientàla renverfe. Ces fortes de per-
fonnes meurent pour l’ordinaire fubi-
tement. La veine pulmonaire , qui eff
extrêmement diffendue, fe rompt, le
fan g s’épanche . & fuffoqiie tout-à-ccmg
îe malade., :
Douleurs de poitrine , &c. 17^,.
5. Cardiogmus aortce ^ Senac , pag»^
'407. n^.€. Anévrifme de l’aorte. C. ^
J’ai connu, dit-il, un homme fujef;
à des palpitations violentes^ elles fe
faifoient fentir au-deflbus des côtes-
gauches, & elles étoient accompagnées
de douleurs très-aiguës. Sa maladie,
étoit occafionnée par la dilatation de
l’aorte, laquelle s’étendoit depuis ion
origine jusqu’au diaphragme , & qui
étoit devenue de la groffeur de la tête 5
le volume du cœur a’avoit prefque pas
augmenté.
6. Cardiogmus a mole cordis , Petr..
de Marcheîtis, 4^. C.
. Un^Yénitien âgé de 40 ans, très-
adonné à la crapule, fe plaignoit d’une
difficulté de refpirer & d’un refferre-
ment dans les hypocondres. Il mourut
fuhitement, on l’ouvrit, & on lui trouvé
îê cœur trois fois plus gros qu’à l’ordi¬
naire ;:feS'ventricules étoient confidéf
rabîement dilatés & charnus , il- étoit
adhérent de toutes parts au péricarde ,
& port'oit^fur rhypocondre, lequel
formoiî une tumeur. ^
On a trouvé piufieu^ fois, le cœur
' exîrêmementgroffi Se chargé de graiflea,
;Ces fortes,,d’an éYrifînesf<mtcau%
iSo Classe VU.
tottt ce qui accéléré la circulation diî
fang, intercepte fon cours , & afFoiblit
le ton de ce vifcere ; & de là vient que
les Prédicateurs, les perfonnes fujettes-
à la colère & qui font des exercices
violens, y font,extrêmement fujettes
que l’accès vient pour peu qu’on faffe
de l’exercice , car le fang fe porte alors
aiu cœur avec plus de force que les
coups , les chutes y les contufîbns dans
la poitrine, la cacochymie âcre, féreu-
fe , qui relâche ou corrode le tiffu dli
cœur, la ftriâure de fes orifices, les
concrétions poîypeufes , les anévrilr
mes de l’aorte , les tumeurs qui com¬
priment tes vaiffeaux voifms, dïfpofent
à cette maladie»
Les moyens tes plus fûrs pour élote
gnerîa mort fiibiîe dont cette maladie
efi: fouvent fuîvîe, font le repos dè
fefprit & du corps ,. & rüfage'de ià-
■faignée; nbnObfiant L’hÿdfopifie.'de
poitrine & l’enflure cédémateufo dont
le malade eft menacé fur la fin dé Ik
maladie. Les narcotiques font aufli fort
bons pour appaifer lés fpafmes & les.
douleur^ du cœur, ce qui fait que plu-
fieurs en confeillent l’iifàge; mais ba
doit?fur-tout ufér d’um régime moyeiïj^
êc ne point s’en écarter^
Douleurs de poitrine^ &c. i 2 j
On confond fouvent cette maladie
avec la palpitation & l’afthme, mais il
s’en faut beaucoup que fes principes
foient les mêmes , & peut-être fera-
t-on plus favant dans la fuite dans fon
diagnoftic. La plupart des morts fubites
que l’on attribue à l’apoplexie , font
une fuite de cette maladie , & font
çaufées par la rupture fubite de l’ané-
vrifme, ainfi que j’ai eu plufieurs fois
occafion de m’en convaincre. On voit
cependant des perfonnes qu’elle n’em¬
pêche pas de parvenir à un âge très-
avancé, tém.oin Philippe d& Neri, qui
en éîoit atteint, & qui, fuivant le rap¬
port de Céfalpih^ ne laiffa pas que de
vivre 8o 2x\s,V Voy&^ à ce fujet \z palpi¬
tation , la Jyncope , Vorthopnée , avec lef-
quelles l’anévrifme ducœur a beaucoup
d’affinité.
7. Cardiogmus Leprotianus , Ant. Le-
proti, obferv. de anevrifmate arteritz bron-
chialis comment. Acad. Bonon.
Douleur infupportable du fternum,
du dos , des épaules, laquelle dimi-
nuoit, lorfque le malade étoit couché
la tête penchée en avant. Cette dou¬
leur étoit accompagnée d’infomnies,
d’amertume de bouche , de vents qui
aSi Classe VU.
étoient repouffés de l’œfophage dans
l’eflomac ; le malade refpiroit avec pei¬
ne , fon vifage étoit livide, la jugulaire
gauche battoit dans la poitrine; le,pouls
du carpe étoit intermittent. Ces fymp-
tomes ont été obfervés dans un jeune
Courier.
8. Cardiogmus MeckelU , Mém. d& PA-
çad. de Berlin.^ Des maladies du cœur,
obfirv. C. _ ;
Cette efpece, qui dépend de l’adhé¬
rence du cœur avec le diaphragme &
le péricarde, fe manifefte par des maux
de cœur accompagnés de dyfpnée,
d’ânxiétés & de Tintèrrnittence du
pouls &c. les hilloires de cette mala¬
die rapportent, que les ventricules du
cœur étoient flalques, remplis & diC
tendus par une grande quantité de fang^
Voye:^ la huitième efpece de palpita-^
DouhîLrs de has-ventre. 281
ORDRE QUATRIEME.
DOULEURS DE BAS-FENTRE,
XX. Cardialgia ; Mal au cœur^
- >• appellée en Latin
Môrfus ventricidi,
C Tfl: une fenfation incommode dans
l’eftomac ou l’épigaftre, qui menace à
tout moment le malade d’une fyn?
eope..
Elle dHFere de l’anévrifme du cœur,
en ce' qu’elle n’eft accompagnée ni
d’oppreffion ni de palpitation violent
te ; & encore, fuivant les fcolaftiques ,
en ce qu’elie a fon principe dans î’ef-
tomac même, ou dans fon orifice gau-.
çhe appelle-; mais les malades
ont une connoiflance fi confufe de
l’endroit qu’elle alFecïe , qu’ils font fou-
vent en peine de le déterminer. ‘
Elle différé de la lipothymie , en ce
que dans la cardialgie la douleur fe fait
fentir dans l’épigaffre, & que la lipo¬
thymie eft précédée du vertige, de
■a§4 Classe VII.
robfcufciffement de la vue ; & lulvîe
d’une douleur dans le cœur ou dans
reftomac.
Elle dilFere de la colique d’eflomac,
en ce que celle-ci eft accompagnée ,
non point d’une fimple anxiété, mais
d’une douleur aiguë dans l’eftomac ;
& qu’elle n’eft point (uivie de cet abat¬
tement des forces vitales, que les ma¬
lades expriment en difant qu’ils Vont
mourir , que le cœur leur manque ,
leur défaut.
Il ed bon de remarquer que les An¬
ciens , par le îiom générique de douleur
ou à*aigle ^ ne prétendent pas toujours
déligner cette douleur vive & violente
que eaufent les plaies ou la difîraâiori
des parties, vu que- la fenfation con-
flîfe qui accompagne la cardialgie, dif'
fere entiérem.ent de cette douleur âcre
que caufent les plaies. .
Galien met fon iiege dans l’orifice
gauche é&V..Hoffmann dans le
pylore ; mais il y a plus d’apparence
qu’elle réfide dans la cavité même de
ce vifeere.
I. Cardialgia à faburrâ y liuch. dijfert.
Erford. Dolorcardialgkus àcmditatibus
eriundus , Fréd. Hofeiann, tojn. k.pag.
Douleurs de bas-ventre, &c,
jiSi. n°. ( 5 '. Cardialgie caufée par des
faburxes ;Douleur cardialgique caufée
par des crudités. B.
On connoît cette efpece aux fignes
des faburres de reftomac, de telle ei^
pece qu’elles puiffent être^ foitque ce
ibit iine fabu'rre crue , occafionnée par
une crapule récente:, une faburre yif-
-quekxfe âcre bilieufe , putride, ou
-rabce & jees fignes font:, une pefaa-
Xeur dans l’épigafire, les anxiétés, les
riauféès , lés rapports , l’amertume de
-lu bouche, la faleté deda langue., les
-borborygmesi ‘ . '
; Dans- le cas ou lai cardialgie eft
■^accompagnéé d’amertume de bouche,
dé .vertige ! &' dei pefanteuri de tête ,
ifans iaucune. lenfion, dans i’épigafire ;
■il faut pour la faire. cefler , donner
l’émétique au malade- , & fouvent
iliuffit de, lui faire avaler.de l’eaùf tiede
pour lui procurer un yomiffemént falu-
. taire, Lorfquela faburre efi âcre, il faut
dur donner de. l’eau de poulet, où de
f^aû avec .deid’huile ; . & mêmè une
;potion légèrement cardiaque , laquelle
fortifie l’eftomae dc facilite quelquefois
■le vômiflement. Gn le purgera enfuite
•|^,\ir prévenir les ;rechutesi i
2.S6 Classe VIL
2. Cardialgia à veneno\^ Frid. Hdffi.
xi^-àrsxixy Cap,^2-. T^-G, tom. z. Cardial?
gie caufée par le poifon-À. . : ■ .
J’appelle poifon toutes les iubftan-
ces, qui étant prifes par la bouthe,
caufent-une; irritation violente dans
l’eftomaG , comme l’arfenic , rantimoi?
ne 4 & même les cathartiques réfineux
pris à contre-temps; ' Ses fignes, lors¬
qu’elle ?eft violente , font :1a ééphaîal?-
gie, le vertige, rinfomnie, le déiirei,
les convulfioùs , Toppreffion de pcâ-
tïin.e-, la palpitation du coeur.; la iyîi-
cope, la petiteffe, la foible(ffe;{ia daîd-
-té, Finégalité, l’inténmitte'ncb dn/^uls,
des tranchées,-la conftipation^l^aéten-
tion d’urine,'le froid de S extrémité^i,
le friflbnnementles lueurs, froides-,
■ couleur livide du vifage , l’altératidh
:des traits , &c.; : ^i:- : \
: J’ai connu un ; homme’,v qui pour
'âvoir avalé une drachme d’arfenic , fut
: attaqué de tous cesfymptomesdé même
de plufieurs autres, comme de l’érolioh
de l’épiderme de la bouche & de. l’.œlo-
phage, d’un fpafme- dans la verge ; &
qui-mourut au bout deihaifioürs, non
obftant tous les remedes.qu’o-h luidcm-
îîa. Ce malheureux ; avoiî : été trompé
Douleurs de has-vmtre , &c, 287
par une efpece d’Enipyrique, qui dif*-
tribuoit fes remede-s chymiqües aux
iîiaîades en dépit des ordonnances.
Dans ces fortes de cas., il faut faire
boire au malade de l’eau de poulet, de la
graiffe fondue, du beurre fondu , du
lait, de l’eau tiede, de l’eau de tripes
pour le faire vomir & émouffer l’ac¬
tivité du poifon, & lui donner enfuite
:desîavemens de même efpece, & des
narcotiques.
- 3. CardialgiaJlatuknta^}i{\dbQrtM.dX*
cband ^ dijfert. Argcritinr. hahitd anno
/y J 4 ; Dôlor cardialgicüs jlatulentus f
Frid. Hoffmanni,‘à. cap. %. pag.
'^7. Cardialgie âatueufe. A. ■
Cette efpece fe manifefte. par une
iumèur de la grpffeur d’un œuf de
poule dans la partie droite de l’épigaf-
•tre ou le pylore efl fitué , de; raême
;que parafa dyfpnée -que Oaufe la diften-
fiort' du ventricule, à caufe des ventsr
•qui y font enfermés. Elfe' efl: âufH ac-
'compagnée Aq r-apports fréquens qui
«aîme-îit quelque peu la douleur', la¬
quelle, à-ce que dit Hoffmann.^ aug¬
mente après le repas y lorfqu’on ute
'd’aîihîénsflatüèux. \
ç ' Cette cardiaIgie,dontiÿc)J^ÆZ2« nous
i88 Classé Vlî.
a donné la défcription , paroît être k
peu près la mêmè que la colique d’ef-
tomac flatueufe , qu’on appelle com¬
munément colique, venteufe d'ejlomàc ,
<juoique les Médecins modernes pré¬
tendent qu’elle fait un genre à part.
Dans cette efpece, fi le pouls le per¬
met , il faut commencer par la làignée ;
faire boire enfuite au malade quantité
d’eau de poulet, lui donner un grain
de laudanum, & auparavant, un lave¬
ment, âu cas que la douleur ne foit
. point violente. On lui appliquera des
linges chauds fur les pieds & fur la ré¬
gion de l’épigaflire, pour calmer la con-
traftion fpaûnodique des orifices ;d@ /
refiomaç.: . . :
Si la douleur efl légère , le fujet pitui¬
teux & froid, l’efiomai; foible, on aura
recours aux ftomachiques & aux carmi-
- naîi% dont les gens de la campagne font
une feilé à tous, chevaux, tels que la dé;-
- coftion vdes^baies dé-genièvre , le poi¬
vre en grain, l’anis-, le fenouil, qui dans
d’autes cas augmentent la phiogofe, la
fechereffe & la douleur, & fur-tout la
uthériaque nouvelle.-
4. Cardialgia febricofa, Voyez; Mot-
' : ..
DouL duhas'vmtré. Cardlalgle. 2.89
ion, hijl. 6'. cap. Fehris cardiaca *
Torti, de febrih. lib. iXS '& 18^,,
Cardialgie fébrile.
' #er/Â^appelle afFefrions fiévreufes
(Jcbricofas') celles qui font des accidens
des fievres intermittentes ou rémitten¬
tes^ pour les diftinguer des fébriles qui
accompagnent les continues. La Cardial¬
gie dont il s’âgk ici efl Un concours de
tymptomes cardiaigiques qui accompa¬
gnent le paroxyfme fébrile,qui vient &
, ceffe aveclui, & qui augmentent dansie
fort de la fîevre , ce qui a pareillement
lieù par rapport aux autres accidens qui
furviennent dans les fiev-res intermit¬
tentes,
" Ceux'i^i ontune fievre tierce, font
fouvent attaqués durant -le friflbn, &
mêmé^après qu’il a^effé, d’une cardial¬
gie violente, laquelle efi: fuivie d’un lé*
ger vomiffement , -Ou d’efforts pour vo¬
mir , de défaillance, ou d’une fÿ-ncope
ftomachiquè, d’un poulsfoible, d’un vi-
fage Hippocratique, de foupirs &c. dans
ces cas, l’expiration efl: accompagnée
d’un fon glapiffant ou 'd’une efpece de
hurlement, qui n’a pas lieu dans le pre¬
mier accès, mais bien dans le fécond ou
le troifieme, & rarement dans le cin-
Tome^ FL N
190 C l A SSE VIÎ.
quieme ; & plus les fymptomes font
yiolens, plus on 9 à craindre polir la
vie du malade dans l’accès fuiyant;; ; ■
: Voye^'k (on endroit., en quoi elle
différé .de la fyncope fébrile. Celle.-et
n’eft précédée d’aucune douleur d’çflo-
mac. Bartholin , centur. 3, ohf, Sq,
a obferyé danSs: fa propre nlle & dans:
d’autres des douleurs périodiques d’ef-
tomac qui revenoient de deux jour l’un
fans fievre.
Cardialgla Jputatorla^ de Ch. Lin?
næus prem. Méd. du Roi de Suède,
Lettr. ann. 17.51. Foye^ Crémafon.: C.
6. Cardialgia fehirrofa fepuh
chret. obf. Cardialgie fquirreuie. ;i
Par nn fquirre au ^^mtricuki::^^t a
été pîufieurs fois obfervée par Hypolitë
Bofea ^ & 7 ell€ caufe; une douleur qui
dure des années entières.' .
Par une mole , ou une excreiffdnce
charnue dans Vejlomac. Elle a été ob-
fervée par Vitagliano , comme on peut
le voir chez Panarole.
Par un fquirre dans le py lore &le pan^
créas. Riviere centur. t. obf. c/o.
Par Cendurcijfement du foie &, de là.
rate. Bonet. obf j/.
P SX \m fquirre au pancréas, obf. 4^.^
]OouL duhas-venm. Cardîalglc,
Pifoa, de colluvïefirofd,pag. i_94. Cette
efpece appartient plutôt à la coliq.u^
d’eilomac.
Par une verrue dans'Tejhmac. Acad,
nat. cur. Decad. /. ann. i. objèrv. joc).
. Par une tumeur Jcrophuleufi ^ Dec. j,
ann.sé'S.dbf.iyS.&c,
7. Cardialgia paralytica ; Parafyjîe d^
ventricule ; maladie, de Vejlomac jort raré'^
Lieuîaud, Mém. de VA.cad. ide. Pafis ^
Ann. iyd> <S. pag.
Elle fe manifefte par un fentiment
continuel de plénitude &; de pefanteur
dansl’eftomac, aecomp^nëde naufées
& d’elForts inutiles pour vomir.:
Un homme âgé de.foixante ans étoit
fujet -depuis long-te-mps :à ces fympto-*
mes. On lui donna l’émétique ^ mais on
ne put jamais venir à bout de le faire
vomir. Après qu’il fut mort, on lui
trouva l’eftomac tendu & rempli des
alimens qu’il avoit pris quelques jours
auparavant , quoiqu’il eût très -pevi
mangé. Le,pylore n’étoit point engor¬
gé ; d’oîrl’Âuîeur conclut avec affez de
raifon qu’il s’étoit paralyfé, èC qu’il n’a-
voit pu fe décharger, ainfi qu’il arrive,
û la velîie urinaire, îorfqu’elle eft affec¬
tée d’une paraîyfie,'il avoit la rate ex-
191 Classe VII.
trêmetnentpetite, &Iaraifon en eft que
ce vifcere eft déftiné à remplir le vuide
qui refte dans le bas-ventre lorfqu’on
s’abftient de manger, au lieu qu’il dimb
nue lorfque l’eftomac eft plein.
' S. CardiaLgia arthritiça , Sydenham,
proceff, pag. y'io. d& podagrâ. Cardiat-
jgie arthritique. A,
■ Le? perfpnn.es goutteufes font très^
fujettès'aüx cardiâlgies & aux colique?
de bas-ventre, lors fur-toüt que leur
maladie dure long-temps. Rien n’eft
irteilleur en pareil cas que l’ufage du
vin des Canaries & l’exercice. Au cas
que, le iymptome continue & qu’il y
ait à craindre pour la vie du malade, d
faut, la tête eft fibre , recourir fans
délai au laudanum, Sydenham fè garan¬
tit par cette méthode de la mort dont
il éîoit menacé à l’occafion d’une car-
dialgie violente qu’il s’étoit attirée, ÔC
qui étoit accompagnée de vomiffement
oc de colique il ne fenfoit aucune dou¬
leur dansles membres, ils étoieàt même
devenus plus difpos par l’abfençe de
la matière arthritique, il avala un conge
de poftet, & dès qu’il Peut rendu, il
but un verre de vin des Canaries dans
lequel il avoit mis feize gouttes de fon
Doul. du bas~ventre, Cardîalgle.
kiidanum. Au cas que le fymptome ne
cede point à ce remede , on provo¬
quera la lueur par la méthode & les re-
medes deftinésà cet ufage deux ou trois
jours de fuite matin & loir, pendant
deux ou trois heures confécutives.
9. Cardia Igia bradypepta;cardil(ZaŸ\2XQi
ti^de doLorccordisyàventriculi imbecîllitate^
P'3^9 ^37^‘ Fbiblefle d’eftomac. L.
C’eft une cardiaigie habitueile cau-
fée par la débilité de Feftomac. Elle efl:
accompagnée d’inappétence , la dou¬
leur eft compliquée d’un fçatiment de
prelïîon , de diflenfion & d’érofîon ,
& elle augmente pour peu que l’on;
peche à l’égard de la diete & de l’exer-;
cice, mais fur-tout lorfqu’on fe refrok;,
dit l’épigaftre, ou qu’on fe nourrit d’a-l-
iimens difficiles^ à digérer.
C’eft le défaut dfe digeftion qui l’occa-;.
lionne, & les crudités qu’elle engen¬
dre, caufent divers fymptomes , tels,s
que l’inappétence, les naufées-, les rap*
ports, la cachexie &G. "
Les principes qui y donnent lieu
font, le mauvais tempérament, les an¬
nées , la débilité^occafionnée par les
maladies qui ont précédé; l’excès dans
le boire & le manger, la crapule^,
N 'ii] *
104 Classe VîÎ.
comme robferve Flatmis , dilîend Ss-
amincit l’eftomac. 11 appelle cette ef-
pece, cor dis molejliu , imhecillitas vcntrU
culi diHà^pag. 370. H traite fort au long
de fa cure, depuis la page 398, jufqifà
la pâg^ 445, où il recommande à ceux
qui y font fujets, de porter continuel¬
lement fur la foiTette du cou un pîaflroit:
d’écarlate j ou un morceau de peau de
renard, de lievre ou de vautour, ou
lin plaftron de toile de coton , rempli
de poudre de galanga, de girofle, de
jonc odorant, de menthe, de pouKot,'
de graine de fenouil, de carvi, &:c. Il
leur confeille auffi de tenir la main pen¬
dant la nuit fur leur eftomac après l’a¬
voir fait chauffer , ou bien un petit
chien; mais les meilleurs remedes font
les vins ffomachiques, & une diete
convenable. - *
\ 10. Cardialgia verminofa , fepulchrct^
vol. 3. pag.SsLy. Fred. Hoffman n ^
w®. /c)(. Hirudinofa, Acad. Nat. Car,
eentur. /. obf. i,yx. Ÿittc\x\.Szx6n.prceleB..-
praB. part. X, cap. 7. Riviere, lib. c)..
cap. to. & cmtur. 1. obf. c)t ; Cardialgie
vermineufe. A.
M. Be:(ac , Doyen de l’Univerfité,
fût une fois à Frontignan , où il était
Doul. da h as-ventre. Cardîalgle.
mort'quantité de perfonnes de cette
cafdialgie. Ayant fait ouvrir les cada¬
vres, il trouva dans leur eftomac des
vers' qui âvoient percé fes tuniques,
te tænia caufé fouvent le matin pen¬
dant qu-on eftà jeun de femblables car-
dialgies, & elles font accompagnées
de boulimie, de ptyaiifme , qui cefferlt
dés qu’oa a mangé. Les malades ren¬
dent de temps en temps des morceaux
de vers ^ auxquels on donne le nom de
cucurhïtains. Dans ce cas, il faut donner
aux malades de l’huile de noix, du jus
de bigarreau, indépendamment de l’é¬
métique & de l’eau de BalaruC, qui ont
produit fouvent de très-bons effets.
‘ On peut aufll employer utilement
quelques rentedes qui paffent pour un
poifon. Je mets de ce nombre la racine
de la fenfitive. Labbat, Hifi. des
\Antillts; la fpigelia anthelmia, la nico-
tiane, le tabac, l’arCâne du D. Her^
tenfdiwandy ézt.lKoye:(^'WQfier, de ci-
cuta a<pidfiè. cap. /j. hi^. HUdatî.
'cèntur. i. obf. ny, '
. II. Cardïalgia laclentium ; Cardiog-
mus, Nenteriy 205. cap. c). Car-
dialgîé des ehfens à la mamelle. A.
C’eft , dit l’Auteur, üné efpece de
cardialgiê ferhilière’aux ehfans , com-
2^6 Classe VIL
pliquée d’anxiétés, de yifceres, & d’unq
douleur gravatiye, laquelle eft oeca^^
îionné^e par des ; flatuofités qui diftent
dent le Bas-ventre & le yentriculé.,
La cardiaîgie des adultes eft plus fer¬
rée , celle-ci plus lâche; elle eft caufée
par les audités. des premières voies,
par des vers Sc des Hatuolités. Elle fe
manifefte i°. par une'anxiété èc un
reffefrement de cœur y compliqué dé
dyfpnée ; par des naufées, une anof
ïexïe & un vomiÏÏemént ; 3®. par un
ptyalifme abondant, iorfqu’il y a des
vers;-4'^. par une petite fievre,. quel-
jquefqis affez forte , compliquée d^e,
moùvemens eonvuîfifs. Elle eft caufée
.par des .reftes de mercure , une Ta-
Êurre vifqùeufé , les vers, une fueur
& des achores répercutés. L’éruption'
des vents foulage le malade ; & c’eft
un bon ligne lorfqu’il a le ventre libre ;
mais il eft en danger lorfque la maladié
eft compliquée, de. terreurs pâniques.j
dè> convuifions & de fièvre. _ . ,
On purgera f ènfenî' avec du fîrop
de fleurs de pêches, auquel on ajoutera
trois ou quatre gouttes de ftrop érnéti-
que dé GlàuFer^ àu dèùx.du trôis^grâihs
^.d’ipécacuànha “ SÇéîhe/pîf cerjdè manné',
■'s’il .à deux .pu .trois ;ârisv: C?n' lui oindra
Doul. de bas-ventre. Cardialgle. 25^7 -
le nombril avec un onguent compofé
avec de l’huile d’aneth , & qvielques.
oouttes d’huile de pétrol; on le purgera
une fécondé fois, on lui donnera de«
îavemens, &c.
ï2, Cardialgia à cardiogma ^ Bon et ^
^epulâiret. tom. z.pàg. 8 o. obf. ; Ca»»
dialgie xaufée par un anévrifme.
.. Antoine de Fo^^s a xonnu un Colo*
nel de Cavalerie qui étoit fujet depuis
un an après fes repas à une cardiaîgie ,
accompagnée de dyfpnée, de l’inter-
mittencè du pouls , & d’autres fytiip-
tomès fâcheux. On lui trouva.le cœur
plus gros que celui d’un bœuf^ il por-
toit fur les poumons, qui étoient exr-
trêmement flafques , & étoit diftendii
par deux polypes qui comprimoienîT
l’eftomac après qu’il avoit mangé, &;
qui caufoient les fymptomes dont ort;
a parlé. Ôn a vu cirdefTus ce que c’eft -
que l’ailévrifme du cœur. On attribue
foüyeht dans la pratique aux faburres
& aux vices des fluides, des maladies
qui font caufées par des principes mé¬
caniques.
x'^.Cardialgiain^ammatoriadTx^ç.Sl-
Cardialgle infiammatoire;Q]\.e appartient
à finflammation de i’eftomac. A.
’* '■ -, ■ ■ - ‘ K V
XXI. Gastrodynia } Colique
d’eftomac ; Cordis dolor^ FeL
Plate ri, daff, de doloribus , vul¬
gairement appellée Colique ou
douleur. d’ejîomac ; Dolor ven-
triculi , Boneti ^ Sepulchret. Car-.
■ diaccL , Panaroii. Fréd. Hoff¬
man l’appelle Cardialgie , 8c
confond ce genre avec la dou¬
leur d’eftomac , dont Bonet a, -
. fait depuis long-temps un genre,
diftinft. Cœlius Aurelianus ap-^
pelle ceux qui en font affeélés^
Jlomachicos,
On appelle auffi toute douleur nota- -
Ble & confiante dans la régioji de l’eft
tomac, qui n’eft point âccompàgnée de'
fyncopes' continuelles comme'la caf-
dialgie. . - .
La cardialgie eft prefque toujours'
accompagnée de fyncopes ; les malades
fentent que le cœur & les forces leur
manquent; & les Languedociens ont
coutume de dire quz Cejîomac leur di',
faut. Dans la cardialgie, au contraire ^
Douleurs de ba^r-vintre, &c.
qtidjqiie-'la' douleur foiî quelquefois
âfi'ez violenté pour caufor une fyncope,
on n’éprouve pas toujours une,pareille
défaillance, il ejft même rare qu’elle
ait lieu. : ,
' - I. Gafirodynia fabw'mlis ; Colique
d’indigeftion. A.
■ C’eft celle qui eû caufée parlai^an-
tité, la qualité des aiimens, par l’ex-
,cès qu’on en fait, & par l’erreur oii
l’én^tOmbe par rapport au temps oii
l’on ' en iûfe. L’erreur où l’on tombe
par rapport aux âlimens;, eft( d’autant
plus grànde j'que la quantitéen efl plus
tonfidérabîe, la qualité plus m'auvâife,
•& i’éftomâc moinx en él^t'de les fup-
pérter; car la même nourriture qui fait
du bien à un homme fain , eft fouvent
nuifible^ à celui qui a l’efliomac foible,
il arrive'quéiqaêfois que l’eftomac fe
^^MrrafTê îde^ice 'fardeau, ou y comme
‘diferftbles M;^cins y de- ces faburres^
pUr'ùn vomilTement : 0 u une: diaïfhéè
paflagére-qui fuccede à la cardialgiè ;
ïnais-iLarriveâuiii quelquefois que fes
©Mïkés feïefferrent;ji queles faburres
i 4 ë^‘ 2 ^uV^t ^évacuer, quf il les com^-
primé ÿ ^ cette ^ompreffion: qui
JCaufo-déîteiddùIéur vive , qui eû fou-
N vj
^00 L A S,:S'É \^IL .
:vent accompagnée d’un feritiment 4e
pefantenr qui gêne la refpiraîiôn, dç la
£evre , de la dureté , de la dépreffion
de la lenteur du pouls'. Cette dou¬
leur eft cependant beaucoup plus Sup¬
portable que -dans la 'coliqué' venteufe
êc bilieufe. . . ,/b
' Cette colique, comme On J’fibfervè
^ous les jours, éfl Souvent, cauSée, par
un lait coagulé , ïpar un morçeau 4a
-tard, par des fruits d’été, & par miil^.
'autres Sortes, jd’aîimens difficiles à-dij
ôgérert; mais elle ceffe pour l’ordinaire
'à l’aide d’un .•vomiffement .Spontanéqq
-^riifîcieiou pàrùine. diarrhée qui (urÿ
-vieht^& il u’efl point à propos de rar
ientir Padion de l’eftomac ^ qui Se trou-
,ve chargé d’afimens par des narcod?
xjues, à'moins'iqne la violence de. la
^douleur n’oblige d’y^a^Oirirecourg. Il
îfuffit même pour Itordinaire de:4i|^
.^valer du malade dé 'Pèàit det^'iîd'e
i’huile y de. lui donner dé> iayetnensrj,
;dé luipaffer uhe -plumè dans la gorge
pour la faire ceder; & dedà îvient que
des .Auteurs d^gnent ;peiîie ^ mettre
cette efpèce au nombréi dçs> douleurs
de l’ellOmac, & qu’dsineslaiÊegardent
que comme un/ym^^
Doukurs d& bas’^mtf&f &c, jsf-
geftioïj dépravée, du vomiffement, ou,
<de telle :autre .maladie.
2.. Gajlrodynia jlatulenta ; Colique,
i/entcufe dlcjiomaç ^ par Aëtius
/;y?< 2 «o;parFréd. Y{onm^J^n^ Cardialgie
vcnteufe ; par EttmuUer Hypocondria-^
que. Voyez ce que fen ai dit à P article,
de là Cardial^ie. •. . -
. , C’eft une -douleur violente & ten-
,five dans le creux du cœur, accom¬
pagnée de Ia‘difficulté de refpirer , qui
^ oblige le malade de relier courbé, & qui
-ç^ppaife lorlque les vents fe frayent
une iffiie par haut & par bas. A lafoi-
.’jbleffie & à la petiteffie.du pouls, fe joi-
^ gnent le refroidjffemenî des extrémités,
une anxiété extraordinaire, un refferre-
ment du diaphragme. Elle différé de
l’inflammation d’eftomac, de la colique
jff’eflomac hyftériqpe, .& autres fembîa-
bles maladies, êp.qe que î,^pigaffre.fup*>
porte la preffion de la main, aa lieu
.qu’elle augmenté la doulqùr dans les
.maladies dont on vient de parler.
, . Ènfuite d’une faignée, au cas'-que le
.pouls lapermette,4’im layementémol-
.. lient, & .de quelques écueflées d’eau de
.^poulet ; fi- la do^ur, n’eff .point trop
«yiolente, oqpaîierqà l’hjj^e^d’aman^?
5*01 Classe VII.
douce, & enfin au laudanum & à la
thériaque récente , ou aux pilules de
cynogloffe. La dofe du laudanum fo-
lide efl: d’un grain & plus; celle du li¬
quide , de vingt ou trente gouttes ; celle
des pilules de cynogloffe , de fix grains
ou plus. On doit s’abfiènir des cathar¬
tiques, même des plus doux, julqu’-à
ce que la douleur ait ceffé pendant un
jour. Pour la prévenir , on doit s’abffe-
nir de tout'aliment légumineux & diffi¬
cile à digérer ; prendre des bouillons
emolliens, le petit l’ait-, & les eaux'mi¬
nérales froides. ’ .
3. Gajirodynia- biliofa ; Colique
dlejîomac ; Cardialgie qui cdufc
d’kxmtm Lufitanus , centur. i. ohfdcté-
Cardialgie bilieufe'^ Blanchi; atrabilaire
-î^!HolÎper & de Zàcutus.; À. ''' ’• , •;/
“ " On la croit cauiee par uné mâtiét^
■BHiedfe acre , porfacee-; éfugîhëufé.
H confie- ’paf les expériences de,
Rapportées par Étiéuller que les
acides vrtrioîîques donnent Une cou¬
leur verdâtre à la bile jaunes la dou¬
leur eft âüfil violente dans Cette efpece
que cèlle que caufé le pbifpriv 'Afnatks
obTerve même, qii’elïe %fi-qùdlquefôis
iuivir^ de convoi : Fâttribiid
Douleurs de bas-ventre , &c. 3'03;
communément au poifon : BarthoHn Sc
Bonet in fepulçhret. obf. 1. de ventricidh
dolorc 5- obfervent que lorfqu’on vient
à ouvrir ceux qui en meurent, on leur
trouve l’eftomac rouge & prefque ex*
corié. Cette efpece eft familière aux
fujets d\în tempérament chaud & bi¬
lieux , qui ufent d’alimens chauds &
qui boivent des liqueurs fpiritueufes.
Nous apprenons des expériences de
Louis Davi^ard , membre de l’Acadé-
niie Royale' des Sciences , que la bile
reflué très-aifémentdu duodénum: dans
PeRomac.
■ Cette maladie fe termine par un v€^
miffement & une déjeûion-abondante
de bile âcre & verdâtre.
Gn peut employer dans le paroxys¬
me même les émétiques légers , tels
que la décoâio:n deYemence de raifort^
Poxymeî fcillitique -à la dôfe dé fix
drachmes ; mais ula-douleur n^eR point
violenté, on -donnera au malade dé
Peau de' poulet pour le faire vomir.
Rieh' n’eâ irièilleur pour la pfëvehir
que Pufage des eaux minérales troidesi
■ • 4. Gàfirodyhia à veneno y Bonet,
pülchtét.^ obf;Z 3 , '4, S > '7* CoHquq
d’eûoiriac çaufée^ pàrlç pobbn. Aï '
304 Classe VIT.
C’eft celle qui eft caufée par des
poifons corrofifs, tels que les acides du
nitre , du fel, du vitriol, le mercure
fublimé corrofif, l’arfenic, foit qu’on
l’ait pris par mégarde , ou que quel-
qu’àutre l’ait donné par méchanceté,,
ce qui efl un crime qui exige beaucoup-
de prudence & de fagacité delà part du
Médecin qui le déféré auJuge. Lorfque
le poifon eft corrofif, aéiuel, comme
ceux dont on vient de parler , il eft
évident qu’il doit plutôt affeâer les lè¬
vres , la langue, le palais que le ventri¬
cule ; & par conféquent lorfqu’ils font
corrodés , onme peut plus douter que
le malade n’ait été empoifonné. Lors¬
qu’on n’apperçoit point ces Symptô¬
mes externes , on peut douter fi la
maladie provient d’une caufe interne,
ou du poifon. On -a coutume dans pa-
reil'cas d’ouvrir le cadavre , de trem¬
per un m.orceau de pain dans le fuc de
l’eftomac, ôç de le faire manger à un
chien ; & lorfque le chien meurt, que
l’eftomac eft corrodé & livide, on con¬
clut que le malade eft mort empoifon¬
né; mais cette.conféquence ne fauroit
tenir lieu de preuve à moins qu’ellq
ne fqit appuyée d’autres ! circonftance^
Douleurs ât bas-ventre, &c.
t^ui rendent la conjeâure vraifembla-
ble. _ Voyez-en la cure à rarticle du.
choiera.
5. Gajlrodynia ulcerofa , Bonet ,fepul-‘„
chret. obf. 6,6 ,y ,8 , z8, 42., 43 ÿ
4^ ,* & P obf. 3. de Pappendix, Colique
d’eftoraac caufée par un ulcéré, par le
fphacele du ventricule, par la putréfac¬
tion, l’exulcération, la corruption de
répiplooh, du pancréas, du foie qui
eft dans le voifînage , obf 2., 18 , ^
23 , ^8, 48, io. Append. ebf premiers^
fecoTide, &c. K,
\ C’efi celle qui accompagne 1 -inflani‘î
matiqh de i’eâomac, & lés. phlegma-
lies des vifceres qui en font voifins &
qui viennent à fiippuration J le pus, la
fanîe, les vapeurs putrides qui en for-
té nt corrodant Beftomac , du l’irritant
continuellement, decafionnent ie vo-
miflement , la êevre héâique & les
autres fymplomes funefte-squi en font
infépârables.;
. 6é Gafro^ynia Americana\ Prolapfus
"cartilagihismucronat(e,G. Pifo, demorbis
fnd. Qccid cap, ^..appelléeparles Por-
'ïügdisjpinela; Colique d’eûomac de l’A¬
mérique ^ iChute du cartilage xyphoïde.
Cette maladie eft accompagnée d’une.
3 oé Classe VII.
langueur univerfelle , dé douleur d’ef-
tomac, & quelquefois de vomiffemént,
d’une grande difficulté de refpirer, oc-
cafionnée par le refroidiffement de la
poitrine, fur-tout par la compreffion
du cartilage xyphoïde. Le malade perd
l’appétit, fes forces diminuent à vue
d’œil, & il tombe dans l’atrophie.
G’e^ imé maladie froide & chrohL
que, qui n’a rien de dangereux, qui
vient peu-à^pèu, &: qui eft par confe-
quent difficile à connoître au commen¬
cement. Les Empiriques difent qu’elle'
fe manifefte par des varices aux bras.
Elle différé de la cachexie, dé i’opi&
tion cacheâique , en ce que lé vifagé,
quoique trifte & abattu , conferve fa
couleur & n’eft point livide , èft ' ce
qu’on ne fent ni pefanteur ni dureté
dans les hypocondres, & que l’appétit
eff languifîant.
La cure demande des remedes difi-
cuffifs, chauds & corroboratifs , tant
internes qu’externes , des bouillons
àffaifonnés avec le poivre , l’ail, l’oi¬
gnon , les pilules ffomachiqiies, le firop
de tabac, le vin, le baume de copahu,
fa décodîonde faîfepareiile & de faffk-
liras ayecd’anis &: la canelle. Les exter-
Douteurs de b as-ventre , &c. 3 07
h€S fontles venîoufes feches appliquées
plufieurs fois fur les mamelles, les lini-
mens de l’eftomac & de la poitrine
avec Phuile d’écorce d’orange, de tabac
d’armoife , de menthe fauvage ; un
éculîbn ftomachal fait avec des herbes
corroborantes ; enfin , un emplâtre
compofé avec les baumes & les réfînes.
Le bon effet, dit Pifon , qu’ont pro¬
duit ces remedes dans la colique , l’a-
trophie, & la dyffenterie , m’obligent
à recommander aux Chirurgiens les
Venîoufes feches & les topiques ex-:
ternes.
• 7 . Gajlrodynta periodynîa.
La Périodynie des Grecs efl, fl je ne
me trompe, une efpece de colique d’ef-
tomac chronique , telle que celle que
j’ai obfervée dans un Prêtre âgé de for-
xante ans, qui étoit fujet depuis fix
mois après avoir mangé, & pendant
tout le temps que la digeftion fe faifoit,
à des contorfions , des inquiétudes ,
des douleurs & des tiraiîlemens qui fe
communiquoient aux intefbns , & qui
lui rendoient la langue très-feche, fans
qu’il fut pour cela altéré. II était extrê¬
mement maigre , foible , conftipé ; foiî
pouls étoit rare , mais d’ailleurs le mêmst
5o8 C l a s s e VÎI.
que dans les perfonnes faines, il fentoit
quelques douleurs dans les lombes.
Je lui ordonnai les bouillons de pou¬
let, des narcotiques, & enfuite le lait
d’âneffe; il les prit pendant un mois,
& il guérit.
8. Gajlrodynia calculofa ^ Schneideri,
lib. .3. de catarrhis , cap. 7. Elle a été
connue de Rivière^ à!ALfarius, de Cru*
cius\ de Banholin , & obfervée par plu¬
sieurs autres. C,
Un certain Artifan fentoit depuis
long-temps dans fon eftomacune pefan-
teur incommode , comme s’il y eût eu
dedans une meule de moulin, il mourut
non obflant tous les remedes qu’on lui
donna. On lui trouva dans le jéjunum
une pierre blanchâtre qui comprimoit
le pylore, & qu’aucun Médecin n’^a-
voit foupçonné y être. Voye:^ quelques
autres obfervations pareilles à l’article
de la Paffion iliaque. Voye^ aufîi Bonet,
fepulchret. tôm. z. pâg..yy. obf, 33. de
çalculis cyjîicis , obf. de calcuLo gaf
trico, ibidem, obf 3a. & iix hiftoires
de pareils calculs, obf J’ai vu des
calculs gaftriques eliipioïdes, blancs,
plus légers que l’eau, plus gros qu’un
eeufde pigeon, qui ne s’enflamnK)ienî
Douleurs de bas-ventre , &c, 30^
point au feu , & qui différoient par
conféquent des eyftiques, qui avoient
"'eaufé le choiera niorbus.
J’ai vu divers Charlatans , dont l’un
entr’autres avaloit des cailloux très-
durs , liffes, fphéroïdes, de même dia¬
mètre que l’œfophage, fans être incom¬
modé. L’autre mâçhoit une efpece de
caillou teftacé, dont toutes les maifons
de Montpellier font conftruites, & en
avaloit d’allez gros morceaux , qu’on
entendoit remuer dans fon ventre. Je
iî’ai pu favoir s’ils les vomiflbient. J’ai
àuïE tfaîté uîi foldat, qui' par maniéré
de jeu jXafîbit dès verres daft? fa bou¬
che en avaloit des morcèaux.*'
• La coliquè d’eftomac accompagne foü-
vent celle du foie qui eft caufée par des
calculs. Voye^ Bonet $ Jepulchret. toni. z.
^ 33 - ; ; ,
(). Gajîrodynia ajiringens ; Stomachi
ajlriciio Aetii, Lib. j .ferm. /. cap. 1^.. Ref-
ferrement d’eftomac. L. ^
C’eRbne douleur que l’on fent pen¬
dant la digeftion,accompagnée de conf^
tipatioh , d’une cKâléur générale , fur-
tout dans les paumes des mains, & aux
plantes des pieds , de là rougeur du
vifage, de la fréquence du pouls , ou j
jio Classe VII.
fuivant quelques-uns, d’une petite fiè¬
vre. Elle attaque les perfonnes qui ont
les chairs feches & épaiffes. Voilà ce
qu’en dit Æthis. Pour moi j’attribue
cette maladie à la féchereffe & à l’éré-
thifme de l’eftomac , au défaut de boif-
fon aqueufe, & à la difpofidon fpafmo-
dique du genre nerveux.
Aüïus confeille dans le paroxyfme,
c’eft-à dire, dans le temps de la digef^
tion, de fe frotter oc de fe lier les extré¬
mités 5 de tenir le corps droit, de fe
faire porter en litiere, & enfuite d’ufer
d’humedans & de délayans, par exem¬
ple , de s’oindre le corps avec de l’huile
& un peut de nitre ; après le paroxyf¬
me, de boire beaucoup d’eau chaude ,
de fe baigner les pieds, & de fe laver
fouventles mains. Jèîius dit avoir fou¬
lage fes malades en les faifant baigner
avant leurs repas, & en leur failànt
boire du vin après que la douleur ayoit
cefle. lis doivent uier d’alime ns faciles
à digérer, & en faire trois ou quatre
repas. ,
10. Gaflrodynîa. amrens. Voyez Jo nf-
Xoti^ idza m^dîcina J pag, j^^S.Jiomachi
aitntîoj ^onot PoLyalth. Periodymajid’"
machi d’Hippocrate , qui , à;ce que dit
Doukurs ic h as-ventre , &c. 311
vçulu dérigner par là la douleur
violente qu’elle caufe, de mê.me que
îatenlion dont elle eft accompagnée. L.
• Cette efpèce (urvieat auffi dans lè
temps de la digeftion, mais elle eft ac¬
compagnée d’un foid dans les exîrémi-;
tés&c de la courte haleine, en quoi elle
différé de la précédente. Eft-ce une
efpece différente de la colique d’efto-
mac caufée par des faburres, de la coli-;
que d’eflomac \enîe\x(e , Jonjion
confeiile à ceux qui en font atteints de
s’oindre l’épigaftre avec de l’huile de
nard & d’avaler une drachme de poivre.
Hecquet veut qu’on ufe dans les repas
d’une boiflbn émolliente , &: qu’on
prenne dans le temps que la douleur fe
fait fentir de la thériaque récente.
,,11. 'Gajîrodynia àperegrînis ; Cceliacm
ûffeUus^ àQ Celfe , Lib, g., cap. iz. Coli¬
que d'ejîomac caufée par des corps itrart^
gers ; Affeâion cœliaque.
Elle eff caufée par des corps qu’oa
avale & qui ne peuvent fe digérer , par
exemple, un morceau de fer fuivant
l’obfervaf.on de Scholtzius ; une pièce
de cuivre , d'’argent , un couteau , une bou^
c/e, un clou , une épingle. Voyez Tiffoî,
Avis au peuple , 7?'^. jCJ ; des cailloux:^
3IX Classe VIL
ainü que Cardan ^ Hejjius &c. l’ont ob¬
ier MoLknbroeck^ rapportent
qu’un homme en fut atteint pour avoir
avalé des pilules dorées & réfineufes qui lui
fefterent pluiieurs mois dans l’eftomac.
ta même chofe arriva à un autre, à ce
que dit Hildanus,3. pour
avoir avalé un morceau de iard; à un
àtitre,fuivantPlaterus,o^/ lib. pour'
avoir mangé une livre de gingembre.-
Eile a été caufée dans d’autres par de
petites yelîies remplies de poux , fui-
vant Heurnius ; par des lézards & des
couleuvres, fuivant Gefner Hijîor. ani¬
mal. de /Æcertti, qui rapporte que trois
miilè hommes en moururent. Le D;
Batigne rapporte d’ans lés Mém; de la
Société R. de Montpellier, qu’il a
pas long-temps qu’un homme rendit"
par la bouche des falamandres, enfuite
de l’émétique qu’on lui donna.
A l’égard de la colique d’eftomac que
caufent les taenia, les vers, les chenilles
& autres pareils reptiles qui s’engen¬
drent dans l’eftomac, Voyez^ ce que j’ai
dit à l’article de la colique d’eftomac
vermineufe.
- J’ai vu dés gens qui ont avalé impu-
îiéxnent des épingles , des plumes à
écrire,
Douleurs de h as-ventre, &c.
écrire, du verre, des coquilles de mou:*
le, des noyaux de pêche, &c. mais
tous ne font pas auffi heureux, & il
en -a 'plufieurs à qui ces fortes de folies
eaufent des coliques d’eftomac énor¬
mes , des ulcérés qui font tôt ou tard
fuivis de la mort, il y a quantité de
liqueurs propres à diffoudre ce corps,
^ qu’on peut prer^ire en toute iùreté,
par exemple , le jus de limon, pour les
coquillages ^ mais il eft bon de mettre
en ufage les lubrifians ,pour en procu?
i-er l’évacuation.
. II. Gajîrodyniaà xiphoide.là^lorri^y
Mpidem. lib, z.pag. 242. Barbette
praB. lib, i. cap. 4. C. . .
• Les Lan^edodens appeîleht cette
maladie, la palette de Vepomuc tombée^
Barbette & Bonet prétendent que cette
maladie n’eft pas rare , mais elle l’elî
cependant plus qu’on né le croit com-
-muriément. Elle eft occafionnée.par l’af*
fàifTement ou la luxation du cartilage
xiphoïde, & elle eft accompagnée d’une
douleur continue, de vomiffement,
d’anorexie , dt fi la maladie perfévere^
d’atrophie^ On rend par la bouche les
alimens dès qu’on a mangé, & la dou¬
leur fübfifte des mok & des ani^es^
Tàme Fl, Q
314 Classe Vit,
Barhctu veut qu’on applique de greffes
ventoufes fur la région de l’épigaffre
une fois ou deux , & enfuite un em¬
plâtre aftringent. Bonct rapporté que
tous ces fymptomes cefferent dès que
le Chirurgien eut remis ce cartilage en
place. Wtpf&r prétend que cette mala-
,die ne différé en rien de la douleur du
foie caufée par les calculs.
13. Gajlrodynia pulfatïlis. Bontty
fipulchm. tom. z. obf. 46 . pag, So,L.
Elle confifte dans une douleur ac¬
compagnée de pulfation dàns la région
•de l’épigaftre, & qui n’a rien de com¬
mun avec celle que l’on fent dans les
autres efpeces. Je l’ai obfervée deux
ou trois; fois, & elle n’efe pas rare chez
les fujets hypocondriaques & hyffé-
riques. On l’attribue communément à
la pulfation de l’artere céliaque , qui
devient quelquefois de la groffeur du
poings fi l’on en croit Bonet, Il eft cer¬
tain que les arteres gaftriques & l’aorte ,
quand même elles ne feroieftt affeâéés
d’aucun anévrifme, ont affez de fenfi-
bllité dans ces fortes de conftitutions,
pour produire cette- pulfation incom¬
mode. V ^
- - .14. Gaflrodyma hyjkrka / Colica hyf-
ÿouleurs de bas-vemre, &c. '315
ierlca,, Sydenham, cap. y . pag, igz, &
in pr0cejf.pag. €^^. Colique d’eftomac
hyftérique. L.
Cette maladie ell: familière aux femi
mes hyftériques, de même qu’à celles
dogt le tempérament eû affoibîi par les
jnaladies , & fur-tout par des accouche-
imensilaborieu^, ^ eil accompagnée
d’une douleur aiguë dans la folTetfe du
g:œur, &^d’un vomiffement de matière
yerdâtre. La colique bilieufe a fon fiege
dans les inteftins, celle d’eftomac dan;ÿ
ee vifcere même. Celle- ci abat les forces
à un point extraordinaire , & jette la
inalade dans le découragement. La dou¬
leur cefte pendant un jour ou deux^
mais elle revient au bout de quelques
femaines avec la même violence; &
après qu’elle eft paffée, il refte une fen-
libilité dans,, i’épigaftre que la moindre
preifton irrite, & d’ailleurs elle eft aflez
îbuvént compliquée d’un iâere pen¬
dant. quelques jours; Elle diftere de la
paffion iliaque & de la colique bilieufe ,
ainfi qu’il eft aifé de s’en ^convaincre
q)our q>eu qu’on -y fafle attention.
i-y Cim. On donnera à la malade du
.'poffet y pu du petit lait cuit avec de
•l’aile ou de la biere, autant qu’elle
O q
3î ê C L A S S E VII.
pourra en boire, pour la faire vomir
^ nous nous fervons en France d’eau de
poulet ou de petit lait ) '& enfuite 25
gouttes de laudanum liquide dans de
à’eau de çinnamome, réitérant ce paré¬
gorique jufqu’à ce que la douleur foie
calmée. Il convient même de côtumem
cer.par la faignée, au cas que les forces
le permettent - /
Àu cas que les paroxyfm^s revien¬
nent, on lui donnera dans les interval¬
les qu’ils laifîent, un bol compofé d’une
drachme, ou d’une demi-drachme de
zédoaire, avec du firop de citron, ma¬
tin &foir pendant un mois, & par
deffus l’infùliôn fuivante. Faites infufer
demi-once dé zédoairë dans quatre on¬
ces de vin des Canaries pendant douze
heures, coulez-le, prdez-Ie pour
i’ufage. On peut auffife fervir du baume
du Pérou, comme dans la colique 4 ®
Poitou. “
15. Gàjîrodynid chlqràtica ; Çoliqaé
d’eftomac chlorotique. L.
-- Cette éfpece efl eaufée par la fup-
"■preffion des flux mehflruel & hémorr
■roïdal; elle éfl: familière aux femmes
-qui' ont les pâles coùîeurs iî ÿ eh a
;|)éu qui eh foient exémptesi' La doüîehlî
Doiileurs de bas-venite^ &c.
cfl: à la vérité fupportable, mais fiie ^
& s’étend depuis répigaflre-, jufques
dans le dos entre les deux omoplates ;
efle eft quelquefois accompagnée de
l’ènflure de l’épigaHre & de dyfpnée ^
pour peu qu’on agiffe, de laffitude , de
pefanteur dans les jambes, de la pâleur
dp vÜage, de l’enflure œdémateufe des
pieds, & d’anorexie. On la guérit dé
même que la chlorofe par l’ulage con¬
tinué des chalybés.
16. Gajirodynia, hypocbondridca ; Co-^
lîca hypochondriaca y Sydenhami, Pro’^.
cejfus inteprï de colicâ hyflerîcd ^pag. 670^
Colique d’eftomac hypocondriaque.
Elle a beaucoup d’afîinité avec la
colique d’eftomac hyftérique, mais elle
afFeâe les hommes hypocondriaques,
& Sydenham exhorte les Médecins à
chercher une méthode curative qui lui
convienne , & à laquelle la maladie
cede pour ainfi dire natuellement. Les
chalybés tiennent le premier rang par--
miles remedes dont on peut fe fervir;
17. Gajlrodynia febricofa , Morton ,
de proteif. febt pag, gg. hijl, iS. Joufn,
de Mid, Janv, lyGi.pag. z 5 . Colique
d’eûomac fiévreufe. A,
O ii j
^i8 Classé VII.
18. Gafirodÿnia àfrigore de Meyferey
n^. 411. Colique d'eflomac caufie par U
froid, B. ' v.ü
19. Gajlrodynia metajlatica, Mey<*
.ferey, n°. 411, Colique d’eftomaemé-
taftatique , caufée par la répercuffion
de la matière morbifique de la goutte 3^
de la gale, des dartres, des fêtons, de«
ulcérés , des marifcas. A.
20. Gaftrodynia gajirocelica , de Mey-»
ferey, , 411. Voyez le gajîrocck. A,
Nota. Le mot de colique n’étoit au¬
trefois employé que pour défîgner les
douleurs qui ont leur fiege dans le co¬
lon ; on s’en efl: depuis fervi -pour dé-
ligner celles de l’ileum, du foie, de la'
matrice, de l’eftomac & je ne fai de
quelle autre partie , ce qui eft d’une
çonféquence dangereufe dans la prati 4
que de la Médecine. En effet, il n’y a
proprement qu’un nom qui convienne
à chaque genre , à moins qu’on ne
veuille confondre toutes chofes ; Sc
comme les genres des maladies qui af>;
feftent les divers vifeeres font diffe-
rens, il s’enfuit qu’on doit les diflin-
guer par des noms qui fervent du moins
à faire connoître les principaux fymp-
Douleurs dt has-ventre. Colique. 319
tomes qui les accompagnent , autre¬
ment il faudra bannir ceux de céphar
lalgie, de cardialgie, de goutte, &c.
XXIL CoLicA} Colique ^ Douleur
au ventre,
La colique eft une maladie dont le
principal fymptome confifte dans une
douleur ou une fenfation incommode
dans le gros inteftin, & qui efl déter¬
minée par fa fituatiori, fa figure ^ & fes
ufâges.
Comme les inteftins, foit gros ou
grêles , occupent différentes places, &
font contigus aux différens vifeeres du
bas-ventre, il eft difficile de connoître
le fiege de la maladie fur le fimp'ie ex*‘
pofé du malade, & de la vient qu’on s’y
méprend tous les jours. On peut ce¬
pendant à l’aide de la phyfiologie, &
lorfqu’on connoît les caufes, les princi¬
pes & les fymptomes de la maladie , la
ftrudure, la fituation & l’ufage de l’in-
teftin, connoître auffi les différens fymp¬
tome s qui doive nt e n réfulter, aufli-bie n
que la partie affeélée, tant dans cette
maladie-ci que dans les autres. ïl eft:
fâcheux que l’on ne puiffe diftingueï,-
O iv
5 10 Classe VIL
plufieurs genres de maladies que parle
moyen de la théorie ; il feroit infini¬
ment mieux de les définir par les fymp-
tomes qui leur font propres , mais il
fàudroit pour cela qu’on s’attachât à
nous donner une hiftoire des maladies
plus exaâe que celle qu’on a jufqu’ici^
Le mot de colique ne s’efi: introduit
idans la Médecine que du temps de
Plint, Les Grecs ne connoiflbient point
cette maladie, ou ne l’avoient point
lâéfignée par aucun nom- propre. U»
appelioiént iUum cette douleur de Tin-
teftin grêle, qui efi: accompagnée de
confiipation dhin vomiffement con¬
tinuel, & à laquelle nous donnons le
lîom de pafiion iliaque, de même que
ïes Arabes appelloient pa£ionem coli-
cam , celle qui a fon fiege dans le gros
ântefiin. Quelques-uns ajoutèrent à la^
idéfinition de la colique, qu’elle étoit
compliquée de conftipation, pour dif*
îinguer les tranchées de la colique or¬
dinaire ; mais cette diftinftion n’appar¬
tient point au genre ; car fi la douleur
cfl: violente, confiante, compliquée de
tranchées & de déjeâions par bas, &
qu’elle foit le principal fymptome de
m ïïiâladie, ce fera prqprement uné
Douleurs de hàs-vemre. Colique, 3 1%
colique; & à plus forte raifon le fera-
t-elle fi le ventre eft libre comme il arri¬
ve quelquefois ; autrement, il n’y aura
point de genre auquel on puiffe rap¬
porter cette douleur, & il faudra en
créer un nouveau fans néceflité.
• I. Colica jLatulenta , Sennert, de do-
lore colico, prima fpecies% Boviqî ^ Jèpul-;
chret. obf. / & z. Colique venteufe.
On laconnoît i en ce qu’elle s’ap-
pàife dès que le malade a rendu le la¬
vement qu’il a pris, ou qu’il a été à la
felle, ce qui n’arrive point dans la;
colique d’efiiomac venteufe ; en ce
qu’elle s’étend le long de l’inteftin
ou tout autour du bas-ventre, d’oîi
vient qu’elle affeâe fouvent la partie
inférieure de l’efiomac où palTe le co¬
lon ; mais elle fe calme par l’éruption
des flatuofités & des borborygmes ès.
par le changement de fituation ; 3^.-
Quoique dans le fort de la douleur il
fiirvienne une rétention d’urine , &
que la verge fe roidifle fans aucun ai-
guüion de volupté; eEe n’efl: accompa¬
gnée ni de maux de reins , ni d’envis-
d’uriner , d’aucune ardeur ni d’aucune-
altération dans les urines comme danS’
la colique rén^e 3,4°. la douleur n’au^-
3^^ Classe VII.
mente point lorfqu’on preffe le
ventre, comme dans la colique d’efto-
mac hyftérique, & dans l’inflamma¬
tion des inteftins ; 5 elle eft compli-
quée de la fécherefle du bas-ventre,
de conflipation & de l’endurclffement
des excrémens ; 6*^. elle n’a ni les fymp-
tomes ni les principes procatartiques
de la colique de Poitou.
Elle eft caufée par le défaut de dî-
geftion , lequel engendre quantité de
flatuofités , au lieu que lorfque la fali-
ve, le fuc gaftrique & la bile font tels
qu’ils doivent être , la digeftioa fe fait
fans caufer aucune flatulence. Les ali-
mens les plus flatueux font le vin qui n’a
pas affez fermenté, les légumes, & les
fruits charnus & cucurbitacés. Cette
efpece , quoique légère & paflàgere ,
eft fouyent l’avant coureur de i’iâere',
parce qu’elle empêche le cours de la
bile dans le duodénum. Il confte par
les expériences Stwart a faites fur
un homme & fur un chien , que lorf¬
que la bile cefte de circuler, il s’en¬
gendre des flatuofités dans les inteftins;
& la même chofe arrive lorfque le bas-
Ventre eft conftipé.
Lorfque la colique eft: légère, il fuf
Douleurs de tas-ventre. Colique. 315
fit d’un lavement émollient, huileux,
de l’infiifion de camomille en guife de
thé, d’appliquer des linges chauds fur
le bas-ventre, & de le frotter pour là
faire ceffer. Dans le cas où la douleur
eft violente, il faut commencer par fai-
gner le malade, lui faire boire beau¬
coup d’eau de poulet*, luf donner un
lavement émollient, & fi ces remedes
né produifent aucun effet, vingt ou
trente gouttes de laudanum liquide. On.
lui donnera enfuite toutes les quatre
heures de l’huile d’amande douce, fans
difcontinuer l’eau de poulet, & quel¬
ques lavemens d’environ une chopine
pour lui tenir le ventre libre. Après
que la douleur fera appaifée , on le
purgera légèrement, & lorfquelafaifôn
le permettra, on lui fera boire les eaux
minérales froides pour délayer labile,
& balayer les premières voies.
, 2. Colica pituitofa , Sennert, ibid ^
troijiemme efpece , Fernel, pathoU lïb. G»
mp. c). Salmuth, centur. t. objerv. y dm
fepulchret. obf. 23. Colique glaireufe.
On la croit occafionnée par des hu¬
meurs épaiffes & gluantes qui engor-
nent le gros inteftin. Elle caulé la même
douleur que fi l’on .enfan;çoit un pieu
O vj
324 Classe VII.
ou une tariere dans la partie, ce qui;
vient de la diftenfion qu’y caufent les- '
glaires & les vents qui y font enfei-
jués. Quoique les douleurs des autres-
efpeces foient fortes & aiguës, elles ne-
ÎKint là.fixes m perforantes ^ à quoi l’on;
peut ajouter que cette colique eft très-
opiniâtre.
Ettmuller attribue cette douleur gra--
y^rive aune pituite , ou mucofité abon¬
dante , vifqueufe, mais fans aucune
acrimonie, prétendant avec raifon que
c’eft l’acrimonie acide qui la rend tout
à la fois gravative & contondante ; it
convient toutefois qu’elle efl; fixe, con¬
tinue 5 pertérébrante ; & croit qu’elle-
à fon fiege dans l’hypocondre gauche,.
& qu’elle afFeâe très-=fouvent leshypo-
condres, au lieu que la coliqüe ven-
teufe eft accompagnée d’une douleur
& d’un fentiment de diftenfion & de
déchirement ; la cure prophylaftique.
exige l’ufage des fels neutres.
3. Colica jlercorea, Ettmuller, de in-
tjefiinorum doloribus , tom. u pag.
Colique ftercoreufe. A.
' C’eft ceUe qui eft caufée par des
cxcrémens recuits & endurcis qui ne
peuyçnî fortir^ Je l’ai plufieuts fois ob?
JDoüteurs de has^ventre. Colique.
fetvée chez les femmes qui font déte¬
nues dans des' maifons de force , à
caufe du chagrin où elles font plongées
de la vie fédentaire qu’elles y mènent.
Ces excrémens ainfi endurcis caufe nt
fou vent des coliques violentes fans fiè¬
vre , qui font fuivies de quelques déjec¬
tions fanguinolentes. On connoît cette
maladie autaâ:; les cathartiques les plus
doux l’irritent ; mais elle fe diflipe aa
bout de quelques jours par le long ufage
de l’huile d’amande douce, des fomen¬
tations & des lavemens émolliens,
fans aucune éruption de vents^du moins
qui foit confidérabie , & les excré¬
mens s’évacuent infenfiblement en
forme de gale de cyprès.
4. Colica verminofa^ Sennerti,y 3 cazî-
da fpecies doloris colici , Fabricius, centi.
1. obferv. 6 y. Ne feroit-ce point le
phics de Ceife ? Coîi<^ue vermineufe. A.
Celle-ci eit caufee par des vers, ÔJ
elle confifte dans une douleur tantôt
corrodante, tantôt poignante quichan^
ge de place, & qui n’efi: accompagnée
d’aucune cQnftipation. Les douleurs
font fouvent paffageres, accompagnées
de foubreiauts dans le bas-ventre, pour
: l’ordinaire, de cardialgie, de aauféeSj,
3i6 Classe VII.
d’une petite fievre, de déjeftions grî-
fâtres, fur-tout chez les enfans, d’une
odeur particulière d’haleine, tantôt de
la, pâleur, & tantôt de la rougeur du
vifage.
Comme le bas-ventre efl; ordinaire¬
ment relâché dans cette efpéce , on
peut purger le malade avec le féné, la
barhotine , le mercure doux , &c. à
moins que la douleur ne foit violente ;
fi l’on craint la fievre , le délire & les
convulfions, & que le fujet foit d’un
âge un peu avance, on peut lui donner
avec fuccès le firop émétique de Glau-
bcr. L’huile & le jus de limon fuffifent
quelquefois,, dans le paroxyfme. Les
lavemens opèrent quelquefois ce que
les cathartiques n’ont pu faire, & pro¬
curent l’évacuation des vers. Lorfque.,
le fujet eû jeune , on peut lui faire ava¬
ler trois gouttes d’huile de pétrol, &
lui en oindre la région d'n nombril.
5. Colica biliofa f Fnd. Hoffmann,
pag. 28 & non point de Sydenham ^
qui eft le Chordapfus. Colique caufée
par une humeur âcre & fcorbutique de
Sennen; CcÀïqaehïlieiffe.
Cette efpece attaque les jeimes gens
yifs., chauds , colériques, adonnés aux
Douleurs de has^venire. Colique,
liqueurs fpiritueufes, les hommes bi¬
lieux , qui font beaucoup d’exercice eiï
été, quelquefois avec une fievre paffa-
gere , & d’autres fois fans fievre. Ses
fymptomes font, la voix rauque , la .
cardialgie, la cacofitie, un vominement
de bile porracée, le hoquet, la chaleur,
la foif, l’amertume de la bouche, l’u¬
rine peu abondante, haute en couleur,
la confiipation , qui n’a pas tovf|Ours
lieu, en quoi elle différé du chordapfe,
les déjeâions bilieufes & fréquetes. La
douleur fe fixe le plus fouvent dans les
inteflins grêles, par exemple , le duo¬
dénum ; le bas-ventre n’eft ni chaud ni
tendu comme dans l’inflammation de
bas-ventre • les urines coulent à l’or¬
dinaire , le malade a des vertiges, le
pouls n’efl: ni dur ni tendu, quoique
frequent ; la maladie eft aiguë.
La cure exige d’abord la faignée, les
lavemens émoiiiens avec la mauve , la
graine de lin , la racine de guimauve,
l’huile, les bouillons cuits avec î’ofeiîle,
les potions acidulées, comme le petit-
lait, la limonade , l’oxycrat, l’eau ni-
trée, l’eau de poulet, les fomentations
émollientes, la tifane d’orge, lesémul-
ôons narcotiques. Dans le fort de U
^rS Classe Vif.
douleur, le laudanum, ladécoftionde
têtes de pavot dans de l’eau de riz froi¬
de ; mais avant toutes choies la purga¬
tion & la décoâion de caffe. Au ca&
que la douleur revienne, on aura re¬
cours aux demi-bains.
; 6. Colica phlogiflica^ Sennert , qua^
tmme cjpecc ; Phlogofis intejlinorum de'
Eelix Piaterus. Tiffot, Avis au Peuple,-
Colique inflammatoire.
Elle ne différé de l’inflammation-des
boyaux que par Ion degré, je veux
dire, qu’elle n’efl: accompagnée ni de
fievre aiguë ni de l’agitation ni de la
fréquence du pouls, ni de la chaleur
excefîive, ni de lueur, &c. on la dif-
tingue des autres efpeces par l’enflure
du bas-ventre, par Ion extrême fenfi-
bilité qui fait qu’on ne fauroit y tou¬
cher , par la rénitence des vilceres du:-
bas-ventre vers le nombril, par la diffi¬
culté d’uriner , la foif, &c. On lagué^
rit par des faignées copieules, des fo¬
mentations émollientes, des Iavemens>
de l’eau de poulet, comme l’inflamma¬
tion des boyaux. Loriqu’on traite les
coliques venteufes avec des remedes
-chauds, elles dégénèrent fouvent em
. coliques inflammatoires. Les. cathartr?-
Douleurs de bas-ventre. Gotique, 3 2^
ques âcres, pris à contre-temps, com¬
me lorfque le bas-ventre eft relTerré ,
la caufent fouvent. Voye^ l’Inflamma¬
tion des boyaux.
7. Coûta fpafmodica^ Frid. Hoffmann»
de intejiinorum dolore , pag. 2.8y ; Coli¬
que convulfive , Sepulchret, pag, zGG»
obf, Z, A.
Il y en a une t^Iîofftnann attribue
à une férofité âcre qui engorge les in-
teftins, & une autre qui efl: endémi¬
que en Hongrie. Celle-ci eff une ef-
pece de colique de Poitou, dont je
parlerai à fon article ; l’autre eft com¬
pliquée de mouvemens convulfifs, mê¬
me dans, les parties externes. Elle afl-
feôe, à ce qu’il dit, les fujets goutteux-
& feorbutiques. Elle eft ordinairement
fuivie d’infiammation , &: on ne peut
la guérir qu’en attirant la matière arthri'-
tique dans les pieds, la fcabieujè &: la
miliaire yOVL la pétéchiale au dehors. Elle
paroît donc être la même que la colique
arthritique de Muf^rave, cap, 3. de ar-
thritide. Baglivi prétend qu’après la fai-
gnée il n’y a pas de meilleur remede
que l’infulion de camomille en guife
de thé.
8. Colica plethorica; Colica Jusnm’y
330 Classe VH.
rhoidatis ^ Juncker, Tabul. loG ^ qui
l’attribue à la répercuffion de la goutte
ou de la fciatique,la confond par
conféquent avec la convulfive. Colique
çaufée par la pléthore. Colicafanguin&a^
Nenter. tab.zG; Colique fanguine. A.
C’eft celle qui eft caufée par la fup-
preffion des menftrues, des lochies,
des hémorrhoïdes , & qui ceffe dès
que ces écoulemens reprennent leur
cours ordinaire. Elle eft familière aux
hommes & aux femmes pléthoriques
& hypocondriaques ; & elle eft fou-
vent accompagnée d’un tenefme hé¬
morroïdal , & d’un flux de fan g abon¬
dant. Cette efpe ce exige la faignée ,
des délayans & des emmënagogues.
Colica catammialis. C’efl; celle qui
dans le temps des ordinaires aïFecle le
bas-ventre, les lombes & les parties
voifines de la matrice. Elle efl: fouvent
très-violente, & ceffe par la faignée &
l’éruption des menftrues. Coli¬
que utérine.
9. Colica Lapponica , Einnæus ^flora
Lapponica^p. 69. de Angdicâ, Colique
Lapponique. C.
Les Lappons qui vivent dans les fo-
ïêtis font fujets a une maladie très-cruel-
Douleurs de baS'ventfe. Colique, 331'
le, qu’ils appellent ullem ou hotme , la¬
quelle eft une efpece de colique appro¬
chante de la convuhive de Scheuch^r.
Elle caufe dans les vifceres qui font
dans la région du nombril des fpafmes
qui s’étendent jufqu’au pubis, & dont
les accès font au& violens que les
douleurs qu’éprouve une femme en
travail, de forte que le malheureux
Lappon fe traîne par terre comme
un ver, & rend fouvent une urine
fanguinolente. On ne fauroit l’attri¬
buer au calcul, vu que ces peuples n’y
font point fujets non plus qu’à la goutte.
Au bout de quelques heures, quel¬
quefois d’un jour, la maladie fe termine
par un ptyalifme abondant qui dure un
qûart d’heure. Les Lappons aflurent
que cette maladie ne les attaque point
tant qu’ils vivent dans les montagnes ,
& qu’elle ne les prend que lorfqu’ilsdef-
cendent l’été dans les forets, où ils font
obligés de boire de l’eau à demi cor¬
rompue , échauffée par l’ardeur du fo-
leil, & remplie de petits vers qu’il ap¬
pellent gordio. Ils fe fervent pour la gué¬
rir de remedes extrêmement violens ,
tels que la racine d’angélique , la cen¬
dre ou l’huile de tabac, le cafloreum
3JZ Classe VU.
liquide, &c. La colique convulfive dont
Shhcuchicr donne la defcription dans
fon voyage des Alpes emporta plufieurs
Religieux qui faifoient cuire leurs ali-
mens dans des vaiffeaux de cuivre,, &
cette efpece paroît être la même que
la colique de Poitou. Laurent Montîn
prouve d’une maniéré inconteftable
que celle des Lappons efl: caufée par le
gordio qu’ils avalent avec l’eau dont ils
ufent, & qu’elle cefîe dès qu’ils l’ont
rendu.
10. Colica Japonîca,^œm^^,fajct
3. ameenit. obf. y/. C, 5’e/2Â:i par les Ja- .
ponois, c’eft-à-dire un fpafme des in-
tedins&: du bas ventre fi fi*équent dans
le pays , qu’à peine fur dix adultes y
en a-t-il un qui en foit exempt.
On l’attribue à la biere dont ils ufent,;
laquelle efi: faite avec le riz, ce qui feit
que les étrangers qui en ufent y font
fujets tout comme îss nationaux.
Cette efpece différé des autres,
en ce qu’indépendamment des douleurs
lancinantes qu’elle caufe dans les intef-
tins, elle excite aufli des mouvemens
convulfifs dans les aines ; 2^. en ce
qu’elle caufe des douleurs dans les muf»
des du bas-ventre. 5?. Elle caufe fou-
Douleurs de has-ventre. Colique. 3 5
^ent au malade une efpece de fufFoca-
tlon hyftéfique quiafFeâe toute la re*
gion depuis le pubis jufqu’au cartilage
xiphoïde. 4'^. Après que la maladie a
duré quelque temps , elle fe termine
parles tumeurs dans différentes parties
4u corps. 5*?.' Ce qu’il y a de plus fâ^
cbeiix eff qu’elle dégénéré quelquefois
dans les hommes en un farcocele fiftu-
îeux, & dans les femmes en une quan¬
tité de fies au fondement & aux levrés
des parties naturelles, ( ils appellent ce
farcocele foH, & les malades fobimots^
s& ces fies , indépendamment de la coli-
-que font fréquens & endémiques dans
tie Japon.:-ii:
- ' Les habitans de la Corée, de la Chiné
M du Japon fe fervent de deux-fortes
ide remedes dans toutes leurs maladies ,
.qui font le moxfa^Xzppnâioti. %€mdxa.
tefttune petite cienîé de figure conique
tfaite avec ies filamenÿ de rarmoife des
boutiques j laquelle eff de ta groffeur du
doigt. On l’allume par la pointe, & on
-la îaiffe brûler jufqu’à rendroit oif elle
retouche la partie^^La douleur que cette
cbrûlure caufë eff fi légere^que les enfans
-la fupportent fans pleurer , ainfi qu’- 4 /-
'pïnus S>c K.oerhpfer l’affurent. Lès Arabes
334 C t A s S E VIT.
fe fervent pour cet effet de coton bîeu ■
& les Indiens de la moelle du jonc de
marais.
Ils fe fervent pour faire la ponaion
d’aiguilles d’or ou d’argent qu’ils enfon¬
cent dans les chairs de la longueur d’un
demi-pouce, ôc rarement d’un pouce,
pour procurer une iffue aux vents & aux
-vapeurs auxquels ils attribuent prefque
toutes leurs maladies. Ils pratiquent en¬
core quantité d’autres ponélionsfuperf-
titieufes qui à ce que dit Kœmpfcr, fou-
Îagenî ou guériffent les mabdes fur le
champ, Ges fortes de brûlures avec: le
^Qxa-^ font très en ufage dans plufieu^s
autres contrées des Indes. Les Japohoîs
C>nf ùn préfervati'f contre la çoHque, le¬
quel confifîe à faire.quatre .piqûres fur
i’épigaftre idiftantes, d’un pouce l’une
de llautre, de qui; forment un qùarré.
Ils pratiquent- la même opération furies
: autres"parties , êc. varient ces figurési,
. fuivant la nature desimaiadies. : -
II, Colica rmfmt&rica.YojQzSeput‘
:Cln£1^ vhf, idi: :ôhf. j»
ax. zS. ^Q. n9. ;/, /a, rj , /4, /i ,utT,
viy, itemi0^^ 4 , ^i.: oÈL.iIefl: traité dés
-dbftruâiions , de l’endürciffement
du gonflement, des glandes du ;méfén-_
-Douhurs de. h as-ventre: Colique. 33^
^eré ,obf. ^y y ^8. où il eft parlé des
abcès du méfentere. C.
I Colica fchirrofa , Sepulchret. obf.
8, La Motte, obferv. 108. des tumeurs.
C’eil une douleur caufée par ua
fquirre dans les inteftins.
La tumeur eft dure, indolente,
tuée au deffous des tégumens du bas-
ventre ; elle comprime les inteftins,
&la douleur vient de ce que les excré-
mens ni les vents ne trouvent point
d’iffue.
Cette obfervation dp la Motte fert
.à mettre au jour la faute des Chirur-
,gièns, qui ayant pris cette tumeur pour
un phlegmon, l’ouvrirent avec la pierre
à cautere, au moyen de quoi ils perce-
reiitrileum, le pus & les matières s’é¬
panchèrent , & la malade mourut trois
jours après l’opération*
Ge même Auteur obferve, obji ro^,
qu’on a réfous ces fortes de tumeurs par
l’ufage continué d’un emplâtre de dia-
'Chylon,;de'méiilot & de mucilages, &
par rufagemterne des apéritifs, ûbf.r //-©.
13. Colicapancreatica. Voyez. Sepul-
-ckret. pag. < i6o. obf. 34, 3Ï. .^8.- &ic,
• Ventris dolor ob apojlcma pancrcatâs ,
IHeurnius, in Aphor. 41. S. G. iftppor
33 ^ Classe VII.
crat. Highmor. Difquif. anatom, llh, i;
pan. %. D.
C’eft urie douleur fixe dans le bas-
ventre, autour du pancréas, occafion-
née par un fquirre -, lui ulcéré, un abcès
dans ce vifcere , laquelle augmente
après qu’on a mangé, &; qui eft affez
fouvent accompagnée de vomiffemenî
ou de naufées.On peut, lorfque les fu-
jets font maigres, connoître le fiege de
cette maladie, qui efi: d’ailleurs très-obf-
cur, en les vifitant de bon matin après
les avoir fait agenouiller.
14. ColicapulfatilU.Yojez Sepulcret,
Vmtrls dolor pulfativus ^ oh/, j 48. ào <f
‘.Si , . 52 . Colique accompagnée de pul-
làtion. L.
. Cette maladie confifle moins dans
une douleur aiguë, que dans une pul-
fation incommode dans l’axe du bas-
.ventre, laquelle répond aux battemens
‘.de i’artere, &qui efi fouvent caufée par
-un anévrifiiie. Lorfque cette pulfatioh
fe.fait fentir autour du cartilage xiphoï-
. de, on l’attribue communément à un
anévrifmede la céliaque ;mais elle vient
.tjuelquefois de la pointe du cœur. Fal^
, lops.2i Tiu un . anévrifme dans Jei bas-
.ventre de la grofîeur du po^ng, lequé!
étoi»
Douleurs dihâS'Vtntrc, Colique. 337
étoit couvert d’une croûte offeufe. A
l’égard des pulfations ou des élance*
mens & des palpitations paflageres du
bas-ventre qui ne répondent point aux
battemens de Tartere, elles viennent
quelquefois des convulfions fpafmodi-
ques dè la matrice ^ comme je l’ai vu
dans une femme qui fit une faufie cou¬
che enfuite d’une perte de fang, ou des
vers, comme le rapporte Marcel Donat,
hifior. mirab. lih. cap. zC ; quelque¬
fois d’un oonVolvulus , ou d’un globe
hyftériqüe ; mais ces fymptomes appar¬
tiennent à d’autres maladies.
15. Colica calculofa , Sepulchret, de
dolore colico^ obf. 1^. Chomel, Mém. de
VAcad. de Paris. Colique caufée par le
calcul. A. '
Outre les fix obfervations rappor*
tées par J?<?/2er, on peut en voir quel¬
ques autres aux articles du chordapfe
calçuleux, de la colique d’efiomac cal-
culeufe, &c.
On peut rapporter ici les coliques
caillées par des corps durs qu’on a ava¬
lés , comme les noyaux de prunes, de
çerifes &c. Sepulchret. ./y.
des pierres , des couteaux, des ferre-
mens, ibld. obf. 181 & obf, 8.
Tome VL P
338 Classe VII.
i6. ColUagravidarum, PuzOS pag.
Colique des femmes enceintes. A.
Si la douleur forme une efpece de
bande tranfverfale au-deffus du nombril,
& qu’elle foit périodique, & précédée
de conftipation, on doit l’attribuer aux
vents.
Les remedes qui conviennent dans
ce cas font, les lavemens émolliens,
huileux, l’eau de poulet, le thé, l’huile
d’amande douce, dont on donnera trois
ou quatre onces par jour à la malade
la thériaque récente, le laudanum. Si
ces remedes , joints à la diete, n’ope-*
rent point, & que la douleur revienne^
il faut la faigner, & après que la dou¬
leur fera appaifée , la purger avec une
décoélion de manne & de féné, ou lui
faire boire une eau minérale compo-
fée avec lé feî polychrefte & un ou
deux grains de tartre ftibié, laquelle
étant bue chaude lâche le ventre fans
çaufer de vomiffement.
Si l’on foupçonne que cette maladie
foit occafionnèe par un tempérament
Bilieux, par le chagrin , les foucis , la
frayeur, la coIere, la- mauvâife qualité
des alimens;fi la douleur eft poignante^
fl elle affede l’eftomàc Sc les inteûins
Douleurs de has-ycntre. Colique, 3:39
gfêles , fi elle; eil accompagnée d’un
vomiffement de matière crue, bilieufe,
yerdarre, & compliquée d’une colique
bilieufe, hépatalgique & de fievre , il
fans délai faigner la malade félon
d^exigence du cas, & employer enfuite
14s remf des indiqués ci-delTus.
,.:'ij.-ÇoMca Jiyjievica:; Colique hyfié-
:glque. A:.
EÜe confifte dans une douleur ai¬
guë dans les intéftins , qui augmente
au plus léger attouchement, qui cefle
par interyailes, & revient erifuite fans
-aucune caufe évidente, qui laiffe
après .qu’elle a ceffé uneü grande fen-
fibliité dans la partie, qu’onme fauroit
Y îmschéfiELe efi compliquée de l’obf-
■cureifiement de la vue, de fyncopes,'
& d’un abattement d’efprit exraordi-
Eîaire; la malade rend pan le bas , de
même que dans la colique dïefiomac
hyfiérique, quantité de matière ver¬
dâtre. Cette efpece a cela; de fingulierj
que ces douleurs de bas-ventre ne. font
fuivies d’aucune déjection, & qu’elles
affedent tour à tour les-différentes par¬
ties du bas-ventre.
' j’ai VU-dernièrement une ^eime fille
càchedique & affoiblie par une ionguç
P ii
3^0 C L A s s E VIÎ.
maladie, & par les cathartiques qu’elîe
avoit pris, que ces fymptomes aveieht
mis à deux doigts de la mort. Les
Chirurgiens regardoient fa maladie
comme une fievre putride ; on lui
donna un grain de laudanum , & une
potion cordiale, compofée avec la thé*
riaque & l’eau de napha, qui la déli¬
vrèrent prefque fur le champ de fa co¬
lique & de fa fievre.
La colique de Sydenham a beaucoup
de rapport avec celle-ci, avec cette
différence que la fienne affeâe l’effo-
mac, celle-ci les intefiins, & qu’elle
efl: compliquée d’un vrai convolvulus
hyftérique.
i8. Colica accidentalis^ tom,
cap. i 5 , de Colica; Colique acciden¬
telle. D.
A. Colique ePindigejlion , Tiffot, Avis
'aupeuple, pag,
Elle efi: caufée/ou par des alimens
flatueux, ou pris en trop grande quan*^
thé ; ôc comme elle n’eft qu’acciden¬
telle , elle fe diflipe en peu de temps
d’elie-même, La colique accidentelle
provient d’indigeftion, elle efl; accoraf
pagnée de tranchées , & fe termine
par une diarrhée. Dans le cas où elle
Douleurs de h as-ventre. Colique. j\4t
eft compliquée de naufée , de cardiàj-
gie , de vertige, elle fe guérit fouvent
enfuite d’une cardialgie, par un vomif-
fement.
B. Colica à frigore ; Colique caufée par
le froid , TiflQt, ibid. pag. 32^, Baglivi,
Prax. pag. loo.lib. t.
Les perfonnes qui marchent nuds
pieds fur un pavé froid, font quelque¬
fois fujettes à cette efpece de colique.
Gn la guérit en appliquant des briques
chaudes fur la plante des pieds du ma¬
lade ; à mefure que la chaleur s’en em¬
pare , la colique diminue.
19. Colica meçonialis ; Tranchées des
enfans; Tormida recens natorum. k.
On la connôit aux cris que l’enfant
jette pendant les & premières femaines
qui fuivent fa naifîailce, & aux excré-
mens verdâtres qu’il rend.
Le lait maternel la prévient fouvent,
parce qu’il eft plus délayant ^ plus
purgatif qu’un lait plus épais, & par
conféquent plus propre à diftbudre le
méconium qui b caufe. On la guérit,
ou du moins on i’appaife , avec de
l’huile d’amande douce , mêlée avec
du firep de capillaire ou de guimauve,
dont on donne deux ou trois drachmes
2 iij
342. Classe VIL
toutes les trois heures au malade ; oU'
bien avec une décoûion compofée de
deux drachmes de pulpe de caffe dans
quatre onces d’eau, qu’on lui donnfe
en même dofe & dans les mêmes in¬
tervalles. On lui appliquera auffi fur le
nombril un emplâtre fait avec dujauhe
d’œuf, du fafran dz de l’huile cuite à
moitié ; & on y joindra quelques la-
'veméns émolliens.
20. Coiîca iaBemium ; Colique des.
cnfans'qui îetent.
C’efl celle qui tourmente les enfàtis
pendant les fept premières'ferhmnes &
au-delà , & qu’on ne fauroiî attribuer
au méconium, vu qu’ils l’ont déjà ren¬
du pendant ce temps-là. On la connoît
aux cris que l’enfant jette tout-à- coup,
à la tendon & à la fenfîbîBté du bas-
ventre, auquel on ne fauroiî toucher,
à la couleur verdâtre des déjeélions ,
au vomiflement qui les prend, fans
qu’on apperçoive aucun iigrte detiéri-
tition. Comme cette colique ell vrâi-
femblablement caufée par ifn lait épais
& acefcenî, de même que par la bouil¬
lie , il faut tâcher de découvrir les vi¬
ces du lait &: de la nourrice..
.On la guérit avec des iavemens émoi-
Douleurs de bas~véntre. Colique. 343
liens, compofés avec une déeoftion de
jnauve, de graine de lin , rhuile d’a¬
mande douce, que l’on fait avaler une
cuillerée après l’autre au malade, avec
un catâpkfme compofé avec du jaune
d’œuf, de l’huile de fafran, que l’on
applique tout chaud fur le nombril;
par l’ufage du lait feul fans bouillie,
l’eau de poulet, l’eau de riz, trois ou
quatre grains de thériaque.
11 faut voir fi la colique ne ferok
point caufée par un entérocele impar¬
fait , ou par la dentition.
21. Colïca. fehricofa , Morton, pyra,
pag. 33. hifi. ly ; ■Colique fîévreufe.
Z2. Colica enterocelica cau¬
fée par un entérocele. Voye^ la Paffion
■iliaque , occafîonnée par une hernie.
Hep AT ALGi A i Douleiif
du foie ; Dolor hypochon-dril
dextri , ^onox y S epulcret.
C’efi: une m.aladie dont le principal
•fymptome efl; une douleur tenfive,;,
■gravaîive, ou de telle autre nature dans
-la région du foie, laquelle différé do
l’inflammation de ce vifcere , en ce
qu’elle n’efl accompagnée d’aucune fiè¬
vre aigiiè, P iv
'344 C L A s s £ VIÏ.
I. Hepatalgia calculofa , voyez les
Mémoires de VAcad, de Chirurg. tom, t.
pag. ijy. Colique hépatique. C. P.
On laconrroît à la douleur atroce
que l’on fent fouvent dans l’endroit où
le conduit cholédoque s’infere dans le
duodénum; en ce que cette douleur
répond aux fauffes côtes & à l’épigaf-
tre; 3®. en ce qu’elle augmente le plus
fouvent trois heures après qu’on a
mangé ; 4^. en ce qu’elle accompagne
ou fuit riftere.
Elle eft caufée par les efforts que fait
la nature pour pouffer dans les inteftins
le calcul bilieux. Ce qui occafionne une
dilatation confidérable du conduit bi¬
liaire.
Le chagrin, la vie fédentaife, en un
jmot tout ce qui épaifîit la bile, contri¬
bue à c^tte maladie.
La éure exige un long ufage des
’émolliens, des délayans, des eccopro-
tiques, auxquels on doit faire fuccéder
les bains domeffiques, dans lefqueîs le
malade doit prendre un purgatif, pour
chaffer le calcul dehors. M. Raji, Mé¬
decin à Lyon, a guéri plufieurs mala¬
des par cette méthode. Le célébré Pein¬
tre Lebrun efl; mort de cette maladiei,
Douleurs de bds-ventrt , &c. J45
Duhamel, hijl. Acad. Bianehi, kiji. he-
pat. tranf. philof. . 142. en rappor¬
tent plufieurs exemples. Haller, phyf,
tom. 2)‘ P^§- 3^^' prétend que les vio¬
lentes douleurs du foie ceffent quelque^
fois par un vomiffement ou par une
forte expiration. Les lavemens d’urine
récente & l’infulion de fleurs de fauge,
ont un heureux fuccès. Journal
de Méd. Juillet 1755..
Les principaux tignes de cette mala¬
die fuivant Tacconi font, i l’iftere
dans le cours de la maladie ; 2^. une
douleur dans le cartilage xiphdïde &
le flernum ; 3 la tenfion fpafmodique
de rhypocondire droit ; 4*^. une lafli»
tude fpontanée. l’ouvrage de Car
jeton Tacconi^ intitulé de raris hepaüs
morbis., Boulogne 1740.
2. Hepatalgia fchirrofa ; Squirre au-
foie, appeilé vulgairement Schirms Ae-
patis. C. P.
Gn le connoït i à î’enflure & à îa^
dureté de l’hypocondre droit ; 2°. à la
douleur gravative, fotiirde, tenfive &
confiante qu’on y fent; 3'*’. à la diffi¬
culté que trouve le malade à fe cou¬
cher fur le côté oppofé; 4*^. à la dyfp-
née &: à la tous feche dont elle eft açr
Pt-
Classe VII.
compagnée ; 5'^. à l’inappétence Bc â
•la fatiété que l’on fent pour peu que
l’on, mange , & qui font accompagnées
d’un fentiment de preflion dans l’efto-
mac & de dyfpnée ; 6*^. à la couleur
-pâle, cacheâique & verdâtre du vifa- '
; 7^. l’urinle ellde couleur d’orange:,
épaiffe avec un fédiment-gluant
-dans la fuite , l’enflure œdémateufe des
pieds, la maigreur des parties fupérieu-
res, l’afcite , la quotidienne continue
heâique. '
Ses principes procatartiques font les
fievres intermittentes chroniques , la
fuppreffion des hémorragies, les con-
tufions, la vie fédentaire , les alimens.
groflîers. ^ ■
Si le füjet efl: d’un tempérament feç
& bilieux, il faut ufer modérément des
martiaux, & fe borner aux bouillons
&; aux apozemes faits aveo des herbes
.& des racines médiocrement apéritives,
au petit-lait avec les cloportes de le tar¬
tre chalybé. S’il efl d’un tempérament
froid & pituiteux, les remedes qui lui
conviennent font les eaux thermales ,
les potions chalybées, les groffes raci¬
nes apéritives , que l’on doit faire pré¬
céder ôe entremêler de cathartiques.
Douleurs de has-venm i &c, 547
3. Hepatalgia. infarUus; tutnof hepa.-'
ns Jîmplex , Sennert, cap. 6 . Infarâus
hep ans, Juncker, tahul. 3^. Intempé¬
ries hepatis, Sennert, ,/iè. g. pag. 6 '.
Obftrudion du foie, appelles par les
Siléfîens Riedtkuchen. C.
Les mêmes fymptomes que la précé¬
dente , mats moins violens ; la région
de l’hypocondre droit moins dure,
point d’enflure œdémateufe, ni de fiè¬
vre lente ; d’ailleurs reflerrement du dia¬
phragme avec dyfpnée, douleur grava-
tive & fourde, feux pafiagers au vi(à-
ge"^, avec une rougeur & une chaleur
paflageres dans les paumes des mains,
îbif vague , bouche feche & amere ,
toux feche, falive gluante, inappéten¬
ce 5 cardialgie, laffitude & pefanteur
dans les menfl^res , augmentation de
douleur par le tad , fouvent conftipa-
tion.
-Cette maladie efl: compliquée de
ou de l’expanfion du foie,
•comme il arrive dans les jeunes gens,
. & alors l’enflure de l’hypocondre eil
vifible ; ou bien elle efl: accompagnée
de la contractiôn Jpafmodique de ce vif-
cere , & par conléquent-d’une réhi-
îence qui tient de la dureté, la tumeur
348 Classe VIL
n’eft point circonfcrite. Ces deux états,
font moins dangereux & moins opî*.
jîiâtres que le fquirre au foie. Il faut
commencer par faignerle malade, &
lui donner enfuite des bouillons avec
la chicorée & les chalybés, des apoze-
mes, fe petit-lait avec l’acier & les clo¬
portes, les eaux acidulés martiales. Oh
y joindra les emplâtres émolliens &
réfolutifs, pourvu qu’ils n’augmentent
point la douleur, & qu% ne caufent
point de fuppuration.
Si le foie peche par trop dé chaleur,,
ce que l’on connoît à la chaleur de ce
vifcere, aux maladies chaudes qui ont
précédé, aux alimens chauds dont oha..
ufé, fi le fujet efl: jeune, s’il a les paf-
fions vives, s’il efl: enclin à la colere ,,
ü les remedes chauds lui font contrai¬
res, s’il a de l’averfibn pour la viande,,
s’il a des vomiflemens^& des déjec¬
tions bilieufes, fi fon urine efl-jaune ,,
s’il a la fievre , là paume dés mains,
chaudes , le vifage dé couleur de ci?
-tron, s’il efl maigre, fec, s’il a iaian--
gue rude & feehe.
Dans ce cas, les raffaîchiffans hépa¬
tiques , tels que la chicorée, le piffeft--
fitj là racine de fraifier , i’ofeiiie j fes.
Douteurs de has-ventiXy &c. ^4^
fraîfes, les cerifes , les fruits cucurbi-
tacés ; le petit-laitles acidulés , les
émulfions , le alimens rafraîchilTans, la
fraîcheur de l’air, le repos d’efprit &
de corps fotït lès remedes qui lui cône*
viennent.
Si, comme difoient lès Anciens,,
tintempérie du foie ejl froide , je veux
dire, fi l’aftion des folides eft ralentie,
fi les fluides font vifqueux, épais, ap¬
pauvris ce ^que l’on conjedure par
Page avancé du malade, par l’àbus qu’il
a fait des remedes froids tant internes
qu’externes , par les fréquentes fai-
gnées qu’on lui a faitesparla petitefFe
& la rareté du pouls, par lè foulàge-
ment que lui procurent les remedès:
chauds ôi fecs, par les excrétions pi-
tuiteufes, par la pâleur de l’urine & cfci
vifage , par la difpofition qu’il a à l’ce-
deme, &c.
Dans ce cas on doit lui donner dès
remedes propres à atténuer le fang, êc
à accélérer la circulation, je veux dire,
qui pofTedènt une qualité atténuante ,
chaude, corroborative, réfolutive. De
ce nombre font, là racine dé fenouil,
d’afperge , de céleri, là pimpreneîle
blanche , l’ai^emoine , l’abfithe , fe
350 Classe VIL
houblon, le chamædris, le fumeterre,
l’écorce de citron, lacanelle, les mar¬
tiaux , les ftomachiques amers, le vin
rouge, les eaux thermales, &c.
4. Htpatalgia intercus , voyez Bar-
tholin. L.
C’eft celle qui eift caufée par un ab¬
cès entre les mufcles des hypocondres.
Elle efl: ordinairement précédée d’une
inflammation. ce fujet hcpatî-
tïdan intcrcutem , que l’on diflingue
aiiément de l’ordinaire par la tumeur
&; la douleur, qui augmente pour peu
qu’on touche la peau. On la guérit de
même que les autres abcès.
^ 5. Hepatalgia æruginofa ; Colica fpdf-
modica Angdimojitanorum^ Scheuchzer,
/rer Alpinum 1. pag. 12. Ne feroit-ce
point la colique de Poitou métallique } ,
Douleur opiniâtre dans le colon &
les inteftins grêles , accompagnée d’in-
fomnie, & quelquefois du délire ; vo-
miffement fréquent de bile, inappé-’
tence, conflipation, fîatuofités, ardeur
d’entrailles au-deffus & au-defTous du
cartilage xyphoïde , douleurs cruelles
dans les extrémités fupérieures & en-
fuite dans les inférieures, paréfie dans
les bras,,, refpiration adhmatique , pe-
Douleurs de. has-ventn ^ &c. 3 51
fanteur fur la poitrine. Tels font les
fymptomes qu’éprouverent les Béné-
diôins dont parle Scheuch'^er pour
avoir enfermé leur lait, leur beurre S>C
leur vin dans des vaiffeaux de cuivre ^
où ily avoit du verd-de-gris. On trouva
dans le corps de ceux qui en moururent
le foie engorgé de petits follicules en-
taffés les uns fur les autres , de petits
corps en forme de pois verdâtres Sans
les inteffins , & une férofité verdâtre
dans le péricarde.
6. Hepatalgia farcomatofa ^ Manget ,
Bïblioth, Tïied. praB^ lib. 8 . pag. y 8
y 8 S> Excroiffance du foie. L.
Fuldenr&ich ayant ouvert un homme
qui avoit une douleur gravative &
une tumeur dans l’hypocondre droit,
accompagnée d’inappétence , d’un vo-
miflement bilieux, •& de foif, luirroü-
va un foie qui pefoit quatorze livres,
indépendamment d’une excroiffance
charnue dans le méfentere , laquelle
étoit auÆ greffe que la tâte d’un en¬
fant. Un autre malade avoit les mêmes
fymptomes, mais il rendoit fouvent
par le nombril une matière blanche.&
lereufe. Son foie étoit fort gros fquir»
Têuxj-dctdçéré en trente endroits,.di&
C 1 A s s E vit
férens. Celui d’une fille qui étoit atteins
te de la même maladie , étoit pareille¬
ment d’une groffeur extraordinaire,
d’une couleur pâle, & occupoit toute
la capacité du bas-ventre.
7. Hepatalgia apojlematofa^ Bartho-
centur. Abcès au foie. C.
La douleur que caufe un abcès au
foie, eft accompagnée de fievre, de
fi-iiSbn, d’enflure comme celle de Petit^
laquelle étoit caufée par le gonflement
de la véficule du fiel; mais i^. la dou^
leur au‘ foie caufée par un abcès, aug¬
mente lorfque le pus commence à fe
former, au lieu qu’elle s’appaife lorf¬
que la véficule fe gonfle ; 2°. la pre¬
mière efl: pulfative, celle que forme la-
flagnation de la bile ne l’efl: point; 3®..
la douleur que caufe l’abcès dure plus
long-temps, & abat davantage' les for¬
ces; 4®. lorfque le foie vient à fuppu-
ration, le pouls efl: petit, le friflbii
dure plus long-temps, & fe termine
par des fueurs.- Dans lé gonflement de
la véficule du fiel dont parle Petit, le
pouls efl: plus fort, le fi-iflbn plus court
& n’eft fuivi d’aucune fueur ; 5®, îe_
gonflement de la véficule dufielfe ma-
rafefle au dehors fous la forme d’usi^
Douleuns de has^ventre^ &c. 351
tumeur enkyftée, ferme, égale, cireonf"
crite : l’abcès eft plus étendu ; 6 °. on ap-
perçoit l’abcès dans la région de l’épigaf-
tre ou dans l’hypocondre droit, mais
non point la tumeur de la véficuîe
du fiel ; j 9 . la fluâuation ne fe fait
fentir que dans le milieu de l’abcès,
fes bords font fermes, & à mefure que
la fuppuraîion augmente, l’endroit oü
l’on ientla fluduation augmente auffi.
On le guérit en faifant évacuer le
pus par, le moyen dr’iine incifion, &
enfuite par des injeâions déterfives ôc
balfamiques. Foye^ la maniéré dont Mrs,
Chkoyneûu $C Soulier s’y (ont pris pour
traiter cette maladie, dans les Mém. de
VAcadémie de Paris. ^eyej^auffilesMém,
de l’Acad. de Chirurgie , mm, 1. par
Petit , Amiand , ê’c. L’pbfervatioa
d’Heurnius , Vaphor. 46.fecl. 7. &
quantité d’autres dans la Biblioth. de
Méd.lib.8 .pctg.yS
Un jeune homme idérique, qui aVok
rendu plufieurs fois du fang par le nom^
bril, avoit un abcès au foie , qui, au
lieu de pus, étoit rempli d’une matière
pareille à du jaune d’œuf pilé. Je me
fouviens de l’avoir vu à Alais..
On ne peut mieux faire que de lire
354 ^ C L A s s E VII.
fur cette maladie la dilTertation de Caje-
tan Tacconi, d& raris hepatis morbis.
imprimée à Bculogne en 1740.
8. Hepatalgla Pctitiana , Petit, Mém,
de rAcad, de Chirurgie., tom. 1.
Cette maladie conMe dans une dou¬
leur & une tumeur dans la région de la
véficule du fiel accompagnée de frif-
fonnement,de fievre, d’un fentiment
de fluûuation, de la circonfcriptionde
la véficuîe du fiel qui eft remplie & dif-
tendiie par la bile'. Elle eft difficile à dif*
tingiier de l’abcès au foie , & l’on ne
peut y réuffir qu’en comparant leurs
lignes les uns avec les autres. Les void,
i^. la tumeur diminue à mefiire que la
douleur augmente ; la douleur n’eft
point pulfative, mais diftenfive ; 3^.
les forces font moins abattues, & la
douleur moins continue que dans l’ab¬
cès;.4^. le friffon eft court, le poufs
plus grand, le premier n’eft fuivi d’ak-
cune fueur; 5^. la tumeur eft égale ,
ferme au commencement, & circonf-
crite ; la tumeur eft toujours fituée
au-defîbusdes cartilages des côtes droi¬
tes vers la région de la véficuîe du fiel;
7*^. la flüéluation fe fait fentir dans tout
î’efpace de la tumeur, les bords de l’ab¬
cès font fermes rénitens.
Douleurs de hàs-ventre, &c.
On le guérit au moyen d’une ind-
fion , pourvu que la véficule foit ad¬
hérente au péritoine ) & que la bile ne
s’épanche point dans la cavité du bas-
ventre , ce qui cauferoit bientôt la mort
au malade. Voici les figues auxquels
on juge que la véficule efl adhérente j
1®. La tumeur eft fixe, & ne change
point de place ; les tégumens font
rouges & mollaffes; 3°. ils s’enflam-
mentfouvènt.
9. Hepatal^deeepdva D. Billebaulty
D. M. M. Journ. de Méd, fept. t’y62
p, 24y. Douleur trompeufe du foie. C.
Cette éfpeoe , qu’on croiroit occâ»
fionnée par un abcès au foie , dépend
d’un amas de pus & de petits calculs
dansle rein droit,qui eiî fort! de fa place.
Une femme ètoit attaquée de cette
maladie. Me£kurs Winjlow , Gaülard G
Morand {mt-at d’avis , qu’il falloit lui
faire une indfîon au foie. La malade
s’y oppofa; elle mourut, l’ouverture
éêfon cadavre découvrit le vraifiege
de fa maladie. Voici les fymp’tomës
qu’elle avoit éprouvés ; elle fe fentoît
fiilFoquée toutes les fois qu’elle fe mou-
voit avec plus de vîtefle , qu’elle fe
Irouvoit dans-une fiîuation imprévue 3
35 ^ Classe VIÎ.
ou qu’on lui preffoit légèrement l’hypo-
condre droit. Le moindre taâ excitoit
une douleur très-aiguë dans cette partie
qui étoiî tendue & rériitente, ,& qui
n’éprouvoit d’ailleurs qu’une douleur
obfcure, mais continuelle; elle fe plai-
gnoit d’un fentiment de ftupeur & d’en-
gourdiffement qui s’étendoit depuis le
même hypocondre jufqu’à la cuiffe ,
ce qui l’empêchoit de fe mouvoir & de
s’incliner en avant, de forte qu’elk
étoit obligée de fe tenir^ebout,à moins
qu’elle ne fôt accablée de fommeii; elle ' ^
avoit une toux feche, quoiqueiie cra¬
chât de temps en temps des matières
purulentes, ou fanglantes ; elle était
travaillée d’une fievre quotidienne hec¬
tique , do'nt les paroxyfmes fe termi-
noient par une fueur huileufe répan¬
due fur la poitrine ; elle vomiffoit de
temps en temps une fi grande quantité
de îàng noir, qu’elle en tomboit en
fyncope ; ce vomifîement étoit précé¬
dé la veille par une déjeûion de fang
noir & fétide, & par un écoulement
abondant d’urine, lequel n’étoit accom¬
pagné ni de dyfurie, ni d’ardeur ; il n’y
avoit dans les urines ni fable, ni pus
ni aucune mucofité ; outre ces fymp-
Douleurs de h as-ventre, &c, 3
tomes, la malade étoit fujette à une
diarrhée habituelle, tantôt féreufe, tan¬
tôt purulente ; elle étoit d’ailleurs bien
réglée ; fon appétit étoit.dérangé & bi¬
zarre , quelquefois fuivi d’anorexie ;
elle mourut enfin dans le dernier degré
. du marafme.
On l’ouvrit; le foie & les autres vif-
ceres parurent fains, à l’exception du
rein droit & des poumons. Ce rein pa-
roifToit ample , confumé intérieure¬
ment, & rempli de pus & de petites
pierres. L’uretere étoit entièrement
obftrué ; le poumon gauche confumé ^
le poumon droit farci d’une matière
fableufe, qui remplifoit chacune de fes
véficules.
XXIV. Splenalgia ; Douleur,
de la rate ; Dolor lateris, Sen-
nert. lib, 3. cap. lo, part. 4.
C’eft une maladie, dont le principal
fymptome efl une douleur opiniâtre
dans la ré^on de la rate, fans aucune
fievre aiguë. On appelle ceux qui en
font atteints, /pleniques^ rauleux; fple-i
netlci, lienoji.
l. Splenalgia infarUus ; Obftru^on
358 C L A s S E VIL
de la rate ; ObjlruBio l'unis, de Sennertÿ
cap^. Ub. ^.part. 4. C.
On ne fent au commencement qu’une
pefanteur dans l’hypocondre gauche,
laquelle eû liiivie d’une douleur aiguë,
lors fur-tout que l’on fait un peu trop
d’exercice. Le vifage devient livide,.
on fent une pefanteur ou une laffitude
dans, tout le corps , accompagnée de
dyfpnée ; lorfqu’on agit, d’une 'toux
feche, quelquefois de palpitation de
cceur, de la gale, d’alFeélion hypocom
driaque , de boulimie , &c. & la mala¬
die eft très-opiniâtre. --
: Elle exige le même traitement que
l’obftruâion du foie. Les remedes dont
on fait le plus de cas dans cette mate
die , font la poudre de lamium blanc,
à la dofe d’iine drachme tous les ma¬
tins, la. décoûion de racine de fougère,
l’ufage. continué de laliqiaiUe de fer ,
dont on prend quelques grains tous
lès matins la. terre foliée de tartfe,
dont on donne dix grains deux fois par
jour au malade, pendant un mois ÔC
plusi La plupart de. ceux qui ont eu
plufieurs . accès de fieVre quartefont
lujets à cette obflruâion, & ôh f’attrh'
hué communément au trop fréquent
Douleurs de bas-ventre, &c. 35^
ufage du quinquina ; mais j’ai peme à
croire qu’il produife un pareil elFet.
SplenaLgia fehirrofa ; fquirre à la
rate. C.
On le connoît à une tumeur dure,
accompagnée d’un fentiment de pefan-
teur, laquelle a la même figure & occu¬
pe la même place que la rate. Tout en¬
gorgement eft bien accompagné d’une
tumeur dans i’hypocondre, mais cette
tumeur ne reffemble en rien à la rate,
elle n’efl; ni dure , ni circonferite, ôc
la douleur aigue qu’elle caufe, dégénéré
en gravative , après que le fquirre efi:
formé. Cette tumeur augmente quel¬
quefois à un point extraordinaire, elle
efi: rarement couverte d’une croûte
cartilagineufe , elle fuccede à la fievre
quarte , ôc dégénéré affez fouvent en
afciîe. Les fpléniques font maigres &
ont une couleur plombée, ils ont de la
peine à refpirer, ils fentent: dans la
gorge une pefanteur pareille à celle
que cauferoit un poids qui la tireroit
en bas vers le côté gauche, ils fentent
une opprefîion d’eftomac après avoir
mangé , leurs pieds s’enflent , il
leur vient quelquefois des ulcérés aux
jambes. • . -
3 '&> Classe VIL
Le fang circule très-lentement dans
la rate ; car fi la feftion tranfverfale de
ce vifcere efl: cent fois plus grande que
celle de l’artere fplénique, le fang doit
circuler cent fois moins vite dans
la rate, que dans cette artere. Je me
fouviens qu’ayant une fois adapté un
tube plein d’eau dans l’aorte d’un ca¬
davre , ilfortit pendant une heure de
fa rate une fi grande quantité d’humeur
noire, que je défefpérai de pouvoir la
vuider entièrement. Dicmcrbrocck a vu
rendre à un fplénique trois pots de'
chambre d’encre ; & quoique la veine
fplénique conduire le fang dans la veine
porte, & non dans le couloir des in-
teftins, je fuis cependant affuré que le
feng peut refluer & engorger les vei¬
nes méfaraïques, lorfque le foie eft
obftrué 5 & le frayer un chemin dans
le Conduit inteflinal, ou fe rendre dans
i’efliomac par les rameaux les plus
courts. Je fuis convaincu par quantité
d’obfervations, que le fang reflue dans
les fujets vivans des veines dans leurs
ramifications ; & cela ne répugne point
aux lois de la circulation, vu qu’elles
font les mêmes de l’hydrodynamique,
qui exigent fouvent un pareil reflux.
G’efl
Doulmrs de has-vemre^ &c.
C’eft ce reflux qui occafionne le flux
hépatique noir , vulgairement appelle
maladie noire d’Hippocrate , ou dysen¬
terie hépatique , laquelle foulage fouvent
les fpléniques.
On trouvera la cure & Thifloire de
cette maladie chez Manget ', Biblicthé,
Med. PraB. lïb. lo,
3 . Splenalgia Jiippuratoria , Cornelii
Staîpart. obf. rarior. centur. i. chez Man-
get, Biblioth. Med. PraB. C«
Cet Auteur a vu une malade dont
la rate formoit un fac membraneux
rempli de pus ; elle n’eut pas plutôt
percé, qu’elle mourut.
4. Splenalgia farcomatofa ; Rate de
groffeur énorme Lien ingens, Bian-
card. Anat. PraB.
Cet Auteur a vu une rate qui pefoît
ûx livres , & qui étoit remplie d’une
humeur noire comme de la poix. Hel-
viggius , chez Riviere , dit en avoir vu
une beaucoup plus grofTe. On trouvera
quantité d’exemples pareils chez Bar-
xkolin , Borrichius , Blajîus , Fahriciusr^
yefale , Schenckius , &c.
A, l’égard des maladies qui reflèm-
blent à celle-ci, & qui font pareille¬
ment accompagnées de l’enflure du
Tome FL Q
362 C L A s s E VII.
bas-ventre ; on peut voir ce que j’en
dis dans la derniere claffe, à l’article
de la Vmtrojïcc.
XXV. NEPHRALGIAjT^mgQl^
Colique rénale ; Dolor nephri^
tiens , Sennerti , lib^ 3, pag,
Ç’efl: une maladie dont le principal
fymptome eft une douleur fixe dans la
région des reins & des ureteres, fans
fievre aiguë , en quoi elle différé de
l’inflammation des reins.
On l’appelle communément colique
néphrétique, {^collca. mphnnca)‘^mz\%
comme la colique a principalement fon
fiege dans le colon, on ne fauroit don¬
ner ce nom aux douleurs des autres
parties fans tomber dans une équivo¬
que ; & c’eff pour l’éviter que Zwinger
a fait de la c&lique rtnah un genre à
part dans une dilTertation particulière
qu’il en a donnée.
1 . Nephralgia calculofa , Zwingeri
dljfcrt. /a. Bagiivi,/’^^. 4/^. Calcîdus rf
num , Sennerti ; Calcul des reins. A. P.
On la croit occafionnée par le poids
d’un calcul engagé dans les reins Ôu
les ureteres ^ on la cojinoît 1°. à la
DouleursM bàs-'ventrt ^ &c. 365
Couleur cruelle qui fe fait fentir dans
_ t’iine ou l’Sutre région des lombes ,
rarement dans toutes deux , laquelle
eû fixe & permanente. Cette dou^
leur s’étend le long du conduit de l’u-
fêterê, mais obliquement vers la veffie.
5^. i-orfqü’elîe efi: violente , elle eft
accompagnée, dans ies^bdmmes, d’une
rétraâion douloureufe du tefticide du
même côté ; & 4 ans les femmes, de
ftupeur & de douleur dans les jambes,
4? . Dans le fort de la douleur ^ de nau>-
fées & de vomiiTemens fréquens.-
ÉUe S’appaife io^cpi’on ^efo coiîché-for
fe côté malade , 4 ^ augmente lôdqu’oiï
fe couche fiEC le côté oppofé. 6^. Les
urines varient raù commencêment elles
fonf àquev.dês &-en petite quantité ;
dans -îàP fuite-, Iroubies âbondantes ;
fouverft enflammées &-faflguinoIentes.
i - J©n la contfoit encore àiâ dïfpofition
hérédttaire, en ce que là doitîeur revient
Ibrfqu’on va en voiture ; au Eeu que
colique renalé hémorroïdale fé fait
principalement ferttir iorfqu’on refte
en r^)os de qu’on efl: couché.^
- Dahsiemal dès reins, la douîeur fe
fait prmeipalemènt fèntir lorfqii’on fe
tfedre^ ^aprèsavoir été quelque temps
Q ij
364 C L A s S E, VII.
courbé; dans la colique, la douleur le
répand dans le bas-ventre,s’ap-
paife dès qu’on prend un lavement,
ou qu’on va à la felle ; ce qui n’arrive
point dans la colique rénale. Gette^ef-
pece n’eft accompagnée d’aueune ex-'
crétion de jfable nifde ;rnucoli.té, aYêq
les urines& on nç lauroit la connoî-
tre à ce figne, vu que dans- le^ per-
fonnes fujettes àu calcul, pourvu qu’il
ne foit point dans la veffieiji’ürine-ref-
iemblé à\de l’eau def leûive extrêmè-»
ment claire.; ■ ■ c/ jiWir 30 i:;:.
' ;La ÇQÜqué rénale- diffe^^^ n.éè'
phf étique ealçuleufe ,.é)neé qu’elle
accompàgfîée d’-aü€im% 'fievre, ou dii
moins en ce .que celle-ci efi: plus le^:
gere. Ile calcul des.rei|îs ne caufe fou«
yent aucune dpulèur ,'à moins qu’il ne
toit mis en moMemènt-4)a®;
du régime j par une^paifion véhémegt^».
un éxerciçe yiôient, par le cabotenivnf
d’une voiture O V . nc'fr^îol
Les. remedes propres-àÿalmer cette
douleur, font i®. la:#gnée ; iV. le r©^
pos ; 3 ®..:les p^tims délay^t^^p mui
ciîaginèufés., compofée-s avecja grajie
de lin , lès 'feuilles de maüye‘j; de.vioft
lette, la limonade ; 4° ides nafpçfi^uesÿ;
'Douleurs de haÉ-véntfe ^ &c. 565
5°. l’huile d’amande douce, de lin, &c.
6 °. les bains ; 7°. une diete légère ra-
fraîchiffante. On doit s’abftenir du trop
grand ufage des eaux minérales, des
diurétiques chauds j qui attirent l’uriné
dans les reins, mettent le calcul en
mouvement, & occafionnent la né*
phrétique.
Gomme là néphrotomie pafle pour
une opération impoffiblê, on ne peut
parvenir à une cure radicale qu’au
moyen des lithontriptiques , dont les
plus ulités font l’eau d’écailles d’huî¬
tres réduite en chaux, fuivant la mé¬
thode de Robert ÎFhitt, àoïit j’ai éprou¬
vé le bon effet ; mais il faut en boire
des mois-& des années entières. 2°.
Le favon blanc en forme de pilules,
dont on prend tous les jours demi-
once ; elles calment affez fouvent la
douleur, &: diffolvent peu-à-peu le
calcul. 5^. Une légère infiifion de l’ar-
bufte, appèllé ra^n d'ours , vulgaire*
ment huxerola , laquelle défunit les cal¬
culs, & les rompt par petits morceaux ;
mais. qui étant prife fans précaution,
occafionne uné dyfurie, & un écoule¬
ment copieux d’urine-, de mênie
lïnfufion de pariétaire , fans prefque
^66 Classe VIL
diminuer le volume du calcul, ainfi que
i’ai eu occafiotî de l’éprouver, i
A. Nephralgia annofa , Sepulcknt. obfi
^1 , 22 , &c. aâ appelîée vulgaire**
ment la gravdlè. C. P.
Les vieillards font les, feuls qui y
fpient fujets. Elle affefte rarement les
reins, mais fouvent les ureteres & Tu*
retre ; & après que la douleur eft ap-
paifée j on rend de temps eh temps de
petites pierres de la groffeur d’une len**
tille, rafaoteufes, rouges, & extrême*
ment dures. îl n’y a jamais de gros cal*
culs. Ces petites pierres fe forment ra*
rement dans les reins & les ureteres
©n îîê eoîifioîî aucun Sthosîriptique
capable de les diffoudre, & ils tour^
mentent les malades jufque ^ms un âgé
extrêmement avancé, à ce fujet
l’article de la Dyfurie:, '
3 . Nephralgia arthriùca^ Mufgrave j
anhritide^ cap. ^.&cap. i^.pag. iS4^
Sydenham, pag. 48S. D. P.
Cette efpece e caufée par la matière
arthritique, laquelle ne picote point les
reins, mais les membranes ôc le pé-*
riofte des vertebres des lombes, & y
©î»Afe une douleur approchante de celle
de la néphrétique ; mais on la diftingue
Douteurs dé has‘Venm, &c. 567
des autres, en ce qu’elle alFefte les fujets
goutteux, après que les douleurs des
extrémités ont ceffé, & qu’elle ceffe
dès rinftant qu’elles recommencent.
Les perfonnes goutteufes font de plus
füjettes à une vraie néphrétique, &
leur calcul eû. une efpece de tuf fem-
blable à la craie, friable, & plus aifé à
diflbudre que les autres. Les eaux de
Banieres palTent pour falutaires dans
cette maladie. Cette efpece fe termine
Souvent par le paroxyfme de la goutte.
4. Nephralgig. rheumatica ; Lumbago
rhenmatica , Sydenhami , de/ Rheuma*
îijmo , cap. S. D,
Cette maladie con^e dans une dou¬
leur aiguë & fixe autour de la région
des lombes , laquelle s’étend quelque¬
fois jufqu’à i’os faerum. On la prendroit
volontiers pour une vraie néphrétique ,
fi elle étoit accompagnée de vomiffe-
ment ; car, outre la-douleur cruelle &;
prefque infupportable dont elle efi com¬
pliquée, elle caufe dans les reins meme
& dans les uretefes jufqu’à la veflie ,
une douleur qui a fait croire à Sydtm
Aæot qu’il y avoit effeftivement du fable
dans ces parties , au lieu qu’elle eÆ
oçcafionnée par une matière rhumatif-
358 Classe VIL
male peccante & enflammée, qui s’at¬
tache à ces parties, & épargne le refte
du corps.
Cette douleur , à ntoins qu’on ne la
calme par les mêmes moyens que le
rhumatifme ordinaire, continue avec
la même violence, au point que le ma¬
lade ne peut refter couché ; il eft obligé
dé fe lever, du de refter fur fon féant,
elle lui caufe de fi grandes inquiétudes,,
qu’il ne peut demeurer en place, & fe'
panche , tantôt en avant, tantôt en
arriéré, & fe met en peloton. Voilà ce ,
que dit Sydenham.
Il paroît par cette defeription que
Sydenham veut parler ici de la néphré¬
tique plutôt que du mal des reins,
d’autant plus que le fiege des maladies
étant fouvent inconnu, on ne fauroit
s’en fervir pour déterminer leurs gen¬
res. Au refte, cette maladie, dè même
que le rhumatifme, exige des faignées
réitérées, une diète légère, 6cdes po¬
tions délayantes.
5. Nephfalgia hyfierica Sydenhami,
de coîicâ biliofâ ,' cap. y. pag. ig2 &
dïjfert. epifi. pag. 430. Colique rénale
hyftérique. A.
Cette efpece attaque quelquefois les
Douleurs de b as-ventre^ &c.
femmes hyftériques, & leur çaufe un
vomiffement violent accompagné d’une
douleur dans les lombes , qui s’étend
le long des ureteres, êc tient de celle
du calcul des reins, qui les tourmente
long-tem4)S, ôc leur caufe quelquefois
la mort. .
Cette maladie a cela de commun
avec les fymptomes hyftériques y
qu’elle s’en va auffi promptement
qu’elle eft venue. Elle augmente par
l’ufage trop fréquent des lavemens ,
fur-tout des Uthontriptiques & des diu¬
rétiques chauds, ôc s’appaife par les
narcotiques. ,dyfurie hyftérique. .
6. Nephralgia hæmorrhoidalis
ter , mphritis fpurià , ou pour mieux
dire , nephralgia phthorica^, A. P.
. Cette efpece eft caufée par la trop
grande aftluence du fang dans les reins y
Eç on la connoît à la fuppreflion
des-flux menftruel &: hémorroïdal , ^
au non «fage de la faignée ou des fea-
rificâtions 2,®. en ce qu’elle furvient
pour l’ordinaire dans le temps que ces
écdulemens ont coutume de prendre
leur .cours ; Ÿ- on ce qu’elle eefte
d’elle-même dès qu’ils reviennent; 4°..
elle eft accompagnée des mêmes lignes
37Q. Classe VîL 1
que la pléthore ; 5/^. elle ne caufe fou- |
vent aux malades ni naufée ni vomiffe- ’
ment; 6°. les douleurs font plus exté¬
rieures , & approchent du mal des;
reins ; 7®.. elle augmente lorfqu’on efl?
couché , par Tufage d^alimens échauf-'
fens, &. elle efl accompagnée de conf-
tipation.
Elle, exige la faignée lès laxatifs ,;
les emménagoguesj.les.nitreux.j.lès dë-^". :
làyans,.&e..
7. Nepkral'gia-pùrulmta-^ Sonet, ji-
^Ichm, oh^ 23 » oii Fon trouve qua¬
torze hiftoirês de cette efpece. Colique
rénale purulents. C... ^
L’urine dépofe. une matière Blanche'
& £uidê' comme div. lait ; , le malade'
fent une pefanteun continuellè dans to
région des lombes j lâqueilé eft accom?
pagnée de flupeur dans- lés jambes 5^:
d’une 0evîô lente, d’ùne maigreur eje?-
îrême, fans aucun paroxyfme fébrile-.
Elle eâ précédée de néphrétique, otn
de colique- rénale , d’ün piôement de.’
fang,, d’Un vomifFement dè bile.
BibMôthi Mtd: praB'. tom. 4;
Mpk&m. Wapiti €uri&f,. dtcad^ P ann-^
iiSys> • obfirv. 18^.
auü.. l’hiflQire dii, Colonelî
Douteurs de h as-ventre, &c. jy r
Townshend chez Cheyne, the Englisk
Malady.
8. Nephralgia à Pancreate , Manget,,
BihL Med. prac, de nephritide , pao. 646..
Un certain Chirurgien reffentoit des^
douleurs cruelles dans les lombes &
dans le dos, il rendbit avec les urines
du fable rougeâtre , ce qui joint à des
vomiffemens viblens, le mit enfin au
tombeau.
On lui trouva le pancréas: enfié &€
affeâé d’un cancer qui avoir percé le
diaphragme & rongé deux veitebres^
Ce même cancer avoit auffi alFeûé les-
deux reins, & les avoit fait tomber em
-pourriture. On n’y trouva ni fable , nü
calcul. Voilà ce que dit Hertod.
9. Nephralgia verminofa Zodiaci, Me-
dicO'Gallici, Riverii ebf. 4o.pag. 10^^
ceneur. 4. ^Colique rénale vermineufe^.
Un jeune homme, après avoir long*
tem.ps reffenti des douleurs dans les
reins, rendit enfin avec les urines plu-
fieurs vers noirs, de la groffeur Si de;
là longueur d’une aiguille ordinaire y,
cornus & friables , dont Pachecus en^
VOya deux à Rivierc'.
10. Nephralgia mefenteriea, Georg^.
2t&r.chlini- Norimbergenfis, Ephemer^.
<2: vj:
372: Classe VIL
Natur Curiof. decad. /. ann. i Syj, oB»
fCTV. So.
Douleur violente dans le côté droit
des lombes, jufqu’au fémur, avec difE-
culté de marcher; Furine altérée, fou-
vent trouble & blanchâtre , vomiffe-
ment quotidien, naufées continuelles
infomnie , les extrémités froides. A
Fouverture du cadavre, nulle altération
dans les reins ; mais un abcès dans le;
méfentere dans lequel on trouva du-
pus ôc trois calculs , indépendamment
d’un autre calcul plus gros & noirâtre*
dans le pancréas..
I I., Niphral^a monjtr&fa , Coîleâ:*
Academie, tom. Pi' P' ^ 9 ' ^^ 7 ^
€.x Ephém. Nat. Curiof. CabroH. dPf. .
C’eû une eOÎîque rénale violente
avec piffement de fang, dans laquelle la
malade rendoitdesmorceauxrde reins en
forme de vermiïFeaux. On l’ouvrit après
qu’elle fut morte-, & on lui trouva lé
rein d’une groffeur monffrueufe ; il pe-
foit dix-fept onces, & étoit ulcéré. .
12. NsphraLgia æ carie, V'arîdermott--
de ,, Journal de- Médec. tom^^.pag. 6 i£l
par M. Ha^on. C.
13 .. Nephralgia febricofà y MortOîl*
Douteurs de bas-venm y &c. j
Pyretol. Hijîor. 28. pag. ici. Colique
rénale fiévreufe.^
C’eftune efpece cruelle, .accompa¬
gnée d’urines rouges ,■ d’une douleur
atroce dans les reins, d’un vomiffe-
ment, du froid des extrémités, de-
lipothymie, laquelle,met les malades
en danger de perdre la vie, & réfifte
aux remedes ordinmres les plus ap¬
prouvés , & même au laudanum. Com¬
me elle ell caufée par le venin d’une
£êvre intermittente mafqiiée , on ne
peut la guérir efficacement , de même,
que toutes les autres maladies fébriles^
que par le moyeu du quinquina.
Nephralgia miliarisy Hamilton,.
deftbre miliàri,.
C’eft un fyroptome qui précédé l’é¬
ruption du miilot',. & qui eÜ accompa¬
gné de crampes , d’une fueur univer-
felie qui fent l’aigre , &c.
15. Nephratgia fehirrofa , Sachs , mif- .
celL curiof. â lienis luxadone, jcpulchreu
ohf.^o. Colique rénale £quirreu£e , par
la luxation de la rate. C.
Nephralgia jcorbutica d-Eugalenus..
Cette colique, rénale , à laquelle on
donne le nom de fcorbuîique, ell: plu¬
tôt un. mal de reins, & je me fonde
574’ Classe vri.
fiir ce Lindiusn^z jamais obfervéla
première dans les différentes efpecesde
Icorbut qu'il a traitéesau lieu que le
mal des reins en eftprefque inféparable^
Je ne dis rien ici des coliques rénales; '
fympathiques que l’on attribue aux vi¬
ces des parties éloignées des reins, qui
font les feules qu’on ait trouvé affec*
tées après la mort des fujets , tant;
parce qu’elles font extrêmement rares,,
que parce qu’on: les attribue gratuite¬
ment aux vices des parties éloignées
telles par exemple, que' lé cœur , le
poumon , lefqueis dépendoient. peut-
être d^un vice des reins qui difparoif-
foit après la mort , d’une pblogofe,,
par exemple, d’un fpafme, &c. dont il
ne refie aucun figne dans les cadavres,
A l’égard des coliques rénales mé¬
sentériques, pancréatiques , on ne fau-
roitîes exclure de ce genre , vu que'
îé nom générique de la maladie ne àé-
figne point nécelîairement la partie
feftée, mais feulement les fymptomes-
qu’on a coutume d’y rapporter ; mais^
rien n’empêche que ces fymptomes
ne puiffent dépendre du vice d’une:
partie qui en efl proche , & dont les
nerfs, font une continuation, des fisns;..
Dmüünd&hea-vemn'y&c. îjf
i 6. N&phral^a. gravidarum , Puzos ^
fag. -gc). Colique rénale des femmes,
enceintes. A..
- Si la. douleur a fon fîege dans lès;
iombes& qu’elles s’étendent jufqu’à
la Vêâie, fi les urines ont peine à côur
fer^fi là malade efiàffedée d’ime dÿfu^
fie ,,fi elle a- des envies firéquentes d’uri¬
ner, fi lesuriaes.font'aqueirfes & en pe-
tite quantité y c’eft une coliqué rénalei.
Les remedes propres à l’appaifer
lont, lès faignéês réitérées ,.1’Euile d’à»-
mande douceles lavemens émoîiiens
les potions laxatives , adoucilîanteSé-
Elle efl OGcafionnée dans lès femmes
greffes par la preffion qu’éprouvent les;
ureteres de Ik part de là veffie, par l’en*
gorgement que eaufent dans- les reins
des urines épaiffes & laiteufes ^ par
h diftraâion des nerfs. Chi la cafine:
avec des lavemens dans lefquels il en¬
tre deux ou. trois drachmes de philo.—
nium' romain..
17. Wèpkralgid kœmaeuricà;fT'taWes y
de.opio iL. pag. giS,
Lorfque le fang coule abondamment-
dés reins dans les. ureteres ^ il arrivée
Ébuvent qù’ii fe coagule y & alors re-
Êenu. dans les.üreteresj,; il fait.nâîtrele&
376 C L A s S E VÏL
fymptomes de la néphralgie çalcuîeufe j.
les douleurs qu’il excite dans toutes
les voies urinaires, font très-aiguës Sc
accompagnées d’une ifchurie qui met
la vie du malade en danger, à moins
qu’on n’ait promptement recours à l’o-
pium, & aux émolliens qu’on fait pren¬
dre intérieurement & qu’on applique
à l’extérieur; le hoquetfurvientquel¬
quefois dans cette maladie.
XXVI. D rsTo CI A ; Accouche¬
ment laborieux ; P anus difi-.
cilis ; de dys , difficilement ; &
tokos , accouchement.
On appelle accouchement laborieux^
celui dans lequel l’enfant a de la peine
à forîir, & qui indépendamment des
douleurs dont il efl; accompagné, eft
fuivi d’un écoulement de mucofité
de celui de la liqueur de l’amnios , èc
d’une perte de fang.
Il eft caufé par la réfiftance du foetus
ou des voies qui lui donnent paffage,,
&,qui efi: telle que les efforts de la mere
ne fauroient la furmonter en peu de
temps , d’où il fuit qu’il a pour princi¬
pes,, de la part du. fœtus la réMance
JDoulèürs de has‘ventfe^ &c. J77
qu’il oppofe par fa grofleur démefurée,
par fa mauvaife fituation, fa mort, ou
Ion extrême foibleffe ; de la part de la
mere l’étroiteffe des voies , leur féche-
reffe , la foibleffe & l’irrégularité des
efforts, qu’elle fait.
L’accouchement facile arrive, i vers
la fin du neuvième mois folaire ; il
eff précédé de grands maux de reins ;
3^. la tumeur du bas-ventre s’affaiffe du
côté de l’épigafire ; 4°. il eff précédé
pendant trois ou quatre jours d’un écou-
■ lement de mucofité qui fuinte par les
glandes de naboth ; 5 l’orifice de l’u¬
térus commencé à fe dilater peu à peu.
Les figues qui annoncent l’accouche¬
ment font, 6°. des douleurs plus fortes
dans les lombes, qui reviennent plus
fréquemment, & dans les intervalles
defquelles la femme s’affoupitaffez fou-
vent ; le pouls eff plus fréquent Ss
plus fort qu’a l’ordinaire ; 8^. le vifage
eff plus chaud & plus haut en couleur,
à caufe que la violence des douleurs
empêche la femme de refpirer; 9°. les
levres des parties génitales s’enflent;
10^. il furvient fouvent à la femme un
vomiffement nuifible ; ii*^. àmefure
que la femme redouble fes efforts,. &
57^ Classe VII.
que l’accouchement approche, elle efl
faifie d’un tremblement dans les jam*
bes qui n’eft fuivi d’aucun froid; i
fort de l’utérus une férofité fanguino-
lente ; 13 l’orifice de la matrice fe di¬
late de plus en plus, la veflie ovale qui
renferme les eaux, fe préfente, devient
de plus en plus tendue à mefure que les
douleurs redoublent, Sc la tête de l’en¬
fant s’avance en même temps dans cette
membrane ; 14°. les douleurs: redou¬
blant, les membranes qui enveloppent
le fœtus fe rompent, & les eaux con¬
tenues dans l’amnios fortent avec vio¬
lence, êcil y en aenviron une livre ; 15^°.
Tout d’un temps, ou immédiatement
après un elFort violent, l’enfant fort la
tête première, le vifage en bas, & peu
après le placenta & le refie de la liqueur
de l’amnios fortent aufiî; 16°. le fang;
s’écoule en plus grande quantité, le bas-
ventre s’alFaifîe, la femme s’endort, &
oublie en peu de temps les douleurs
qu’elle a fouffertes.
Cure, Du moment que les douleurs
commencent à fe ûire fentir, que l’on
s’apperçoit que l’orifice de l’iiterus fe
dilate, & que les membranes fortent,
il fait donner à l’accouchée, à moins
Do-UUjirs de has^ventre ^ '&c. 379
qu’elle n’ait le ventre libre, un lavement
«ompofé avec de l’huile , de l’eau &
I du catholicon ; fi elle efl: pléthorique ,
il faut la faigner. On la placera eniuite
fur un fiège fait de maniéré qu’elle
puilTe s’y repofer. On lui alTurera les
genoux , on lui foutiendra les reins
avec une ferviette que l’on paffera def-
fous, & que deux perfonnes fouleve»
. font par les deux bouts dans l’accès des
douleurs. On aura foin de relâcher fes
fupes & fes habits , pour que rien ne
lui prefiè ni le bas-ventre ni la poitrine.
On lui fera avaler un œuf, un morceau
1 de pain trempé dans du vin, on lui fera
I boire pour la défaltérer de l’eau dans
I laquelle on aura délayé du firop de li¬
mon, on l’engagera à faire quelques
tounr dans fa chambre ; la fage-femme
aura foin de vifiter de temps en temps
l’orifice de la matrice, & au cas qu’elle
diftingue la tête du fœtus à travers les
membranes , elle ne fe prefièra point
de le tirer, elle laiffera patiemment agir
la nature, & mettra en œuvre tout ce
qu’elle croira propre à foulager la ma¬
lade. Au cas que les membranes s’al¬
longent , & qu’elle ne fente point la
tête du fœtus , elle appellera fans déî^
. ou le Médecin ou l’Accoucheur.
3§0 C L A s s- E VII.
Accouchement laborieux de la part
de la mere. ;
I. Dyjlocia à dcbilitate , Mauriceau ÿ
cap. 10. lib. a. Accouchement labo¬
rieux à caufe de lafoibleffe de la mere.A^
La mere efl: ou habituellement infir¬
me , ou ne fait pas des efforts affezrpuiC'
fants pour fe délivrer. Son .infirmité,
habituelle vient, ou de fa conftitution
naturelle, ou des maladies qu’elle a eues
précédemment , ou bien d’une mau^
vaife conformation , de ce quelle eft
boffue , déshanchée , boiteufe , fur*-
. tout fi les organes de la refpiraîion font
foibles, comme cela arrive dans l’af-
thme , la phthifie. On connoît fa foi-
blefie aéhielle à la pétiteffe du pouls ,
à la pâleur du vifage, à la froideur des
extrémités , à l’abattement oîi elle efi: ;
& dans ce cas on doit la fortifier avec
du vin, des cordiaux, desconfdmmés
^ des drogues aromatiques.
Si elle efi: boffue , déshanchée, boî-
teufe , afthmatique, elle ne peut abfo-
lument fe paffer d’un Accoucheur. Au
cas qu’elle foit timide & fujette à s’ef¬
frayer, on affeâiera un air gai & riant,
Douleurs âi has-!vmm ^ §!‘c. 381
pn rentretie/idra d’efpérance, d^ l’ani-
niera par-les exemples de celles de fe$
îenpblables qui fe font trouvées dans le
même cas. Suppofé, qu’elle ne faffe
point valoir fes efforts , foit parce-
qu’elle efi adbupie ou dans le délire ,
6c qu elle ne fente point les aiguillons
de la matrice,pn emploiera la faignée,
les Ia.vemens;âcres & les autres fecours
qu’on jugera propres à rappeÛer fes
fens. L’accoueheur^ ou la fage-femme
aura loin en même temps d’introduire
fuccefliveipent, fes doigts dans la ma-
ijàce f de,dilater fon prifîce , jufqu’à çe
tp^pdujrela.main^ fai%r
l’enfant parles pieds & le tirer. S’il fur-
■^ent orne perte, de fang , ou que la
malade tombe dans des accès, d’épilep-,
fie , ou dans des convulfions , le Chi-
]^rgien doit fe.hâter d’i-xtraire le fœtus
ïe;plus, pron^ptemept qu’il lui fera pof-
^ojéj^jPerte,. de -fang.des; femmes
enceintes.;,,. *: : : t
a. DjJiocia, a . coiicd , -Mauriceau
CAJ}- lo.lib. a. Accouchement laborieux
Gccafionné par une-colique. A.
. Autant les^tc^nchées utérines font
néceffairesrpopr bâter l’accouchement,
amant lao^^e fd-elie nuifible , parce
• C L A s s E vn* '
que loin d’agir fur la matrice & de dila¬
ter fon orifice J elle le reffefre, & n’eft
propre qu’à caufer une diarrhée. Les
îavemens émolîiens & laxatifs, qui ap-
paifent fbuvent la colique, font très-
propres à exciter des tranchées, & ce
font-là deux raifons qui doivent ohli*^
gér à s’enfervir. A l’égàrd dé îa coK-
quejion l’appaifê avèc des linges Æauds^'
avec de l’huile d’amande doüce , & a«
t:as que le pouls le permette, par le
moyen de la faignée".
■ 3. Dyfiocîa. kpathémau , MâuriceaU'^
ëHap. I O. pàg^zSS, livi Z. Accouche^
ment labdrieux'occafionné par les pâfo
fions;. A; ' ' ' ■ ' ■'
Les femmes groffès font fujettes à
des palfions violentes, &c elles -fonf
extrêmement nuifibles dans l’accouché-
ment, tant parce qu’elles épuifent lé^
forces ,-qüe parée qu’ellès les détour¬
nent ailleurs. Je mets de ce nombre la
crainte, le chagrin, la pudeur, la pufiî-
îanimité , l’îndignatiôn , là colère, &c.
Le médecin & là fagé^femtne ne doi¬
vent rien négliger pour les calmer, ôC
c’efi: dans eès fortes dé cas qu’ils doi-
vèht faire ufage de leur éloqüencè ; ils'
doivent mettre en ufage lés promefies ,"
Douleurs de. has-vtnm, &c. 3S3
les difeours agréables , les exemples
ccmfolans, les contes , les récits, &
même les fables pour détourner leur ef*
prit de l’idée affligeante qui les occupe ,
les flatter d’une prompte délivrance ,
&L leur promettre ce qu’elles fouhaitenU
Dyfiocia ab anguJUa, Mauriceau,
chap. / O. liv.%. Accouebement laborieux
caufé par l’étroitefle du pa^ge. Â.
- Rien n’efl: plus propre à rétrécir les
voies & à rendre les efforts de la fem¬
me inutiles, que les excrémens conte¬
nus dans le bas-ventre , c’eff pourquoi
il convient de les évacuer par le moyen
de quelques lavemens laxatifs , avant
que le foetus foit engagé dans l’oriflce
de la matrice-, car alors ils deviennent
inutiles , & il n’efl: même pas fur d’en
faire ufage« A l’égard de l’urine, au cas
que les lavemens , l’exercice & les
autres moyens ne fuflifent point pour
en procurer l’évacuation , il faut avoir
recours à la fondé- Les femmes jeunes
de feches qui accouchent pour la pre¬
mière fois, doivent avoir la précaution,
quelque temps avant l’accouchement,
de dans le temps de l’accouchement
même, de s’oindre le vagin & l’orifice
de la matrice avec du beurre fans fel,
384 Classe VIL
de la pommade émolliente, fur-tout fi
l’amnios a percé & que les eaux fe foient
écoulées depuis quelque temps. Au cas
que le vagin fe trouve rétréci par des
tumeurs vénériennes qui s’y font for¬
mées , il f^ut au plutôt & dès les pre¬
miers mois de la groffelTe , fans em¬
ployer les bains, que les femmes en¬
ceintes ne peuvent fupporter, les dif-
foudre par le moyen d’un Uniment
mercuriel, ainfi que M. Barbcyrac l’a
pratiqué avec fuccès, ce qui demande
cependant des précautions.
Enfin, fi malgré les efforts continués
de la mere , l’orifice de l’utérus ne fe
trouve point fuffifamment dilaté , iî
faut l’ouvrir, non point avec l’ongle ,
mais avec quelque inftrument tran¬
chant , prenant garde de ne point tou¬
cher à la partie fupérieure.
Si la membrane qui enveloppe le
fœtus eff hors du vagin, fi elle eft dure,
fi elle ne perce point, fi l’enfant efi fuf-
fifamment forti, & l’orifice de la matrice
affez dilaté pour croire que rien ne s’op-
pofera à fa foriie , dans ce cas, dis-je,
il faut percer avec l’ongle, ôii avec
quelque infirument cette membrane du
chbrion. : ,
Les
Douleurs dt bas-ventre ,
Les femmes âgées ont beaucoup de
peine à accoucher pour la première
fois, à caiife de la rigidité des parties ,
& de l’immobiîité des os.
Lorfqué les parties font ferrées au
point de ne pouvoir y remédier , il
faut, fl l’on veut fauver îa mere & l’en¬
fant , en venir à l’opération céfariennei
5. Dyjîocia ab^hyfteroloxid. Voyez
laDiJfert. de Benoît Felifier. iy68. Ai
AccBuchement laborieux , par la.
faute du jœtus,
Dyjîocia à mole foetus y Mauriceau,;
chap.x^. & aS. lib. 2. Accouchement
laborieux occafionné par la groffeur
du fœtus. A. ; .
L’enfant peut pécher par trop de
groffeur, ou en tout ou en partie, mais
plus fouvent en partie, comme dans
îes.cas oîî il eff affeété d’un hydrocé¬
phale, d’une afcite , ou d’une hydro-
pifie de ppiî'rine, comme auffi lorfqu’il
eff adhérent à un autre fœtus. Si le Chi¬
rurgien, après avoir introduit fa main
dans la matrice , juge l’accouchement
impoffible , comme c’eff de lui que dé¬
pend la vie de la mere de l’enfant g.
Tome VI. R
Classe VII.
qu’on ne peut les fauver tous deux,
êz que le dernier ne fauroit vivre , vu
rhydropifie dont il eft atteint, il con¬
vient de facrifier fa vie pour fauver celle
de la mere. Le Chirurgien prendra donc
un couteau courbe , qu’il introduira
adroitement de la main gauche dans la
matrice, le faififfant de la droite, il
coupera la tête du fœtus, & lui percera
le bas-ventre pour faire écouler les
eaux, après quoi il lui fera facile de le
tirer; Lorfque le fœtus eft d’une grofleur
êz d’une figure monftrueufe, il le cou¬
pera par morceaux dans l’endroit des
jdintüres , prenant garde de ne point
blefler la mere clans cette opération.
Lorfqu’il fe trouve plufieurs enfans
dans la matrice, il efl: plus difficile d’y
introduire la main. Dans ce cas, il faut
faifîr un des fœtus par les deux pieds ,
on les connôîtra en les comparant en
femble, ou en avançant la main juf-
qu’aux aines , & délivrer la mere de
celui qui fe préfente Je premier. Mais
il faut prendre garde de ne point ex¬
traire le placenta que l’autre ne foit
forti, de peur d’occafionner une hémor¬
ragie , vu qu’il arrive fouvent que les
jumeaux n’ont qu’un feul & même pla-
Douleurs de bas-ventre, &c, 3S7
eenta. C’eil en vain qu’on s’en rappor-
teroit aux efiorts de îa nature pour la
fortie du fécond fœtus; car comme la
mere eft foible, de qu’il n’y a pas d’ap¬
parence que les douleurs redoublent ,
il vaut mieux , à moins que la mere
ne foit-forte & courageufe , le tirer
avec la main , que de diâerer l’accou¬
chement. - *
Lorfquel’enfant eft bien fitué, & ne
peche que par fa groffeur, je penfe que
ce feroit un crime de le tuer , & dans
ce.casil faut avoir recours à l’opération
eéfarienne, afin .de fauveur tout à la
fois dit la mere & i’énfant*.
à fæm mortm, Jimck-er,’
TabuL,- Medic. riz. Ckirurg. loz. Mauri-
c^zsXyliv, z.cliap.^o. iz. 14. Accou¬
chement laborieux cccaiionné par la
mort du fœtus. A. . :
On a lieu cfoi- foupçonner qiie lé
feîus eft mort; iorfqae la femme
a; été biéffée.; lorfqu’eilê' a eu une
perte de fang abondante ; 3^’. lorfque
le fœtus m’a point encore atteint fa
maturité; 4IK lorfque la liqueur del’am-
nios:5’eft écoulée depuis quatre jours
ou plus ;-5°. lorfque.les mamelles font
Calques ;-6®. que la mere. a ie têinf
38& C L A s s E VII.
plombé ; 7*?. les yeux creux, le regard
îauguiffant, l’haleine puante, ôc que
la matrice fe gonfle par intervalles.
Mais on efl: affuré qu’il l’efl ; i lorf-
qu’il eft piufieurs jours fans remuer ;
Z®. Qu’il fort de la matrice une grande
quantité de matière fétide & cadâve-
reuie; 3^. lorfque la mere fent une
douleur & un poids dans la matrice
4®. forfqué l’enfant, femblable à une
mole , roule par fon propre poids du
côté où la mere fe tourne ; 5*^. lorfque
celle-ci a des fyncopes & des convul-
fions fréquentes; lorfque le cor?
don ombilical ou le placenta font de¬
puis long-temps hors de la matrice ;
7°..iorfque mettant la main dans celle-
ci o:ti trouve le fœtus froid, & qu’on
ne fent aucun battement dans la fon¬
taine , ni dans le cordon, ni dans le
carpe ; qu’on trouve Ja tête molle, les
futures ouvertes ,' &ies os croifés les
uns flir les antres. Lorfque le fœtus efl
mort, que les eaux viennent à s’é¬
couler , il fe corrompt beaucoup, plus
en deux jours, qu’il ne le feroit en qua¬
tre hors de la matrice ou dans Famnios-
; Condum qu il faut tenir dans, pareil
fas\ 0.n doit laiiief agir les douleurs .
Douleurs de has-ventre , &c. 3?^
d’autant plus, fi l’on en croit Maurlceau,
que les remedes qu’on emploieroiî pour
hâter l’accouchement fonî nmfibles ,
ou du moins inutiles. On doit fe hâter
d’extraire le fœtus; èz comme cette
opération eft extrêmement laborieufe,
dans le cas même où il ed: bien fiîué ,
on ne doit employer les crochets que
dans le cas où l’on a des lignes infail-
îibles de fa mort; & pour lors, au cas
qu’on le tire par les pieds , on doit
prendre garde de ne point féparef la
tête du corps, & de la laiffer dans la
matrice. Si elle fe préfente la première,
on la tirera à diverfes reprifes avec les
crochets, ou avec le tire-tête, & l’on
difféquera le tronc pour le tirer plus
aifément.
8. Dyflocia à fœtus Jzm , Moriceau,
chap. iT). jufqidau 27. Accouchement
contre nature. A.
L’enfant peut fe trouver dans plu-
fieurs lituations également vicieufes;
î°. il peut fe préienter par les deux
pieds, ou par un feulement: cette li-
tuation eft vicieufe, mais moins cepen¬
dant que les autres.
‘ 2.®. Lorfqu’il préfenîe les feffes, U
R iij
390 Classe VÎÎ.
meurt pour l’ordinaire dans l’accou¬
chement.
3^, La fituaîion eft encore plus dan-
gereufe lorfqu’il préfente un bras. Dans
toutes ces circonflances, on doit
chercher les deux pieds, faifir le feetus
par ces parties, & le tirer dehors,
On doit le retourner de façon que fon
TÎfage regarde le coccix de la mere ,
de peur que fon menton ne s’engage
dans les os pubis. Le fœtus s’étant avan¬
cé iufqu’à la poitrine, il faut que la
fage-femme écarte les levres de l’ori¬
fice de la matrice, & que la mere re¬
double fes efforts pour faire fortir la
tête, de peur qu’il ne foit pris par le
cou, qu’il ne puiffe plus fortir. 4®,
Mais il faut auparavant chercher les
deux mains, & les amener dehors.
Dyjîocia à fecundinis elapjts
ticeau , chap. 0.6 & zy. liv. 2. Accou¬
chement laborieux, occafionné par la
fortie des fecondines. A.'
Lorfque le cordon ombilical fort le
premier, il fe trouve tellement preffé
par l’orifice de la matrice, que la cir¬
culation ne fe fait plus , & l’enfant
meurt dans i’efpace de demi-heure,
plus ou moins.
Douleurs de has~ventre, &c. 351
Dans le cas oîi le placenta fe pré¬
fente , ce n’efî: pas l’enfant feul qui
court rifque de la vie ; la mere court
aufi rifque de la perdre, à caufe de
l’hémorragie qui fur vient.
Dans l’un & l’autre cas , le Chirur¬
gien doit au plutôt retourner l’enfant,
quand même il feroit bien fitué, le. fai-
fir par les pieds, & délivrer la femme ,
avant que de lier le cordon; c’ell le
moyen d’arrêter incontinent l’hémor¬
ragie. On baptifera l’enfant, on l’en¬
veloppera dans des langes chauds, &
on lui fera flairer du vin, dans lequel
on aur-a fait bouillir de la canelle, ou
telle autre drogue femblable.
I O. Dyflocia à molâ , Moriceau, chapi
3 /. Liv. 2., Idésûer ^ Chirurg. cap. iSS.
Juncker ; Accouchement laborieux , occa*
Jionnépar une mole. A.
La mole ou le faux germe , Îoîfqu’elle
g deux ou trois mois, n’efl; autre chofe
qu’une malTe charnue lymphatique ,
fouvent hydatideufe, formée du pla¬
centa , en place du fœtus, qui n’a pu
fe développer dans l’amnios. Voici les
lignes auxquels on la connoît : 1°. La
femme qui la porte, éprouve jufqu’àu
quatrième ou au cinquième^ mois les
392. Classe VIÏ.
mêmes fymptomes que celle qui porte
un embryon, Ce temps expiré, on
ne fent aucun mouvement total ou par¬
tiel dans la matrice, à moins qu’elle ne
foit aiFeftée d’un fpafme. 3*^. Cette
maffe roule, par fon propre poids, du
côté oîi la femme fe tourne. 4®. Elle
caufe de plus grandes incommodités
que l’embryon ; la femme fent une
îaffitude dans les cuiffes èz les jam¬
bes , une pefanteur ^ans le baflin, elle
a peine à uriner. 5°. Les mamelles
ibnt moins enflées, & ne contiennent
point de lait. 6°. L’enflure du bas-
ventre efl: uniforme; au lieu que dans
la vraie groffefle, elle efl: plus forte
vers le nombril. La mole s’engendre
feule , elle fort fouvent vers le fécond
ou le troifîeme mois, & fa fortie efl:
précédée des mêmes douleurs que l’ac¬
couchement ordinaire.
Il y a des moles qui font plus adhé^
rentes que cLautres à la matrice ; il s’en
trouve même qui reftent dedans plu¬
sieurs années.
Il y a deux moyens de procurer la
fortie de la mole ; favoir,. les remedes
& l’art. Dans le premier cas, on eom-
piencera par oindre le vagin à plufleurs^
Douleurs de bas-ventre^ &c, 39ÿ
reprifes, on fera prendre à la malade
un demi-bain, on la faignera du pied,
on la purgera, & au bout de quelques
heures on lui donnera un lavement
âcre, pour lui caufer des tranchées,
pourvu qu’on n’ait point d’hémorragie
à craindre.
Si ces moyens ne réuflilTent point,
fi la mole eft adhérente à l’uterus, &
que l’orifice de la matrice foit ouvert,
la fage-femme y introduira fa main, ôc
l’extraira, ou avec les doigts ou avec
un crochet.
XXV IL HrSTERALGIA; Mal
de mere, Portraiture ,Goîiqiié
utérine 5 Hyjiralgia. , Haffé;!:-
quift , Voyage^ de la Pdleflïnè^
appeliée par les Auteurs Dou¬
leur de matrice ,• Dolor uteri.
Memalte efi; le premier qui fe foit
fervi de ce nom àlhyfiéralgie dans fon
Abrégé des maladies : il eft formé ^hyp
teros ^ matrice ; & ^algeia , douleur.
1. Hyjleralgia ab hyflewptojî ^ clajj]
genre 4^'. Defcente de matrice. L.
C’eft une douleur occafionnée par
R V
394 C L A s s E VIÎ.
une defcenle de matrice. Voye;i le mot
hyfieroptojis^ clajf. /. genre 45). & Aftruc,
tom. cap. 10. Vous trouverez fa cure
chez Sydenhamf tom. t.pag. 4:^5,
2. Hyfleralgia ab kyjîefocele , Hippo-
crat. de morbis mulierum , lib. 3,4, 6* i.
Ab Hyjieroloxia, clajf. /.genre Ji. D,
C’eft celle qui eft caufée par le dé¬
placement de h m'àXxiCQ .y cyL Hippocrate
regarde comme la fource .de quantité
de maladies. Ces fortes de déplacemens
font ordinairement une fuite de la grof-
felTe; mais les douleurs qu’ils occadon-
nent appartiennent aux accouchemens
laborieux, ou aux fymptomes déjà grof-
feffe, de celle, par exemple, où l’emant
fe forme dans les trompes , dans le has-
Ventre , &c. Voye:;^ la demiere claiTe.
3. Hyjleralgia à menojlajîa ; Colique
des mois ; Colicns dolor in purgatione
menjirua^ Riviere, cent. g. obf. 26. D. P.
C’eft cette douleur que les femmes
reffentent tous les înois dans la matrice,
dans les lombes , dans les cuiffes , lorf-
qu’elles tardent à avoir leurs ordinai¬
res. Elle afteâ:e principalement les filles
d’un tempérament fanguin , elle les
tourmente tous les mois pendant plu-
fieurs jours, & leur caiife même des
Douleurs de bas'ventre, &c. 395*
convülfions. On attribue communé¬
ment ces douleurs à la diflraftion que
câufe aux vaiffeaux de la matrice le
fang épais & vifqueux qui s’y amaffe ,
auffi bien qu’au refferrement, à la fé-
chereffe & à la rigidité de ces vaiffeaux,'
laquelle retarde cet écoulement ; & en
effet, il eft rare qu’elles ayent lieu dans
les femmes qui ont déjà accouché, on
qui ont eu plufieurs fois leurs ordinai*
res, à moins qu’elles ne fe les attirent
par quelque refroidiffement.
Les remedes qui conviennent dans
cette maladie j font la faignée , dans lè
temps que la douleur fe (ait fentir, les
îavemens oléagineux , les anodins ,
fur-tout les demi-bains tiedes, l’infu-
fion de fafran d’Orient, de fleurs de
fouci, de cheiri , les feuilles de pied,
d’oie du Mexique en guife de thé, &
quelques autres que l’on peut voir dans
le Traité des maladies des femmes , par
Aflruc, tom. i.
4. Hyjleralgia cancrofa ; Qanc^r de
la matrice ; Cancer uteri , Aftruc, cap.-y.
tom.y,. C.
Cetîe douleur efl caufée par un can¬
cer caché dans la matrice, lequel ve¬
nant à s’ulcérer , eff fuivi de fleurs
R v]
39 ^ Classe VII.
blanches trèsdouloureufes./^o7c;^Fleur5
blanches.
Le cancer de la matrice fe mani-
fefte par une douleur dans les aines,
le bas-ventre , la région hypogaftri-
que 5 les lombes , auffi bien que par
une tumeur dure, inégale, rénitente
dans la région de l’utérus , laquelle
caufe par intervalles des douleurs lan¬
cinantes , & qui eft précédée d’une
dureté fquirreufe, limple & conftante.
Ce fquirre forme dans la fuite quan¬
tité de tubercules inégaux, durs , que
l'on fent au taft, lorfqu’ils affedent le
col de la matrice ou le vagin. Cette
douleur s’irrite par l’attouchement,
de même que par l’exercice.
On la calme au moyen d’une diete
rafraîchiffante, telle que les foupes fai¬
tes avec la crème d’orge ^ de riz , le
lait pris deux ou trois fois par jour,
en s’abftenant de vin , des épiceries ,
du coït, avec une légère décodion de
racine de guimauve, ou une infulion
de fleurs de mauve, de graine de lin,
avec des bains aqueux ou des demi-
bains , des bouillons de grenouilles, de
poulet, avec du laudanum foHde ou
liquide ^ que l’on prend tous les foirs.
Douleurs de bas-ventre^ &c.
On peut auffi injeder dans le vagin du
lait, de la décoâion d’orge, mondé,
une infiifion de mauve, de fleurs de
violette, de graine de lin, du muci¬
lage d’herbe aux puces, du fuc de /ô-
lanum hortenfe^ &c. Fleurs blan¬
ches caufées par un cancer.
Hyjieralgia ulcerofa; Ulcéré de la ma-
trïce , Aflruc, des maladies des femnzes ,
tom. 3. chap, ,4. C.
Cette efpece ell: prefque toujours
compliquée d’un ulcere dans la matri¬
ce, & par conféquent d’un écoulement
fétide,fanieux, fangüinolent par le va¬
gin ; d’où vient que cette maladie ap¬
partient à la perte du fang, ou aux
fleurs blanches caufée par un ulcere.
Au refle, elle efl la fuite de l’inflam¬
mation de la matrice , & demande le
même traitement que le cancer de ce '
vifeere, vu que les ulcérés qui s’y for¬
ment dégénèrent fouvent en cancer.
On. a lieu de croire qu’il y a un
apofteme dans la matrice, iorfque l’in¬
flammation ne s’efl: point réfoute, que
la fievre a été violente, que la malade
fent une tumeur & une douleur fourde
dans la matrice, qu’elle efl fujeîîe à des
fueurs J
35 )S Classe VIL
6. Hyjîeralgia fchirr^ofa; Squlrre de la
matrice, Aftruc, tom. 3. chap. 6 . Puzos,
du fquirre de la matrice. -C.
il fe manifefte par une pefanteur in¬
commode dans la région de la matrice ,
par une tumeur dure, rénitente, qui
fouffre le taâ:, lors fur- tout qu’on peut
le toucher en introduifant le doigt dans
le vagin , ou en repoulTant la matrice
avec le doigt, après avoir fait coucher
la femme fur le dos , & lui avoir fait
plier les jambes. On peut cependant le
confondre avec la véritable groiiefîe ,
lorfqu’il occupe toute la matrice, à
moins qu’on ne faffe une attention par¬
ticulière aux lignes ; de même qu’avec
l’hydropifie de matrice , lorfque le
fquirre a acquis un certain volume, la
matrice defeend alors par fon propre
poids, caufe à la femme une douleur
gravaîive, qui l’empêche de demeurer
debout, & qui la menace d’une chute
■de matrice ; &. la tumeur panche du
côté ou elle s’incline. Les fquirres in¬
vétérés font fiilvis de fleurs blanches,
d’enflure œdémateufe, de fievres inter¬
mittentes , &c. Vous trouverez dans
les Auteurs le traitement qu’il exige.
La femme fent une douleur grava-
Douleurs de has-vmtre j &c, 399 .
tlve dans le fondement ; & une dou¬
leur diftenfive dans la matrice, les ai¬
nes & les lombes. On fent dans la
région de l’hypogaftre une dureté j^ui
caufe -de la douleur à la malade lorf-
qu’on la preffe légèrement ; mais lorf-
qu’on appuie plus fortement, la ma¬
trice cede , & le remet aulïï-tôt en
place. Lorfqu’on introduit le doigt dans
le vagin, on trouve le col de la ma¬
trice plus épais, plus court, plus rude
& plus dur dans fon pourtour, & la
femme y fent même quelque douleur.
Les douleurs des aines &: des lom¬
bes atignienîent iorfque la femme efi
debout; elle a de la peine à uriner ; &
à ces fymptomes fe joignent la fievre,
Pinappétence, &c.
La matrice devient fouvent fqulr-
reufe vers l’âge de quarante-cinq ans.,
qui efl le temps où les ordinaires cef^
fent, enfuiîe de la fuppreffion du lait,
d’un coup à la matrice, d’une frayeur
fübite , qui fait ceffer tout à-.coup i’é-
eoulement des menftrues.
Le fquirre eft extrêmement difEciîe
à connoître.au conimencemenî, & ne
caufe de la douleur qu’après qu’iLa ac¬
quis un certain volume.
400 Classe VII.
7. Hyjîe'ralgia pmriginofa ; Le prurit
de l’uterus ; Pruritus uteri, Rodrigue de
Caftro, lib. a. cap. Cj.h.
Cette maladie, à ce que dit l’Auteur,
confifte dans une démangeaifon incom¬
mode & dans un défir violent du coït
accompagné de douleur, ce qui rend
cette afFedion beaucoup plus cruelle j
mais ce défir violent n’eft à propre¬
ment parler qu’une fureur utérine, ce
qui fait qu’on doit le rapporter à cette
ciaffe. Le prurit , proprement dit,
n’eft autre chofe qu’une douleur dans
le vagin, occafionnée par une matière
âcre, fouvent herpétique, ou par des
puftuies, qui obligent la malade à fe
gratter fans celle, à caufe de la déman-
geaifon qu’ejles caufent ; indépendam¬
ment de la rougeur , de l’ardeur & de
la phlogofe qu'elles causent dans la
partie. Cette maladie efl caufée par
une matière féreufe , âcre , falihe ,
quelquefois herpétique, ou vénérien¬
ne , qui ne caufe pas toujours des
puüules.
On la guérit avec des rafraîchlffans,
tels que les bains réitérés, que l’on fait
précéder des bouillons faits avec la lai¬
tue , la citrouille, les femences froides.
, Douleurs de h as-ventre , &c. 401
dont on farcit ie ventre d’un poulet,
& auxquels on ajoute des diurétiques
propres à purifier le fang, tels que le
fyfimbriam aquatique , le cochlearia,
l’ofeilie, auffi bien que des fubftances
mucilagineufes, comme les grenouilles,
les colimaçons, les fleurs de mauve, la
racine de guimauve. On doit comment*
cer par la faignée & la purgation,
& donner ie foir à la malade des ju-
leps , des émulfions ; en été les eaux
acidulés de Valls , d’Alais. Les meil¬
leurs topiques que l’on connoifTe font
les feuilles de plantain , de vigne , de
rofe , les préparations faturnines, &c.
8. Hyjîeralgia ab Edward Hody^
tranfaB. phiLofoph. vol. pag. ic)i.
Une femme étoit affligée depuis long¬
temps d’une douleur gravative dans là
région de l’uterusde la toux , de la
dyfpnée, d’une rétention d’urine, d’un
tenefme & d’un afthme occafionné par
un fquirre dans le poumon. On lui
trouva dans la matrice une fubfiance
ofieufe dont on peut voir la figure dans
l’ouvrage cité, tab. S.fig, iig.
9. Èyjîeralgia febricôfa^ Morton Py-
retol. pag. fievre intermittente qui'
tient des douleurs de l’accouchement^
hijior, i zo, &c. A, P.
.40X Classe VII.
C’eft un concours de douleurs, de
fpafmes, de fyncopes, tel qu’on l’ob-
ferve dans les femmes qui accouchent,
mais qui eft caufé par le venin de la
fievre intermittente , & qui revient
par conféqiient tous les jours , ou de
deux jours l’un. Les femmes enceintes
font fujeîtes à des douleurs dans les
lombes & la matrice, au vomiffement,
à des fpafmes qui. leur font jeter les
hauts cris; mais onconnoît cette efpece
à fon retour périodique , à la couleur
briquetée de l’urine, au pouls fébrile ,
à la faîeté de la langue, & à i’abfence
des lignes qui précèdent raccouehe-
ment.
On la guérit avec des potions fébri¬
fuges , que l’on fait précéder de la fai-
gnéede la purgation & des narcoti¬
ques, félon l’exigence des cas.
lO. ffyjicralgia vaporofa ; Colique
h3^ftérique de i’uterus. L. P.
Ce font des douleurs utérines, cau-
fées, à ce qu’on prétend, par la paffion
hydériqiie, & que Sydznham attribue
à deux principes, favoir aux pertes de
fang , ou au flux immodéTré des menf-
trues ou des lochies , que caufent les
accouçhemens laborieux, ou tel que
Douleurs de bas-ventre , &c. 403
celui qui fur vient vers Page de quarante
trois ans, avant que les menftrues cef-
fent, & aux defcentes de matrice. On
dîftingue cette efpece à un écoulement
copieux d’urine limpide, au froid des
extrémités , à l’abattement de la ma¬
lade , aux pleurs & aux éclats de rire
qui fe fuccedent tour à tour, &: aux
autres fymptomes des vapeurs. Cette
maladie efl; principalement caufée dans
les femmes en couche par le défaut
ou la fuppreffion des lochies, îaqueîie
a lieu lorfqu’elles s’expofent inconfidé-
rément au froid ; fur quoi l’on peut con-
fulter la differtation de Sydenham ,
adreffée en forme de lettre à M. Cole.
I ï. Hyjleralgia ex abfceffu, La Motte,
obf. Sy. des tumeurs. Colique utérine
caufée par un abcès. G.
Une femme reffentoit des douleurs
violentes depuis l’os facrum jufqu’au
• pubis , qu’elle prétendoit avoir leur
hege dans le fond du vagin. Le Chi¬
rurgien Payant vifitée, trouva au def-
fousde l’os facrum & à côté du ccccix
un endroit douloureux d’un pouce de
large dans laquelle il fentit quelque
flnâuation. Il le perça, il en fortit une
palette de pus, & kunaiade fut par¬
faitement guérie.
404 C L A s s E VII.
12. Hyjieralgia impmgnatarum ; Co¬
lique utérine des femmes enceintes. L.
Dans les groffeffes heureufes , la
fenfibilité de la matrice, & les autres
fymptomes occafionnés par fon exten-
•fion & par la rétention des menftrues,
ceffent ou diminuent pour Tordinaire
dans les trois ou quatre premiers mois ,
ce qui eft un ligne d’une bonne grof-
felTe, parce que la capacité de la ma¬
trice , lorfque fon <üametre devient
double ou triple , e 11; à fa diHenfion ,
dans le rapport des mêmes diamètres.
Or la capacité qu’elle acquiert dans
le premier cas , ell à celle qu’elle ac¬
quiert dans le fécond, comme les cubes
des diamètres , ou comme 27 à 8 ; fa
capacité dans ces deux cas ell à fa dif-
tenfôn à peu près comme 5 à 2,
par conféquent elle augmente deux ou
trois fois plus que les douleurs , de
forte que dans la fuite le moindre al¬
longement des libres faffit pour lui
procurer un volume confxdérable. Sa
fenlibilité diminue auffi à proportion
qu’elle met plus de tems àfe dillendre,
& que cette dillenlion ell moindre;
la nature s’y habitue, & cette habitude
fait qu’elle ne fe reffent point de ces
changemens.
Douleurs de bas-ventre^ &c. 40^
Les fymptomes auxquels les femmes
font fujettes après avoir conçu, fe ma-
nifeftent d’autant plutôt, que le terma
auquel elles ont coutume d’être réglées
eft plus court ; & ces fymptomes
qu’occafionnenr la fenfibillté de l’ute-
rus, la pléthore, & i’épaifliftément du
fang font la cacofiîie , la malade , les
nauféés, iei vomiffemens pituiteux, le
ptyalifme.viïqüeux, la crémafon acide,
la laflitude , les phénomènes hyfté-
riques. .
_.i Dans, le cas oiï ces fymptomes con 4
îinueot trois ou quatre mois ^ ou aug¬
mentent , ony; re'îiïédie pdr la daignée ^
les Iavemehs;,:.iind nourriture.cbpHie,
. .. La colique «térine; àiaquelfedes fema
mes font fujettes .vers les derniers mois
de- leur groffelfe , .exige un tout autre
traitement.i; : : !
r .;0n diilin-gaélla coliqué: utérine des
femmés, gip&s de la coHque ordinaire ,
en ce que i®. la douieitr a; principale¬
ment fèm fiege. dans Fhypogaftre ; x®-
ce qu’elle ieft compliquée dé dou¬
leurs néphrétiques , ou dé maux da
reins.; ,^3P. de.,vomijËemient ;: 4^. en ce
que dés lavemens: m’apportent aucun
fôuiagénaent ,-après même qu’on les a
4o6 C l a S S é VII.
rendus, ce qu’on doit attribuer â la
diftenfion de ia matrice , à la preffion
des nerfs qui font dans le voifinage,
de même que dans ia colique des mois.
Les remedesqui convieanent dans
pareil cas font, i^. la faignée ; x®. le
régime; un exercice modéré; 4^^,
la liberté du ventre.
; Les ièmmes enceintes, font fujettes
vers le quatrième mois à des douleurs
dans-lés aines, qui reviennent par in»-
tervalie dans la nuit, Si qui les font
boiter ;. elles .font: occafionnées par la
diftraâion des Bgamens ronds , elles
fe diffipent-d’eilés.mêmes. :
. _ .ilfyjîèralgi'a i iaSea Infiltrations
laiteufes- , Vandermonde , Journal di
:Médsc. Juîlkt par Levrèt. L.
Les femmes en couche y font fujet¬
tes lorfque le lait vient à leur man-
.quer, ou qii’eilés^fe refroidiffent ; mais
les nourrices font rarement afFedéés
de cette maladie- i . : ?
- .:Eile commencepar une douleur gra-
vative dans le baflin & dans les aines ;
par des foibleffes dans les culffes, des
douleurs dans-les Hgamens ronds.
. A mefüré' que la maladiè fait des
progrès, il fe forme dans la cüilTe upe
Douleurs de bas-ventre , &c. 407
tumeur de même couleur que la peau ,
pr.efque indolente, peu élevée. Cette
tumeur grofîit & eiifuivie d’une autre
femblable dans la jambe, & la douleur
s’appaife. Les pieds s’enflent enfuite,
& la douleur diminue à proportion que
l’enflure augmente.
L’état de la maladie efl: fixé au bout
de huit, ou dix joursmais lorfqu’elle
efl: fur fon déclin, les cuifles fe défen-
flent, enfuite les jambes, & enfin les
pieds, de même que dans la réfolutioa
de Tœdeme.
L’infiltration laiteufe diflere de la
lymphatique, en ce que i la lym¬
phatique éfltrahfparente, & la laiteüfe
opaque ; en ce que la lymphatique
commence par les extrémités inférieu¬
res, & remonte vers les fupérieures ,
au hem que la laiteufe fe j ette des cuifles
fur les jamhes, & de celles-ci fur les
pieds-; 3:®. l’infiltration laiteufe a fou
•fiege près de la- matrice, & fe répand
de là dans les extrémités inférieures.
Cure. Du moment que la maladie
Commence, on doit employer les fu-
dorifiques & les cathartiques doux pour
réfoudrè le lait qui fe trouve mêlé avec
le fang, avant quhlait formé un dépôts
4o8 Classe VIL
niais après que celui-ci eft formé , il
n’y a point de meilleur remede que le
iavoq. On peut auffi, pour réfoudre
ces dépôts laiteux, fe fervir d’un cata*
plafme compofé avec des herbes émoL
iienîes, de la mie de pain & du favon.
On peut aufli faire entrer ce dernier
dans les làvemens & dans les demi-
bains , en le faifant diffoudre dans
l’eau.
■ 14. Hyjïeralgia lochialis ; Tranchées
îiatuf elles des accouchées , Puzos, traité
des dépôts laitmx^ pag. 2,^8, A.
L’accouchement : naturel eft fuivi de
tranchées périodiques qiii durent pem
daiît quelques jours., & dans les inter¬
valles defquelies l’accouchée jouit d’un
•parfait repos. Chaque accès de tran¬
chées eft fuivi d’un écoulement de lo¬
chies , ou de quelques grumeaux de
fang par la matrice. Ce vifçere qui fe
.diftend dans le fort dé la douleur , fe
ramollit dès qu’elle ceffe. Dans les in¬
tervalles qu’elle ; laifle , fur-tout s’ils
.font un peu longs, la malade, eft fu-
jette à des fueurs légères , elle a bon
-appétit, & dort paifiblement.
, Cette colique utérine diftere de l’in-
.fiarnmationdematrice ou de bas-ventre
caufée
Douhun d& h(is-vmm\ &c. 409
càufée par le lait, en ce que lés
tranchées hylîériques font plus fréquen¬
tes ; 2®. accompagnées d’une chaleur
brûlante^ de céphalalgie, de foif, de
fievre, de douleurs vagues dans le bas-
ventre & dans les lombes; 3°. les lo¬
chies font plus ichoreufes ou plus flui¬
des, féreufes , plus abondantes, bien
plus à caufe de l’irritation que fouffiré
k matrice, qu’à caufe de fa contrac^
tion naturelle ; 4°. l’écoulement des
lochies n’appaife ni les f^iptomes, ni
ne procure . aucun foulagement à la
tnalade. Fvyei inflammation dé matrice
caufée par le lait.
: Baglivi recommanàe comme un fpé-
cifique dans cette maladie la teinture
de fafran extraite avec l’eau de cinna-
mome , & une petite dofe de firop de
cinnémome. Baglivi,^^^.224; i ^ ^
' . Hyjleralgia ab jparganoJi\lÙ)éçot.
laiteux dansi’hypogaftre, Puzos, traité
‘des accomhemens , pag., j J 6 ', L. • * ’
- Voici les Agnes qui l’annoncent ^
i 9 . il fe forme quelques jours après:
l’accouchement ; 2^. il eft précédé de
tranchées extraordinaires, vagues, im¬
portunes dans tout le bas-ventre, mais
qui ont un fiegefixe ; 3^. ceflege efl:
Temri» S
410 , C L A s s E VIT.
dafts.ks aines , favoir dans le tiffu cel¬
lulaire du péritoinedans les ligamens
larges, ou dans l’ovaire ; 4°. ces. tran¬
chées ne caufent aucune dureté dans
la matrice, & n’excitent point l’écou¬
lement des lochies, comme celles qui
furymnnent apres i’accQuchemerit ordi%
nairé; 5 ®.^ il elî fuivi d’anorexie j d’in-
fomnied’une fievre ou fynoque ou
intermittente ,<dont l’accès revient plu.
lieurs fois par jour ; 69 , environ dix
ou quatorz^jours après l’accouche*
meht, on peut découvrir la: tumeur au
tad;; y® . Ibrfqu’on néglige ces tumeurs;
ou qu’on les traite mal, il en réfuite
desabcèsdansceS endroits, dont l’iffue
eft toujours fiinéde.
l’appelle hyjiéralgie ^ (^uoÏQVi elle
Ciaffeâe point i’uterus, parce que ces
tranchées relFemblént .li,:fojl aux; ColL?
qùes utérines, qu’oni la cohfôdd aifé-
inent ^vec la,vxaie colique utérine; iil
n’y a point de genre, de maladie dont
les..commencemens fe feflemblent fi
fort, &:x’efi ce qui feitqu’on doit s!àt-
ïfeeher i; la connoître; : jh; .
. Qn-laguérit pan:ëes baignées.; téité»
rées'i,, & enfuke avec; des bouillons
■Éits:;avecla.çhicorèè, le; piffetdit, le
Douleurs de bas^ventre , v^c. 411
cerfettii V lexreffon .de fo:ntamer& le fel
de Çiauber., cÿxi procurent une évacua-;
tion-copiéufe d’ùrine. On doit y join¬
dre quelques lavemens , & terminer
l’ufage :des bouillons par des : catharti-i^
qùes; Ga doœieraîde temps en temps
4 la malade des bols compofés avec la
pDudrecdeivipere, le cinabre, les clo-
pbrtes &-'Fantimoine diapborétique^ : -
• 16'.: Hyjieralgm. talculofii ., Puzos ,
T.miié'-des dccouckcmenspag.n.jc).^ Mé¬
moires de.rAeadémie .'de Chirurgie^^
tmrij Z. pag. ityo, 'Colique utérine cau-
féeupar lé caléuh'l ... .. ■
.< -Xes calculs:de :.îa matrice' font, ordi¬
nairement gypfeux, légers^., raboteux ,
blancs ; on les cpnnoît^au taâ par le
moyen de' la fonde, de l’excrétion, 6c
au iènîiment' de iqiefanteur qu^ls ; éau-
fënt. U furvient dans cèftâines circon^
tances des douleurs grav^ives dans des
lombes 5 les cuifles ,vkf(Çïelîes^foHtbsoêî
ter la malade, lors fur-tout qu’elFe à Une
defeente de matrice-; elles iont accdm-
pagnées-d’ime- : démangeaifon ^férine
dansde-'iva^n de les aines / 6c desdoiti
ieurs^briles aiguës . Mat c^Donat-,
durâh. lihi^i cdpd^d^ Scbenckîus jf eè-.
'.y ' - " ^
411 - C L A s S E VIL "
!' Injlàmmation de la matrice. zccJOtïi^^i-
gnée dé fleurs bianches, fétidespuru^i
kntes , Act. de Leipjîck y .Août t-piz.
Gn trouva, tânt. dans la matrice que
dans les trompes, trente-déuxeàl^uls,!
iefquels avoient. uhe qualité diaphoré*
tique commode:bézoard.;'; 2: - -:\i ii
. oWleurs^blanches eôîppik|uées.:de-doa-;
îeursdancinahtes;, â l’oc^ott d’un ul¬
céré formé dans la matrice par le ^ cal¬
cul. Louis ibidy pag. 4 ; Fleurs blan-
çhés, purulentes & marafme. : m c
-J douleurs pa|eiiles à celles
de l’accouchement, 'Pzxé^^^'/.de gemrati
Übj.2 Z4:.:>cdpu^%: Hippocrafe; de epidém.
Ub.6^.JèH.pi.. . ':r' '0
_ _^m 7 né,efl:Jnfép.arabîe de lanolir
quç utérine qiie caufe le calcul. . .
-.J -Dyfi-r.ifé^Bhmmà p 'anatiipfa&x)bjl
y4i $rmfy.phihfi~Hoàj ;tîl
e ; Jfikurie cauiée par; un eaicutrians ; la
i^tn^'. Mphem- nàt.:icür, <üc, /. ann./^*
. 7 . cl , -û;.d
> [ -Iîimormde $:. caufééS: c par un : calcul
dans^la matriceDùncan. Pathok libi
n.;pac ja.pétriflcaîion de lâimatrice. .;b
. - Gni la guérit pan le moyehrde l’ex?-
traérion. que la nature ou l’artipeUvent
effeâuer, îorfque l’orifice de la matrice
Douleurs de hd^-vmtrci, &c, J41.3
efl: ouvert, ou qu’il defcend dans le
Vagin. . . ' '
■ G’eâi ceHe qui eft cauféqaar un calct|l
forme dans Te '^agin lÔrrqueia'veflîe'étant
percge, Jl’urine dépofe<don:tartre dans le
fond du conduit qui eif ferme dé tous cô¬
tés par des fibres'&; dés memBrah.es j d’où
s’enfuîvent-des douleurs , des tranchées
dans le vagin & la difficulté de mar¬
cher. Puips] pr4tend,que Ifopéraiion dft
abfoîument nécefoaire. On prévient les
éxcrpiffances&fos carnofités au moyen
des tentes qu’on introduit dans le va¬
gin , lorfqu’enfuite d’un accouchement
laborieux, on craint que le coi de lâ’
yeflie ne vienne à fuppuration.,
Foye^- touchant cette maladie
Mém. de P Acad, de ïïarlem, part. j.
pa^. : >
L’extradion efi le remede que la
nature & l’art prefcrivent,, l’orfque
l’orifice de l’uterus efl: ouvert, ou qu’il
defcend dans le vagin. . -
‘Cla>§' 5 ë Vil! Douleurs
'g R D RE e iîN Q U l È M E.
; pÔULEURS EXTERNES^
Parmi lefquelles font comprifes
- - celles des membres,
J Ë mets de, ce’’''nombrè' les douîetirs
des ■ ïnamélies, du fron ç;^ des Ig mbés \
dés jambes ;.dés pâfîies-jgétîitaies, &ç.
que j'e.n’ai pu éÔmpr^dré dans les or¬
dres précédens. ,
Mastodynia; Dôu^
■ ïêur dès maméllés,
C’eftune douleur notable, êc coîîê-^
taiite, fôit périodique où continue dans
les deux mamelles , ou dans l’une des
deux. Ce mot eft dérivé de majlos ma¬
melle, & doùlèür. ■
ly Majlodynia phlegmonôdes , Rod.
à Caftro , de mammillarum infiamma-
done^lib. Douleur phlegmo-
neufe des mamelies. B.
Cette douleur eft accompagnée d’en¬
flure, de rougeur, d’élancemens dç de
externes^ Douleurs desmamelles. 415
rénitence. Elle efl: caufée par la trop
grande affluence du fang dans les artè¬
res mammaires & par la force avecJa-
quelle il agit fur leurs ^vaiffeaux fan-
guins, ainli qu’il eft aifé dlen juger par
la dureté, la piénitude , la vîteffe ou
la fréquence du pouls., & c’eft ce qui
occafionne la diftenfton , la rougeur,'
la douleur &la rénitence; qu’on appert-
çoit dans les mamelles. . -
, La rmfon pour laquelle le. fang agit
avec'tant de force fur iesmâmelles, éft
qu’il ne peut,circuler dans les vaiffeaux
capillaires , ce qui arrive toutes les fois
qu’elles font preflees par un corps ferre
ou baleiné-, car le fang agit alors avec
plus de force fur les parois des vaiffeaü'^
qu’il ne le feroit s’il circulent avec faci¬
lité dans les veines; Cette maladie eft
ordinairement la fuite d’une- prefflon
externe, d’un coup de la pléthore, de
la fupprefflon des menftrues,* > ;
On la guérit 1 ® . par une dicte ténue
avec des bouillons, des crèmes , des
potions délayantes -, rafrâîebiflantes ,
teiles que la tifane d’orge, de riz; i°.par
des faignées -réitérées du bras & du
pied, des lavemens émolliens , des
cathartiques antiphlogiôiques , après
S iv
4i6 - Classe Nil. Douleurs
que l’inflammation eft calmée; 3^. avec
des .topiques émolliens , anodins &
réfolutifs ; des linges trempés dans de
l’oxycrat froid ou dans une décodion
de feuilles & de graine de lin. Je mets
au nombre des réfolutifs les cataplafmes
légers cdmpofés avec la graine de lin j
le méliiof, la farine de feves , le miel i,
le vinaigre ., le fafran , la moelle dé
bœuf, le beurre, l’huile d’olive, &Çi
. ; 2,. Mafiodynin. puberum , Kraméri ,
’Commérc. Norimberg, hebdomi ^œ,
B.
Tous les enfans qui ont atteint l’âge
de 12 ou 14 ans, fe plaignent d’une
douleur dans les mamelles, accompa^
gnée^d’enfliire & de démangeaîfon. Les
ihamelles , de même que leurs aréoles j
s’enflâm'ment, deviennent douloureu-
fes , & fouvent même leurs vaiffeaux
laiteux s’excorient & fuintent.
La cure fe réduit à les preflTer, pour
en;faire fortir la férolité blanchâtre qui
s’y eft amaffée, 8c à appliquer un em-r-
plâtre deffus. E^ai d'Edimbourg ^ tom^
y.pàg.tsLz.
3. Majtôdynîapüaris , Roder, à Caf-
tro , lib. 4, cap. %6. LaUis concretio, fc~
bris laciea , du. ruéme i jtpi François U
éxurms, Doiilcun des mamelles, '417
poil, en Languedocien y en
Grec trombojîs & trichiajis , en Efpa^-
gnol pelo.. .
. Alfaharavius'Çïétenà que cette ma¬
ladie eft caufée par un poil y que la fem¬
me a avalé parhafard en buvant , mais
c’eft une pure fêverie. . Elle caufe dans
le mamelion une douleur aiguë, ac-
eompagnpe de rougeur^ & de tenfîon j
le lait ne fort que: goutte à goutte &
avec douleur^ ies.:petites glandes des
mamelles".,: de même quer celles des
aréoles s’enflent,..deviennent noires j,
& on y fent une^ouleur poignante,,
de maniéré qujéîa mere ne: peut donner
à teter à fon nourriffon; Ces petiteà.
grappes, noirâtres , que tes .Languedo¬
ciens'appellent Gats négres \ tourmen¬
tent prôdigieufement les accouchées*.
Les mamellôns :fe igerceat, s’enflam¬
ment ,.deviennent extrêmement dou¬
loureux, & cetaccidentéfl: fuivîd’unè
flevrè de liait éphémereaccompagnée
dé frifToii;, de .céphalalgie & de fueürs»
quifentènt le fromage aigre.:
On attribue tous ces' àccidens à uiï
lait caillé & grumelé dans les mamellesr
des nourrices, mais je croirois plutôt:
^u?dsLQifrQCCaâqnnés:pat]i’inflamma^^
, S V
Classé VII. DouUurs
tion de vaiffeaux laiteux .& des glan»-
des celle-GÎ par leur engorgement
& par la violence avec laquelle lé lait
& le fang portent dans les mamelles»..
Elle demande le même traitement
que le dépôt laiteux ; mais il faut de
plus oindre les ragades avec de l’huile
de cire, d’œuf,. dmmuciîage; de grainé-
de côing,’ & les; faupoudrer/avec d
la. gomme arabique.;Qn :peut encore
employer; le traitement de. Téphémere
dé;lait, celui de là dôuleuE-
phlegmoneufe des mamelles.
: 4> Maflodynia cancmfà ;:Canc.&r inani9~
marunij.. Roderc à
Canee^au^t:mamelles.;;' n V; s
Qn le: connaît à; une; douleur: lancfr
nante .qui' fe.i^t fentir par intervaliès.
fous les ailTelles ,, ou: dans le -voifinags ^
qui fe.' fixe dans, la; mamelle , qui eft.
aufîi; vive que fi on là perçoit avec:
une alêne. ElfeeiüàcGompagnée d’üné"
%jmeur ; en; forme ; de, verrue : dure
profonde ; au;-comihencemeat; fe h-?
quelle îîfiiccedè une tuBérbfitéinégàiei,
des; variGés;,'. & pîufieurs autres fymp--
tomes, qu’on: peut voir, dans la, dixiemé;
Clafié,. au mot .C 4 rcmo; 72 ^i; . r ; .
exurms. Douhurs des mamdlts. 419
UU-x aux mamelks, Pùzos. LaBis redun^
dantia , Roder, à Caftro,-/ié. 4. cap, z6»
SparganoJ^sôiQ^yl0^conàQ.'^,,
Les femmes qui accouchent ont
quelquefois une li grande quantité de
lait,, que les mamelles ne peuvent plus
ie contenir, & de là vient qu’elles fe
diftendent & deviennent extrêmement
douloureufes. Elles fe gonflent , fe ten¬
dent , deviennent d’une, fenflbilitè fî
grande, que la mere ne fauroit donner
à teter à fon nourrifîbh y & à moins;
que le lait ne s’écoule de lui-même ,,
H s’y amaffe de plus en plus y & caufe
une inflammation dans les mamelles ^
dont j’ai parlé ardeffus. ,
La cure devient très-dilKclle lorfque
l’accouchée veut faire palTer fon lait4,
elle l’eft moins lorfqu’elle veut ou
qu’elle peut nourrir, ou fe feire teter
par un petit ehiénou par tme femme
prépofée pour cet effet. Il eft vrai que
cela efl:^diffiGiie.-.& douloureux , mais
elle ne fauroit s’en difpenfer pendant
quelques jours , jufqu’à ce que le lait
ait diminué,-Elle vivra de maniéré à ne
point l’augmenter ;elie ufera d’une hoif-
ibn délayante diurétique, telle que la;
-décoâion de racine de perfil ,
S Vj;
j^io Classe VU. Doulmrs
évacuer le lait fuperflu par les voie&
urinaires, obfervant d’entretenir & de
faciliter l’écoulement des lochies. On
réitérera les lavemens , & on ne négli¬
gera point la faignée.. On empêchera la
coagulation du lait, on le rendra fluide
& on en procurera rexcrétion , au
moyen des linges chauds & des cata-
plafmes réfolutifs qu’ôn appliquera fut-
les.mamelies. Les remedes les plus pro¬
pres àproduire cet effet, font, le mieîy,
dont on oindra les mamelles , les cata-
plafmes faits avec les feuilles de perlil,,
de ciguë ; les.quatre farines réfolutives ^
là; décoâibn de menthe, de fauge, de
fenouil, d’ache, dont on Êiit des-bm-
hrocaîions &e.
6 . Majlodynia: hutyrofd , Vander^-
monde, Nov&mbu 43 /, Eunn-^,
Méd.: d’Harlem. D.,
Une femme âgée dé 40 ans, enfuite^^^
d’unefrayeurqu’elieeut,refrentitpen?-
dànt: Iong“^temps des. douleurs très-vi*-
,v,es dans les deux mamelles qufelle ne:
vint à bout de calmer qu’én les frottant
auprès du;feu:, ce qui-en faifoit fortir
une humeur jaune-& épaiffe, mais ellè^
étoit: obligée de réitérer cette opéra-
tioiîi piüfieurs:.fQis par jour. On la gué^
externes. Douteurs des mamettes. 411
ïit enfin avec un liniinent eompofé
d’huiles aromatiques & d’efprit de vin ^
d’un emplâtre de bafîiieon , & par i’u-
fage réitéré de l’éthiops minéral, de la
gomme adragant, & de la racine de
gayac, réduits en forme de pilules.
Cette humeur jaune, épaifîè & fem-
blable à du beurre , a fait donner à cette
efpece le nom qu’elle porte..
7. Majiodynia ex terrere., Mém. de
l’Acad. de Harlem, part. 3. p^ag. 3 /.
Une femme s’étant efrayée, fut at¬
taquée de douleurs violentes dans les:
mamelles, qui, après avoir réfiûé à tdus
les remedes , s’àpp^ferent enfin dès
qu’elle les' eut frottées- devant le feu
la chaleur en ayant fait fortir une efpece
d’humeur gluante. Elles n’étoient que
médiocrement gonflées & tendues. La;
douleur cefla tout-à-fait dès qu’on eut
appliqué defîus des liqueurs fpiriîueufes
& un emplâtre de bafilieon..
S. Majiodynia emphyjèmatofa^ Hodér,.
à Caftro , de jlatuofp. mammaram tuma‘
rje, lit, i>. cap. ly. L..
La partie efl: blanche , élafl:ique , ten¬
due ,,douloureufe ,.fans que les, glandes-
foient tuméfiées , & fi l’on on croit les
AutfiiirS;,5€iie réfonne lorfqu’on frappe..
'4X1 Classe VII. Douteurs
deffus. On la diftingue de la première
efpece par la blancheur de la mamelle
du cancer, par l’uniformité &; l’égalité
de la tumeur ; il n’y a aucune dureté
dans les glandes., & la rénitence eü
égale dans toute l’étendue de la ma¬
melle. La douleur augmente dans le
temps des ordinaires, & s’appaife fou-,
vent après qu’ils ont ceffé..
. On la guérit avec des emmenagogues;
& des topiques réfolutifs , tels que ht
décoction des feuilles d’aneth, de mé-
Mot, de camomille, dè fleurs de fureau».
Fbyeih cure derEmphyfeme,.Clafîe L.
& celle de la Pneumatofe, CiafTe X.
9. Majlodynia apojiematofa ; Âbfccp-
fus mammarum à Caftro, u
cg.p, ! S, pug.i II. Abcès aux mamelles^L..
Get abcès efl; la fuite d’un phlegmom
qui n’à pu venir à fuppuration ; il efl:
accompagné de pulfationv de douîeuc
&: de tenfion. La tumeur s’afFaiffe en¬
fuit e ramollit ^ fa pointe blanchit g-,
on y fent de la fluâuation > & la nevre
cefle dès que le pus efl formé. Il faut
appliquer dêfîus des eatapîafmês matu-
raîifs & émoiliens. g ouvrir la. tumeur g,,
en faire fortir le pus , déterger l’ul-
cere ôc le eicatrifer. VoyeiXt. mot Apo^
g GlaÆe L
externes. Douteurs des mameÏÏes, 425
10. Maftodynia portentofa. Ad. Soc..
lond.n^.Sz.L.^
Cette efpece étoit occafionée par le
poids énortne des mamelles, dont l’une
pefoit 40 livres& l’autre 64. Cette
excroilïance s’étoit formée tout-à-coup
prefque dans l’efpaGe d’une nuit.- Les
mamelles d’une femme de Touloufe,
dont les réglés étoient fupprimées g,
devinrent d’un volume prodigieux
on lui fit prendre des emménagogues ^
& elle eut des hémorragies de nez, qut
tinrent lieu de réglés..
XXÎX. RÂCftiAL&ïA / Colique
de Poitou f DoLor colicus Fic^
■ torium^ de Citois ; Pietorum &
Figulorum de quelques-uns ^
Colica faturrâîiay de Juncker
DammnienjiA ,,d^Huxkam ; eu
Eip agnol, ^ E ntri-pado IP Lumbar
, riorum ^ de Ramazzini j CoUcœ
Dubok,^ annés
Pbus devons nouveau genre au
eélebre Afiruc .^ lequel lui donne le noms
de rachialgie y un mot eompofé;
é&: àlgeia douleur ^ & rachis., l’épine*
424 Classe VIL Douteurs
4 u dos , parce qu^il prétend que les
douleurs ont leur fiege dans les nerfs
de la moelle de l’épine. .
Quoique la théorie de M. AJlruc ne
fbit pas encore fuififamment confirmée,;
cela n’empêche pas qu’on ne doive re¬
tenir ce nom , vu qu’il efi: propre à ce
genre y & quHl fert à le difünguer des
autres..
Le caraftere de cette maladie con¬
fiée daus des douleurs atroces dans le
bas-ventre, lefquelles répondent aux
reins & au dos, & qui n’augmentent
point par la preffion. Elles font ordi¬
nairement accomipagnées de la rétrac¬
tion du nombril, d’ime conflipation;
opiniâtre, d’un engourdiffement dans
les mains, & de paralyfie, ou bien elles-
fe terminent par des contradures chro¬
niques.^
Elle a cela de commun avec la coli¬
que du foie eaufée parle calcul, qu’elîe-
affede principalement l’hypogaftre, &
s’étend jufqu’au- thorax ; elle eft/de-
pîus chronique & revient par accès%
H efibon cependant de remarquer que
la colique du foie occafionne fou vent
l’idère , & affedé piincipalement la'
région de ce vifcere.;iEilie;a beaucoup-
externes. Colique de Poitou. 415
de rapport avec la colique fp.afmodi-
que, & plufieurs la regardent comme
une colique bilieufe & fpafmodique.
i . Rachialgia ; Colique de
Poitou , Maladie bilieufe qui a régné
depuis 1572 jiifqu’en 1606.
Cette efpece ell caufée par l’ufage
du vin & --des liqueurs aufteres qui ont
fermenté, de même que par celui des
acides.
Morhus Damnonienjls , Hiixbam
Londres 1739. TruTzf. Philofoph. tom,^,
pag. 242. Mùfgrave & Huxham ont vu
cette maladie devenir endemique par
l’ufage du cidre. Vandermônde, Jout^
nal, iy 68 . pag.
Citais obferve qu’elle a été autrefois
très-commune dans le Poitou, à caufe
de l’ufage qu’on y fàifoit des vins aci¬
des & qui n’av.oient pas acquis leur
maturité.
Pifon , Sennert , Citois , Craton ,
Cardan , Wepfer rapportent que plu¬
fieurs-Religieux en furent attaqués,
pour avoir bu du vin blanc qui n’avoit
pas afîez fermenté.
Tronchin dit avoir connu des gens
qui en ont été attaqués pour avoir bu
du jus de citron, de l’efprit de vitriol .
426 Classe VII. Douleurs
du Ponch ; il admet une troifieme efpe-
ce de rachialgie.
Ses fymptomes font une angoifle ex¬
trême & une douleur atroce dans l’épi-
gaftre, un pouls foible Sc inégal, des
lueurs froides, une langue fale, une
haleine puante, un vomilTement de ma¬
tière verdâtre , noire , pituiteufe , aci¬
de ; dans la fuite une conftipation opi¬
niâtre , des vomilTemens moins fré-
quens, une efpe ce de douleur néphrah
gique dans le nombril, les lombes & lé
dos, avec un fentiment de pefanteur
dans le périnée , des urines épaiffes,
la contraâion fpafmodique du bas-
yentre. Les bras & les mains perdent
leur mouvement, le malade fent des
douleurs dans les cuiffes, les-jambes,
les membranes & les ihteflins ; la mala¬
die le termine par une paralyâe & des
pullules rouges.
Sa cure efl: la même que celle de
Pefpece fuivanté. Après que la douleur
efl: calmée, rien n’eft plus utile au ma¬
lade que les eaux acidulés de 5 ’e//^ ,les
eaux martiales de & l’exercice
du cheval. Lorfqu-eile efl fuivie de l’ic-
tere, c-eft un ligne que la colique de
Poitou efl compliquée d’une douleur
externes. ColiqUe de Poitou,
de foie, à caufe que la bile eft coagulée
par un acide, & le malade s’en trouve
mieux. ^
1. Rachiàlgia febricofa ; Colica àb in~
termutentifebre ^ Burlet ;, de Hijpanorum
morhis lyi^. EnEfpagnol dolor de tripas
y entripado. Tronchin, Colica Picbonum
À càufâ ramotâ prima , pag. 4J. Riviere,
Prax. Med.lih. 10. cap. i. Colique de
Poitou fébrile.1 -
Cette efpece accompagne ou fuit les
Êevres intermittentes où rémittentes
•qui ont été maltraitées. Elles a été ob-
fervée parFernel, Patholog. lib. €. cap,
to. par Balloni, conf. 6. Spigel de femi’-
tenianuy lih. 4. /^. Charles Pifon ,
conf. 2^. 4. cap. 2; & Tronchin l’a vus
épidémique à AmRerdam en 1727. Les
anciens l’attribuent une bile érugi-
neufe, 6c les modernes à un venin
fébrile, principalement à celui de la
tierce & de rhémitritée.
Elle caufe des douleurs cruelles dans
î’eftomac 6c les inteftins grêles, accom¬
pagnées de la conftipation, de l’enflure
du bas-ventre, ôc fur-tout de l’épigaf-
tre, de rapports & de vomifTement.
Cette douleur eft continuelle, revient
à la plus légère occafîon , ne cede pas
4 ^s Classe VII. Douleurs
aifément aux remedes, & dégénéré en
contraftures & en paralyfies. Ceux qui
échappèrent à la colique épidémique
qui régna à Amfterdam , Sc qui fit infi¬
niment plus de ravage que la pelle,ref-
fembloient à des fpeâres automates,;
ils éîoient pâles, défaits, ils avoient
les mains retirées & pendantes, la voix
glapiflante ,,foibIe; & il s’en trouva
même qui perdirent l’ufage de la pa¬
role.
La faignée, de même que les éméi-
liques & les cathartiques violens, font
abfolument contraires à cette maladie.
On doit donc fe boriier à ramollir le
ventre par des fomentations & des
bains, & avec des alimens & des rer
medes doux, tels que les fubftances
oléagineufes , mucilagineufes & fari-
neufes, auxquelles on joindra les pur¬
gatifs avec la m.anne, la pulpe de caffe,
l’huile d’amande douce, le petit lait
tiede, que l’on donnera toutes les trois
heures au malade en petite-dofe. Citais
abandonna les cathartiques cholago-
-gues, &leur én fubllitua de plus'doux.
Les narcotiques ne valent abfolument
rien. On diflipera le relie de la maladie
avec le petit lait, cuit avec du chien^
externes. Colique de Poitou,
dent , les bouillons de chicorée , de
beccabunga, de piffenlit ; & on réta¬
blira le ton des parties avec les eaux
acidulés.
: J, Rachialgia metallica; Coliques des
Feihtres, de plomb, des Potiers , des
Barbouilleurs , &c. Colica Pi 3 tonüm à
%eneno , Tronchin ,Jpec. <z, Colica piclo-
mm^ vülgb Saturhina, Junckeri; Colica
plumbariorum , Ramazzini, de morb. ar~
ÙfiC :,, JDolor cardialgicus fpafmodicus à
veneno , Frid. Hoffmann, tom. 2. pag.
Mil-.reech en Anglois, c’eft-à-dire,
vapeur qui. s’élève des moulins. Mé^
moires de la Société Royale de Londres^
Cette efpece eft càufée 1^. par des
vins acidesédulcorés avec la litharge :
on découvre la fraude au moyen d’üae
lèfîive alkalinej dans laquelle on fait
bouillir de l’orpiment ; 2?. par l’ufage
interne des préparations de plomb ,
telles que le fucre de faturne, qu’on
eigploie pour amortir les aiguillons de
. la chair,^pour guérir la gonorrhée; 3^.
par les alimens qu’on a fait cuire dans
des vaiffeâux de cuivre mal étamés, Se
reinplis de vert-de-gris ; 4?. par les fu¬
mées arfénicales qui s’élèvent des mé¬
taux que l’on travaille; au feu; d’où
4JO Cl AS. SE VU/JDouàurs
vient que les Métallurgiftes, & ceux/
qui blanchiffent les cuirs des fouliers;
avec la cérufe ,= y font fujets; 5^. de
même que les Peintres, les Barbouil¬
leurs, ceux qui broient & préparent
les différentes couleurs ; 6^. les Potiers’
qui verriiffent leurs poteries ; 7^. par
l’ufage ihternse dé l’antimoine crüd,
trop fouverit réitéré, à ce que ditTron-
chîn^pag. 6’i, & même par le cinabre,,
le ^ert-de-gris, l’outremer, & autres
couleurs métalliques* _ . - . ■ - ‘ ^
, Les exemples d^ïoetté maladie font
téèsrfréqueas , ôc j’ai eu ioccafion do
l’ohferv^ a Montpellier y à>Nîffl©s ÿà
Aiàis, &c. ' ‘ '
.. Cette efpece a cela de particulier^
que la paralyfie & la Æupeur n’affeâent
qiié les mémbrés fupérieurs , & jamais
les inférieurs; Le nombnl.fe retire foït*
vent y- les ; excrémens /s’endurcifTenr,
les malades font pâles, foibles, & fu-
je’ts à des tremblemens fréquens.
Il y a deux métiiodes de la-guérir t
la première eft celle dont 'Dubois s’eft
fervi à l’Hôpital de la 'ÇharitèAide' Pà^
ris,:&; dont,..à ce qué diî oiï
a éprouvé depuis long-temps le fuc-
cès , au.point que-de-foixante"mâlades.
txurms. Colique de Poitou. 43 r
on en a guéri cinquante-neuf. C’eft
celle qui emploie les draftiques. ,
On commence par donner au ma¬
lade un lavement compofé d’une dé- '
coftion de deux drachmes de féné
de pulpe de coloquinte ^ auxquelles on-
ajoute fix drachmes de diaphœnic;, &
demi-once de benediââlaxativa, deux
onces de miel mercuriel, & ïbuvent
auffi deux onces de vin émétique. Sept
heures après, on lui en donne un fé¬
cond d’huile de noix ôc de vin rouge ,1^
de chacun fix onces ; lé lendemain, on
lui donne quatre grains de tartre ftibiéÿ
& aulîi-tôt après que le remede a fait
foa opération-, demi-drachme de thé¬
riaque récente, avec un grain de lau¬
danum. On réitéré les lavemens le
troifieme jour; après quoi on le purge
avec demi-once ;de :diàphœnîe,:deux
drachmes de diaprunum, une - ;ânce:de
firop de baies de ; nerprun, . &&■. fm ohcés
de [’àpozemeifuiyânt. ; i- ;
Prenez de cufcute, de p.ôiy;pode ,&
de féné , de chacun une once; de fe-
mence d’anis=& de. crème de tartre, de
chacun dèux drachmes : faites hovullir
le tout dans deux livres d’eau ÿ jufqu’à
ce qu’elle foit réduite , à. vingt onces*
432. Classe VII. Douleurs
Après avoir donné ce purgatif au ma¬
lade , on lui donnera le foir un narco¬
tique ; on hâtera l’effet de ces remedes
au moyen d’une tifanne fudorifique,
& d’une potion cardiaqiie , avec le
Uiium de Paràcdfe , fur-tout fi les dou¬
leurs fubfiflent ou font à la veille de
revenir, ou qu’il furvienne une pàra-
lyfie.
Cette méthode guérit radicalement
les malades au bout d’une femaine, ôc
prévient l’épilepfie & la paralyfie, au
cas qu’elles nVfe foient pas encore mà-
nifeftées. Au cas que la cure foit im¬
parfaite, on la réitérera en tout ou en
partie, & l’on emploiera les dràftiques
dans le fort de la colique. Le Dr. Bu¬
rette a guéri par cette méthode 1200
malades dans l’efpage de vingt-trois
ans, à l’exception de vingt. -
2^. La fécondé méthode eft Unlùveî
C’efi celle dont M. fe fert à
l’Hôpital de la Charité, dont M. Haen
fait ufage à Vienne, & dont les Mé¬
decins de Montpellier fe fervent aufii
lorfque l’oecafion s’en préfente , ce
qui efl: afiez rare. Elle confifie à don¬
ner plufieurs onces d’huile d’amande
douce au malade, des lavenfens avec
l’huile,
txurnes. Colique, de Poitou. 43 ^
rmûle , à employer les fofnentatlons
émollientes, les narcotiques, les pur¬
gatifs doux, le petit-lait; & après que la
douleur ell appaifée, les eaux fulfureu-
fes, foit thermales ou acidulés. Ceux qui
emploient la méthode draftique, veu-?
lent qu’on s’abftienne de la faignée, ou
du moins qu’on n’y revienne pas àdeux
fois.
Les Auteurs ne s’accordent ni fur la
caufe de cette maladie, ni fur la mé¬
thode qu’on doit employer pour la
guérir. Quelque méthode qu’on em¬
ploie dans les autres maladies, du moins
dans les aiguës, la nature feule fait fou-
vent tous les frais de la guérifon ; il n’en,
eil pas de même dans celle-ci, .elle n’a
pas aflez de forces pour la furmonter,'
& elle cede à des méthodes quelque¬
fois oppofées. Ce feroh iciun beau fu-
jet de triomphe Montagne lequel
prétend que la méthode que les Mé¬
decins combattent le plus, eft ordinai¬
rement celle qui réuffit.
Une de fes variétés ed: t . ;
A.- Rdchialgia. faturnina ; la Colique
de CoLica.faturnina, d’ilfeman^
’-iySxé ïeVL&t, Docimajia vint Itthargyro
^mungonifath
' Tme FI, r .... X .
434 Classe VII. Douleurs
Tous ceux qui eurent le malheur de
boire de ce vin, furent faifîs d’un ref-
ferrement de gorge , & de douleurs,
dans i’eftomac & les inteftins, lefquelles,
furent fuivies d’une colique, dans la ré-i
gion du ventricule & du nombril', 6c
d’une conftipation opiniâtre. Us étoient
Couvent tourmentés par des vents qui
ne fortoieut ni par haut ni par bas, d’une
ârangurie 6c d’un tenefme. Leur urine
n’étoit prefque point teinte, 6c fe trou-
bloit d’un moment à l’autre ; leur pouls
étoit dur 6c tardif, mais pourtant égal;
ils. avQÎent le blanc: des yeux jaunes,
& à là réferve des Joues, le vifage de
couleur verdâtre, la bouche feche, des
vomiffemens fréquens, 6c. des ; anxié¬
tés accompagnées d’une palpitation de
cœur violente.; ^
. Du moment que la maladie corn?
mence, 6c que les. fymptomes fe, ma-
-nifeftent; il faut recourir aux vomitifs
& aux purgatifs, donner au malade dp
riiuile, du lait, des fub:ftances;^,rre.u-
fes, telles que le bol d’Arménie, la
terre figillée, les yeux d^creviies, da
.baume dù Pérou, des vulnéraires» '
Prenez de la leffive de cha_uxi vive
& d’orpiment,, mettgzr en: ik gouttes
dans une once de^vin frelaté., il fe'trou-
txîerms,i Colique de Poitou, 435
^lera., & ^(^viendra .aiiffi noir que de
l’encre.;;'’V’ .-'; ^ ,
Ou Hièn,,-verXez dix. gouttes d’huile
de vitriol fur trois onces de vin ; s’il y
a de la litharge, il deviendra auffi blanc
que du-petit^lait. la Phamiacppée
de Wiilis^ pag. 4y/. ; - ;-
4. ^RaçJùalgiaunkmlca , .Àftmç ^thejl
de, .Rachialgiâ,^. £4^. j^uatrienie-. ef-
pece de colique de y ©itou,de-Tr^pnr
.chin, Zelft,;
C’eil celle qui revient tour à tour
avec, ies. accèsrde goutte ; je yeux
dirh" qu’elle fuccede àrCellf-ç!,
du tnqnient que, îa goptte revient. Hip^
pocrate^ îib, C. epidenu^ le premier -ob-
fervé- cette .alternative | ,de .I3. ^utte:;&
de ia colique y
■Laupent, qmzjl. anatom. Iib. q. qiuejl. R,
Roder:;.,À: Fonjèçaÿ ' Mercur-j^Us Mi^gr^
On^peut en dire aUtant-durhii?
' ïîraüune,que de.ï^gputte.,5^.';: ,
. Si le . malade plé^qdqueï,’
on commencera par la faignée ; :mai^►
gardez-vous-des catharliques âcresj &
dur-tout des émétiques. Appliquez-Iüî
des. yéficatpire§i/lW ;le$;^racdletS;^ des
yentoîdes.fecheS/furdaplante'd-eS'piedsj'
.6f;)eniiîite un- emplâtre,de galbanum ^
4 3 'é G L A s s E V11. Douleufs
^u(^uél vous joindrez'ües fomentationü'
tiedes fur les jambes & les çuiffes j pour
'attirer la matière arthritique au dëhbr§.
'Appliquez-lui auffi fur le bas-ventre uii
■fachet rempli de fleurs de camomille &:
'rde^furéau , après l’avoir fait chauffer^
donnez-lui un lavement d’eàü;'&: dè
lait,‘ èüfâitesdui boiré foiiyeht dud^t
'|iUr'>'■ ■ ebrhpte^fuf fi guérifoh. Après
“iilue- lesdouleUfs feronîappaifées, dohr-
îiez-lui d^U vih«pour rétablir fes forces ;
iecommahdez-lui de monter fouyent à
-cheval ,^ê£ ;dè fe tenir chàüdèmeHt;
tyoili-çe’ qüedit - "
À/Cette^ifiüfedie, qui régnidîhfîè
"■Hohâfe're i de "Sâvighÿ ,■ commèhybit
'par-ünè^ eàrdiàlgîe grâvàtîvè qui aug-?
■mentoit-aprèi le-rèpas & qui ëtoit
-accompagnée d'une -digeftiqn -lentë
“fatigante ; rféirvenoit ehiïiite unicdnf
dipàtîén-j'-dè’s màttéréS''féèàleS 'étoieiît
dures, feçhéS ^ ■St^irftiifës f les lîia'ladé’s
fjfé pîa^noiénfd’un fehtimenfd’afdeür
■extrênîe ' a ■ l’eftomac, accompagnée
;dim tic cynique ÿ^^ c-’eïl-à-dirë: d’ün déiîr
^dè riré oçcafîonné par le ehatouiîîemënt
^dü cardia ; il leur fémbleît énfuitë qii^à
leur tirmt l’eftpmic àvéc violence vèrsl
^es parties Supérieures j dëdà çetté dd^^
externesi Colique de Poitou. 437'
leur aiguë qu’ils reffentoient à l’épi-
f aftre, comme fi on leur eût tordit
ëfidrnac’ ; lés inteftins fembloîent
s’être portés vers le haut du bas-Ventrê
qui étoit dur , tendu, aufii plat que
s^iî eût été adhérent aux vertebres 5
tous les mufcles fouffroient, cornme
fi on les eût arrachées ; les douleurs
les plus aiguës fe faifoienî fentir enfuite
dans les extrémités, aux coudes , aux
genoux, aux jambes;‘J1 Tembloit aux
knalades qü’çh leur briToit ces parties;:
â ces fympîomes fuccédoit i’impuif-
fance de mouvoir les extréaiités , ; ac-
compâgnée de raffoiblifiement du taâ^
& d’uiîe douleur qui fe faifoit •fentk’
de nouveau à i’éîiqihac la poitrine
foufirpit auffi au point qu’il fembloit aux
maîadès qu’ôn leur rompôitle fierjium,^
la douleur étoit plus vive dans cet enr
droit que celle d’une brûlure, elle aug-
mefitoit au moindre tac! ; lés urines
des, maladés étoiépt peu abondantes ,
leur ventre çohfilpe,,, leur pouls parpifr
foit fain , a moins qu’il hé leur mivîm
uné fievré maligne. : !
‘ Ne péut-t-6n point attribuer cette
maladie aux matières tartareufes du
ddre que boivent les Normands, ou
^ ^ 'T W ^.
438 Classe VU. I>ouïeuri
aux fruits peu mûrs qti’ÏIs confervenî
dans dès fouterrains abondans en fal^
pêtre ? • ■ ; '
On guérit cette efpecé de rachiaîgîë
par le moyen des lavemèns émolliens ,
des jûleps anti'fpafmodiques & ano¬
dins , & enfin par l’afage des bains ;
mais on parvient rarement à dlffiper
ïes douleurs arthritiques qui font pé-
rtèHiques, & âyétab'lir la force de ÎVf-
tbfnac ■&: des extrémités. M. Marteau ^
Journal dz \ ^ juill. ^
j-anv: pag; Voyi^^ nùv, ^ p^g*
'4'A- ' . .
RacBalgia.arthndca yjy, Strack.^-
'Rachialgie arthritique. C.'" "
" C’eïî Une douîëüï aiguë de rabdq*
men & des .autres parties du trône,
occafiomiée par une égoutté vague, ôti
par un rhumatifme arthritique, & toût-
à-fait femblable à la rachialgie métalli¬
que , avec cette différence cependant ,
qû’ëflé produit pltfe mt^ïpehî
|ïé l’elpece de ‘ paratyfié appellée
puiijis P dans laqtieïïe les extrémités
privées de. tout mou veinent, cOnfer-
vent un fentiment douloureux.
On connoît la goutte yagiie par les
.douleurs & les tùmeurs qu’elle excité
externes. Colique de Poitou. 439
Hans différentes parties qu’elle attaque
foccefîivrtne'nt ; le venin >ar.thritlque fe
jette fur .prefque 'toutes les parties du
corps , tànt internes qu’externes ; de
là le carus, la péripneumonie, la pleu-
réfie, l’affhme arthritiques. S’il attaque
les vifceres de l’abdomen , il en réfulte
la rachialgie arthritique dont voici les
lignes.
Douleur aiguë fans fievre & faris in-
ffamiiiation, pouls petit & lent, ou petit
& fréquent à la fois, vifage jaune ou
de couleur d’olive , abattertient des
yeux ; ces fymptomes font précédés
par des douleurs fourdes aux extrémi¬
tés , ou par des laifftudes qui fe font
fentir après un léger exercice, par un
fofftm'eil inquiet, qui ne foulage pas ,
par des fueurs accompagnées d’un fen-
tirnent de brûlure & d’un picotenient,
pour ainfi dire , éleftrique. D’autres
fois ces fymptomes font précédés par
l’éruption d’un grand nombre de peti¬
tes puffùles prurigineufes , qui tom¬
bent en écailles , par une ffrangurié
qui fürvient fans aucune caufe mani-
feffe, & par un écoulement d’urines
limpides , quelquefois blanchâtres ,
comme du petit-lait, dans lefqüeites
T iv
440 Classe VII, Douleurs
on obfervera des raies fébacées; ce
font là les lignes les plus certains de
la rachialgie arthritique.
La cure exige Tufage des bains do-'
meftiques, ou des eaux thermales ful-
fureufes, de même que l’ufage interne
de ràntimoine crud réduit en poudre
Vès-fine à la dofe de deux ou trois
grains , & d’une décodion de bois
ludorifiques ; mais les bains pour foula-
ger, doivent être pris en grand nom¬
bre , comme, cinquante ou foixante ,
qu’on doit réitérer tous les ans.
Ç. Rachialgia ah adiapneujiiâ ; QoXi^
que de Poitou par le défaut de tranf-
piration, Tronchin , ejpcce cinquième ;
Colica SurinamenJis^^Qïh^rt chez Tron¬
chin. Foreft, obf.lib. zi. obf, lâ. Co¬
lique de Surinam. C.
C’efl; celle qui eft caufée.par Te dé¬
faut de tranfpîration, ou par le froid,
& qui dégénéré en épîîephe ou en para»
lyfie. Elle efl: fort commune à Surinam s>
ce qui vient de ce que les jours font
extrêmement chauds, Sc les nuits très-
froides. 11 faut s’en tenir aux eccopro-
tiques doux & oléagineux, & y join¬
dre les lavemens compofés avec l’infu-
ûon de camomille ^ l’opium mêlé avec
txttrncs» -Colique de Poîtoul', 4^1,
uneJgale. quantité de cinabre:^.ü les-,
dôuîeufs continuent,^ &;faireBoire.-au,
njaîâde.dar’ïrdelïusde l’iiiluSpti de B'ois^
de. fada&â$^uOn.ie|-minêraî^.curd
Içs eaux thermaiés lulfureuïes.. : ;
RucJ^ialgia. •jcorhuuai^ ,Jtxieme efi-
pece de TroncHini
ap... <^.^4;'teçniînè
(Rïnîçd e|ï; &fpefîe j, lySi
aux d.l;irer^^iôîîs' „dë. X^pnclimQ ^
lîque~de Poitou fcorbüuiqùe^^C^
. Lindim- ne lait aucune mention dé
CQiXe-tÇŸtce. .Frédéric Ho^mann -çpÛQ.
d’une colique fcorbptique, jnais
p|pie ce nom. pUitô^ pour dedgn^
côUque déi Poitpu en, gener^,, ,
efpece diftînHe. Les Anciens ont c%i>~
né.;à„oettê maladie, le, nom de ’ coliwe^
biiWé.
Dans cette èfpece 5 rndépendammeptl
des douleurs cruelles quel’on fent dans-,
lé. bas-ventre^ dfèn luî^^nt .d^utre^
dans les^bràs '^- Janstés âidres.meînf:
bres , léfquebés Tont p^riodiquesid&-
dégéner^t fulyânt Fu^aterins en.para-’-
lyfie , ou en fpafmes. Mais f ajoute
plus de foi à ce qüe^ dit Ml Tronchm
favoir, que les extrémités, inférieures j.
fur-tout les pieds ,& les ],ambè%deYiea’t-
443 ^ ■ A s s E V il. Douhurs ■ ■
Beht àpffi noirês j "8c aufli dures ■ que,
dù poiffon féché'.au fo'l'eil, & c’eft'ce^*
<ptè j’ai vu îîibi-thêmé. Il Tùr^ient ane|
fueürTalirie'vJ^qüeÜé ïbrmè dés criüàiix^
qui fe brifent ïb’üs îés doigts , airsii qué ''
l’Auteur i’a ■'dSféfvé dans uïi homme
qui mangebit-henuco'up’ de fei. -
-La~fàrgné^-iié;Vadt ^rien ddns eètfe
m^adié ^ s’en tenir àux lâxà-^
tifS‘ oléaginetixauX antifcbrbutiqties
&;.aux eauX'chàlybées. '
' ’j. '-Raêhiaîgî'a tmumatica. Voyez la '
différtation de M; 'Apruc &: l’hiftbîre
qùîëft à:îa,fin, aüflibien que le Jour-'
% Mêdeçinè'^ jlilliêt iy,66, ôh l’on-
trouve: deux'ëbfèrvaîiôhs iur: cettÿëi&^
pé'ce., D. . ' ■.^ l
Célié' «pii eîl; •oau^''^p'àn’u^^;
coup dans l’épine,du dos : il confté.par’
quantité d’cdDfervàî'îons qùé des gens
^i avoient éîé''bièâés ,d'ansî’épine 'ont,
été attaqués 'd’une coUque ’de jfeitoti, '
jê;yèux''d^.,\ 'âe ddüfeurs d^hsié bas-,
ventre '’dàhs d’épi^aftre le 'i)ataîÿ- '
lîé ydetbnffipatîon & dé'Quantité d’au¬
tres fymptomes ‘ra'chiaîgiques, dont on
peut voir le',detail dans M. Apruc. Ceî
Auteur,prétend que_ le'"vide ;éâ dans la
îïioëliédéî’épine J'tfontla éOïiipréiÉoiV
externes. Colique de Poitou. 445
& l’obftruôion occafionnent la paraly-
fie des autres membres. Les douleurs
que l’on fent dans les inteftins vien¬
nent de ce que les nerfs font aifFeâés
dans leur origine, qui ell dans la moelle
de l’épine; & à l’égard de la fenfation
^que l’on rapporte aux extrémités des
nerfs , il arrive à cet égard la niêmé
chofe qu’à ceux qui fentènt de la dou¬
leur dans la main ou dans le pied qu’on
leur a coupé depuis long-temps , ce
qui'vient de la pulfation de l’artere voi-
fine qui a été coupée, & qui agit fur
le nerf. Iln’ed: pas étonnant, continue-
t-il , que dans le temps même que la
colique eïl dans toute fa force , on
puiffe fe prelTer & fe toucTier le bas-
ventre fans que la douleur augmente,'
vu que les inteflins ont perdu leur ton
& leur mouvement périftaîtique, &
que les excrëmens ne peuvent fortir.
'C’efl-là ce qài 'a fait donner à cette
maladie le^nom de rachialgie, de
ckis épine du dos , algeia douleur,
Voye^ la queftion -de Médeeine de M.
Apruc, dans laquelle il examine fi la
faignée éonvient ou non dans la coli¬
que dé Poitou, ou plutôt : dans la rar
chialgie,'imprimée en 1756.
T vj -
444 Classe VII. Douleurs
M. Privât^ Médecin à Alais, traitpît.
une jeune fille, qui enfuite d’une coli¬
que d’eftomac violente , fut affeûéê
tout-à- coup pendant trois heures d’une
paraplégie éc d’une privation totale
de fentiment & de mouvement dans
les parties fituées au-deflbus du cou f
ayant examiné cette partie, il apperçut
'une éminence dans la demiere verte-
hre du cou, &: au-defibus un creux,
qui lui firent juger qu’elle étoit luxée»
La fille ne furvécut que deux mois à
' cet accident. La colique d’efîomac eft
accompagnée d’efforts vioiéns pour
Yomir, & M. Privât ne douta point’
que ces efforts n’euffênt occafionné lA
luxation de la vertehre. La douleur
ceffa du moment que la paraplégie fur*
vint, & la même chofe arrive dans la
ïachialgie.
8. Fiachiatgia oJHeofarcoJis ^ Benjamin
Gooch; Çajes çf Surgery^ pag. lyS^ann,,
'*yS8.
C’eft une maladie dont le principal
'fymptome confîffe dans des douleurs
violentes dans tout le corps, fur-tout
dans les vertebres des lombes, îefqueî-
îes font fuivies de la diflocation, de la
flexibilité des os ^ du raccourciffément
du corps»
externes. Colique de Poitou. 445
Une femme bien portante & bien
réglée, fut attaquée à. Page de trente ,
ans de douleurs dans tout le corps ac¬
compagnées de fievre, dont la vio¬
lence fe faifoit fur-tout fentir dans les
extrémités. Neuf mois après, elle per-,
dit entièrement Pufage des jambes, &
Pott app'erçut en elles désa lignés de
feorbut. Pendant les quatre années quf
fuivirent, les autres os fe .ramollirent
elle dévint afflimatique , bolTue , elle
reffentit des douîèurs dans les verte-,
brés, & fon corps fé rapetiffa.
On lui trouva les vifeeres fairis â
Péxeeption du poumon ^ du cœur .,,
qui étoient flafques tous fes os , fit
Pon en excepte les dents , étoient rà-,
mollis; la dilToIution dans les os cy¬
lindriques avoit commencé par Pin-
térieur des os & ceux-ci ne réfîf-*
toient pas plus au fcàlpeî que lés muf-
clés. Oh employa inutilement dilFérèhs:
remedes ; lès chaîybés même ne pro,»
duîfirent aucun effet. Son corps fe raé?,
courcit de vingt-fix pouces.
44^ Classe VII. Douleurs
XXX, Lu M. B AG O i Mal des '
reins,
C’eft un genre de maladie douîou-
reufe , dont le principal fÿmptome '
cohfifte dans une douleur dans les reins,
qui empêche de fe redreffer.
' Les malades font appellés lurnhagi-.
noji y elumhes , en François éreintés ou
ére:nés \ la maladie par les Grecs lordo-
JiSf ojphialgla , &c. AJphialJiu y par Rio--
ian> i/c/zi45 par Archigene. ,
Elle différé de la colique rénale, en
qe qu’elle n’eff accompagnée ni-de naU-
fée, ni de douleur dans lés ùfeTerès
lés tèflicules , tû de 'ffùpeifr dans- les
cuifles, ïii de 'ffrangurîé ; dé la colique ,
en ce que la douleur fe fait fentir dans
lé dos, & qu’elle ne ceffe ni né s’ap-
p^fê point par i’évàcuaîion dès excré-
meîî's. Elle eft foüvènt compliquée dé
la fciatiqüe, de maniéré qu’elle empê¬
ché qti’On ne puiffe fe rédreffer, ce
qui lui a fait donner par quelques-uns
le nom de courbature des lombes.
1 . Lumbago rheumatica de Syden-
ham, pag. lyo. Juncker, tab. /p. L.
Cette maladié confiffe dans une dou-
externes'. Mal des reins, 447 -
leur vioienté dans les lombes , qui fait
qu’oii ne peut fe redreffer; elle n’aug-
liiéhte ni: par le faâ, comme celle qui
accdinpagne les plaies, ni par la cha¬
leur du lit, comme la vérolique & la
fcôrbutique, le fang que l’on tire
att malade eflf cottvert d’une croûte
bkhchk Ajoutez ;à cela que les mem¬
bres font ordinairement afieûés d’une
douleur vâgûev* "
On la guérit par des faignées réité¬
rées, par une dieîe légère au commen¬
cement, & enfuite émolliente , ra¬
fraîchi flan te & légèrement diâphoréti-
qOe. Cette maladie affieâe les mufclei
èx^ïêUre dû dos, ;
■ 2. LuTfiba^o. drikfiiica * tjoUtte aiïx
îombeS:, àppeîlée par Mppo-
cratê, _ : .
Cette êfpece éfl: familière aux per-
fonnes goutteufes; elle provieUt d’une
màtiere'fartâréufô qui- irrite tes liga-
mens‘&' lé péfld^ des" vertèbres de
s’â%îir'par ïà'prefflou- '
■ ' Hfe âffèâe ré'pine du dos, &;lê plus
lôuVént fos facrü'm , & demande les
mêmes remedes que la goutte.
Lumbagoptetkonc'â^.xéà, Moffinanni
iôû. iï, pag. ÎMTniagd ’h^
448. Classe VIÎ. Doukms
dalïsA<t ]vinck.QX\CatamcniaLis d-HippQ-.
crate. A fiuore iï/^ô,, Tred/HofFma.nîii.,
On la croit occàfiorinée par-là,Tiip-^ '
prelîîon Hes éyacuatiohsTangninès àuk-‘
quelles on eil accbutumë , 'par exexn-j
pie, des menftrues, du fiüx hémorroï-;
dal , des fleurs blanchesc II yr .a mêrnè^
des gens qui prétendent qu’ürié trop'
grande continence peut î’occafionnér»
4. Lumbago f&bnlis ^ MotDirçU,
Mal • des,feins fébrile,., . ; ; ' , ■ V ^
Celle-ci efl: pour rordinaire uii lymp-
tome qui annonce les maladies fébriles
& les phlegmafies, & quoique pafla-
ger 3 il fert à défigner plus diflinéte-
ment les maladies auxquelles il fuccede.
Par exeniple, la petite vérole dans lés'
adultes, efl accompagnée au comment
cernent d’une douleur de reins & d’ef¬
forts pour vomir ; dans les enfens,;
d’alToupiflement.
5. Lumbago Jcorhutiça , Eügâlenus
chez Sènnert dt fiorbuto , : ljkià.[ d^
fcorbuîô'l'MAi des.reins*fcorbutiquébA*
C’efl une doûîéuf; dans lés lombes y
qui revient pour peu qu’on taffe de
l’exercice, qui augmente la nuit ^ qui
fürvient dans le fécond, & fur-tout dans
le troifieme période du fcofbutqui
externes. Mal des reins. 44^
efl: moins vague que celle des autres
parties ^ & qui eft accompagnée d’uri¬
nes peu abondantes, troubles, fétides,;
fouveiit de l’enflure œdématçufe des
jambes, de laffitude, de la pâleur du
vifage, &c.
La faignée lui eft contraire ; mais
il n’en eft pas de même des anti-feor-
butiques , du lait, &c. Rien ne fou¬
lage plus le malade, que de lui donner
tous les jours une once d’oxymel fcil-
litique, & de fomenter la partie dou-
loureufe avec de la lefîive de cendres
ordinaires, dans laquelle on a fait cuire
des fleurs de camomille, de fureau, de
l’abfinthe, de la rhue & de l’écorce de
citron.
. 6 . Lumbago pjbadica ^
Lamothe ^ Chirurgien à Valogne en
Normandie. A.
Cet Auteur a obfervé quelquefois ce
mal des reins fingulier, lequel eft caufé
par l’inflammation & la fuppuration du
mufcle appelle pfoas. Le grand PJbas a
fon origine dans les vertebres des lom¬
bes, & s’infere dans la cuifle. Le petit
Pfoas a la ftenne à côté de la vertebre
fiapérieure des lombes, & s’infere dans
l’os pubis. Le grand, qui fert à ftéchir
'45b Classe VII. Douleurs
la cuiffe , eft fouvent afFefté dans cette
maladie , & c’eft Ce qui fait que les
malades ne peuvent goint étendre la
cuiffe , ce qui elî: un ligne pathogno¬
monique de cette efpece. Indépendam-
ment des remedes généraux, Lamothe
eft d’avis qu’on incife le bas-ventre, &
qu’on enfonce le biftouri jufqu’à ce
mufcîe qui s’eft abcédé errfuite d’une
ilîiîammaffon, 'cette voie étant la plus
courte pour faire é'coulèr le :pns, le-,
quel ne ffiàiaque'rait de càüftt tôt ou^
fard la mort au malade, s’il féjourBoit
dans le bas-ventre.
'7. Lumbago pàftûs ; Douleur de l’âC-i ’
c'ondhement. A.
Quoique cette douleur fe falTe prin-
cipalemerit fentir dans ïes lombes, elle
ne làîfte 'pas que d’appartenir à la coîl-;
que utérine , vu qu’elle eft caufée parla"
diftraftion deslxgàmens larges qui tien¬
nent de part & d’autre au balÉa, &:
tiraillent le péritoine qui eft a&érenî
aux lombes , lorfque la-matrice fe con-
tfaàé pour cbafler le fœtus dehors. Ces
douleurs deviennent fucceffivement
plus fréquentes, & lailTeat quelques ,
intervalles lucides qui permettent à i’ac-
coùçhée de dormir; à chaque renou-
cxumts. Mal des reins, 4p
veîtement de douleur , & à chaque
fort que la Fenime fait, l’orifice de la
matrice fe dilate. Cette douleur a cela
de fingulier, qu’elle s'’appaife lcrfqu’on
comprime les lombes de la malade avec
uû bandage , ou avec les poings. 11 lui
prend enfin un tremblement dans les
genoux, le chorion perce , les eaux
s’écoulent, l’enfant fort & lès douleurs
s’appairent tout,à coup d’elles-mêmes,
après avoir réfiîlé à tous les moyens
dont on s^’eft feryi pour tes faire cefier.
8 . Lumbago à fdburrâ , Baglivi, de
fdr. motri'c. lih. i. cap. to. pag. 345.
Mal de reins caufé par des faburres.
Elle efl: caufée, à ce que dit l’Auteur,
par un amas de faburres crues & indi-
gefies dans le méfentere. LesMédécin?
du commun admettent cettè efpéce &
quantité d’autres fans examen , fe fon¬
dant (ur leûf^'pôfii'bîlité; mais ce motif
fie me paroit pas fiiffîfant, & je ne puis
l'e's admettre qu’après que leur exiften-
ce aura-été confiaïéê par dés obferya-
ti'ôns à la certitude defqudîes on ne
puiffe fe refufer.
Ôa la connoît aux fymptomes fui-
vans. Le malade eft conftipé depuis
long-temps, il ne trôiiye plus le même
4^2. Classe VII. Doidmrs
goût aux alimens. Il fe plaint d’un fen-
liment de pefanteur dans tout le corps ,
de chaleur & de douleur aux reins.
Baglivi l’attribue à une cacochylie pu¬
tride amaffée dans le méfenterè &,à
des humeurs crues qui engorgent les
glandes_^de ce vifcere. Cette afFedtion
du méfentere préfente les fymptomes
du lumbago.
On combat à Rome cette maladie^
par riifage des rafraîchiffans & des
émulfions, qui loin de'diminuer le mal,
ne font que l’augmenter, Baglivi com¬
mence la cure par les lavemens &c les
fomentations, & la termine par les pur¬
gatifs.
' 9. Lumbago Milians , AlHone de M.U:
llari. •
Cette dduléur eR fouvent un fymp-
tôme qui précédé réruption de la mi-
liare , elle l’annonce même lorfqu’elje
eR compliquée de crampe, de fievre ,
& d’une odeur acide, & elle cefîe dès
que l’éruption eR faite.
10. Lumbago, à nijii ; Effort des r&înSm
Reins entdouverts, ' ■
Le trop grand ufage des femmes,
lors fur-tout qu’on les voit debout, eR
fouvent fuivi de maux de reins vio-;
externes. Mal des reins. 45 3
îens, de ratrophle &; de paraplégie des
çuiffes, & le malade s’alite pour ne
jamais plus fe relever. Tilfot, de manu-
Jlupratione pag. ziz.
Ces fortes de maux de reins font
quelquefois la fuite des efforts que l’on
fait pour ' porter ou foulever des far^
deaux, mais le plus fouvent iis font
bccaffonnés par un rhumatifme, fans
que ces efforts y ayent aucune part.
. ■ Ceux qui ne font point accoutumés
ïà aller à elievaîy & qui viennent à ea
monter- ün qui à :lé pas rude, font ordi-
nairemént attat^és'de;doüleurS de réins
quf font pîüs viblénfeS .le fécond jOür
quo îê premier, & qui s’irritent par là
preffion ou par le taû. Ces fortes de
douleurs exigent rarement la faignée ^
èc pour l’ordinaire elles s’appaifent à
i’aide du repos &,de la chaleut, ce qui
m’empeche pas qu’on ne puiffe em¬
ployer les fomentations réfolüîives &
anodines avec une décoftion de fleurs
de mélilot & de camomille. Les exten-
feurs des lombes, favoir,.le faeroIum-
Lairé, le très-long du dos, ôtle demi-épi*
Wéux font lordinairement affèûés par
oes fortes d^efforts^ & on peut le con-
noître par letir fituation, leur origine
leur infertion.
454 Classe VII. Douleurs
Balloni & Baglivi ont quelquefois
obfervé que ces fortes de maux dé
reins caufés par un effort violent, font
fuivis d’un épanchement de fang entre
les mufcles , ce que l’on connoît par la-
fluâ;ua.tion., quand même elle ne ieroi|
précédée d’aucun fighe. de fuppurationi
Pans.ee cas , il faut percer la tumeur
avec une lancette pour lui procurer
une ifiue,. . .
ï I. Lumbago ab anevrifmate , Aubert,
in jcpulfret. Tom. a. pag- obj.
Mal des, reins cauflpar up apéyrifme.
^ Ces- fortes, d’ané.vfifmes. .coirodeni:
ordinairement les .yertebres , &',îeur
rupture, eft fuivi'e d’un e mort fubitéy
On connoît cette efpece à la douleur
puifative quirépond au battement des
arteres., fans aucun figne d’inflamma¬
tion.., ;
12. Lumbago appjiematofa ^ Riviere,
ohferv.. Z. communiquée, par M. Franr^
çois Ckomel. Oeik celle qui eil-caufee
par un abcès dans les reins.
13 . Lumbago fympathica , Bonet, obf^
4/. 42. é'f. Mal des reins fympathiqne.
C’efî celui qui eft cauféjpar ,ia léfioa
de quelque vifeere vbifin ^ Sciqui fe
communique aux reins par i’entremife
externes. Mal des reins. 4^^
des rjerfs. On le connoît avant même
que le malade foit mort. Tels font les
fiiivans.
' Parla fquirrojîtéde-glandes dû méfen-
tere y’^/zxûion adenograph.
Par une tumeur ^ un abcès ^ un fquirrç
dans le pancréas.
Par un. fquirre dans le pylore ^_la veine
cave & le pancréas.
Par un fquirre dans les reins ^fuivi de
leur putréfaction , fepulchret; 41.
Par un abcès près de la bifurcation de
la veine cave
Par des vers dans les reins , addit,
obfery. 2,.
14. .Lumbago ah hydrotkorace, Mor-
gagnijjE/ij?, if.gS. 4/. ^ontt^fepulch,
tom. Z. objér. €0. §. J.
C’ed: une douleur qui fe fait féndr
aux,lombes, &: que Morgagnl attrîb^
à. la prefliôn des eaux renférmées dans
la poitrine , & principalement dans le
péricarde, La maladie ne préfentoit
d’autres lignes d’hydropilie de poitri¬
ne , que le rhume, la .fièvre 6^ iin
pouls foible. Le m.alade rapportoit la
dpuleur à la partie de l’épine dm dos
qui répond aux lombes. -
456 Classe VIÎ. Douleurs'
15. Lumbago à fatyriajj. D. Hatté,'
Journ. de Med. Fév. iy 66 . pag. no,
Saryriafme.
Un homme qui fe livroit aux plaifirs
de l’amour trois ou quatre fois chaque
jour, devint fi rhaigre & fi foible, qu’il
fut dans la néceflité de recourir aux
fe'cours de la médecine. Le principal
fympîome dont il fe plaignoit , étok
une douleur extrêmement,aiguë, qui
s’étendoit le long de l’épine , depuis
le milieu du dos jufqu’au coccyx.;
cette douleur étoit accompagnée de
gonflement dans cette partie ; le ma¬
lade étoit obligé, pour appaifer cettè
douleur, de m-archer, les genoux en¬
tièrement fléchis , en appuyant fes
mains fur fes gras de jambes. Au refte
point de gonorrhée, point de dyfurie,
point de .tremblement de mains , ni
de céphalalgie gravative. Cefte^ ma-
ladie avoit fuccédé au fatyriafe, c’efi-
à-dire , â un défir infatiable^ du coïf,
auquel il s’éf oit livré, ôHorfiju’on gué-
rilToit la douleur des reins, le fatyriafe
revenoit.
La' cüfe exige la faignée, des fomen¬
tations émollientes , ôc des émulfions.
Cette
ixtertils. Mal des reins» 457
Gette efpece eft appellée lumbago
Ronfaus dans Sennert la défigne fous le
nom de quatrième efpece d'étijie dorfale, .
16. Lumbago pfeudoijehuria. Voyez
Üdfchurie néphrétique. ^ ;
17. Lumbago ab arthrocace ^ Perrault
Journ. de Méd. May iy 6 j. pcLg.gSc^^
C’eft une douleur continuelle du dos ,
accompagnée de l’inflexion du tronc
& de gibbofité ; on découvrit dans -le
cadavre quelques vertebres dorfales
putréfiées , le périofte rempli d’un pus
inodore , les Gartilages féparés;, & la
ipoelie de l’épine en fiippuration.
X X X 1 . Is CHIAS i Sciatique |
Dolor ifchiaticus y de Sennert j
Ifchiagra, de Schneider 5 ikfit-
lum ifchiadicutn , de Nenter 5 -
Dolor coxendicus y àe Bomt
Morbus coxarius , de Haen |
Sciatica , en Latin barbare,: _
C’efl: une maladie dont le principaî r
fymptome eft une douleur confiante _
fouvent continue dans le coccyx ,;i’GS :
facruni,& les os du baflin, rartieula-^
Tome VL V
45 § C l ASS E VU.
tion de la cuifle avec ces os, dans les
mufcles du jarret & de la jambe, la¬
quelle s’étend très-fouvent le long du
fafcialata, & empêche le malade de mar¬
cher, de refier debout & le rend boi-
teüx. On a fôuvent peine à la diflinguer
de la fortraiture,
I. Ifchias interjnittens ^ EfTai d’Edihî-
bourg , tom. €. articl, j^C). pag.
Sciatique intermittente. L.
Cette efpece efl caufée par le levain
fébrile des fievres intermittentes, par
exemplede la quotidienne , de la
tiercé; Elle revient tous les jouis
ou tous les trois ou quatre jours à la
même heure avec la fievre , fe ter¬
mine par des fueurs. Une accouchée,
qui habitoit un lieu marécageux, fut
attaquée d’une douleur autour de l’os
ifehiqn, qui s’étendoit jufqu’au vaile
externe , & reverroit tous les jours à
une heure Éxe avec une forte fievre ,
& feterminoit par des fueurs. La dou¬
leur paffée , elle fe portoit bien, & pa-
roifibit n’avoir aucune autre maladie.
J^pfès lui avoir donné l’émétique &
l’avoir purgée, on en vint au qainqui-
na>'àùquel on joignit l’eiixir de vitriol.
Doidtufs cMefnéi. ScmtTqiie. 4-5^
Us aîxti^fpafmodiqites titi. emplâtre
véficatPite fur k-cuiffe. Elle gitérit par^
faitement. Duncan Baine..
. a. îfckias fanguineum ^'%QrièX ^ fepid-
ihm. obf. 1^, .Afangidm , Moroni, di^
:
;:Xafciàtîquê eUfouvèftt Gaiiféedâiïl
les, femmes , parria ^fupprelfiôri des-
çienilùes & des . locliies j & dans les.
hommes ^ par celle' du flux hémorroï¬
dal, & c’efl à ce principe que les difci-.
ples^deri’^ÆM l’attribuent.
Cette efpeée différé de la ihumaîîqiie,
€B:ce .que ie fahg u’efl peint-couvert
d’une coeaiine. bkiiche , lorfqifelle
efl ffmplemenîXaiifée par la pléthore.
So^ÊÊ.prétend-qu’on la guérit,par las
kignée & par une diete légère.
- 3. îfihia&hy.lïtricimi^V<z\CL^^^
km v.apomfis , cap,: 8 : Sydeiiha'm ^-p. /’j 2 J
tom, i. de colicâ biliofa, Sciatiqué hyffe-
tique.’L:' ^ -v-;: î ^
e On la diftingue des autres ï®. par la
eonnoiffance que l’on a de la difpGll-
îion hyftérique de lamakde ; 2^- En ce
qu’elle eff paffagere^ & qif elle s’en va
auffi proïhptement quelle éft venue.;
3?. par ia lenlibilité dé la partie, qu^
460 Classe VIL
eft telle J qu’on ne peut y toucher, mê¬
me après que la douleur a ceffé.
On l’appaife en appliquant fur la
partie des linges chauds parfumés avec
du fuccinén faifant prendre à la ma¬
lade des narcotiques mêlés avec de la
teinture ;de caftoreûm. L’^éârifation
k cabnëlfur le,. champ.
■ 4i IJfkias^gravïdarum , Mauriceau J
lib. I, cap. /y. Douhür. des cuijfes & des
jàihbes, L, . : ’
Cette maladie confifté dans une dou-
kun ^xicuîffés. & aux Jambes V accoiii-
pagnée de reuflure;œdémateu£e3dex0^
parties&de y^iees, laquelle augmente
dans les derniers mois de la. groffefle j'
& ed plus violente, le foir que le.ma-:
tin, lorfqu’pn eû. debout que lorfqu’on:
êft couché;',Elle eft caufée par le dé¬
faut de neirculation .dans, lès yeines
ilia:qu€S,:;;:î£b?: . ^
Oh ne doit point ouvrir les varices
fans une extrême héceflité , mais les
comprimer légèrement avec un- ban¬
dage oblique. La femme ne doit point
marcher, mais fé tenir, cduchée h plus
îong-temps qu’elle pourra , & baffinec
les parties affeâées avéc du vin aro«
Douleurs externes. Sciatique. 461
matique. Cette enflure fe diflîpe fou-
vent avant raccoucTienient, & eft fur-
tout familière à celles qui font enceinte^
de-jumeau^; ce que j’ai dit de la
colique utérine, des‘ femmes groffés,
laquelle èfl' compliquée de douleur
de ftupeur dans les jambes,, à caufe de
là diftraâion des ligamens ronds. On
remédie à ces maladies par là faignée,
6 c en fàifant prendre à là femme une
fituatiôn commode.
Ifchias ah fparganoji; Depot lai¬
teux dans la cuiffd: Piizos , Mém. fur les
dépôts laiteux ^ pag. gâO. lu.
Le fparganojîs ^ fuivant Diofcoride^
éfl une furabôndance de lait, qui obli¬
ge ce fluide à fe jeter fur les autres
•partieSi;: . ' • ; ^ ;
■ Cette maladie attaqué lesfem.mes qui
ont beaucoup dé- lait& qui ne nour-
riflTent point , ènviron quatorze jours
après qu’elles ont accouché ; &:.; fe.ma-.
niféfl:é'par une"'douleur dap l’ainéy là-
quélîè S’étend tout; le - Ibrig • deS yaif-i
féâux^ cruraux &-quf les ;félt enfler.
Ellé é^ fuivie -de ïa - diflicuîté de 'mar-
chéf, d’une douleur dans la cuifle 6c
dans le jarret, qüi s’étend quelquefois
y iij
4«i CtASSxVH.
jufqu’à l’extrémité du pied. La tumetiï
cedémateufe pr.oît queli^.uefois au point,
^ue les extrémités inferieiires deviens ^
nent deux fois plus grolTes que dan^
leur état ordipairé. ' .
' O.a diftingué le dépôt féreux du lai¬
teux , en ce que le premier fe forme
dans les pieds, & remonte infenfible-
menî fans caufer aucune douleur ; au
lieu que le iaiteuxr fe .forme dans Ie$
cuiffes , d’où il defcend enfuite en çauf
fant au eommençemenîde la dou-
îéur a la malade. Il d’y a que lés fem?
mes greffes ou les accouchées qui y
foient fusettes.. ^
On diffipe cette douleur, i par uns
ou deuxfàignées.j îajjurgatfos,;
3^. en appliquant continuellement deÿ
linges : çbauds r fur, la 1 pa^ie affeâ:§@ I
4^. avec des topiques réfolutifs , tel^
qu’une déço'dion d’herbes çmoiîientes;
& réfolutives , auxquelles on ajoute
le vin blanc , l’eapde vie, le fel ammoi
aîiac; avecdéS'embroçatfons dé fâvoft
du beurff Fbqiîe d’amande amei^
avec l’efprit de vin, le dé Fiora^
venti^ desfi-idions fechesréitérées, &Çi
Çi après qu’une cmffe eff guérie^,: Fanr ~
Douleurs externes. Sciatique. 46}
tre vient à s’enfler, comme cela arrive
fouvent, on réitéré les mêmes remedes.
6. Ifchias ex abfce[ju^ Riviere, .
centur. a.fFabric- Hildanus, obferv. yu
ctnt. i. hamotte objèrv. Chirurg. no. ///.
.&c. Chîfflot, ohf. 4y.fol, 4/. Sciatique
^aufée par un abcès. C.
Une-femme eut un abcès au-deffu 5
de l’articulation du fémur avec rifchion,
-qui la tourmentapendant un an entier-,
& qui la faifoit boiter. On l’ouvrit, i!
-en fortit quantité de pus , & elle fiit
parfaitement guérie au bout d’un mois.
Une autre en eut un dans lé même,
endroit pendant plufieurs mois , on
appliqua deflus des cataplafmes matu-
ratifs -, on l’ouvrit cinq îours après. II
fuppura beaucoup & la malade guérit.
J’ai eu occafion d’obferver la même ef-
pece dans un Capitaine d’infanterie
appellé M. du Billard. ^ '
IJihias à carie , Beniveni, de abditis
cap. C’efl: «ne fuite de la première.
7. Ifchias Jypkiiiticum , Bagîivi ,pûg.
. zo6‘. lib. 2. §. 2. Ifihias Gallica , Mo-
roni:, DireBor. Sciatique vénérienne: C.
Je traitai dernièrement un homme
attaqué d’une fciatique violente, & i,e
V iv
464 C L A s s E VII.
défefpérois de fa giiérifon , lorfqu’iî
. me fit entendre qu’il avoit eu il y avoit
. vingt ans des bubons vénériens qui l’a-
. voient extrêmement tourmenté; ce qui
. me fit foupçonner que fa fciatique étôit
;Caufée par un virus vénérien. Je lui
prefcrivis une décoélion de falfepa-
Iteille , l’antimoine crud , le brou de
noix &c. & fa fciatique fe diflipa au
, bout de quelques jours, au grand éton-
?nement des affiftans. BagLivi , à qui
:nous devons cette hiftbire ,'prend oc-
. cafion. de là d’inveétiver contre les
Médecins qui fe mettent peu en peine
de connoîîre les efpeces dans la prati¬
que , & traitent toutes les maladies,
par . exemple la fciatique , de la même
maniéré.
%,Ifchias verminofum ^T^eVii amœnit,
34 S- Z^e\xtm ,-prax, pag. ^.^8.
Sciatique vermineufe. B. ^
üh enfant d’une habitude de corps
extrêmement ferrée, pâle, & qui avoit
le bas-vèntre un peu dur, étoît fujet à
des douleurs dans le bas-ventre , com¬
pliquées de fievre , ce qui donnoitlieu
de croire qu’il étoit atteint d’une atro¬
phie. Il chanceloit fur fes genoux , il
Doul^ursj e:)^ei:nes. Sdad^m. 465^
pè'rtQif 'de-'pied :; 4 r;oit: en
|V'Oit:d.eSi:dèdl^irSida^.S;le’gliir-
tpjjje^djïjisdéibcôré (^oic 4 g 4e;f iles-,
ce .qné.-fe$ .p'arqns;IU3
xatiçin du féniur;. Ld Çhûruî'^en.tejita
de Ja ‘ ?:44uir^. ol’enfaiit çontinua
dê;bQi$grvJjè^^;|fêi%Xr®^^i^^-s’étantap-
:quj^ 4 e|rÿ%H^igf %ifons
dah|[]qirfg*-<î IfSjïlFV^ t?o 3 Vé 4
çrae^il ie^iVfiBtl, ^u'e Jd^-urinq- ref-.
feièdlïf ^
des - douleups dan s ie bas-ventre, foup-r
corna^ qu’il avoit des vers dans les in-
teftins , ce qin l’obligea a lui donrei^
des anîhelmintiques. Il rendit pluueurs
vers V’vans:, & la fcia^ique, deç-mê-
me que les autres fymptomes fe d Ai-
perent. ,
- . Zacums rapporte qu’un hommeiu*?.
|et depuis un an àune fciatique violeUf
te J . ayant ete^faigné du pied ,,i iLforlit
avec .4e fang-un;ver-mince long d’une
palmede que;la douleur ceffa aufFi-tôt;
maiy :ie>ereqît de cet -Auteur n efl pas
afîe^.^ien établi pour qu’on puiffe ajou¬
ter. Jbî-à;fon«écit,
:Sçiatiqué
. ^ .
' G •$
cauféë une Iüx8tk)iÿïfi^âiifaîtô^-D^
' La 'diftorfion'viQ'lOTtr'ÜeS^igaiueB
de là capfüie àf^kidàifé> -d-dS: te^dtoiï
<jüi âflureht’ i’articiUsfioWîdti fééiiir-^;pâe
' un e chute:, u h' coup, un elFert, éft htivie'
d’une douleur aigue dCr opiriâtrë qui
Ê’âppàife au':moyeh , du
tepos , d’tthe "diétÿ idé'd%cFè '& d’iMe
hoiffon délàÿ'&nté.^ll'n’ÿ a point dé*ItH
xatîdn parfaite fans .frlâ'ürèÿ à
qu’elle hé’ foit o ccafionnéè-par - le reîâ^
thement fucèeffif des tehdôps- , &'Oa
la connoît à la îonguéuf inégale de$
ïambes. Fo^e^^è\ik.Qr-yC}iirüfg, partFû
Kè.^,-cap. io.^ ' - ; c ;iî
■; xoïlfchï'aS'Ætiim&citm.-^^
"âicus de Sehheft, xàpV6iScMiqü€,^\m^
jnatique. L. " -I
■■‘"Ellediffere de la fciatiquê arthritique
i^.k'h ce qu’elle ne fe fixé point dans
îes aïticieé , mais (khs fés müfelës fitwés
entre l’ds facfuim & îe -genou , - même
dans ceux dé là jahibé ,^;jê;^eux- dire
dans la large aphnévrofe qm- îès; eiïvë-
loppe tous; en ce qùékeiii qiu:ei§
font affeâés, ne reffehteht point côm-’
me les perfonnes goutteUfes des ddu-
letiris ni dansiespïéds-nidâhs les îmins|
Douleurs externes. Sciatique, 4^7
3 dans le cas où la douleur ell exferne,
elle n’efl point compliquée d’enfiurè
comme dans la goutte. Cette douleur
eft extrêmement opiniâtre, elle eft fui-
vie de boitement àc de l’atrophie des
membres.
Il faut changer la crafe du fang, qui
eft âcre & vifqueufe par des potions
délayantes , qu’il faut faire précéder
des remedes généraux, tels que la £a^-
gnée &c la purgation. Si le malade èft
d’un tempérament chaud & fec, il faut
y joindre les bains domediques chauds^
le petit lait, les eaux thermales fulfu'î-
reufes. S’il eft froid & pituiteux , les
difcuffifs, les attraâifs, les fudorifiquesw
Par exemple, les fomentations avec les
feuilles de fur eau, de lierre chauffées
au feu , ou avec leur défcoftion, le bain
de fable de mer chauffé au feu ou àû
foleii , l’immerfion dans les eaux“ de
Balaruc, les linimens chauds avéc^dn
favon délayé dans dé l’eau de vie, ôccJ
produifent fouvent un bon effet. Dans
les cas où ces remèdes ne réufîiffent
point, j’ai éprouvé qu’une éleclrifation
un peu forte Sc réitérée guérit quelque-,
fois la fciatique.
46 ^ Classe VIî. Douleurs
I T. Ifchias arthriticum , Sennert ^
cap. C. première efpece de douleur fciaiU
que -, De Haetl , de dolore coxario ^ tom.'
jGoütte Jaatique ; Malum ifchiadicum ,
^evXëxi ^ tabuL cap. 6.L.
Elte attaque les perfonnes gouteufeSj
^rincipaienlent celles qui font âgées;,
-elle fe fixe dans l’os facrum , ou dans,
i’articulation de laçuiffe., &: elle eft in-
^ninienî plus violente dans ce fécond
•cas que : dans le premier. La douleur
efl: profonde^ véhémente, elle s’aigrit
par le mouvement, elle s’étend juf-
.qu’aux pieds & y eaufe une tumeur
rçfUgeâtre & unie. Elle revient par in¬
tervalles , & n’eft point fixe comme
ïa fciatique rhumatique invétérée. Ellç
attaque fouvent les perfonnes fangui-
nes ^ gloutonnesadonnées aux fem¬
mes & à la bonne ehere., - .
. Elle exige en général le même trai¬
tement que la podagre*
/V:' - - - :
externes, DouU du fondement,
XXXII. Proctalgia i Dou¬
leur du fondement j: Dolor ani^
- Tuipii.
C’efl: une douleur dans le fonde¬
ment ou l’extrémité du reâum, & dans
les environs ,-dont les diverfesiefpecés
dépendent de tout autant de principes
diîieréns. / : ■ ; . \
I. ProBalgia injlammatoria ; dnfiamT
mation du fondement y Sennert , de Hn~
Jlammationc: uni, cap. lo,^.
. Elle s, fe manifefte par une tumeur
ichaude & une douleur aiguë, qui aug¬
mente lorfqu’on la preffe, & qui eft
raccompagnée de la conftipation & de
-la fievre. Cette maladie doit fon origine
au trop fréquent exercice du cheval^
-à un coup violent , à la fuppreffion
du flux hémorroïdal, à des^ topiques
fâcres,;&c. ,,
Elle efl: extrêmement difficile à gué-
'.rir., & dégénéré foùvent ,én fiflule.
Les remedes qui lui conviennent font
la faignéé , une nourriture légère, les
fomentations émollientes & anodines
au commencement lés çataplafmes
470 Classe VIL Douteurs
avec de la mie de pain blanc, le lait-^
le fafran, les feuilles de folanutn hor-^
tenfi, l’huile rofat, d’amandes douces,
ladécoftion de mauve, de racined’al-
thæa, de fleurs de camomille, de mé-
liiot, &c. Au cas qu’il fe forme un abcès,
il faut l’ouvrir de bonne heure & le
déterger, de peur que le pus ne caufô
une.iîfluie.
%. FroUalgia cancrofa ; Chancre au
fondement. G.
il efl: occaflonné par des fies , des
thymus, des ülceres chancreux & des
rhagades malins; caries fies, les crêtes ,
les condylomes bénins , quand même
iisferoient vénériens, ne caufent pref-
que point de douleur, mais font fou vent
d’un très-:mauvais caraflere, & devien¬
nent carcinomateux, d’oh s’enfuivent
des douleurs poignantes, prurigineu-
fes, lancinantes, accompagnées def du¬
reté, d’âpreté, d’un écoulement âcre
'& iehoreux , de : rhagades corrofîfs ,
.dont reffet fe fait principalement fentir
lorfqü’ion va à la felie. ;
Dans le cas où ces maux font occà-
fionnés par un virus vénérien, il faut,
après piufieurs bains réitérés, en venir
exîtrnés. DpuL du fondîrnent.
aax fripions mercurielles'^ & coupée
avÆclelriâouri les crêteslés porreaux^
les verrues , ou les: cohlurUer avec ua
‘câuftiïjûa: ■ panfer- la- .plàie :à l’ordi¬
naire; ijorfqae le cancer eft vérolique^
il eft plus dangereux, & prefque in'cu-
rable. Il faut le confumer comme les
mitres ^ àc calmer ; la douleur .avec du
■‘beurré;, ou de l’onguent compofé avec
•là' eerufe & la litharge , fans oublier les
narcotiques. ' : ;
3, 'ProBalgia fijlulofa ; Fiflule à
i’anus. ‘ C. ' - ■ - - ' ‘ -
- Là fibule à l’anus eil ordinairement
^précédée-de phlegmons, oude:marifca
iqui-font venus à luppuration.'Eilercoa-
^±lë dans-un ulcéré finuèax^ calleux au
-fondement, qui, lorfqu’illiformeîdës
rihüs, des clapiers dans le redum, la
v-e-âie , & les parties, voiiines , elt ex-
trêh-'enieDt d^d^ciie'à guérir.
On d V fe les ^d:üâes en cômplettes ôc
• încompietîes^Oi-* lêSguérir par une o.pé-
'-ration de fUbirurg e j - dont le-bût eft dë
convertir un ukere calleux en une plaie
‘ fimplè Les a^^c^e''s ^ à ce que dit Smnert^
■ont regardé la cure des fiflules comme
'-fepo£îbIe, ôc l’on- ne doit point les
'47^ C L À s s'E V n. ■ Djouhurs.:.:^
confulter. L’ori'fera mieux dé; Iiïe/ C,e
qa’HeiJler &: les autres Chirur^ejis mo;-
dernes ;oiît éèrk'dàtdeflius. 2‘. . : : ioi.
4. PwB'algia.lmmrigiriofa^^inutm^ù
ani. ’Sennert, Ecorchure à f anus,^
C’ed; une douleur • compliquée .dè
rexcoriatioa & deik rougeur deVzpàr?
lies; Lorlque. IFfixcoriatidn-pJ^oyientide
caulesl mécaniques ,!:pâr. èxempie:;, ; de
ce quion a redé., trop Ionglte;mps^à çhe^
val , on la guérit en appliquant]deffus
,du fuif, de la graiffe, 'de l’huile rofat,
de l’eau rôfe , &c. Lés peiits .enfans
dont extrêmement'du/éts à^ces fortes
d’écorchures, -dé; elle efl Qccàfionuée
• chez eux.pard’acrimoaie. de l’urinelqûi
déjourhe dans ies: plis Sc, dans les . ridés
de cespartiës;, &: qui. s’y échaufFèjj.
le moyen dé les -en-garantir eft dg lés
tenir proprement, de les laverdou-
vent avec du vin &;de.l’eau. Les npur-
rrîces ont coutuméide . les daupotidrer
matin- &dqir àvec^dè la^cérufé pulyéri-
• fée&; les. pauvres gens syéc faî poudre
que l’on tire du feule cariée - > ; ; V ; : -
Lorfque l’écorchure tient de |à. dar-
;tre, foit qu’elle foit fimple où vénérien-
jië ^ ce^quivsrîiye aflez2.]^équémment
externes. Doül, du fondement 473
aux adultes, elle demande une autre
méthode curative, & entr’autres celle
qu’on emploie pour le prurit de l’u-
,terus.
, 5. ProUalgia ex rhagadibus , Sennert,
loc. citât. Gerçures du fondement. L.
Les rhagades font certaines crevaffes
qui viennent autour de l’anus fans tu¬
meur &; fans fuppuration , pareilles à
.celles qui fe forment aux levres , aux
doigts des gens de la campagne qui
voyagent dans le fort-de l’hiver. Ces
ulcérés font fecs , douloureux & in¬
commodes ; ils caufent un tenefme, &
s’irritent tous les jours par la néceflite
où l’on eft d’aller à la felle. Ils font cau¬
ses par l’acrimonie du fang, & par con-
-féquent il convient d’abord d’y remé¬
dier par des remedes internes & par le
régime, & enfùite par les moyens que
la Chirurgie prefcrit.
6. ProBalgia BrafLienJis de Zacutus
.Lufitanus , prax.pag. 3^6’. Maladie du
,Bréfil, appellée le ver; par les Portugais,
Bicho ; par les habitans du Bréfil Mat-
hundo ; par les Hollandois Worm ; par
les habitans d’Angola Bims. Hidoire
4 çs voyages. A. '
474 Classe VII. Douleurs
Le principal fymptome de cette ma¬
ladie efl line douleur brûlante dans le
fondement , accompagnée au commem
cernent de conftipation, d’une laStudé
fpontanée , & dans la fuite , du mdinjt
chez les habitans d’Angola, d’une îriC-
;teffe profonde, de céphalalgie, de la
jdébilitédes jambes, de douleurs aiguës
& d’une efpece d’exophtalmie. Il fuffit
allez foLivent îorfqu’elie commence:,
de fe laver le fondement, & d’y intro¬
duire un fuppolitoire fait avec le fue de
citron auffi long-temps qu’on peut l’en-
dùrer; car il aigrit la douleur, mais il
la guérit. ;
Lorfqu’on emploie trop tard ce fup*
politoire , l’ardeur & la démangeaifoa
augmentent, le fondement s’enfle, s’ul¬
cère, , & rend quantité de mucofité
blanche & putride, ou de pus. Dans
ce cas, outre le jus de limon , il faut
encore laver la partie avec du fuc de
tabac. On emploie aulïïavec fuccèsîes
feuilles de tabac que l’on arrofe avec
du vinaigre , & que l’on faupoudre
avec du fel marin ; mais la douleur
qu’elles câufent efl: fi violente , qu’on
efi obligé de tenir le malade par force*
externes. Doul, du fondement. 47^
Les îavemens avec la décoâian de ro-
fes & de jaunes d’œufs , de même aue
îes linimens avec l’huile rofat & la cé-
rufe, produifent aulîi un très-bon effet.
Lprfqu’on néglige ces fecours, l’uîcere
lait des progrès, le fphaceie s’y met ^
les forces du malade s’épuifent, quoi¬
qu’il rî’ait point la fievre , & qu’il ne
l'oit point altéré, & il meurt. .
7.. ProHulgiu ah examâ Chute dit
fondement ,, vojtz exaniam y daff. /,
gcnr. 47-1^- ;
Cette maladie eft affezfâmiHere aux
enfans & aux jeunes gens qui font fir-
jeîs à la diarrhée, & d’un tempérament
foible. H faut à chaque fois qu’ils vont
à'Ia Celle, remettre doucement i’inîef-
titi en place., après favoir lavé avec du
vin dans lequel on a fait bouiiUr des
feuilles de bouillon blanc. Au cas que
rinteflin foiî dur douloureux , on
ne peut le réduire, qu’après l’avoir oint
avec de rbuile. ou :dit beurre.
8. proUfllgià ex .marîfcis ., Riviere j’
cent. 3 . Douleur des hémor-’
Ijôides. h.
Après avoir feignédeniaîàde, on lui
dennerà -avec ttne-petke feringue des
47<5 Classe VII. Douleurs
lavemens d’huile, après avoir envelop-
pé la canule avec un boyau de poule.
Il fe nourrira de crème de feigle, &
d’émulfions hypnotiques.
On appliquera fur les hémorroïdes
du fuc de joubarbe.mêlé avec du jaune
d’oeuf, & un grain d’opium. On peut
encore appliquer deffus les feuilles du
fedum telephium de Linnms , ou un
collyre compofé avec du blanc d’œuf
.pétri avec de l’alun, après l’avoir en¬
veloppé dans un linge^ - :,
, Les perfônnes fùjettes à cés fortes
de douleurs, peuvent encore fe fer vit'
d’un catapîafme fait avec de la mie de
pain, du lait & du fafran, le bouillon,
la mauve, la .racine de guimauve, la
graine de lin, la fleur de camomille, lés
feuilles de jufquiame , 'ou plonger leur
derrière dans la décoâion de ces plan¬
tes. Rien n’efl meilleur pour fe garantir
des marifca , que de fe laver fréquem¬
ment avec de l’eau froide ou tiede'-, Sê
de boire le matin ùne pinte d’eàu dans
laquelle on Tnet:un. verre dè\ lait... ' ' ^
9. Proctalgîa diarrhoica; Douleur du
fondement cauféèparia diarrhée. Bi
Ceux qui ont une diarrhée violente
extern&s. DouV du fondement. Af’j’j'
fur-tout bilieufé, ou qui boivent pen¬
dant plufieurs jours des eaux minérales
cathartiques, fontfouvent fujets à une
douleur vive, brûlante & poignante au
fondement , que l’on calme aifément
après que la diarrhée a cellé, en le la¬
vant avec ces mêmes eaux. Cette dou¬
leur , qui eft occafionnée par la diftrac-
tion violente des intéftins , n’a point
fon fiege dans ces derniers , vu, que
leur ientiment eft émouffé, mais dans
la peaii qui forme le bord de l’anus, la¬
quelle eft extrêmement fenûble. De là
vient encore que ceux qui ont le cal¬
cul, ne fentènt, point la douleur qu’il -
caufe dans, le col de la veftie où il eft>
mais dansd’extrémité du gland, dont le
tégument eft extrêmement nerveux.
ïoi PtoBàlgia tenefmodes. Voyez-les
diftefentes efpeèes de tenefmes , ôc
touchant la douleur du fondement,
Tuîpius, obf. lih. 3. Cet Auteur dit avoir-
connu un homme qui y étoit fujet qua¬
tre heures après : avoir été à la feile,
& qui en fut guéri par. la fimple appli-
êation des.fangfues-: i - ;
1 1 . ProBalgia :equina. :
: C’eft une douleur aiguë &: inflamma-
478 Classe VII.
toire qui a fon fiege au fondement des
chevaux; elle eft occafionnée par dé
groffes mouches qui s’infinuenî dans
cette partie, à laquelle elles font aufù
adhérentes que des tumeurs hémorroï¬
dales, Voyez les aménités académiques de
ldmn<e.i\s y tOTfi. 8. fag,
XXXIIL PUDENDÂGRA ; DoU-
leur des parties génitales.
C’ed: une douleur dans les parties
génitales, à laquelle les homnies & les
femmes:font' fujets; Gajpard Tordlahxï
a- donné le nom de Pudenda^a^ & Wm-
delin Hockius celui de Mentulagra.
1 . Pudendagra à parorchidio ; Douleur
des tefticules retirés^ déplacés,
: Voytz la claffe i. genre Stjyifur-wutla
fécondé la troiftemc 'efpeçe -i^ donti’uno
eft la compagne: de la oolique rénalè
eaufée par le calcul.
2. Pudendagra ex phymojî; Douleur
du gland provenant du phymofis , pa-
Taphymofis, &c. :
Voyez le genre zx. de lapremier& claf
fe , où vous trouverez les: différentes
efpeces de phymofis:, j dont l’une, eft
vaginale.
Douleurs externes , 479
3. Pudendagra herniofa ; Douleur de
hernie.
C^efl: une douleur caufée par une
hernie, comme par l’entérocele, l’épi-
plocele , la cyftocele, dont les unes
ei^ égard au lieu qu’elles occupent, font
inguinales, les autres crurales, périnéa¬
les , vaginales, hypagaftriques.
4. Pudendagra ulcufculofa ; Chancres
aux gënitoires.
Ce font des ulcérés ronds de la grof-,
feur d’une lentille , rouges autour, ,gri*
fâtres dans le milieu, prefque de niveau
avec l’épiderme , lefquels gagnent les-
parties voifines. lis font caüfés par uti'
virus vénérien , & viennent dans la
matrice & le vagin des femmes, fur le
gland & dans l’intérieur du prépuce des
hommes. Ils font moins douloureux
qu’incommodes, & le pire eâ qu’ils
annoncent une vérole confirmée, Lorf-
qu’on les néglige , ils font fuivis d’ua
phymofis, d’une gonorrhée du prépuce^
avec dyfurie, & quelquefois mêrrfe de
l’exéfion du gland. Gn les guérit radi-;
calement par les frictions mercurielles'
& les remedes qui en dépendent.
5. Pudendagra pruriens ; Prurit des
480 Classe VII.
parties naturelles ; Impétigo fcroti, Fon-
îeca, conf, 6 ' 8 . tom. 2.
Fbjei ce que j’ai dit ci-deffus du pru¬
rit & de celui de l’uterus. Cette efpece
n’a rien de commun avec celle qu’exci¬
tent les afcarides de la vulve , & les
dartres de ces parties.
6. Pud'endagra à gonorrhcea ; Dyfuria
venerea Jîcca^ Aftriie, Lib. 3. cap. de
gonorrhceâ jiccâ.
C’eft une douleur brûlante dans le
conduit de l’uretre, fans aucun écoule¬
ment notable de pus ni de femence,
occafionnée par une phlogofe éryfipé- ■
lateufe de l’uretre , à laquelle le virus ■
âcre & volatil de la vérole donne lieu
dans les fujets fenfibles, accompagnée
d’une dyfurie âcre , & quelquefois ;
même de ftrangurie. Cette maladie fe-
manifefte peu de jours après qu’on a eu -
commerce avec une femme gâtée, &
on la guérit i^. par la faignée ; 2*^. en
plo'ngeant le gland découvert dans du ’
lait tiede, ou dans de la décoâion de
racine de guimauve, de graine de lin ;
3°. en appliquant deffus le cérat de
Galien ou un cataplafme de mie de V
pain, de lait & de fafran j 4". par des
potions
Douleurs externes^^ 6*^. 481
potions délayantes , anodines , des
émulfions -légèrement narcotiques. La
douleur appaifée ^ il faut procéder à la
cure du virus vénérien.
7. Pudendagra arfura , Aftruc, lïb, i,
pag. 4^. Inceadium virgee.
C’elî une douleur âcre dans le gland ,
accompagnée d’une rougeur érylipéla-
teiife , que l’on contraâoit ancienne¬
ment par un commerce impur avec
une femme lépreufe. A cette douleur'
brûlante & poignante fe joignent dès
picotemens entre cuir & chair ^ ^
; un gran d- éçhauïFement dans le corps,
Jean Afdern confeillelcs ihjeâions avêc-
le'lait,.le fucfe, l’huile & la décoélioa-
d’orge , à quoi l’on peut joindre fi l’on
V,eut,.l’émuhion d’amande douce.
^ 8. Pudendagra cancrofa ; Douleur
dés cancers aux parties génitales. Can-'
eers vénériens, Aftruc , des rhaladies '
vénériennes^ lîv. '4:ûhâp: 2', y \ & livo-
^^ chap. (Si du poulain carcinomateux.■
C’eft une douleur caufée par un
- cancer occulte ou ulcéré'aux parties-
génitales des hommes & des femmes ,
ibit dans un.poulain j-dansde gland, la^
;VÆrge, la vulve,, le vagin, Stc. Gn^
Tome: FL- X.
48r Classe Vir;
peut voir les fignes, les caufes & læ
cure dg ces difôrentes afFeâions aux
endroits cités.
9. Pudtndagra ajcarldibus , De-
lius , qmçenit, Mediç. tom. 1. pag. 34;,
Colleâion Açadémiquat, tom. 3. pag,.
36'6'. pay Benjamût Scharf.
C^eft un e douleur prurigineufe dans,
la vuîye & le vagin , caufée par des.
: afcarides , & accompagnée d’une ar¬
deur incroyable, d’une éruption de-
petits vers pareils à ceux qui le forment
dans le firomage.
1 p. Pudçndagfdujlïum i Douleur den
telHcuIes.
Gette douleur efl: ordinairement eau-
; fée par unè tumeur phlegmoneufe, en-
£iite d’une gonorrhée, fupprimée , Sr
on l’appelle Yulgaitement, gonorrhée:
eomhli dans ki bmrfis:, fur quoi l’ouï
peut confulter les Chirurgiens qui ont
traité des maladies du fèroîum.-
Les douleurs que nous renvoyons^ :
aux autres daffes ^ appartiennent àk
beaucoup dé genres différens.: Ces gen¬
res font dans tk première elaffe^ les ea-
torfes, les fraf^res, l’êntérocele^Je
.phlegmon ^ le. panatis,,, la piqûre des;
'Douléüfs èxtcrriei y Sci,
fierfs, la coupure des tendons; dans la
fécondé clafl’e, la pleuréfie , l’inflam¬
mation du cerveau, de l’eflomac , des
feins ; dans la quatrième claflie, le tic,
là crampe convulfive ; dans la cinquiè¬
me, la douleur de poitrinè, ou faufîe
pleuréfie ; dans la fixieme, rafFeélion
hypocondriaque, l’a%âionh;5^fl:érique,
l’hydrophobie ; dans la neuvième , le
flux hémorroïdal, la (^fîentefie , la
pallîon iliaque, le choiera morbu^ , le
tenefme , la dyfurie; enfin dans la di¬
xième clafle, la tympanite, le météo-*
rifme, rifchurie, la vérole , le fcorbut
êc la gangrené ; les douleurs qui accom*:
pagnent ces derniers genres , font in^
îupportableSr
J’m du ÿxkm Voîum^
T A B L E
D E s Q R D R ES
ET GENRES DE, MALADIES,
Qui font contenus dans ce Jixième'
Volume..
S O MM AI RE de la VIL Clajfcy^gyi
Douleurs^ ibid..
THÉORIE .DE:LA y II. CiASSE. 7’
Tlilàne mécanique de là Douleur ^ §'
Théorie pjy.cologique de la Douleur^ 3&
G L A S S E S E T TIEM E..
Douleurs , Dolores 45,
ORDRE PREMIER.
Douleurs vagues ^ Dolores. vagi 5 fi
Table. 4 ^
‘Là Goutte, kxûùiûSy pag. 53
Douleurs des os , Oftocopus , <77
Rhumatifme, Rhenmatiûnus, 8-4
Catarrhe, Catarrhus,. 105
Inquiétude, Anxiété, Anxietas, 115
-LaJJîtude, Laffitudo, 1210
Engourdijfement, Stupor, 116
Prurit, Démangeaifon, Pruritus, 13^2
Fràideur, Froid^ excejjîf , Algor, 15^
Chaleur exçejjîve, Aïàot , 144
ORDRE SECOND.
Douleur de tête, DoXor^s capUis, 149
Céphalalgie, Ce^h.Û 2 t\^Z , 15.5
Céphalée, Cephalæa , 147
Migraine, Hemicrania,, 173
OpKthalmie , OpHthaîmîa, * ^ 5
Otalgie, Qtalgia , 2n.8
Odontalgie, Mal de dents, OàoxitûgitL,
23.6
ORDRE TROISIEME..
Dmleurs de , Dolores pêdons»
25 a-
46 T A g t ÊV I
Difficulté £avahr^ Dyfphagîa,' £5;^ |
Crémafon^ Pyrofîs, 265; ]
Jinévrifme du Gardiogmus, lyj
ORDRE QUATRIEME. ^
Douleurs de ïas~venm , Dolores abdo- i
minis, 185; 1
CardîalgUy Cardialgia, ibid#
Colique d'effimac ^ Qd&toày mi y 298 ;
Colique y Colica, ^ {
Douleur du foie y Hepataîgia , 3 4 J
Douleur de la , Splenaîgia, 357
Colique r^Æ/fj^Nephraîgia, 36»
'Accouchement laborieux , Dyftoeia, 37^^
Mal de Ttiere HyReraîgia, 3 9 3
ORDRE CINQUIEME.
Douleurs- externes y Dolores externî^
'Douleurs des mamelles , MaRodynia
ibidi-
Colique de Poitou y Racbialgia , 41^3;
Mal des reins f,lxLVt^zgo ^ 44^‘
r A B £ E.
Sdati^rie-, ïkhias, 45 T
JDoulcur du fondement , Proftalgia ,
Douleur des pmies génitales Pliden-
dagra, 47^
Tm 'dila Table du fhùeme Volume,-